Jeu d’acteur

Lumière, caméra… action. Pour la galerie ou pour leurs propres carrières, trois politiques se livrent ces derniers temps à une opération d’envergure. L’objectif reste le même pour tous : convaincre et marquer les esprits. Le problème, c’est que tous n’y arriveront pas. Petite présentation des acteurs…

Comment ne pas commencer par Rama Valayden, l’« Attorney General ». Poursuivi pour propos séditieux, il est pourtant un homme soulagé. Car à l’issue de son audition par la police ce jeudi, c’est en chœur que lui et son bataillon d’hommes de loi ont dit qu’il n’a « rien à se reprocher. » Mais qui donc a pu penser que Valayden allait finir devant le tribunal ? Qui a cru que le Premier ministre allait laisser un ministre critiqué de tout part en place, s’il n’était pas lui-même convaincu qu’il n’allait rien lui arriver ?

A vrai dire, la séquence s’est déroulée à la perfection. Valayden tient des propos condamnables. Il est rappelé à l’ordre par le Premier ministre, qui contredit au passage la réalité statistique des allégations de son ministre. Ce dernier se repent. Une bande de flics qui se sent visée dans cette affaire porte plainte. Celle-ci est instruite. Comme par enchantement, seule une partie de l’enregistrement du discours litigieux est récupérée. Ce qui fait de cette pièce clé un élément irrecevable dans l’instruction. Voilà une faille de procédure qui ne fait perdre la face à personne. Au réalisateur qui a mené de main de maître cette séquence, on a envie de dire : chapeau !

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Dans le cas de notre deuxième acteur, il n’est pas question de chapeau mais de béret. A quelques mois des élections, Pravind Jugnauth peine toujours à porter avec panache le fameux béret de campagne du père. Du coup, il bat la campagne… en bus. Ce qui n’est pas sans rappeler l’éternel perdant des campagnes présidentielles françaises : François Bayrou. Qui avait innové en déambulant dans un bus roulant à l’huile de colza. Celui de Pravind Jugnauth aurait pu rouler à l’huile de « Sunflower. » Mais passons…

Pravind Jugnauth est actuellement dans la position de l’acteur qui pourrait être le grand oublié du casting électoral. Dans les coulisses, on apprend que l’offre de Navin Ramgoolam au poucet MSM a fondu comme neige au soleil. Des 16 ou 18 tickets que le MSM comptait récolter initialement, il n’en reste que 8. Du coup, l’acteur Pravind doit démontrer sa popularité pour que le réalisateur Navin Ramgoolam l’embauche.

Il est vrai que Ramgoolam observe du coin de l’oeil la mobilisation du MSM. Et on ne parle là que de démonstration de force et non de la déclamation des idées prouvant que le MSM a « réussi à faire de la politique autrement ». Ramgoolam n’en a cure des « idées phares » du MSM. Celles-ci – rétablissement de la peine de mort, baisse drastique de la TVA et abolition du « National Residential Property Tax » – iraient d’ailleurs droit à la poubelle si le MSM se joignait à
l’Alliance sociale (AS).

L’enjeu immédiat du MSM est donc de prouver à Ramgoolam qu’il possède un ancrage dans les circonscriptions où un candidat de l’AS pourrait se retrouver en difficulté face à des adversaires coriaces du MMM. Mais nous pensons qu’il n’y aura pas de démonstration de force demain. Le MSM, malgré l’entrée au Parlement de son chef, reste toujours un petit parti. Et face à ce déficit de popularité, Ramgoolam plus que jamais pourrait être tenté de distribuer les rôles aux acteurs de sa propre troupe.

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Il faut admettre qu’en plaçant Rama Sithanen aux finances, Ramgoolam n’a sans doute pas fait d’erreur de casting. Toutefois, le ministre des Finances interprète le 18 novembre un budget des plus épineux. Il jure que celui-ci ne sera pas « populaire et électoraliste. » Et se réfugie derrière son arrogante expérience – il aime rappeler qu’il a présenté « 11 budgets en comptant celui du stimulus package » – pour affirmer que les décisions qu’il prendra seront toutes dans l’intérêt pays.

Quel intérêt ? Avec le réchauffement climatique et les enjeux du développement durable, la politique économique se doit d’être durable. En facilitant les investissements et les réformes dans les énergies, l’environnement et les infrastructures. Annoncé en fanfare dans le budget 2008-2009, le projet Maurice Ile Durable est presque tombé dans l’oubli depuis. Faute d’une structure organisationnelle adéquate, mais aussi à cause de la tergiversation des décideurs politiques. Mais l’heure tourne. Maurice se doit désormais non seulement d’avoir mais aussi d’appliquer et financer son « Blueprint for energy sector ». L’Etat, conformément à l’approche volontariste que prône Sithanen, doit instaurer un cadre fiscal incitatif pour permettre l’investissement des ménages, des industries et de l’Etat dans les technologies et infrastructures vertes.

