Rama Valayden On Record

Je ne suis pas très présent sur le blog ces derniers temps. Quelques projets personnels accaparent l’essentiel de mon temps…Mais me voici !
Vous pouvez écoutez quelques extraits de l’émission « On Record » d’hier sur Radio One. L’invité était Rama Valayden, le ministre de la Justice.

Rama Valayden 1

Rama Valayden 2

Ramgoolam décide…

Navin Ramgoolam doit jubiler. Mais les conclusions du dernier sondage TNS Sofres ne surprennent sans doute pas le patron du Parti travailliste (PTr). Il récolte les dividendes d’une stratégie politique vieille comme le monde : diviser pour mieux régner. En effet, occupés à s’attaquer mutuellement, le MSM et le MMM en ont oublié de s’opposer au gouvernement de Ramgoolam. Englués dans leurs contestations internes, problèmes de leadership, démissions et projets d’alliance ratés, le MSM et le MMM ont lourdement déçu les citoyens indécis ou mécontents de l’action du gouvernement. La sanction de l’opinion est lourde et très claire.

En août 2008, le plus grand parti du pays était celui des indécis. Un Mauricien sur trois (33 %) se disait proche d’aucun parti. Un peu moins d’un an plus tard, c’est le PTr qui s’impose comme la force politique majeure (41 %). Une bonne partie des électeurs déçus de l’action gouvernementale s’était soit réfugiée dans l’opposition ou était allée gonfler les rangs des indécis. Mais les turpitudes de l’opposition ont sans doute aidé ces personnes à faire – ou réviser leur choix en revenant au bercail rouge. Les 9 points de moins chez les indécis et la baisse de 6 points du tandem MSM-MMM expliquent le bond de 16 points du PTr dans l’opinion.

Cette embellie est avant tout un satisfecit pour Ramgoolam. Son parti recueille désormais 16 points d’intentions de vote supplémentaires comparé au dernier sondage (28 %). Près de deux personnes sur trois (61 %) approuvent son action comme PM. Ramgoolam réussit également à consolider sa position de PM préféré des Mauriciens (48 %) en gagnant 17 points au passage.

C’était prévisible ! L’électeur aime avoir un chef de guerre pour leader politique. Or, Ramgoolam a été le seul à endosser ce costume durant l’année écoulée. Le leadership de Paul Bérenger son seul challenger crédible – a fait l’objet d’un débat intense, cacophonique et démobilisateur au MMM. Pravind Jugnauth, même en remportant l’élection partielle de mars a, lui, donné l’impression de n’être qu’un candidat officieux du PTr. Gagnant grâce au déploiement rouge.

Pendant ce temps Ramgoolam a multiplié les rodomontades. Il a promis « d’en finir » avec le MMM. A fait du MSM une vulgaire « opposition loyale » au Parlement. Tout en rappelant régulièrement à ses propres troupes que son autorité au parti et au gouvernement est suprême. Les électeurs ont apprécié ces démonstrations de puissance. Navin Ramgoolam semble désormais avoir une très sérieuse option de victoire aux prochaines élections générales. En effet plus d’une personne sur deux (53 %) pense que Ramgoolam l’emportera. Seule une personne sur cinq (20 %) pense que l’opposition peut vaincre.

Ces perceptions sont très importantes à l’approche des échéances électorales. Tellement cruciales qu’une bonne partie des indécis adopte une attitude commune à la veille du scrutin – ils volent au secours de la victoire ! En choisissant de voter pour le camp perçu comme le plus fort. Ce camp, c’est celui de Ramgoolam pour le moment.

De quelle victoire parle-t-on dans une lutte à trois? Le PTr a-t-il une assise nationale assez forte pour obtenir la majorité absolue des sièges au Parlement ? Cette question agite la hiérarchie du PTr. Ramgoolam figure parmi ceux qui pensent que le parti peut obtenir la majorité absolu à la faveur d’une remontée de la cote du gouvernement à son niveau de juillet 2005 – date de l’arrivée au pouvoir de Ramgoolam. Par contre, d’autres rouges suggèrent à leur leader de contracter une alliance. Afin d’obtenir une victoire nette et cette majorité parlementaire des trois-quarts dont rêve Ramgoolam.

Mais les personnes interrogées semblent majoritairement en faveur d’une bataille claire entre les partis politiques. Car dans chaque configuration d’alliance (PTR-MMM, PTR-MSM et MSM-MMM) la proportion de personnes qui y sont opposées est majoritaire (58 %, 43 %, 42 % respectivement). Le MMM, à travers son deputy leader, Jayen Cuttaree, a précisé que les mauves comptent se présenter seuls aux prochaines élections générales. Toutefois, au MSM, les tractations d’alliance avec le PTr ne se sont jamais arrêtées. Ces épousailles sont stériles car elles ne rapportent que 4 points supplémentaires d’intentions de vote à Navin Ramgoolam en le faisant remonter à 49 %.

