L’après Copenhague

« Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé. » La phrase du président vénézuélien, Hugo Chavez, a fait mouche lors du sommet de Copenhague sur le climat. Mais ce genre de cynisme ne fera pas avancer les choses. Le Sommet de l’ONU doit être considéré comme un semi-échec. Même si le président Obama parle d’une « percée sans précédent » en faisant référence aux engagements pris par les USA ou la Chine pour réduire leurs émissions de carbone. Mais avec quels moyens ?

C’est avec amusement qu’un éditorialiste du « Wall Street Journal » écrit : « We can’t wait to hear Mr. Obama tell Americans that he wants them to pay higher taxes so the U.S. can pay China to become more energy efficient and thus more economically competitive. » En effet, la Chine, qui est le principal émetteur de carbone au monde depuis quelques années, se taillera la part du lion des $ 100 milliards d’aide étrangère destinée à permettre aux pays en développement – la Chine en fait partie – de réduire leur émission de carbone.

Vu de loin, on pourrait être tenté de conclure que ces sommets de l’environnement, de Rio de Janeiro en 1992 à Copenhague en passant par celui de Kyoto en 1997, n’auront pas servi à grand-chose. Nous aurions tort. Car nous regardons à chaque fois le sommet de la pyramide. Or, c’est à la base que les choses bougent. La conscience écologique est devenue globale. Elle est vivace et en progression.

A Maurice, la notion de développement durable (DD) gagne du terrain, ainsi une enquête d’opinion menée chez un large échantillon de la population a démontré qu’un Mauricien sur quatre (25,8 %) souhaite que le gouvernement fasse de l’écologie sa politique prioritaire. Ces chiffres sont extrêmement encourageants. Car le développement durable est une question de mentalités et de mode de vie. Plus nos citoyens seront réceptifs à la question de DD, plus ils remettront en cause leurs comportements. La mécanique est complexe. Qui fonctionne grâce à des effets d’entrainement mêlant actions étatiques et effet d’émulation personnel et communautaire. Or les deux semblent absents à Maurice.

Certes, on nous rétorquera que la vision Maurice Ile Durable (MID) existe. Mais la vision MID n’a pas encore été traduite dans la réalité. Car notre « National Energy Policy » n’existe toujours pas. Et le cadre juridique et administratif plus global gouvernant tous les aspects de MID demeurent encore à être élaboré. D’ailleurs, ce n’est que ce vendredi que le Conseil des ministres a annoncé l’élaboration d’une « National MID Policy » qui devrait être prête en juin 2010. Il faudra exiger du gouvernement que le comité chargé de la rédaction de ce document ne s’égare pas dans des débats philosophiques. Et produise des recommandations applicables dans les plus brefs délais.

En complément de l’action étatique – et à plus petite échelle l’effet d’émulation doit pouvoir aider la conscience écologique à se propager dans l’île. Le covoiturage, l’adoption de technologies vertes, de nouvelles habitudes de consommation, le choix du recyclage et du compostage sont autant d’attitudes à développer chez le Mauricien. Pour cela, il faut que nos voisins, nos collègues de bureau, nos politiques, chefs d’entreprises et nous-mêmes donnions le bon exemple. Il existe des « role-models » de ce type dans le pays. Mais ils sont malheureusement peu connus. Pourtant, nous gagnerions à découvrir leur sens de l’engagement écologique. Comme celui de ce directeur d’une grande banque locale qui a abandonné le confort de sa berline allemande pour l’efficience d’une voiture hybride depuis quelques semaines.

Si le sommet de Copenhague n’a pas accouché d’un accord historique et coercitif amenant les Etats à adopter des politiques plus vertes, il a néanmoins mis en lumière la conscience écologique mondiale qui veut désormais qu’on passe à l’action. Les chefs d’Etats n’ont pu se résoudre à des compromissions industrielles et financières trop importantes. Mais plus que jamais, les citoyens du monde veulent changer leurs comportements afin de retarder la catastrophe climatique globale qui s’annonce. Le succès de ce sommet sur le climat ne dépend en fait pas que des actions des gros pollueurs comme la Chine, l’Inde ou les USA. Mais aussi des nôtres. Nous pouvons encore, par nos actions, transformer le semi-échec de Copenhague en succès.