Que Sithanen ne vienne pas nous dire que c’est l’argent qui manque ! Car les planètes sont en train de s’aligner pour Maurice. L’Union européenne fera don de Rs 136 millions à Maurice dans les mois à venir pour financer les projets verts. D’autres aides suivront. Le président de l’Agence Française de Développement, qui sera au pays cette semaine, apporte également une surprise de taille. En effet, Maurice bénéficiera d’un prêt de Rs 5,2 milliards (€ 120 millions) minimum pour les années financières 2010 et 2011.

Nous arrivons à un moment où les efforts de l’Etat dans le domaine du développement durable ne souffrent plus de contraintes financières. C’est à Rama Sithanen et ses collègues du gouvernement de relever les défis. Pour ces acteurs-là, l’heure n’est plus aux répétitions. Budget, lumière, caméra… action !

Le mauvais goût de la MBC

A la MBC, on cultive le mauvais goût. Vous me répondrez, « les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. » Vous n’avez pas tort. Mais admettez qu’à la Rue Pasteur, on pousse le bouchon du mauvais goût un peu trop loin. J’en veux pour preuve le nouvel habillage d’antenne de notre illustre télévision publique. Notamment les nouveaux génériques des journaux télévisés et des coupures pub. Ce sont des monuments du kitsch !

J’ai remarqué depuis longtemps qu’à la MBC, on aime faire péter la palette graphique. CNN, BBC, France 24 ou I Tele, font dans la sobriété. Mais pas de cela à la MBC. Quand les grandes chaînes internationales font dans les codes couleur basiques (2 à trois couleurs maxi), la télé nationale se la joue arc-en-ciel à fond. Du coup elle nous pond ça :

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Un générique de JT surchargé. On dirait que les graphistes se sont fait un point d’honneur de caser dans ces génériques les millions de couleurs que peut générer leur palette graphique. Nous voici avec une belle illustration de notre bon vieux dicton « zaco fine gagn razoir ! » Sans doute très bien outillé, les graphistes de la MBC nous ont malgré tout concocté, pour l’énième fois, un générique à vomir !

Passons à la pub ! Avez vous seulement regardé la séquence de lancement des plages pub ? Celle où l’on voit une camionnette arpentant une petite route, pendant qu’un panneau de pub affiche le logo de la MBC ? Je ne sais pas pour vous. Mais moi ça m’a transporté droit au début des années 90. Quand l’animation 3D à la télé en était à ses balbutiements !

J’ai des amis parmi les graphistes de la MBC. Les gars, si vous passez par là…faites un effort la prochaine fois. Car vos « œuvres » sont d’une laideur affligeante. Avec leurs animations 3D surfaites et la diarrhée de couleurs !

Mais bon, je m’en prends aux exécutants. En effet, ces génériques ont bien été approuvés par un ou des grands manitous de la MBC. Alors, je pense que la palme du mauvais goût doit leur revenir de plein droit. Car après, tout, c’est avec leur aval et bénédiction qu’on nous sert ce vomi télévisuel.

En parlant de vomi télévisuel. Ce soir, la MBC nous a gratifié d’un grand moment de télévision. Ainsi, j’ai appris que la Voice of Hindu a fait une conférence de presse durant laquelle elle s’est notamment opposée à la réforme du Certificate of Primary Education. Allons donc!? Désormais, c’est une bande d’intégristes qui va nous faire des leçons de pédagogie et d’éducation ??? Quel sera donc le prochain épisode à la MBC? Le Mouvement Mauricien Kreol Authentique annonçant durant une conférence de presse que la Banque de Maurice doit revoir les taux d’intérêts à la hausse ???

J’ai une requête à faire à tous ceux qui ont cessé de regarder la télé nationale. S’il vous plait, zappez quand même de temps en temps sur le service public. Vous croyez que le MBC s’est déjà perdue dans les confins de la médiocrité ? Continuez à regarder ! Car MBC c’est comme Star Trek, (where no one has gone before) ils repoussent les limites. Et ne cessent de découvrir des contrées inexplorées de la médiocrité. Décidément, Mauritius (Broadcasting Corporation) c’est de la médiocrité !

En attendant le permis de construire

J’arrive presque à la fin du marathon bureaucratique pour l’obtention du tant convoité « Building and Land Use Permit. (BLP) » Hier, je suis allé déposer mon volumineux dossier au Conseil de District (CD) de Pamplemousses Rivière du Rempart. Mais avant de vous expliquer comment cela s’est passé, je reviens en arrière.