Sur la base de cette photographie de l’humeur de l’électorat, Ramgoolam gagnerait à ne pas faire d’alliance. Se ménageant en cas de majorité insuffisante la possibilité de contracter une coalition avec le MMM ou le MSM à l’issue du scrutin. Un double avantage en découle : libéré de l’épineux problème de distribution de tickets, Ramgoolam pourra choisir et placer librement ses candidats. Politiquement, cela lui évitera également de perdre un temps précieux à expliquer le besoin d’une alliance à un électorat – on l’a vu – majoritairement hostile aux rapprochements des partis.

Mais au-delà de cette question de stratégie se pose celle de la tactique. Elections anticipées ou pas ? Avant fin 2009 ? Ou vers mi-2010 ? C’est Navin Ramgoolam qui devra répondre à ces questions. Il a le choix. Appeler le pays aux urnes rapidement et capitaliser sur une popularité qui semble lui être acquise pour le moment. Ou alors attendre pour engranger davantage de points par son action gouvernementale – et notamment à travers le budget de novembre 2009. Il courra alors le risque de se faire rattraper entre-temps par une opposition reprenant de la vigueur ou un contexte économique et social morose. En attendant de décider de sa stratégie, Ramgoolam place ses pions pour la grande bataille celle de l’opinion qui lui permettra d’accentuer son hégémonie sur la scène politique. L’arrivée de Dan Callikan à la direction de la MBC hier pourrait bien être l’Acte I de la bataille qui s’annonce.

« On record » 2 avec Jayen Cuttaree

C’est Jayen Cuttaree, le leader adjoint du MMM, qui était l’invité de la 2e édition de “On Record.” Je vous propose trois extraits de l’interview. Vous remarquerez que je n’utilise plus youtube. En effet, j’ai trouvé un nouveau site qui permet de partager plus facilement les fichiers audio.

Et petit clin d’oeil à cette grande dame de la radio qui m’a appelé après l’émission d’aujourd’hui pour me dire quelques mots très gentils. Cela m’a touché! Merci encore si tu passes par là…

Cuttaree 1e partie

Cuttaree 2e partie

Cuttaree 3e partie

ps: malheureusement, mon nombre de « euh par minute » n’a pas diminué pour cette émission. Mais je continue à y travailler…

Religion squatteuse

Tout est bien dans le meilleur des mondes. Voltaire n’aurait pas mieux dit ! Depuis vendredi, les dévots du « Kalimaye » de St-Paul peuvent prier en paix. Leur illustre voisin, le Premier ministre, s’étant acheté une conscience en leur proposant de faire leurs petites prières au « Kalimaye » bordant sa résidence. Et d’organiser les cérémonies plus imposantes dans un futur temple construit plus loin, sur un terrain dont Navin Ramgoolam lui-même fera bientôt l’acquisition. L’épilogue est bollywoodien. Harish Boodhoo annonce que sa « mission est terminée ». Tandis que les dévots enragés d’hier, filmés par la télé paillasson nationale, ne tarissent plus d’éloges sur la compréhension et le grand cœur du Premier ministre. « Win with Navin », le slogan vieilli du Parti travailliste, prend un coup de jeune. Le consensus cache toutefois une honteuse hypocrisie.

Pour une fois, nous pensons que la « Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation » (MSDTF) et la « Voice of Hindu » (VOH) ont eu une position sage sur un problème « religieux. » Les dirigeants de la MSDTF ont ainsi fait remarquer que le « Kalimaye » a été érigé sur un terrain privé sans aucune autorisation formelle. L’argument juridique suffit. Nous n’allons pas dire que les deux associations se sont dissociées des dévots en colère à cause des pratiques occultes dans ce « kalimaye » à la tombée de la nuit. Et encore moins sous-entendre que la MSDTF et la VOH se sont tues à cause d’un quelconque pacte d’allégeance à Navin Ramgoolam.

Restons donc sur le terrain juridique. Le président de la MSDTF, Somduth Dulthummun, a précisé qu’il s’agit là d’une construction illégale. Et qu’à ce titre, les dévots qui y prient ne peuvent prétendre continuer à squatter les lieux. La déclaration est pleine de bon sens. Elle est même lourde de sens ! Nous en concluons que le seul titre de « lieu de culte » ne donne pas droit à tout. Un tel édifice n’est en rien inviolable s’il est construit en violation de la loi.