La fin de saison à Radio One

C’était l’heure de la rétrospective 2009 cet après-midi sur Radio One. Voici deux vidéos de la fin de l’émission de deux heures consacrée aux faits marquants de l’actualité à Maurice et dans le monde. La quasi totalité de la rédaction de Radio One était en studio à la fin de l’émission.

Au ralenti

Le blog tourne malheureusement un peu au ralenti depuis une dizaine de jours. La période des fêtes venant, je suis pris par toutes sortes d’activités annexes : article à écrire pour le numéro de fin d’année de l’express, l’opération annuelle Noël de l’espoir de l’express-dimanche, présence obligatoire à des fêtes diverses et bien d’autres choses encore.

Au milieu de ce tumulte, j’ai multiplié ma présence sur Radio One par trois! Cette semaine, en dehors de mon émission de lundi et de l’éditorial de mardi matin, je me suis également retrouvé à commenter l’actualité en compagnie de Christina Meetoo sur le plateau de l’ami Habib Mosaheb ce mardi. Et demain, vendredi, il est prévu que je participe à l’émission Rétrospective 2009 que présente Jean-Luc Émile. Tout un programme!

Pour en revenir à la léthargie ambiante sur ce blog, je vous promets de reprendre un rythme plus décent (3 posts par semaine) à la rentrée en janvier.

Actions et réactions

Les objectifs peuvent être clairs. Mais si les moyens employés pour les atteindre sont mal élaborés, les résultats peuvent surprendre. Trois exemples dans l’actualité de cette semaine.

* * *

Doper sa popularité, voilà ce que le gouvernement semblait vouloir faire dans les cinq mairies du pays. Comme la récente nomination des maires n’a été qu’une consciencieuse distribution de « boute », certains se sont donc empressés de réclamer le leur. C’est le cas des marchands ambulants de Port-Louis qui croient depuis longtemps que certaines choses leur sont dues à cause de leur statut d’électeur et leur appartenance à une communauté.

Le gouvernement paye son approche clientéliste. Symbolisé par un maire dont le premier geste a été de laisser entendre que les marchands ambulants pouvaient réinvestir les lieux dont ils avaient été chassés par le maire précédent. Du coup, c’est le Conseil des ministres qui a dû se rabaisser à statuer vendredi sur le sort des marchands ambulants de Port-Louis. Alors que le lord-maire a pleine autorité en la matière.

Le ver est dans le fruit, les marchands ambulants, avec cette intervention du Conseil des ministres, ont plus que jamais conscience de leur pouvoir de nuisance, voire de leur valeur, aux yeux du gouvernement. Pour l’heure, il leur est permis de réinvestir les trottoirs de Port-Louis jusqu’au 10 janvier. Il y a fort à parier qu’au delà de cette date, ils choisiront de rester. Et rien ne dit que les autorités, municipales et gouvernementales arriveront alors à les déloger.

* * *

Autre chose difficile à déloger : les leçons particulières. Vasant Bunwaree semble vouloir adopter une approche progressiste face aux problèmes qui minent notre système éducatif. L’interdiction faite aux enseignants de donner des leçons particulières aux élèves de la « Standard IV » paraît justifiée. Car elle vise à empêcher que de jeunes enfants soient happés dès l’âge de 8/9 ans dans une course effrénée au résultat.

Vinod Seegum et d’autres syndicalistes de l’enseignement primaire sont vite descendus dans la rue pour réclamer la mise au placard de cette mesure. Pour une fois, l’argumentaire utilisé se tient. En effet, que répond-on aux syndicalistes quand ils posent la question : « Comment fait-on pour suivre individuellement 40 à 45 élèves d’une classe sans avoir recours à des leçons particulières ? » Tout cela dans un système éducatif où les cursus des « standards » 4,5 et 6 sont étroitement liés. Les réponses sont difficiles à trouver. La surpopulation de nos salles de classe est connue. Tout comme nous savons que notre système éducatif manque cruellement d’enseignants. Cela tombe bien pour une certaine bourgeoisie qui va encore une fois profiter de l’impréparation du ministère de l’Education pour justifier par tous les moyens le maintien du « Certificate of Primary Education » et de tous les maux qui l’accompagnent.