Je vous ai raconté tout le cirque pour l’obtention des « clearances » (autorisations) de la CEB, CWA et la WMA. Vu l’amateurisme flagrant de la CWA, je m’attendais à ce que cette administration tarde à me délivrer mon autorisation. Par ailleurs, comme le délai de délivrance est de 15 jours maximum, je pensais devoir également attendre une bonne dizaine de jours à chaque fois. Des surprises m’attendaient ! En effet j’ai déposé mon dossier à la WMA le 15 octobre. Le lendemain, je suis allé déposer ma demande au CEB et la CWA. And the winner is…roulement de tambour :

LA CWA ! Car dès le lundi 19 octobre, on m’a appelé pour m’informer que je pouvais venir récupérer mon plan dûment signé et tamponné.
CWA

LE CEB a pris un peu plus de temps. C’est le mercredi 21 octobre qu’on m’a appelé pour m’annoncer que mon dossier était accepté.
CEB

La WMA est arrivé un peu plus tard. Quoi que, en fait, le dossier avait été accepté le 19 octobre. Mais ce n’est que le lundi 26 octobre qu’on m’a appelé pour me demander de venir récupérer mes plans.
WMA

Verdict : même si les trois administrations ont des niveaux de professionnalisme et d’accueil très disparates, elles ont toutes réussi à fournir le service attendu dans un délai largement raisonnable. Petite précision avant de passer à la partie Conseil de District. A Maurice, il est courant de faire appel à une connaissance ou un ami qui bosse dans telle ou telle administration afin d’expédier les procédures. Je n’ai pas eu recours à ce petit coup de pouce. Je suis donc persuadé qu’on a là une mesure acceptable de la rapidité avec laquelle ces administrations traitent les dossiers de ce type.

Nous en venons à l’étape ultime pour obtenir le BLP. Je me suis donc rendu hier au CD à Mapou. Je suis arrivé vers 10h30. On m’a indiqué le bureau où je devais aller déposer mon dossier. Il n’y avait pas grand monde. J’ai été reçu au bout d’une vingtaine de minute.

Le dépôt du dossier de passe en deux étapes. Un cadre technique inspecte d’abord les éléments du dossier. Pour s’assurer que toutes les pièces requises sont là. La checklist pour une demande de BLP résidentielle est la suivante :

1. Titre de propriété du terrain
2. Rapport d’arpentage (du géomètre)
3. 3 copies du plan signées par l’architecte
4. Les plans structurels signés par un ingénieur
5. Une copie du plan approuvé par la CWA
6. Une copie du plan approuvé par le CEB
7. Une copie du plan approuvé par la WMA
8. Photocopie de votre carte d’identité
9. Et la demande** de BLP dûment signée par l’architecte et le demandeur

La personne vérifie assez minutieusement les documents qu’on lui remet et signale immédiatement toute pièce manquante. Dans ce cas, il faut revenir avec toutes les pièces pour que le dossier soit accepté. J’ai entendu l’officier d’à coté dire à une dame, qui était venue déposer son dossier, qu’il faudra revenir avec un dossier complet car ses plans d’architecte avait été mal faits…

Donc après avoir passé l’étape de l’inspection, je me suis dirigé vers une deuxième salle. Où une dame a récupéré mon dossier. J’ai payéRs 500 de frais de dossier. Il y aura probablement encore environs Rs 5000 de frais à payer quand j’irai retirer le permis. Mais quand ?

Depuis le budget de 2006, les permis de construction doivent être délivrés dans un délai de 10 jours. Si après 10 jours le DC ne rend toujours pas de réponse, la loi considère que le permis a été validé par accord tacite (silent agreement). Tout semble s’être bien passé jusqu’ici. Il n’y qu’à espérer que je vais recevoir un coup de fil d’ici la fin de la semaine prochaine, me demandant de venir récupérer mon BLP…

**Le formulaire de demande de BLP peut s’avérer difficile à trouver sur internet, surtout les jours où la quasi-totalité des sites des DC ou de Municipalités buggent (et ça arrive souvent). Alors voici où trouver à coup sur le formulaire de demande et les guidelines pour le BLP

La réconciliation des mémoires

Le 2 novembre et le 1er février ne sont que d’insipides dates. Même si celles-ci sont censées commémorer des événements importants. Notamment l’arrivée des travailleurs engagés indiens et l’abolition de l’esclavage. De la manière dont nous, Mauriciens, traitons ces deux événements, nous démontrons qu’au fond, ils ne nous intéressent pas vraiment.

