Allez, je partage.
Voici le rapport de Rama Sithanen sur la réforme électorale qui a été rendu public un peu plus tôt.
Initiative Citoyenne pour une réforme électorale réalisable à Maurice
Allez, je partage.
Voici le rapport de Rama Sithanen sur la réforme électorale qui a été rendu public un peu plus tôt.
Initiative Citoyenne pour une réforme électorale réalisable à Maurice
C’est « du mauvais journalisme », « plein de raccourcis », « caricatural », « imprécis ». Voici quelques qualificatifs utilisés pour décrire l’émission de M6 « Enquête Exclusive » consacrée à Maurice et qui a été diffusée dimanche dernier en France et lundi à Maurice. Certains ne sont pas arrêtés à critiquer un travail bâclé mais sont allés plus loin : en appelant au boycott de la chaîne M6.
Cela m’inspire deux choses.
Du cynisme d’abord. Il est évident que Bernard de La Villardière, le présentateur de l’émission ne fera pas une crise d’angoisse en apprenant que quelques téléspectateurs Mauriciens boycottent son émission. Son Audimat n’en souffrira pas, soyons-en convaincus ! Nicolas de Tavernost, le président du directoire de M6, n’en perdra pas non plus le sommeil. Que des dizaines de milliers de Mauriciens (si ca arrive !!!) arrêtent de regarder M6 ne changera rien dans le volume de pub que la chaine reçoit de ses annonceurs. Les « boycotteurs » auront d’ailleurs l’air fin dans leur démarche. M6 n’est pas en option sur les bouquets satellites des deux principaux prestataires locaux. Donc les braves « boycotteurs » devront continuer à payer pour une chaine qu’ils ne regarderont plus…
De l’inquiétude ensuite. C’est quand même fâcheux de constater à quel point la culture du boycott prend de l’essor chez nos compatriotes.
Ce sont les politiques qui ont donné le ton en premier lieu. L’express, l’express dimanche et d’autres titres de la Sentinelle contrarient Navin Ramgoolam : ce dernier réplique en ordonnant un boycott de l’achat des titres de la Sentinelle et de l’espace publicitaire par le gouvernement dans les journaux du groupe de presse. L’hebdomadaire Week-End subit également le même traitement.
D’autres « succursales » des partis politiques ont fini par prendre le relais. Désormais, quand des articles critiques paraissent sur des organisations socioculturelles…celles-ci appellent également au boycott des journaux « coupables ». On en sait quelque chose à l’express dimanche !
Mais voila que les Mauriciens et Facebookers de tous poils s’y mettent également. M6 nous pond un reportage approximatif sur Maurice… quelques personnes ne trouvent rien de mieux que de recommander le boycott !
On pourrait croire que ce sont des disciples et suiveurs de Ramgoolam qui emboîtent le pas à leur chef en préconisant ce type de mesures. Mais ce n’est pas le cas. On retrouve des adeptes du boycott aussi bien sur le groupe Facebook du Parti Travailliste que du MMM et ailleurs sur le réseau social.
Tout cela est de bon augure pour la liberté d’expression !
Petite parenthèse en guise de conclusion…
Plus je regarde des émissions sur Maurice, plus je suis convaincu d’une chose. Il est probablement impossible de passer deux semaines dans l’ile puis d’en repartir avec l’ambition d’en traduire la complexité sociale et économique dans un reportage, un dossier ou émission télé.
J’utilise mon expérience personnelle pour étayer cela. J’ai passé des heures avec le journaliste de Geo dans le cadre de la préparation de l’édition spéciale du magazine sur Maurice. Le résultat final n’a été qu’une succession de raccourcis, voire de clichés. J’ai également participé, en tant qu’« invité fil rouge » à l’émission Tous les habits du monde, sur Arte. Le résultat final, je l’avoue, est une succession de clichés…
Rendons-nous à l’évidence, bien souvent, nous autres Mauriciens n’arrivons pas, nous-mêmes, à rendre compte de la complexité de notre île et de nos relations interethniques et communautaires. Comment diable, un étranger pourrait-il donc débarquer sur notre petit caillou et prétendre ensuite aller rapporter avec précision ce qui s’y passe…
L’édito du jour sur Radio One.
You can’t be half pregnant dit l’adage anglais. Le MMM entend démontrer que c’est possible. C’est ce que fera Paul Bérenger aujourd’hui. Lors d’une réunion avec Navin Ramgoolam au sujet de la proposition de réforme électorale que prépare actuellement Rama Sithanen.