Dans un Etat de droit, les mêmes règles doivent s’appliquer à tous. Or, c’est justement là que l’on constate l’hypocrisie qui règne sur la question. Il suffit de se rendre sur nos plages publiques – à Mon-Choisy, Anse-La-Raie et Belle-Mare notamment – pour croiser ces champignons religieux qui ont poussé ça et là. Ces constructions sont-elles légales ? Non. Aucune autorisation formelle n’ayant été donnée par les « Districts Councils » ou le gouvernement pour construire ces temples et autels « pieds dans l’eau ».

Au regard de la loi, tous ces édifices sont assimilables au « Kalimaye » de St-Paul : ce sont des constructions illégales. Le tandem Anerood Jugnauth/ Paul Bérenger a bien essayé de mettre de l’ordre dans ce capharnaüm dans le passé. Mais le patronyme et la couleur de peau du Vice-Premier ministre Bérenger a bien vite nourri une campagne « Pa touss nu bann ». Dont les principaux animateurs n’étaient autres que la MSDTF et la VOH !

vestiaire

Quelques années plus tard, ces deux organisations ne trouvent toujours rien à redire à ces constructions illégales-là. Pourtant, pour paraphraser le qualificatif de Dulthummun sur le « kalimaye » de St-Paul, on pourrait lui faire remarquer que les temples improvisés sur le littoral sont aussi des «endroits sales où on voit même des chiens errants traverser ». Pire, à deux pas des autels et temples, on retrouve bien souvent des cuisses de poulet, des cannettes de bière ou une touriste ayant enlevé le haut de son maillot de bain pour parfaire son bronzage. « Tchi tchi ! »*

Dans le monde idéal de la religion squatteuse, les plages seraient interdites aux touristes en monokini. On n’aurait pas droit d’y manger de la chaire et de boire une goutte d’alcool. Ainsi, les autels religieux et leurs alentours préserveraient leur sainteté. Mais ce monde idéal-là n’existe pas. Dans le monde où nous vivons, où la loi est reine, toutes les constructions religieuses du littoral doivent être détruites. Sinon, on ne pourrait que donner raisons à ceux qui constatent amèrement qu’il y a une loi « pu nu bann » et une autre « pu bann la ».

*Expression indienne indiquant le dégoût

Toujours sur la question créole

Facebook, c’est à double tranchant, les photos que vous y publiez et qui sont consultables par vos « friends » peuvent se retrouver ailleurs. Comme par exemple en première page de « Lavoix Kreol ! » Hebdomadaire du vendredi militant pour les droits de la communauté créole à Maurice.

Il y a quelques années, j’ai connu un Père Filip Fanchette plus virulent dans ses propos à l’égard de mes écrits, voire ma personne. Plusieurs échanges de mails et une émission de radio plus tard, je pense qu’il a compris certaines choses : je n’ai rien d’un « hindou » fondamentaliste qui défend un quelconque « hindu power » et je ne bouffe pas du « ti-kreol » au déjeuner.

Toutefois, quelques incompréhensions demeurent. Dans une démocratie et dans un débat, personne n’est obligé d’épouser à 100% les idées de son interlocuteur. Alors, quelque part, je me félicite du fait que quelques divergences demeurent. Mais je suis encore plus heureux de constater que le dialogue est entamé…

Une de mes amies m’a rappelé ces incompréhensions dans un mail cette semaine. Dans son billet, tout à fait amical, elle explique son incapacité à comprendre ce qui a pu motiver ma sortie acerbe. Je partage cet échange avec vous…

12062009155

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From:xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Sent: mercredi 10 juin 2009 11:07
To: Rabin Bhujun
Subject: hello

Hello cousin
Ki news ?
J’ai lu comme tout le monde tes editos. Je suis perplexe car je connais, de toi, ton esprit d’ouverture et de tolerance. je sais que t sincere mais je sens qu’en voulant prove your point, tu me parais intolerant. Et je sais que ce n’est pas ton objectif. Et cela me rend perplexe. Je n’ai pas le sentiment que FCM soit aussi fanatique/communaliste/violent que VOH par exemple. Tu mets tout le monde dans le meme panier. Il y a une lutte que mene FCM, qui a sa raison d’etre.
Je suis d’accord que le creole est la langue maternelle de tous les mauriciens. Le creole est un phenomene socio-linguistique avant tout. Je serai plus d’avis de bannir toutes les autres appellations mais maurice est ainsi.
Comme je te le dis, je suis surprise par le ton de ton edito parce que ce n’est pas le rabin queje connais. En toute amitie, Je voudrais que tu m’expliques ta demarche. A quand un papier equilibré sur fcm et leurs motivations ? pourquoi ne pas parler surtout des valeurs positives de la communuate creole ? Il y en a, je t’assure.