Peu de gens à Maurice regardent ces deux commémorations dans leur dimension humaine et historique. Par contre, beaucoup cèdent au cynisme. Les 1er février, la rengaine habituelle est de relever la contribution occultée des descendants d’esclaves dans le développement initial du pays. Le 2 novembre, on reste dans le même registre. Et cette fois-ci, on se fait un point d’honneur de souligner que le boom sucrier, que le vrai développement agricole du pays, n’a été rendu possible que grâce a l’afflux massif des « coolies » après l’abolition de l’esclavage en 1835. Comme s’il s’agissait à chaque fois d’identifier la communauté qui peut revendiquer la plus importante contribution dans le développement du pays.

Ailleurs, on appelle cette pathétique comparaison « la concurrence des mémoires ». Celle-ci amène, par exemple, des juifs et des descendants d’esclaves à disserter de manière interminable afin de déterminer si c’est la Shoah ou l’esclavage qui doit être considéré comme le plus abominable crime contre l’humanité. A Maurice, les descendants de travailleurs engagés se croient obligés de souligner que le sort des « coolies » était « presque similaire » à celui des esclaves. Encore cette obsession de la comparaison…
decrypt memoires
La manière même dont nous appréhendons le 2 novembre et le 1er février est bancale. Car avec la complicité des gouvernements successifs, nous avons fait de chacune de ces commémorations, un événement exclusif. Qui concerne d’abord une communauté. Les 1er février, créoles et rastas se donnent donc rendez-vous au pied du Morne. Les mêmes organisations socioculturels et pseudo partis politiques mènent le bal. Ils se sont érigés en défenseurs de la mémoire de l’esclavage. Le 1er février, c’est leur fête !

Même scène à l’Aapravasi Ghat les 2 novembre. On y retrouve les mêmes organisations hindoues. Qui à coup de « Yajj » et de « Puja » donnent à cet événement une connotation religieuse. Ils envoient du coup un bien mauvais signal : la commémoration est l’affaire des hindous. Pourtant, il y avait également des Ibrahim et des Farida parmi les « coolies ». On nous rétorquera qu’une « multi-faith and universal prayer » est organisée depuis quelque temps. Mais c’est un leurre. Qui ne cache nullement le fait que l’Aapravasi Ghat et la commémoration du 2 novembre ne semble concerner qu’une communauté. Il faut en finir avec cette immixtion du religieux. Il faut déconfessionnaliser complètement cette date pour enfin en faire un événement national et laïc…

En attendant, on patauge. La réconciliation des mémoires est renvoyée aux calendes grecques. C’est la faute à la Commission Justice et Vérité (CJV). Le Premier ministre nous avait promis une commission de haute facture. Dont les travaux allaient aider à réconcilier le pays et ses habitants avec leur histoire. Mais la CJV est en panne. Son président, Robert Shell, a disparu dans la nature. La CJV vivote sous l’œil impassible de ceux qui pourraient nommer un nouveau président. Et réaffirmer ainsi toute l’importance de cette commission dans le processus de la réconciliation des mémoires dans le pays.

Mais il n’en est rien. Profitant de ce flottement, des esprits étriqués s’agitent. Devant le fauteuil laissé vide par Robert Shell en l’absence d’une autorité pouvant se placer au dessus de nos petites querelles identitaires locales la concurrence se réinstaure et les revendications se « fiduciarisent ». Au lieu de parler de la contribution de chacun dans l’histoire du pays, ils s’attardent sur le fait qu’une composante ou l’autre de la population a été lésée dans son développement. En guise de réparation, ils brandissent des calculettes pour évaluer le montant de compensations financières. Au lieu de placer l’Etat devant ses responsabilités en matière d’égalité des chances, d’éducation et de lutte contre la pauvreté.

Pour la réconciliation des mémoires et des identités locales… il faudra repasser. A moins qu’on se décide à refaire fonctionner convenablement la CJV

D’autres commentaires sur cet éditorial

Le taxi le plus cool de l’île Maurice

Je décrète que ce taxi est le plus cool de l’île Maurice! Je sais, tout ceci est très subjectif mais tous les autres taxi-men du pays peuvent quand même aller se rhabiller!!!

Vous me demanderez « qu’est-ce qu’il a de si spécial ce taxi? » Et je vous répondrai, c’est une voiture hybride et écologique!! On aime à croire que seules les énormes BMW, Mercedes et Audi tapent dans l’œil des touristes et des clients fortunés. Mais les temps changent, la conscience écologique s’installe chez beaucoup d’entre nous. Et je connais plus d’une personne qui, amenée à faire le choix, préférerait prendre un taxi vert plutôt qu’une « belle allemande. »

Je suis un grand défenseur d’un traitement fiscal spécial pour les voitures écologiques. J’ai abordé ce sujet plus d’une fois dans mes éditoriaux. Je continue à croire que nous avons beaucoup à faire dans le domaine à Maurice.