Une bonne partie de cette rencontre sera consacrée à l’épineuse question du Best Loser System. Récapitulons les positions de chacun sur la question. Navin Ramgoolam a fait savoir dans l’express dimanche il y a deux semaines qu’il souhaitait la fin du système actuel reposant sur l’appartenance ethnique des candidats.
Tandis que le MMM et Bérenger ont maintenu une position floue. Oui, ils désirent l’abolition du BLS. Mais pas tout de suite. En tout état de cause, le MMM estime que le BLS ne doit pas disparaître dans le cadre de la réforme… mais plutôt décéder… d’une belle mort naturelle tout en état restant bien lovée dans notre constitution. On peut difficilement être plus vague !
Ces positions diamétralement opposées de Bérenger et Ramgoolam auraient logiquement du mener à une impasse des négociations. Mais voila que Bérenger, dans sa conférence de presse de samedi explique que cela ne doit pas être le cas. « La réforme électorale ne peut échouer à cause du BLS » prévient-il fermement.
Mais que propose le leader de l’opposition pour prévenir l’échec ? Il joue sur les chiffres. Dans un étonnant numéro de marchand de tapis, la direction du MMM se ravise. Avant, Bérenger voulait conserver les 8 députés élus à travers le BLS, désormais il explique que 6 voire 4 suffiraient. Ca en dit long sur la variabilité du « principe » que le MMM voulait défendre jusqu’ici et sur l’attachement du parti à celui-ci.
Allez, pour que l’appartenance ethnique disparaisse totalement de nos lois électorales, souhaitons que les négociations entre Ramgoolam et Bérenger durent encore deux petites semaines. Le caillou BLS pourrait alors devenir poussière !
Voici mon édito du jour sur Radio One…
Prenez un bout de papier et notez le rendez-vous. Le mouvement anciennement connu sous le nom « Wanted : 15,000 youngsters to save our future », rebaptisé « Azir Moris », se propose d’organiser une nouvelle manifestation. Il projette de « Occupy Place d’Armes » de 6 heures du matin à 6 heures du soir ce samedi.
Si vous vous attendez à une foule monstre, calmez vos ardeurs ! Le pronostic du nombre de participants à la manif s’avère assez facile à effectuer. Il n’y aura pas grand monde ce samedi. Au mieux, une petite centaine de personnes. Soit à peine 5% des 3000 manifestants de la grande marche organisée par le mouvement le 10 septembre dernier.
La faute à qui ? D’abord au manque de leadership au sein du mouvement. On ne s’improvise pas chef. On ne tient pas le haut du pavé (et la tête dans la brume) en permanence sans écouter ses collaborateurs et sans se remettre en question. Or c’est ce qu’il s’est passé …
Cela n’a d’ailleurs pas été sans conséquences. Les collaborateurs, tous valables, de la première heure ont pris leur distance. Le débat autour des idées a, lui ; laissé la place à une certaine vacuité intellectuelle. Que les quelques animateurs restants du mouvement tentent de remplir comme ils le peuvent avec de la démagogie.
De fait, depuis septembre, le mouvement sombre de plus en plus du coté anecdotique de l’action politique. Azir Moris, Wanted, ou Occupy Place d’armes, le mouvement s’emmêle son « ABC »…
A comme le nouveau symbole de la page facebook du Wanted. Est-ce que le mouvement se réclame désormais des courrants Anarchistes ? On se le demande…
B comme les balye fatak utilisé le 17 octobre dernier lors d’une mini manifestation devant le Parlement. A défaut de mobiliser en masse, le mouvement fait désormais dans les flashmob du pauvre et l’anecdotique. Et dire que son ambition de départ était d’amener de plus en plus de mauriciens à investir les rues.
Tout cela nous amène au C. Si le mouvement perd de son rayonnement c’est parce qu’il ne propose plus de contenu. Désorganisé, il n’a même pas été capable d’articuler des idées intéressantes par rapport aux grands débats actuels : la crise économique ou la réforme électorale par exemple.
Du coup, on se demande si, au lieu de Occupy Place d’armes, Azir Maurice ne devrait pas « Occupy a Brainstorming Room » afin de proposer une discours plus intelligent !
Parler d’Histoire en permanence. Sans avoir le sens de l’Histoire. Telle semble être la malédiction de Paul Bérenger. Au moment où le MMM est appelé à participer à la concrétisation d’une réforme électorale qui abolit un Best Loser System (BLS) désuet, le patron des mauves campe sur une position invraisemblable. On connaissait le jeu du « ni oui ni non ». Bérenger invente le « oui mais non » !