Et puis, a quand un edito entierement en creole ? pas ti pou mal,sa ? mo croire ki dimans to bien bizin ekrir an kreol
Bisous et amities.
Kan nou zouene ?

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From: Rabin Bhujun
Sent: Wednesday, June 10, 2009 12:10 PM
To: xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Subject: RE: hello

Ki position cousine?

J’apprécie que tu me demandes le fond de ma pensée sur la question. J’applique les mêmes principes dans toutes mes réflexions sur notre société et son fonctionnement. Je considère qu’en théorie les mauriciens sont égaux. Aucun critère ethnique ne permet à tel ou tel groupe de revendiquer des droits en plus ou d’apparaître comme étant primus inter pares. C’est pourquoi j’ai traité VOH de crétin et des maulanas de rétrogrades. De manière constante et régulière…

Je vois toutefois venir ta question. « Mais la communauté créole aurait aimé être pares inter pares, mais ne l’est même pas » Et là, je serai entièrement d’accord avec toi. Mais là je regarderai la question sur un plan sociologique et non ethnique. Oui il y a des hindous pauvres et vivant dans une situation précaire, des musulmans dans le même cas, des tamoules etc etc. Toutefois, je reconnais, je constate que la communauté créole regroupe (en proportion) le plus grand nombre d’individus dans cette situation. De ce constat, de ce déséquilibre sociologique, on doit faire quelque chose. Et je pense, j’en suis convaincu que la FCM a là un terrain d’action légitime.

Mais quelle action ?
La reconnaissance de l’identité « créole » dans la Constitution et pour les best losers : je suis entièrement d’accord !
Une meilleure représentation des créoles dans la fonction publique : entièrement d’accord !!
Un meilleur accès à l’éducation : je suis 100% pour !!!

En général, je crois que je suis tout à fait d’accord avec le discours qui consiste à redonner sa dignité à une communauté qui se sent esseulée et abandonnée… Je me range du côté de ceux qui disent que l’accès à l’éducation et la formation est la pierre angulaire à « l’émancipation » de la communauté à Maurice. A rendre les créoles fiers de leur identité. Les autres critères (dont une forme d’empowerement économique) doivent suivre…bien évidemment….

Ce qui m’amène au sujet de mon dernier édito. Je suis d’accord que les créoles ont besoin d’une attention spéciale dans le dossier de l’éducation et de la formation. Toutefois, je me pose des questions simples. Exemple : dans une école ZEP à 12% de taux de réussite au CPE, est-ce que tous ceux qui réussissent sont des hindous/musulmans/tamoules et tous ceux qui échouent des créoles ? Je pense que c’est un mix…. Tu seras d’accord je pense. J’en tire une conclusion…tous les enfants des ZEP ont besoin d’une nouvelle pédagogie pour apprendre. Il se trouve, sociologiquement, qu’une bonne partie de la population d’écoliers de ZEP est créole. On peut donc penser que si cette nouvelle pédagogie est bien pensée, elle profitera par conséquent, grandement à ces élèves dont nous parlons…

Arrive la question du créole, médium d’enseignement….J’ai lu les rapports de l’Unesco, de pédagogues et de linguistes (tu as les liens sur mon blog). Tous disent que c’est une bonne idée d’enseigner les jeunes enfants dans leur langue maternelle. Je le DIS très clairement dans mon édito. J’espère qu’on ne pousse pas la mauvaise foi pour dire que j’ai écrit un papier pour dire que je ne suis pas d’accord avec l’introduction du créole. Ce serait faux, de mauvaise foi, et insultant envers mon honnêteté intellectuelle.

Tout mon papier était articulé autour du fait que le créole est un patrimoine national. Notre langue n’appartient à personne, et par conséquent appartient à chaque Mauricien, indifféremment de son ethnie, sa classe ou sa caste. Je suis donc fondamentalement opposé aux MOTIFS que la FCM mets de l’avant pour l’introduction du créole à l’école. Notamment…


FCM rekonet Kreol Morisien kouma lang ansestral bann kreol, lang maternel et lang kominikasion tou bann morisien

La langue ancestrale d’un blanc mauricien peut être le français ou l’anglais. Celle d’un sino-mauricien le hakka ou le cantonais. Celle d’un marathi, le gujrati. En débarquant à Maurice aucuns de NOS ancêtres esclaves ne parlait le créole. Notre créole est né ici, du métissage et du brassage langagier de NOS ancêtres. Pour provoquer un peu, une telle affirmation me fait dit qu’il y a usurpation du patrimoine culturel national !

