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MSM, ton univers impitoyable…

La démission de sir Anerood Jugnauth de la présidence de la République n’était pas suffisante. La déclaration de Paul Bérenger indiquant que le « remake de 2000 » est non seulement « on » mais « done » n’était, elle non plus, pas assez explicite. Il a donc fallu attendre que l’assemblée des délégués du MMM annonce la bonne parole de manière définitive hier : Medpoint 2 est conclu et avalisé. L’enthousiasme qui en découle a atteint un degré tel que dans les rangs du MSM, on n’hésite désormais plus à affirmer que le gouvernement sera considérablement fragilisé avant le 1er mai. Car des ministres renégats s’apprêtent à rejoindre les rangs de l’opposition. Celle-ci devrait toutefois essayer de contrôler son euphorie. C’est même d’une forte dose de lucidité et de retenue dont elle a aujourd’hui besoin.

 

Ce constat, quelques proches de sir Anerood Jugnauth le font déjà. Mais peinent toutefois à le partager avec le leader de l’alliance MSM/MMM. De peur de toucher à la corde sensible de l’entente père-fils. Leur mise en garde concerne d’abord l’attitude du leader du MSM par rapport à ceux qu’il considère comme ses adversaires. A Navin Ramgoolam, Pravind Jugnauth avait demandé la tête de Rama Sithanen. A Bérenger, il a exigé et obtenu celle de son oncle Ashock Jugnauth. Sauf que cette décision pourrait coûter très cher à Pravind Jugnauth.

 

Le raisonnement est simple. Depuis les élections générales de 1991, Ashock Jugnauth a fait de la circonscription n°8 (Moka/Quartier-Militaire) son bastion. Il y a tissé un solide réseau de soutiens qui lui est toujours acquis et dont les membres digèrent moyennement le parachutage de Pravind Jugnauth dans la circonscription depuis l’élection partielle  de mars 2009. Aujourd’hui, l’entourage de SAJ estime à environ 5 000 le nombre de votes qu’Ashock Jugnauth est susceptible de mobiliser lors d’un suffrage au n°8. Des votes directement ponctionnés du capital  électoral du MSM.

 

Ce qui nous amène au deuxième temps du raisonnement. Ashock Jugnauth affirme, pour l’heure, vouloir se représenter devant son électorat. La question demeure toutefois : dans quelle configuration ? S’il le fait sous la bannière de son one-man-party, l’Union nationale, l’oncle Jugnauth n’a aucune chance d’être élu. Même s’il bénéficiera d’un certain élan de sympathie du fait de son statut de « victime de mon neveu ». Si Ashock Jugnauth ne regagnera pas les travées du Parlement, il chamboulera toutefois le résultat final du vote au n°8.

 

Hormis les périodes de raz-de-marée électoral, le différentiel des suffrages entre le troisième et le quatrième candidat à Moka/Quartier-Militaire ne dépasse pas 3 000. Or, si Ashock Jugnauth arrive à mobiliser un minimum de 5 000 votes, il sera alors en mesure de peser drastiquement sur le résultat final de cette circonscription. L’autre député assidu du n°8, Suren Dayal, qui y a posé ses valises depuis les élections de 1995, ne devrait pas, a priori, en souffrir. Il pourrait même profiter de la dispersion des votes de l’opposition pour y assurer la victoire du camp travailliste.

 

Sans battre d’un cil, un proche de MSM évoque l’autre scénario « pas improbable ». Celui du passage d’Ashock Jugnauth au Parti travailliste. Dégoûté par le MMM, incapable de revenir aux côtés de SAJ et de son neveu, des proches d’Ashock Jugnauth le disent susceptible de rejoindre l’ennemi juré d’hier. Un ticket Ashock Jugnauth-Suren Dayal équivaudrait à une victoire assurée dans la circonscription. « Le PTr n’aura même pas à attaquer son adversaire, Ashock Jugnauth se chargera de dénoncer son frère, son neveu, le système du MSM et la fourberie de Bérenger qui a consenti à le laisser tomber. » L’analyse d’un « well wisher » du MSM doit faire froid dans le dos des dirigeants du parti. Car elle implique une chose : la défaite certaine de Pravind Jugnauth. Et l’enrayement de la mécanique de succession au sein de l’accord Medpoint 2.