Au moment où l’on parle de branding et de Mauritius, c’est un plaisir, je songe à un autre label. Je vois un joli petit logo « Maurice Ile Durable » sur nos taxis écolos. Je vois une politique fiscale incitative. Qui amènerait les propriétaires de taxi à bénéficier d’un important crédit d’impôt pour l’achat d’une voiture verte. Je vois les taxi-mens, quand ils font l’acquisition de luxueuses berlines, devant justifier pourquoi ils n’achètent pas pour moins cher (et en payant moins de taxe) une voiture écologique. Je vois un règlement de la National Transport Authority précisant que toute personne obtenant un nouveau permis de taxi se devra de faire l’acquisition d’une voiture verte.

Ah! Ce serai beau tout ca!

ps: bon je sais, filmer un taxi qui roule juste devant…tout en roulant à 90km/h, c’est pas très malin. Mais bon, c’est pour la bonne cause…

Une vidéo choquante!

Un lecteur  a posté deux vidéos dans la section about du blog. Le propos de cette personne est assez dérangeant. Remplacer l’ordre républicain et laïc par un ordre religieux, je trouve cela choquant et inacceptable. Pour moi, les propos de cette personne se rapprochent de la sédition. C’est mon opinion, je vous laisse vous faire la vôtre.

En tout cas, l’express-dimanche va demander à la Jummah Mosque ce qu’elle pense de cette vidéo. Et va chercher la réaction de chefs religieux et politiques à ce sujet. A lire dans le numéro de ce dimanche…

John, le octobre 27th, 2009 à 07:42 Dit: Edit Comment

Rabin, you need to check this please.

Chere Mauricien/Mauricienne, Ena un video bien alarmante lor youtube. (link below)
un mauricien qui reste dans l’angleterre per faire appele a tou ban musulman mauricien pour ki La Loi Sharia vin en vigeur a maurice. c’est un video qui bien choquant, li dire qui musulman pa cav vivre lor loi democratic ek la constitution mauricienne, ek pa cav vivre avec ban kuffar ( un mot derogatoire pour ban non musulman), ek ki sharia bizin domine maurice ek le monde. il pe faire appele a ban musulman pou revele zot le 31 octobre (2009), ek demande sharia dans morice.
voici quelque extrait:

J’ai enlevé une partie des extraits. Je vous laisse regarder la vidéo afin de vous faire votre propre opinion.

http://www.youtube.com/watch?v=ySwoCvIQ3To&feature=related

Part 2: http://www.youtube.com/watch?v=CjlgVROuEvs&feature=related

Portrait d’un con…ou la chronique de l’incivisme ordinaire

Après moi le déluge. Il y a des personnes qui se croient tout permis. Et qui se moquent systématiquement des règles qui peuvent avoir été élaborées pour le bien de tous.

Samedi dernier, vers 13h au centre commercial de Jumbo Riche-Terre, je suis tombé sur un de ces énergumènes. Ce jeune homme était visiblement pressé. Il voulait retirer de l’argent au guichet automatique le plus vite possible pour pouvoir ensuite détaler.

Il n’a donc bien évidemment pas pris le soin de garer sa voiture. Il l’a laissé en plein milieu de la voie. Bloquant la sortie des voitures garées à côté de lui. Et obligeant celles qui circulaient à le doubler dangereusement. Faut-il que je précise qu’il est interdit de stationner à cet endroit?

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Le conducteur était aussi visiblement aveugle. Sinon il aurait remarqué qu’il y avait autour de lui au moins 5 places de parking disponibles.

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Je le croyais pressé, pourtant ce n’était apparemment pas le cas. Le jeune homme, déambulant nonchalamment est venu s’appuyer contre sa voiture pour consulter sa facturette pendant une bonne minute et demie. Était-il en train de déranger les autres? Oui! Mais il ne semblait absolument pas en avoir conscience…

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Il s’est passé un peu plus de 5 minutes entre le moment où ce jeune homme a garé ici sa voiture et le moment où il est reparti. Entretemps, d’autres automobilistes voyant la voie bouchée ont soit doublé cette voiture ou ont bifurqué pour ne pas passer par cette partie du parking.