Drwa bann zanfan Kreol a zot langaz li enn drwa lingwistik ek kiltirel ki nou retrouve inspir li de dan bann Konvansion Internasional Drwa de Lom.
Le créole à l’école bénéficiera à TOUS nos enfants. Je considère que tous les enfants ont droit à « zot langage. » Mes nièces parlent créole à la maison, c’est leur langage AUSSI ma chère amie.

FCM konsider ousi ki dan kad reparasion ek zistis anver bann kreol desandan esklav, introdiksion Kreol Morisien akote bann lezot langaz dan lekol li amenn reparasion istorik
Mon objection à ce troisième point découle de mes deux objections précédentes. Là, je pense que le FCM donne encore une fois une dimension identitaire ethnique à notre langue commune et maternelle. En quoi enseigner le créole à l’école devient-il une réparation du passé ? On emmêle tout là. On cherche du symbolisme identitaire quand le symbolisme ici est national.

Pour finir je ne vais pas te dire que je suis blessé quand je suis traité « d’intolérant. » Toutefois ceux qui me connaissent, qui apprécient quand je massacre VOH ou la MSDTF doivent voir les mêmes accents Républicains et consociatifs dans ce que j’ai écrit sur la FCM.

Voila ma chère amie, j’espère que ces quelques lignes de permettent de mieux comprendre ma démarche. Si toutefois, malgré cela, nos opinions divergent, je ne pourrais que me réfugier dans un agreement to disagree with you.

Fraternellement,
Rabin

From:xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Sent: mercredi 10 juin 2009 13:02
To: Rabin Bhujun
Subject: RE: hello

Merci pour cette reponse qui eclaire mieux ta demarche et me conforte dans ce que je sais de toi. Je crois que ta reponse peut déjà constituer ton prochain edito que je lirai avec plaisir, comme d’hab.
Comme j’ai mis, tu “parais” intolerant. Je ne dis pas que tu l’es.
J’espere egalement que mes questions n’entament en rien notre amitie fraternelle. Ce serait dommage.
biz

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From: Rabin Bhujun
Sent: mercredi 10 juin 2009 13:23
To:
Subject: RE: hello

Ca n’a rien entamé! Ne t’inquiète pas!

R.

Le premier « On Record »

Ceux qui s’attendaient à un pugilat son restés sur leur faim. Car Filip Fanchette et moi avons pu avoir quelques désaccords fondamentaux. Toutefois, rien de cela n’a semblé transparaître dans l’émission d’hier. Le premier « On Record » que j’ai animé s’est déroulé dans une ambiance cordiale. Je crois pouvoir dire que Filip Fanchette partage cet avis.

Certains se sont empressés de m’envoyer des sms pour me demander si finalement Fanchette et moi ne nous connaissions pas déjà avant. C’est le fait qu’il me tutoie qui a suscité ces interrogations. Mais non, avant-hier, lui et moi ne nous étions jamais rencontrés. Nous contentant de croiser le fer par emails interposés ! Hier l’échange se faisait face-à-face. Enfin. Je pense qu’on s’est découvert mutuellement. Et certains a priori des deux côtés de la barrière sont sans doute tombés…

D’un point de vue technique, je ne maitrise absolument pas le média radio. Même si j’ai participé à plusieurs émissions radio comme intervenant. Et agit comme « commentateur maison » le jour du dépouillement de l’élection partielle de Quartier-Militaire/Moka en mars dernier. Mais là c’était une toute autre affaire.

Etre seul aux commandes, avoir des techniciens autour pour vous lancer ou vous prévenir qu’il faut prendre un appel, regarder souvent les écrans de contrôle pour s’arrêter à temps afin de lancer la pub…et plus généralement GERER SON TEMPS. Ces quelques tâches pour quelqu’un qui ne maitrise pas ce média – peuvent s’avérer assez prenantes…et stressantes.

Je tire donc quelques leçons de la première émission. Premièrement la gestion du temps est cruciale. Hier, j’ai du jeter une pelleté de questions que je considère intéressantes car je n’ai pas su gérer les première vingt minutes de l’interview. Durant lesquels les propos de Filip Fanchette ont été très généralistes.