 

En cas de victoire d’une alliance MSM/MMM dans l’île mais d’une défaite de Pravind Jugnauth au n°8, ce dernier serait en effet contraint de faire de la figuration, en tant qu’Attorney General au sein d’un futur gouvernement, tout en étant incapable d’accéder au poste de vice- Premier ministre. Cette configuration modifierait considérablement la logique de Medpoint2. Et consoliderait l’impression générale que cet accord n’est en fait qu’une alliance MMM/SAJ. Dans laquelle SAJ ne détient que l’apparence du pouvoir. Et si c’était cela le vrai coup de maître de Bérenger ? Sacrifier l’oncle pour mieux éliminer le neveu…

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Une question d’image

Le premier acte de la campagne électorale de Navin Ramgoolam est posé. Lors de ses vœux du 1er janvier, le Premier ministre a verrouillé les règles du jeu selon lesquelles il entend mener la bataille des urnes qui s’annonce imminente. La posture de Ramgoolam est claire. Plus qu’un affrontement des partis politiques, il souhaite une confrontation de leurs chefs. Il se sait avantagé sur le terrain. Il en profite.

« C’est en temps de cyclone…qu’on reconnaît la valeur d’un bon capitaine. Sa capacité », affirme le Premier ministre. Dans la mêlée des chefs, Ramgoolam dépasse en effet d’une tête ses adversaires. Aidé en cela par un mandat durant lequel son autorité sur son parti et son gouvernement a été incontestée. Pravind Jugnauth et Paul Bérenger ne peuvent prétendre au même bilan politique.

L’opposition a régulièrement connu des secousses internes depuis les élections de juillet 2005. A commencer par le douloureux divorce MSM-MMM fin 2005. Suivi d’une animosité grandissante entre les deux factions au fil des années. Si Pravind Jugnauth a retrouvé le chemin du Parlement en mars 2009, son parti a néanmoins perdu trois de ses députés – Ashock Jugnauth, Sekar Naidu et Joe Lesjongard. Tous passés au MMM.

L’autre opposition, moins « loyale » celle-là, n’a pas non plus été épargnée. Jusqu’à la veille du 40e anniversaire du MMM, le parti a été miné par des démissions au sein de ses diverses instances. En plein maelström, la stratégie politique de Paul Bérenger a été régulièrement remise en cause. Jusque par ses proches collaborateurs. Qui, pour certains, sont même allés jusqu’à poser la question de la succession du leader du MMM.

En face, Navin Ramgoolam arrive tranquillement à sa fin de mandat. L’image du Premier ministre a radicalement changé comparé à septembre 2000. Finie l’étiquette « disco boy » ou de fêtard aimant la « Macarena ». Résolu, le casse-tête des ministres déférés devant les juges anti-corruption. C’est à peine si l’on parle encore de la propension de quelques proches du régime casés dans certaines institutions publiques – à abuser outrancièrement de leurs fonctions. Débarrassé de ce parasitage, Ramgoolam se concentre sur l’essentiel : la défense de son bilan économique et politique.

Sur le plan économique, les statistiques volent au secours du Premier ministre. Il consacre d’ailleurs près des deux tiers de son discours à faire un bilan économique comparatif de son gouvernement avec le précédent. « Malgré la crise », Ramgoolam égrène les indicateurs positifs : croissance, inflation, réserves en devises, et investissement direct étranger notamment. La conclusion s’impose selon lui : son gouvernement « a tenu ses promesses » dont celle de faire de l’économie la priorité de l’année 2009.

Navin Ramgoolam, dans ses récents discours sur l’économie, a pris soin de créditer son ministre des Finances pour sa réforme et la relative bonne performance de Maurice en temps de crise. Point de cela durant l’allocution du 1er janvier. Le Premier ministre se veut cohérent dans sa démonstration. C’est avant tout grâce à son « leadership et sa vision à long terme » que le pays enregistre de bons résultats économiques. La rhétorique se fait présidentielle. Ramgoolam a décidé, son gouvernement a exécuté. Selon la formule de l’ancien président français Jacques Chirac.

Perché sur son socle présidentiel, Ramgoolam dicte donc sa vision de la campagne électorale. « Sans démagogie et attaques personnelles » et sur des « issues » comme l’économie, l’emploi, la santé ou l’environnement. Durant cette campagne, Ramgoolam dit vouloir « faire confiance à l’intelligence des Mauriciens » dont il attend le verdict avec « confiance, sérénité et fierté ».

C’est sans doute aussi avec confiance que le Premier ministre attend son heure. Pour décider de l’ordre de bataille qu’il adoptera pour les prochaines élections générales : seul ou en alliance avec l’un des deux partis de l’opposition qui passent tous deux leur temps, en ce moment, à supputer sur le choix de Ramgoolam. Pendant que celui-ci, défend son bilan tout en se permettant, entre-temps, le luxe d’asseoir davantage son image de leader politique au-dessus de la mêlée.