Pendant que Steve Obeegadoo, le secrétaire général du parti, rappelle que « le MMM a toujours été contre le BLS », son leader explique que le pays n’est pas prêt à s’en défaire et qu’une réforme électorale ne devrait donc pas remettre en cause l’élection de 8 députés sur la base de leur appartenance ethnique. Les contorsions langagières du MMM ne trompent toutefois plus personne.
Si Bérenger tient ce langage, c’est par souci de ménager certaines susceptibilités. Dont, en priorité, celles de la minorité musulmane. Pendant deux décennies, celle-ci a constitué une part non négligeable du « dépôt fixe » électoral des mauves. Avant d’adopter des habitudes de vote plus « réalistes » à partir des élections de 2000.
Bérenger s’oppose ainsi à l’abolition de l’actuel système de BLS pour des raisons purement tactiques et politiciennes. Le MMM postule qu’une importante partie de cette minorité voit dans le BLS la planche de salut lui assurant une représentation minimale à l’Assemblée nationale. Pour le leader de l’opposition, s’opposer à l’abolition du BLS équivaut donc à défendre les intérêts de cet électorat… en espérant que cela conduira ce dernier à montrer sa reconnaissance au MMM dans les urnes.
C’est là un calcul erroné établi sur de mauvaises prémisses. Celle de la naïveté d’abord. Car rien n’indique que le positionnement du MMM peut amener la minorité musulmane à renier les habitudes de votes « réalistes » qui se sont avérées payantes depuis 2000. Ensuite, celle d’une idée reçue statistique. En effet, c’est à tort que l’on pense que c’est le BLS qui a assuré une juste représentation de cette composante de la population au Parlement.
Un examen minutieux des résultats électoraux depuis l’indépendance démontre que 82 % des députés musulmans élus l’ont été à travers le système First Past The Post. Ainsi, au fil des scrutins, sur une moyenne de 10 députés musulmans élus, seuls 2 ont obtenu leur siège grâce au BLS. Rien n’indique donc que son abolition lèsera cette minorité. La dose de proportionnelle préconisée dans la réforme actuellement en préparation par Rama Sithanen permettrait même une meilleure représentation de cette minorité au Parlement.
Le MMM n’est pas toutefois à une incongruité près. Dans son souci de justifier l’injustifiable, il préconise la coexistence du BLS avec l’élection d’une partie de nos députés à l’aide d’une dose de proportionnelle… dont l’objectif est de faire élire toutes les composantes de l’électorat – minorités comprises !
Pour sauver coûte que coûte le BLS, le MMM va jusqu’à inventer de nouveaux concepts juridiques. Bérenger et ses cadres entendent ainsi « laisser mourir naturellement le BLS »… tout en le maintenant dans la First Schedule de notre Constitution. Plus étonnant encore, le parti suggère aux futurs candidats qui le veulent, de ne pas déclarer leur appartenance ethnique lors du dépôt de leur candidature… pour lutter contre le communalisme institutionnalisé… maintenu dans notre Constitution à travers le BLS… à l’insistance des mauves !
Le MMM et son leader ne peuvent plus prétendre se cacher derrière de faux prétextes pendant encore longtemps. Envers et contre Bérenger, un consensus se dégage entre le Parti travailliste, le PMSD et même le MSM. Tous s’entendent sur la nécessité d’éliminer la déclaration des appartenances ethniques dans le cadre des élections à Maurice. Ce qui implique la mort du BLS actuel.
Bérenger a aujourd’hui face à lui le camp des progressistes. En le rejoignant, il prendra rendez-vous avec l’Histoire et permettra ainsi à notre démocratie d’ouvrir un nouveau chapitre de son cheminement politique. Le Premier ministre doit également assumer sa part de responsabilité en ne s’abritant pas derrière une éventuelle volte-face du MMM pour tenter de ne pas concrétiser la réforme électorale actuellement en gestation. Avec ou sans le MMM, nous devons attendre de Navin Ramgoolam qu’il présente sa réforme au Parlement. Libre alors au MMM d’assumer ses responsabilités devant l’Histoire. Et libre aux Mauriciens de ranger le MMM parmi les « losers » si ce parti et son leader s’obstinent à rester dans le camp des rétrogrades.