Ensuite, ce fâcheux « euuuh » qui me sert de ponctuation permanente ! On ne change pas radicalement sa manière de parler. Toutefois, je me rends compte qu’il faut que je réduise le nombre de mes « euuuh par minute ». Je trouve ce tic passablement agaçant à entendre ! Enfin, mes collègues de la radio m’ont fait remarquer que j’ai un ton trop « conversationnel » durant l’entretien. Qu’il convient de « muscler » afin de mieux faire ressortir qu’il s’agit d’une interview. Et non d’un débat entre deux participants en plateau…

Voila pour les premières impressions. Vous pouvez écouter les dernières 30 minutes de l’interview ci-dessous. Je tacherai de poster les prochaines émissions sur le blog le plus souvent possible.

Une annonce « radiophonique »

C’est bon, je peux l’annoncer officiellement. A partir de demain, j’animerai une interview hebdomadaire sur Radio One. Elle sera diffusée les mercredis aux environs de 16h45. Le premier invité de l’émission est le père Filip Fanchette, prêtre, travailleur social et dirigeant de la Fédération des Créoles Mauriciens (FCM).

Il y aura une partie « call-in » durant laquelle les auditeurs pourront appeler pour intervenir ou poser des questions à l’invité. Vous pouvez écouter l’émission en direct sur le site web de Radio One.
ri

Le créole est à nous (tous)!

A première vue, l’initiative de la Fédération des Créoles Mauriciens (FCM) est fort louable. Dans un communiqué*** daté d’hier, elle annonce le démarrage d’une campagne nationale « pour l’introduction du créole mauricien à l’école. » La demande parait justifiée. L’Unesco ainsi que les experts en pédagogie et linguistique sont unanimes à dire que l’utilisation de la langue maternelle permet un meilleur apprentissage des matières enseignées. D’expérience, les responsables locaux du projet Prevokbec le confirment. Le créole à l’école se justifie d’abord pédagogiquement. Or, la FCM s’emmêle encore une fois les pinceaux. Elle recourt à un argumentaire divisionniste et dérangeant pour motiver sa revendication. Voyons les faits.

La FCM « reconnaît le créole mauricien comme la langue ancestrale des Créoles, la langue maternelle et de communication de tous les Mauriciens. » Ce discours est inacceptable. Car il crée deux catégories de citoyens. L’une, ethnique : les descendants d’esclaves dont « la langue ancestrale » est le créole. L’autre, culturelle : tous les Mauriciens dont le créole est la langue maternelle.

Au passage, la FCM réinvente l’histoire. Aucun des esclaves venus de Gorée, du Mozambique ou de Magadascar ne parlait le créole ! Cette langue est née à Maurice à travers le brassage des syntaxes, des mots et expressions aussi bien africaines, qu’européennes et asiatiques. Si le créole doit faire son entrée dans nos écoles, c’est d’abord parce qu’elle est notre langue maternelle à tous !

Décidemment, cette organisation qui lutte contre la ségrégation et l’exclusion donne le mauvais exemple. La FCM explique ainsi que « le droit des enfants CREOLES à leur langage est un droit linguistique et culturel » qui découle de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La même phrase sans le mot « créole » aurait été tout à fait légitime. Hélas, la FCM choisit encore d’ethniciser le débat. Seul un naïf pourrait croire qu’un petit Hedley de 6 ans a plus de droit à la langue créole qu’un Ajay, une Swaleha ou un Ah Moy du même âge. Pourtant…

Le ridicule ne tuant pas la bêtise non plus – la FCM en remet une couche. Elle considère l’introduction du créole à l’école « à coté des autres langues » comme « une réparation historique » dans « le cadre de la réparation et de la justice envers les créoles descendants d’esclaves. » La FCM se trompe encore une fois lourdement. Le créole est la langue de TOUS les Mauriciens. Si les descendants d’esclaves veulent apprendre – c’est d’ailleurs compréhensible – leurs langues ancestrales, il faudrait plutôt enseigner le Ouolof ou le Malgache dans nos écoles. Ceci pourrait être une réparation symbolique pour les descendants d’esclave.

Notre langue maternelle est devenue l’objet d’un combat ethnico-politique. Prenons toutefois le temps de rappeler quelques réalités à la FCM. Lors de la manifestation des militants anti-incinérateurs dimanche dernier à La Chaumière, l’essentiel des slogans étaient scandés en créole. Quand Harish Boodhoo organise une conférence de presse au sujet d’un lieu de culte hindou, il s’exprime en créole. Quand un maulana convoque la presse pour parler des activités dans le cadre de Eid, c’est toujours en créole qu’il s’exprime. Quand le Premier ministre de la République s’adresse à la population, il le fait encore une fois dans la même langue. A ce titre, le créole n’appartient ni à « nou bann » ni à « bann là. » Il appartient à nous TOUS. Le FCM devrait donc s’abstenir d’ethniciser un débat national d’ordre éducatif et culturel.