Une mesure positive avait été mise au placard à cause des mêmes faiblesses. On avait demandé aux enseignants du secondaire de rester une demi-heure de plus dans nos collèges afin de dispenser du soutien scolaire ou d’animer des activités extra-curriculaires. Mais le ministère de l’Education avait omis de proposer un vrai programme d’activités aux profs restant après les heures de classe. Cette fois-ci, c’est par manque de solution alternative de soutien scolaire que les leçons en « standard IV » risquent d’être maintenues. Dans les deux cas, l’impréparation aura eu raison d’une bonne décision.

* * *

Rien ne semble par contre avoir raison de Navin Ramgoolam ces derniers temps. Certainement pas les patrons du secteur privé. Ce lundi, en défendant le budget du gouvernement, le Premier ministre a relancé sa querelle avec eux. Sur le fond, sa position semble juste. L’Etat et le secteur privé s’étaient entendus pour respecter les recommandations d’un arbitre sur la question du prix payé aux producteurs indépendants d’électricité. Mais les entreprises du secteur de la canne semblent toutefois réticentes à appliquer les recommandations de l’arbitre. C’est une attitude que Ramgoolam juge – à juste titre – déloyale.

Mais il faut reconnaître que le timing des sorties de Ramgoolam contre le secteur privé obéit à une séquence politique bien déterminée. La première salve est intervenue peu après son arrivée au pouvoir, sur la question de la réglementation des prix. Le fantassin Jeetah a alors eu tout le soutien du Premier ministre dans une guerre apparemment dirigée contre certains groupes précis. Il fallait asseoir l’image de ce « caring government » qui promettait de « sanz ou lavi dan 100 zours. » Mais comme la vie ne changeait pas et que les budgets 2006 et 2007 de Sithanen étaient reçus comme des douches froides par la population, une deuxième salve s’est imposée. Au moment où l’on reprochait au gouvernement de protéger les riches, Ramgoolam est parti en croisade contre les « dinosaures » et « accapareurs » du secteur privé. Avec lesquels il a négocié durement jusqu’à fin 2007, pour obtenir un accord qualifié « d’historique » sur le partage des bénéfices dans le secteur de la canne.

Deux ans plus tard, la fin de mandat se devait d’être bouclée sur la même note de démocratisation. Le différend opposant Ramgoolam et le secteur privé aurait pu être réglé entre quatre murs. Avec le langage diplomatique mais très ferme dont peut faire preuve Ramgoolam. Mais il a choisi de porter la querelle sur la
place publique.

Nous ne voyons qu’une explication à cela. Ramgoolam est en train de boucler la boucle et revenir à ses fondamentaux. Les élections approchant, il se doit de projeter la même image que celle de 2005. Un homme travaillant sans relâche afin que « pouvoir pa sapp dan nou lamain ». Sauf qu’une attitude susceptible de fédérer l’électorat traditionnel de Ramgoolam peut également rebuter ces minorités qu’il tente de rassurer et de séduire. C’est un pari risqué que le Premier ministre semble bien vouloir prendre.

ICAC, la gaffe

Que n’a-t-on pas dit sur l‘Independant Commission Against Corruption, notre agence nationale chargée de la lutte contre la corruption? Que c’est un bouledogue sans dents ! Qu’elle n’arrive pas à bien ficeler ses dossiers d’accusation et n’obtient donc que rarement des condamnations au tribunal ! Et enfin, qu’elle travaille à un rythme, disons… modéré !

Depuis la semaine dernière, il convient d’ajouter une nouvelle prouesse au palmarès des actes manqués de l’ICAC : celle de la campagne de communication irréfléchie. En effet, si vous avez emprunté les routes ou autoroutes du pays, vous êtes sans doute tombé sur ce panneau de pub 4×3:


Comme tout le monde, vous avez essayé de lire le message qui y figure. Sauf que les seuls mots vraiment lisibles du panneau sont : « SAY NO. » A moins d’être coincé pile devant le 4×3 dans votre voiture ou dans le bus, vous n’avez strictement aucun moyen de lire la centaine de mots figurant sur l’affiche. Dans le meilleur des cas, vous aurez retenu que  « trafic d’influence » « népotisme » et « conflit d’intérêts » figurent sur le panneau.