J’écris en ce moment mon édito de ce dimanche. Celui-ci est consacré à la position du MMM par rapport à notre Best Loser System.
A mon humble avis, la position du MMM sur la question est tout sauf claire. Ce lundi, j’ai reçu le secrétaire général du parti, Steve Obeegadoo, sur Radio One pour discuter notamment de cette question. Ecoutez Obeegadoo ici
« Incohérente » est le qualificatif que j’emploie pour la position du MMM sur le BLS. Si au contraire, vous pensez que celle-ci est subtile voire tout à fait justifiée, aidez-moi, s’il vous plait, à comprendre !
En attendant, je me demande si God Save the BLS ne doit pas devenir le nouvel hymne du MMM…
Version texte de mon édito radio de ce matin sur Radio One.
Entendons-nous sur la question. La vie privée des hommes politiques leur appartient. Le lecteur ou l’auditeur que vous êtes n’a donc pas à savoir si untel a trois maîtresses, si l’autre a un amant ou encore si un troisième aime un peu trop la bouteille.
L’intérêt public exige toutefois que les incompatibilités flagrantes entre la vie privée et l’action publique d’un homme politique soient connues des citoyens. La même transparence s’impose si des éléments de la vie privée d’un homme publique le rendent inapte à assumer pleinement une responsabilité nationale.
Ainsi, le cas de figure suivant sert souvent à illustrer la chose. Un homme politique marié, apprenant la grossesse de sa maitresse, convainc et aide cette dernière à se faire avorter à l’étranger. En temps normal, ceci est une affaire strictement privée. Circulez, il n’y a rien à voir !
Mais extrapolons. Le politique en question appartient à un parti conservateur, qui prône le retour aux valeurs familiales et au strict respect des règles religieuses. Il s’est d’ailleurs fait élire sur ces thèmes. Peut-on encore penser que le respect de la vie privée l’emporte ? Ou alors, doit-on se demander, dans ce cas, si les électeurs n’ont pas le droit de savoir pour qui ils ont réellement voté ?
Si ce cas de figure n’est que théorique, il y en a un autre qui a, lui, marqué les esprits. Il s’agit de la maladie de l’ancien président français Francois Mitterand. A qui on avait diagnostiqué un cancer de la prostate dès le début de son premier septennat en 1981.
Chose qu’il avait habilement omis de dire aux français au moment de leur réclamer un deuxième mandant en 1988 ! Seize ans après la mort de Mittterrand, journalistes et historiens français s’interrogent toujours sur l’influence que la maladie de l’ancien président a eue sur son action politique.
Nous n’avons pas le loisir du temps toutefois à Maurice. Voici plusieurs mois que les salles de rédactions bruissent de rumeurs sur l’état de santé du Président. Pudiquement, les journalistes ont jusqu’ici évoqué son état de santé fragile.
Mais depuis dimanche les choses ont changé. Il a été admis en clinique. Et a subi, croit-on comprendre, une intervention au niveau de la prostate.
Sir Anerood jugnauth n’est pas un citoyen comme un autre. Il est le chef de l’Etat et si l’on en croit Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, il a agrée en principe, de se présenter comme Premier ministre dans le cadre d’une alliance MSM/MMM.
Les citoyens ont besoin de comprendre de quoi souffre leur président. Tout comme les supporters d’une alliance MSM/MMM ont le droit d’exiger de savoir si leur futur chef de file est en mesure d’assumer encore une fois d’importantes responsabilités politiques.
Depuis dimanche, l’état de santé du président de la république n’est plus une affaire privée…mais bel et bien publique !
Est-ce que ce A…

veut dire la même chose que celui-ci …
Lui-même porteur de la même signification que celui-là …
Alors ???
Si je vous pose cette question, c’est parce que le nouveau logo du groupe Facebook Wanted : 15,000 youngsters to save our future m’intrigue un peu. En effet, le mouvement semble avoir adopté depuis récemment le logo ci-dessus comme nouvelle photo de groupe. Or, si je ne me trompe pas, ce symbole est celui des mouvements anarchistes. L’anarchisme est une philosophie politique tellement méconnue et incomprise qu’on lui attribue des objectifs parfois très divergents.
Alors, je vous pose la question: après sa phase de démagogie mâtinée d’un peu de star system, le mouvement Wanted a-t-il pris un tournant plus anarchiste? Et d’ailleurs, si c’est effectivement le cas, de quel courant de l’anarchisme se réclament donc nous jeunes et intrépides sauveurs de la République ?