Pour terminer, lançons en l’air une suggestion. Si l’Anglais parle en anglais, l’Indonésien en indonésien et le Japonais en japonais ; il serait bon qu’on dise d’un Mauricien qu’il parle mauricien. Cela évitera bien des revendications insensées.

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KOMINIKE –FCM (FEDERATION DES CREOLES MAURICIENS)

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Kampagn : ‘Met Kreol Morisien- nou langaz, nou kiltir dan lekol’

FCM pe inform tou dimounn ki li pe demar enn kanpagn konsiantizasion, mobilizasion, ek revandikasion a partir mwa zin pou introdir Kreol Morisien dan lekol.

FCM rekonet Kreol Morisien kouma lang ansestral bann kreol, lang maternel et lang kominikasion tou bann morisien.

Drwa bann zanfan Kreol a zot langaz li enn drwa lingwistik ek kiltirel ki nou retrouve inspir li de dan bann Konvansion Internasional Drwa de Lom.

FCM konsider ousi ki dan kad reparasion ek zistis anver bann kreol desandan esklav, introdiksion Kreol Morisien akote bann lezot langaz dan lekol li amenn reparasion istorik.

. Nou pe demar nou kanpagyn dimans 14 zin 2009 dan Goodlands pou bann rezion Nor .

Dimans 21 zin 2009 apre lames 10h00 dan legliz Bon Pasteur, Elizabeth Ville , Baie du Tombeau.

Dan kad nou kanpagn, nou pe dimann bann dimounn sign enn petision ki nou pe anvoy sef Leta Morisien, bann Parlmanter ek bann mision diplomatik.

Kanpagn petision pou mintenir ziska ki Leta desid pou met Kreol Morisien dan lekol.

Nou pe salie initiativ gouvernman pou met sirpie enn Kreol Speaking Union. Li enn pa dan bon direktion.

Si ou bizin plis ranseignman, pa ezite pou kontakte Edley Chimon ki Kordinater kanpagyn nasional pou introdir lang kreol dan lekol ou Filip Fanchette.

Marie Anne Lagane
Sekreter FCM

Mathurin v/s Louis

Rodrigues mérite amplement son titre de «cendrillon » de l’Océan Indien. L’ile est magnifique. Mais elle est quelque peu délaissée par le gouvernement Mauricien. Ce qui risque dy ’accroitre la pauvreté et de générer davantage de chômage. Voici le constat. Il est économique. J’en parle dans Actes manqués

Certaines réactions venant de Rodrigues sont difficilement contestables. Nous y rangeons celle des Associations de Tourisme Réunies (ATR) de l’ile. Voici quelques extraits de leur communiqué au lendemain du budget du 22 mai.

Selon Willy Auguste Directeur de l’hôtel Mourouk Ebony la déception est grande et les licenciements seront inévitables dans le court terme « Nous attendions la présentation du budget pour nous donner une bouffée d’air afin d’éviter les licenciements. Si nous comprenons bien ce qui a été annoncé, cela ne changera rien a la situation et nous serons obligés de licencier prochainement. » conclu-t-il
(…)
Alors que le ministre parle de Boost up de l’industrie touristique, une modique somme de Rs150 est déduit sur le billet d’avion C’est ce que représente le Airport tax de Rodrigues Alors que le Fuel Tax réclamée par les operateurs s’élève a Rs. 3024 Le terme TRAVEL TAX cité dans le discours reste ambigu pour les operateurs touristiques Rodriguais.

L’argumentaire est d’abord économique. Il repose sur les réalités de l’industrie du tourisme à Rodrigues. Sur son effet de ruissellement dans l’île. Et les dangers qui la guettent si ce phénomène s’enraye.

Toutefois certaines personnes ne font rien pour apaiser les relations entre Rodrigues et le gouvernement. Ceux-là utilisent un raisonnement purement politique pour expliquer ce qu’il se passe. En essayant, au passage, de jouer au petit caïd de quartier, histoire d’imposer le respect. Mauvaise méthode. Pourtant, c’est exactement celle-ci qu’utilise Johnson Roussety, le Chef Commissaire de l’Assemblée Régionale de Rodrigues (ARR).

Morceaux choisis de l’interview qu’il accorde à mon confrère Jocelyn Rose de l’express ce mercredi.