Est-ce là une campagne pertinente et utile pour marquer la 6e journée internationale de la lutte contre la corruption, célébrée le 9 décembre ? J’en doute fort !

Certes ce poster est également paru dans la presse. Mais là encore, de ce que j’ai pu recueillir comme avis autour de moi, personne n’a semblé vouloir s’attarder à lire ce concentré de mots. Résultat : encore une fois, une énième fois, l’ICAC loupe le coche !

La méthode de l’attentiste

La mascarade a assez duré. Yatin Varma et Vasant Bunwaree ont atteint cette semaine le degré zéro de la politique. Coups bas, allusions douteuses, langage grossier et attitude belliqueuse. Les deux membres du Parti travailliste ne reculent désormais devant rien pour marquer des points l’un contre l’autre. Leur altercation au Parlement ce mardi, durant laquelle ils ont failli en venir aux mains, n’est que l’énième épisode d’une querelle d’égo qui dure depuis 2005. Il est temps que cela cesse !

La tournure des événements indique d’ailleurs que l’épilogue de ce mauvais feuilleton est proche. Pour s’en convaincre, il faut décrypter ce qu’il se passe actuellement au Parlement. La députée Nita Deerpalsing l’a rappelé au pays cette semaine : toute question n’est pas bonne à poser au Parlement. Ainsi, elle a révélé qu’elle n’a pas été autorisée par le bureau du Premier ministre à poser une question sur la Banque de Maurice, il y a quelques mois. Alors que la semaine dernière, une telle interdiction n’a pas semblé frapper Suren Dayal.

Le bureau du Premier ministre ne laisse passer aucune question potentiellement gênante venant de ses propres rangs. Pourtant, le Premier ministre par intérim a autorisé la question de Varma à Bunwaree. Laquelle portait sur un proche du ministre de l’Education. Rashid Beebeejaun, en politique avisé, a dû voir venir le « clash » potentiel lors de cette question. Or, il n’a rien fait pour le prévenir. Il y a sans doute une raison à cela. La raison, Navin Ramgoolam la connaît. D’ailleurs, il y a fort à parier que l’arbitrage du Premier ministre a été recherché à ce sujet. Et qu’il a donné son feu vert. Pourquoi ?

La réponse est simple. Le Premier ministre peut avoir des trajectoires erratiques sur bien de dossiers. Mais sa méthode de gestion de crise est étonnamment stable. Surtout quand la crise concerne l’un de ses ministres, députés et proches. En effet, Ramgoolam, en attentiste, prend souvent beaucoup de temps avant de faire un choix. Mais contrairement à Anerood Jugnauth, il n’est pas un adepte de la guillotine. C’est donc autrement qu’il « lâche » ses lieutenants.

Pour comprendre ce que fait Ramgoolam en ce moment, il faut se rappeler ses attitudes passées. Prenons trois cas, ceux des anciens ministres Vishnu Bundhun, Kishore Deerpalsing et, plus récemment, celui de l’ex président de la « Mauritius Ports Authority », Siddick Chady. Les révocations ou démissions de ces trois personnalités politiques sont intervenues selon la même séquence. D’abord une allégation ou une « affaire » qui éclate. Suite à quoi Ramgoolam laisse faire les choses. Et évite de prendre position. Des questions et « Private Notice Questions » (PNQ) s’enchaînent au Parlement. L’affaire est étalée sur la place publique. A la fin de la séquence, et à la faveur d’une convocation chez le juge, d’une commission d’enquête ou d’une arrestation, le principal intéressé est soit révoqué, soit poussé à la démission.

Il est évident que ce qu’il se passe à la Banque de Maurice obéit à cette séquence. Mais la même méthode semble être en train d’être appliquée dans le différend opposant Varma à Bunwaree. En effet, avec ce qu’il s’est passé au Parlement entre les deux ce mardi, il apparait que les deux hommes ne pourront travailler ensemble dans la même circonscription. Il va donc falloir que l’un des deux soit sacrifié.

Dans l’ensemble, Vasant Bunwaree s’est révélé un ministre de l’Education progressiste et ouvert au dialogue. Par ailleurs, il bénéficie également d’une certaine assise au Parti travailliste. Yatin Varma, lui, ne peut malheureusement prétendre avoir de mêmes atouts. Il vient même de se rajouter un handicap en se donnant une image de député colérique, voire violent et insensible à la notion de cohésion gouvernementale.