Mesdames et monsieur je vous présente un CON dans toute sa splendeur s’éloignant dans sa voiture. Malheureusement des cons dans ce genre, on en croise bien trop souvent dans le pays…

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Les maires mendiants

Tout cela est pathétique. Une « affaire de corruption » illustre la déliquescence des pouvoirs de nos administrations régionales. La question doit être posée. Ceux que l’on appelle pompeusement les « Premiers magistrats » de nos villes et Conseils de districts (CD) seraient-ils devenus de vulgaires commis au service du pouvoir central ? L’affaire Raj Aubeeluck tend à la prouver…

Que reproche-t-on exactement au maire de Beau-Bassin – Rose-Hill ? De ne pas avoir suffisamment d’argent dans les caisses de sa mairie pour financer sa participation à l’assemblée générale de l’Association internationale des maires francophones (AIMF) ? Et d’avoir donc sollicité l’aide d’une entreprise afin qu’elle paye directement à l’agence de voyage une partie du coût d’un billet d’avion ? On reproche, en fait, à Aubeeluck de n’avoir pas respecté un article de la Local Governement Act (LGA) de 2003. Qui dispose : « a local authority shall not accept without the consent of the Minister any donation in kind, gift or property of a value of more than 25,000 rupees or such other sum as may be prescribed. » Cet article est particulièrement ridicule pour deux raisons.

D’abord, la somme prescrite est anormalement basse. Repeindre un petit bâtiment, ou acheter des équipements de sport rudimentaires pour un modeste gymnase peut représenter le double de cette somme ! Du coup la LGA, au lieu de dynamiser le fonctionnement des collectivités territoriales, les emplit de lourdeur. Et empêche les maires d’agir de manière proactives en mettant en place des partenariats-cadre avec des sponsors appelés à les financer sur une base ad hoc… sans qu’il faille aller à chaque fois frapper à la porte du ministre des collectivités locales. Afin d’obtenir son seing pour accepter quelques machines de musculation ou dizaines de pots de peinture !

Ensuite, il paraît évident que cet article vise à contrôler la corruption dans les administrations régionales. Du coup, il en devient encore plus risible. Ainsi, un maire ou président de CD pourrait recevoir chaque semaine des petits « cadeaux » valant Rs 10 000 ou Rs 20 000, sans devoir rendre de compte à personne. Mais le voilà hors-la-loi s’il s’avise de conclure – sans l’aval du ministre un accord de parrainage de Rs 100 000 avec une entreprise – pour le bien de ses administrés. En prime, il aura l’Independent Commission against corruption à ses trousses !

Loin de nous l’idée de dire qu’il ne faut pas combattre la corruption dans les collectivités locales. En effet, la lutte doit être permanente. Il y a bien des pourris qui sévissent dans les mairies et CD. L’actualité nous le rappelle bien assez souvent. L’enjeu est donc la mise en place d’une administration régionale de qualité. Gérée par des cadres permanents formés et compétents. Eux mêmes dirigés par des élus placés à la tête de ces institutions en raison de leur capacité de gestionnaire et de policy-maker.

Mais la pratique est autre depuis plusieurs années. L’on devient maire ou président pour service rendu ou grâce à sa proximité – voire sa servilité – avec les puissants du jour. On obtient donc la possibilité de ronger un os, exercer un peu de pouvoir ou rassembler quelques «cadeaux » pendant un an ou deux. Peu importe les idées que l’on apporte à la collectivité locale, peu importe le bilan. Ce qui compte, c’est d’avoir pu obtenir son dû. D’ailleurs si on ne l’obtient pas en temps et en heure… on peut même menacer de brûler sa chemise rouge au Plaza. L’effet est garanti. Le règne des sous-fifres est installé.

Toutefois, certains essaient de faire remonter le niveau. Michael Sik Yuen à Curepipe, Tangavel Thodda à Vacoas-Phoenix et Mahen Gondeea à Port-Louis semblent vouloir exercer leur fonction au mieux de leur capacité. Mais la vérité demeure : ils sont tous soumis à l’autorité de leur ministre James Burty David. Et certaines de leurs décisions aussi saines et courageuses soient-elles – peuvent être cassées du jour au lendemain. Après l’intervention d’un senior minister ou du Premier ministre. Pour des raisons de clientélisme politique.

En infantilisant et en dénigrant à ce point les administrations régionales, le pouvoir en place insulte l’idée même de la démocratie. Un conseiller municipal ou de district est élu au suffrage universel direct. Au même titre que les ministres. On ne peut donc nullement leur enlever leur légitimité populaire. C’est paradoxal, selon cet étalon, Tangavel Thodda a plus de légitimité que James Burty David. Le ministre, a été élu best loser dans sa circonscription en juillet 2005 avec 49 % des suffrages en sa faveur. Tangavel Thodda a lui été plébiscité par près de 70 % des électeurs de son arrondissement à Vacoas-Phoenix en octobre 2005 !