Vous avez sorti un communiqué de presse le lendemain du discours du budget. Vous avez fait remarquer une nouvelle fois que nulle part n’est mentionné le nom de l’institution qu’est l’ARR. Vous dites que le ministre des Finances continue de bafouer la dignité des Rodriguais. Que voulez- vous dire au juste ?
J’ai parlé en mon nom personnel pour ne pas embarrasser mes collègues commissaires et les dirigeants du Mouvement Rodriguais et d’autres amis du gouvernement actuel que je n’avais pas encore rencontrés pour discuter du budget Au- delà de ma fonction de Chef commissaire, je pense comme un citoyen. Je me suis donc exprimé comme un observateur de la société rodriguaise. Je crois que le ministre des Finances veut réduire l’autonomie de Rodrigues. Il doit y avoir un partenariat de la part du gouvernement central pour les affaires rodriguaises dans les paramètres et l’esprit de l’autonomie. Sithanen annonce que c’est le Empowerment Programme qui va appliquer un Stimulus Package de Rs 100 millions pour l’île. C’est un gros montant, et autant que je sache, c’est le ministère des Finances lui- même qui gère le Stimulus Package à Maurice. Pourquoi est- ce que l’ARR n’est pas impliquée dans cela? C’est nous au sein de l’ARR qui connaissons et maîtrisons les réalités des choses à Rodrigues. Comme je l’ai dit: nulle part dans son discours le ministre des Finances ne mentionne le nom de l’ARR.
(…)
N’êtes- vous pas en train de réclamer, de manière très subtile, une nouvelle fois, l’indépendance de Rodrigues ?
Tout ce débat n’aurait pas eu lieu si on avait de la considération pour Rodrigues … Une considération digne et respectable. Les Rodriguais ont un sens d’appartenance à leur île. C’est la frustration qui fait réfléchir à d’autres alternatives. Une autonomie a été mise en place et on veut l’étrangler.
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Ce n’est pas à Serge Clair ni à son ami Rama Sithanen de décider pour Rodrigues valeur du jour. C’est mon équipe du conseil exécutif, en consultation avec le leader, le président et les élus du Mouvement rodriguais et moi qui décidons,

Lors d’un récent séjour à Rodrigues, j’ai eu une longue discussion avec une personnalité de l’île qui en connaît un rayon aussi bien sur le tourisme que la politique. Lui et moi sommes arrivés à une même conclusion : la querelle de personnalité entre Rama Sithanen et Johnson Roussety contribue grandement au refroidissement des relations entre Port Louis et Port Mathurin. Mais il faut quand même être réaliste…

1-Je ne pense pas que Rama Sithanen a sciemment boycotté Rodrigues dans son budget. Si l’ile n’a pas été aidée efficacement, c’est d’abord parce que Sithanen n’a pas compris tous ses besoins. Sans doute parce qu’il n’a pas non plus eu d’interlocuteur avec qui parler durablement sur les enjeux de l’île. Pas Johnson Roussety en tout cas!
2- Il est également possible que ce soit tout ce que Sithanen pouvait faire pour Rodrigues en tenant en compte ses paramètres budgétaires. Et les coûts/bénéfices d’augmenter davantage le budget de Rodrigues.
3-C’est un combat entre pot de fer et pot de terre. Roussety a tort de prétendre disposer de plus de pouvoir et d’aura qu’il n’a dans les faits. Il est tout aussi irréaliste de croire ou de faire croire que le Chef Commissaire de Rodrigues peut l’emporter sur le ministre des finances du pays. Rodrigues EST le 10e district de Maurice. A ce titre c’est le gouvernement central qui garde le dernier mot sur les ressources à lui allouer.
4-Roussety a terriblement tort en brandissant des pseudo menaces de demande d’indépendance. En faisant cela, il passe pour un petit chefaillon belliqueux. Soucieux de préserver la main haute dans son petit pré carré. Et qui pique une colère dès qu’on oublie de lui faire la révérence. Avec cette attitude, il ne réussira qu’une chose : se mettre à dos d’autres membres du gouvernement. Et sans doute le Premier ministre lui-même.

Un retour au dialogue est crucial. Il faut que les dirigeants politiques de Maurice mettent de côté leur rancœur envers un Roussety belliqueux. Ce dernier doit, lui, comprendre que ce n’est pas en nourrissant un rapport de force et en gagnant des points politiques dans son ile qu’il aidera l’économie de Rodrigues. Si ca continue, il pourrait être élu à l’Assemblé Nationale aux prochaines élections. Mais si c’est pour que la population Rodriguaise en pâtisse, ce serait dommage !

Coming soon…

Très bientôt, une annonce « radiophonique »…

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