C’est donc Yatin Varma qui devrait être sanctionné dans quelques mois. Il ne devra pas alors s’étonner de ne pas obtenir ce ticket pour lequel il se bat aussi âprement en ce moment. Car ainsi en aura décidé Ramgoolam…

Petit lifting du blog

Comme vous pouvez le constater, j’ai procédé à quelques petites modifications sur le blog. En résumé, les colonnes sont moins chargées qu’auparavant, l’en-tête est moins «oppressante» et une nouvelle page (un peu plus perso) a été rajoutée.

Tout ça, grâce au petit sondage auquel vous avez gentiment participé durant le mois dernier. Les changements pourraient paraître assez modestes à certains d’entre vous. Mais j’ai choisi de faire évoluer doucement le blog tout en gardant quelques éléments que vous dites apprécier.

ps: merci à Pov, pour le design de l’en-tête.

Ma quête du Graal s’achève

L’attente est finie. Aujourd’hui, j’ai enfin obtenu mon Building and Land Use Permit (BLP). Au passage, je me suis rendu compte à quel point le District Council (DC) de Pamplemousses Rivière du Rempart est lent à la détente…

Le « BLP Guide » du ministère du Logement et des Terres dit ceci à la page 13 :

DAY 10

- Applicant pays the necessary fees and collects his Building and Land Use Permit together with 1 set of approved plans, OR

-Applicant collects refusal letter, OR

-Applicant collects letter requesting for modifications

DAY 13

-         If

Applicant receives no determination of his application, then the BLP will be deemed to have been automatically issued by the Planning Department after payment of the appropriate fees as per Finance Act No 17 of 2007.

Note:   Day 1 – Day 13 apply to working days.

The 2 weeks exclude weekends and public holidays

NO PERMIT WILL BE SENT BY POST

Or, j’ai déposé ma demande le 3 novembre. Donc, dès le 20 novembre, j’aurai du avoir eu mon permis. Cela n’a bien évidemment pas été le cas.

Mes coups de téléphone répétés au DC n’ont rien donné. «  Ce n’est pas encore prêt, il faut que vous voyiez avec l’ingénieur. Rappelez demain. » J’ai eu droit à cette rengaine (à quelques variantes près) cinq ou 6 fois depuis le 20 novembre!

Aujourd’hui, je n’ai pas voulu parlementer au téléphone. Je me suis donc rendu au DC et j’ai exigé qu’on applique la loi et les délais prescrits. J’ai expliqué que j’allai attendre là…le temps qu’il faudra.

Après, une demie heure d’attente… on m’a remis mon précieux bout de papier. Qui, il faut le préciser, n’était pas encore prêt selon la première version que j’ai eue en arrivant. J’ai donc payé les Rs 5,300 de frais dus au DC et récupéré mon Graal.

Certains d’entre vous se diront, « Ça va, le DC n’a après tout que 7 jours ouvrés de retard!» Mais je suis persuadé que si j’étais resté tranquille dans mon coin, l’administration aurait pris tout son temps… La preuve? J’ai croisé aujourd’hui un brave type qui a déposé son dossier depuis le 30 septembre! Lui, cela fait 2 mois qu’il attend. Il n’a eu aucune nouvelle durant cette période. Il s’est décidé à passer au DC aujourd’hui. Et, chose extraordinaire, on lui a expliqué qu’on ne retrouve plus son dossier. Il lui a été demandé de repasser demain. C’est un gentil, il n’a pas bronché. En repartant, il a dit qu’il reviendra.

Voilà ce qu’il se passe quand on ne connait pas ses droits !

Basant Roi déballe son sac

C’est Ramesh Basant Roi, ancien gouverneur de la Banque de Maurice qui était mon invité hier sur Radio One. Son sens de la formule est connu. Il l’a utilisé pour fustiger les membres actuels et passés du Conseil d’administration de l’institution. Les « cholos **» et autres « anciens vendeurs de préservatifs » en ont pris pour leur grade. Il était bien évidemment question de la crise que traverse la Banque de Maurice depuis la semaine dernière.