Plus que les lois, c’est la relation entre le pouvoir en place et les dirigeants de collectivités locales qu’il convient de redéfinir. Toutefois, rien de changera tant que le pouvoir continuera à voir dans les maires et les présidents de CD de vulgaires sous-fifres. Ils deviendront enfin des élus légitimes et appréciés quand le pouvoir central leur permettra de fonctionner et non pour plaire aux puissants du moment dans le seul intérêt des administrés des villes et des villages. Malheureusement, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour arriver à cet état d’esprit.

Alice au pays des merveilles

Ce texte a été publié le 13 mai 2007. Mais je trouve qu’il redevient d’actualité. Lisez entre les lignes. Le même climat recommence à planer dans le pays…

Mark Twain disait que Maurice avait servi de modèle pour le Paradis. À bien y réfléchir, Maurice aurait également beaucoup inspiré un autre écrivain du 19e siècle. Si Lewis Caroll visitait le pays aujourd’hui, il se rendrait compte que « Le pays des merveilles » qu’il décrit dans son récit existe. Nous y vivons, nous Mauriciens !

Notre île, comme le pays des merveilles, a un monarque. Le roi des cœurs, Navin Ramgoolam, qui règne sans partage. Celui-ci est ce que Caroll pourrait rêver de mieux. Car il rassemble à lui seul les traits de caractère de sa reine et de son roi de cœur. Comme la souveraine, Ramgoolam est capable d’une cruauté expéditive envers des personnalités dont la compétence ne souffre pourtant d’aucune contestation. La reine de cœur ordonne « qu’on leur coupe la tête ». Ramgoolam, lui, exige qu’on « leve paké allé »

Ce même Ramgoolam dans une désolante mue, peut aussi se transformer en roi des cœurs indulgent à l’extrême envers certains de ses ministres dont l’incompétence, dans l’action et l’inaction est flagrante. Leurs interlocuteurs le relèvent systématiquement. Leurs proches collaborateurs s’en désolent. L’entourage du roi des cœurs croyant bien faire, l’encourage à croire que tout est bien dans le meilleur des mondes. Mais comme dans le livre, les conseils de la chenille bleue ne sont pas toujours bons à prendre. Car ils ont parfois de fâcheuses conséquences. Mais qu’importe, le roi Navin a décrété, paraît-il, qu’il ne procédera à aucun remaniement pour l’heure. « Quod principi placuit »… disaient les Romains. Ce qui plaît au prince est loi !

En face du roi et de sa bande d’incompétents, le lapin blanc panique. S’agite de plus en plus. Dans le bouquin il court obsessionnellement contre la montre pour ne pas arriver en retard. À Maurice, il court pour sauver sa peau. Car ici, on compte faire du civet de lapin blanc et en distribuer à tout le pays. Le lapin blanc se dit que s’il était marron, il passerait inaperçu dans la masse des lapins de même couleur. Mais trop tard, le roi l’a vu. Il a beau avoir été utile – même servile parfois, son heure semble toutefois arrivée…
alice
De loin, à Maurice, nos syndicats, en véritable chat du Cheshire regardent tout ce ramdam avec un intérêt mitigé. C’est vrai qu’ils sont occupés à critiquer aussi bien le roi des cœurs que le lapin blanc. Mais l’étonnement d’Alice, en voyant le chat du Cheshire disparaître complètement jusqu’à qu’il ne reste plus que son sourire, est d’actualité. Perturbée, elle remarque qu’elle a souvent vu des chats sans sourire. Mais c’est la première fois qu’elle voit un sourire sans chat. À Maurice, on a souvent vu des syndicats sans plate-forme officielle pour revendiquer leurs droits. Mais nous n’avions encore jamais vu une plate-forme officielle (le « National Pay Council ») sans syndicats. Tout a un début…

Avouez que ce pays des merveilles a de quoi dérouter même les plus mesurés et contemplatifs d’entre nous. Toutefois, l’inventaire des personnages de Caroll et leurs équivalents à Maurice ne serait pas complet si on ne parlait pas du chapelier fou.

À ce sujet, miracle ! À Maurice, nous n’avons pas un, mais des chapeliers fous. Le personnage du livre est condamné à vivre perpétuellement à l’heure du thé. Les nôtres aussi vivent dans un autre temps.