Voici trois larges extraits de l’émission

Extrait 1

Extrait 2

Extrait 3

** mot créole désignant un grossier personnage.

Viv to mauricianisme !

Il y a des portes qu’il vaut mieux ne pas ouvrir en politique. Mais malheureusement, nos politiciens avides de marquer quelques points auprès de certains électorats cèdent systématiquement à la tentation de s’y engouffrer. Xavier Duval ne déroge pas à la règle. Dimanche dernier, lors de la célébration du 155e anniversaire du temple tamoul Kaylasson à Port-Louis, il a fait la démonstration que le gouvernement pratique toujours obstinément le clientélisme ethnique. Au passage, Duval discrédite également le Festival International Kreol (FIK). Expliquons-nous…

A Kaylasson, le ministre du Tourisme a annoncé, sous la clameur, la tenue, en avril prochain, d’un Festival Tamoul, coïncidant avec Varusha Pirappu, le nouvel an tamoul. L’annonce aurait pu être banale. Mais l’explication de Duval perturbe. « Parey couma nou fine demar festival kreol**», a-t-il tenu à préciser pour justifier la création du festival tamoul. Ainsi les festivals organisés dans le pays obéissent à une logique de clientélisme ethnique. A ce titre, doit-on donc s’attendre à la naissance d’un festival hindou, islamique ou chinois ?

Ce ne serait en rien étonnant. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets. En effet, toute décision du pouvoir perçue comme étant avantageuse à une communauté déclenche immédiatement des revendications chez d’autres à Maurice. On l’a vu avec les «Speaking Unions». Initialement pensées comme des institutions pour la promotion de nos langues ancestrales, elles sont vite devenues des administrations totems, symboles du pouvoir de telle ou telle ethnie. La même logique a été suivie dans l’élaboration des «Cultural Centres». Pour l’heure il n’existe que le centre Mandela, le centre islamique ainsi que le centre tamoul en gestation. Mais on peut raisonnablement s’attendre à ce que d’autres centres culturels soient mis en chantier à l’approche des élections.

En attendant, attardons-nous sur le FIK. La déclaration de Duval est lourde de sens. Car elle ôte au festival la dimension nationale et trans-ethnique qu’on voulait lui donner à l’origine. Si le Festival Tamoul célèbre la culture, l’histoire, la danse ou la contribution de la communauté tamoule à Maurice, on va devoir conclure que le FIK ne célèbre la richesse que d’une communauté. Les propos de Duval poussent à cette conclusion….

L’élan unitaire – «mauricianiste» qui avait été célébré lors de la première édition du FIK en 2006 se désagrège. A l’époque, on avait envie de se dire «tous créoles». Mais Xavier Duval vient nous rappeler en 2009 que c’est peine perdue, car chacun aura «son festival». On n’a qu’à se dire comme à l’ancienne, «tous hindous», «tous musulmans» etc…

C’est paradoxal, ce sont les «cautions créoles» du FIK qui dénoncent subtilement le tournant ethnique que prend cette manifestation à Maurice. Cette semaine, notre confrère Week-End Scope cite deux artistes créoles : «Je ne me retrouve pas dans ce concept ( ndlr viv to créolité) car il y a trop de confusion. La créolité est une définition controversable, il y a trop de manipulation autour de ça», prévient Marousia Bouvery. Tandis qu’Eric Triton, dans le même article, dit sa confusion. Vit-il sa créolité ou vit-il son mauricianisme ? «C’est le mauricianisme qui l’emporte», tranche-t-il. Nous sommes à des années lumière de l’approche clientéliste de Xavier Duval.

C’est à se demander si nos politiques, en élaborant leurs ciblages ethniques écoutent ceux là mêmes qu’ils sont censés séduire à travers leurs festivals. En effet, combien sommes-nous à vouloir une multiplication de festivals ethniques ? Et combien d’entre nous jugeons davantage utile de n’avoir qu’un seul grand festival national – qu’il s’appelle FIK ou pas célébrant la diversité culturelle, cultuelle et historique des Mauriciens. C’est le seul festival qui vaille le coup d’être organisé. Tous les autres ne sont que de vulgaires opérations visant à grappiller un peu de sympathie. A Xavier Duval, il faut dire « Viv to mauricianisme ! »

** Tout comme nous avons démarré le festival créole.

 

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