Ils le démontrent quand ils demandent qu’une madame Toorab en maillot de bain ne figure pas dans les manuels de nos enfants. Ils l’établissent également quand, à l’heure de la mondialisation des échanges, ils ne jurent que par le contrôle des prix. Enfin, ils le prouvent aussi quand ils cherchent à raviver de vieilles querelles pour détourner l’attention du public vers des « ennemis » et « exploiteurs » tout trouvés.

« Et Alice dans tout ça ? », vous demandez-vous. Eh bien Alice, c’est nous, les Mauriciens. Avec les mêmes « défauts » : un excès de courtoisie et de docilité. Qui nous amène à laisser le roi de cœur et tous ces personnages improbables agir à leur guise. Voilà le pays et le peuple des merveilles !

Rencontre du 3e type avec la CWA, le CEB et la WMA

J’ai raconté récemment les degrés divers de professionnalisme que j’ai pu constater chez la CWA, le CEB et la WMA. Cette « évaluation » a été faite par rapport à mes conversations téléphoniques avec ces différentes administrations. A la fin de la semaine dernière, je suis passé à la vitesse supérieure. Je suis allé déposer mes plans afin d’obtenir les précieuses « clearances. » Ce qui me permettra ensuite d’aller déposer ma demande de permis de construction au District Council.

Voici comment se sont passé mes rencontres du troisième type.

CWA : col ar lakras**
Je me suis rendu au centre régional de Pamplemousses vendredi matin à 9h15. A mon arrivée, il y avait une dizaine de personnes dans la salle d’attente. A la réception, le téléphone n’arrêtait pas de sonner. Le seul standardiste répondait comme il pouvait aux appels incessants.

Dans la salle d’attente, une foule hétéroclite. On retrouve l’habitant du coin qui veut rééchelonner les remboursements de ses factures impayés. Un père de famille souhaitant faire raccorder sa maison au réseau de la CWA. Un chef d’entreprise venu récupérer son « clearance ». Ou des personnes comme moi, venues déposer leurs plans. Question organisation, détrompez-vous, il n’y a avait pas 3-4 guichets. Mais un bureau avec deux officiers traitant TOUTES LES SORTES de demandes et doléances.

J’ai été reçu à 9h35 par une personne courtoise. Elle a récupéré mon plan, puis a gribouillé rapidement mes noms, coordonnées et numéro de carte d’identité dans un agenda. Avant de déchirer consciencieusement un morceau de papier à l’aide de sa règle. Et d’y écrire le numéro de référence de mon dossier. « Nous vous appellerons d’ici 10 jours pour soit vous demander des renseignements complémentaires ou vous dire de venir récupérer votre autorisation, » m’a expliqué le préposé.
cwa

WMA : vite fait bien fait

Jeudi après-midi, j’ai débarqué dans les bureaux déserts de la WMA à Port Louis. Il n’y avait pas un chat à l’horizon. J’ai donc été reçu illico par l’une des cinq dames du département clients. Elle a noté toutes les infos dont elle avait besoin dans son agenda. En prenant mon plan, elle m’a expliqué que d’ici 15 jours maximum, on m’appellera pour me demander de venir retirer mon autorisation. Avant de partir elle m’a remis un récépissé disant la même chose…
wma
CEB : place aux pros
Déjà, ce qui m’a frappé en débarquant au centre de Pamplemousses du CEB, c’est le côté accueillant des bureaux. Bien décoré, bien meublé, bien agencé…le lieu vous met immédiatement à l’aise. Bon, c’est vrai que ces nouveaux bureaux sont (presque) flambants neufs. Ils ont été inaugurés en début d’année.

A l’accueil, le standardiste me guide immédiatement vers l’un des bureaux des chargés de clientèle. Celui-ci écoute ce que j’ai à lui dire, récupère mes documents. Et me demande d’aller payer les frais administratifs (Rs 375) à la caisse. Ici, pas de gribouillis. Tout est informatisé. La chargé de clientèle a ensuite imprimé ma facture et un récépissé. Sur ce document, un numéro de téléphone, sur lequel je peux appeler dès ce jeudi, pour savoir si ma demande à été approuvé. Oh, et détail important, le CEB m’a déjà attribué un « partner number. » En effet, chez le CEB on est « partner » et non client.
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Bon maintenant reste plus qu’à attendre mes « clearances. » Reste à attendre, et à voir combien de temps prennent ces administrations pour traiter une demande. A ce sujet, ce lundi, j’ai eu une très agréable surprise de l’une de ces trois administrations. Devinez laquelle ! Je vous raconterez tous ca dans un prochain post. Qui sera consacré au dépôt de mon dossier au Conseil de District de Pamplemousses Rivière du Rempart.

**littéralement : « collé avec de la salive ». Une expression locale pour définir un médiocre travail d’amateur