Mais Ramgoolam pourrait tout aussi bien se laisser rattraper par la mêlée. Les leaders politiques ont de bien étranges névroses. La peur de ne pas être aimé en fait partie. C’est peut-être cela ce qui va finalement pousser Ramgoolam à choisir l’option MMM afin de rasseoir son image un peu écornée de « rassembleur ». En s’alliant au MSM, c’est au contraire son image de chef de clan incontesté d’une ile Maurice rurale et traditionnelle qu’il consolidera. Les deux options le mèneront à la victoire. Aussi, il fera son choix « le moment venu. » C’est-à-dire assez vite…

D’autres commentaires sur cet éditorial


«UN» et un incident…On Record

Hier, j’ai reçu Dick Ng Sui Wa sur le plateau de On Record sur Radio One. C’est le secrétaire de l’Union Nationale qui a commenté les remous au sein de l’opposition MMM/UN/PMSD. Voici deux extraits de l’émission.

Extrait 1

Extrait 2

La plage réservée aux questions des auditeurs a, elle, été marquée par l’intervention d’une personne qui croit dur comme fer que j’anime une émission « que pour les catholiques. » J’avoue avoir fait un gros effort pour rester courtois et ne pas engueler cette femme qui n’a sans doute jamais lu un seul de mes papiers d’opinion sur la question ethnique et les organisations socioculturelles du pays. Sinon, elle aurait réalisé que son commentaire était complètement déplacé.

Bon, classons cet incident dans la catégorie «aléas du direct…»


Ca y est…

C’est fait. Pravind Jugnauth a gagné. Et pas une qu’une petite victoire! Avec 15 918 votes, il devance Ashock Jugnauth de plus de 3000 voix. La victoire est nette. Mais pour qui?

D’abord pour Navin Ramgoolam le Premier ministre. Qui a fait en sorte que toutes les troupes du Parti Travailliste (PTr) à Moka Quartier Militaire (et même d’ailleurs) se mobilisent pour faire gagner Pravind Jugnauth.

La défaite est ensuite cuisante pour le MMM. Et son leader Paul Bérenger. Il s’est rendu compte, encore une fois, que l’électorat rural. Hindou, pour être plus précis, cultive une grande défiance à son égard. L’argument, utilisé par Pravind, à l’effet que c’est une bataille entre lui et Paul Bérenger n’est pas tombé dans l’oreille d’un électorat sourd. Celui-ci s’est exprimé en conséquence…

Conclusion? Une alliance MSM/PTr n’est pas encore acquise. Malgré le travail conjoint abattu par les deux camps pour faire gagner Pravind Jugnauth. Au contraire, une alliance PTr/MMM ou, qui sait, MMM/MSM, restent tout à fait plausibles.

Les dés ne sont pas encore jetés…

NATIONAL ASSEMBLY BY-ELECTION, 2009
CONSTITUENCY NO. 8 – QUARTIER MILITAIRE AND MOKA
RESULT OF ELECTION
NO. OF BALLOT PAPERS COUNTED: 30690

SURNAME AND OTHER NAMES NO. OF VOTES RECEIVED
1 AUBEELUCK, Danrajsingh 35
2 AUNAUTH, Teeshansing 19
3 BASDEO, Rajmohun 18
4 BHAJAN, Indranee 5
5 BHEEROO, Prakashsing, also known as Prakash 14
6 BUNDHOO, Abdool Rashid 7
7 DOLIP, Bye Aleem 14
8 DOOKHEE, Mohamade Ally Noorooddin 174
9 ECROIGNARD, Francois Giles 59
10 ELLAHEE, Bhaye Ismat 8
11 EMRITH, Mahmad Ehsan 28
12 FAKEEMEEAH, Cehl Mohamad 292
13 FELIX, Richard Stellio 18
14 GAJADUR, Anirood, also known as Gajadhur 69
15 GAYAN, Anil Kumarsingh 202
16 HOOLASH, Hurryduth 6
17 JUGNARAIN, Dulari 93
18 JUGNAUTH, Ashock Kumar 12756
19 JUGNAUTH, Pravind Kumar 15918
20 KARUTHASAMI, Marino Clivy 37
21 KHELAWON, Parmeswar 22
22 KISTNASAMY, Seeven Vinaya 217
23 LEELAH, Anand Deonarain 10
24 LILLAH, Pravinsingh 14
25 LOLOCHOU, Marie Noelle Doris Sybille 16
26 MANNICK, Devanand 49
27 MOHAMED, Mustapha 40
28 MOTY, Pramanand 4
29 PADAYACHI, Vijayen 14
30 PILLAI, Cagayen 62
31 RAJOO, Mamode Assim 1
32 RAMSURRUN,Ashok Kumar 28
33 ROSUN, Amad Nageeb 9
34 SAMODEE, Mohammad Samad 11
35 SEEDIN, Basdeo, also known as Kumar 24
36 SONEA, Chandradev, also known as Sunil Sonea 26
37 TACOORSING, Narain 6
38 UJOODHA, Mayhand Kumar 16


Mon pronostic ?

C’est très probablement Pravind Jugnauth, le candidat officiel du MSM et officieux du Parti Travailliste qui gagnera aujourd’hui l’élection partielle de Moka/Quartier-Militaire (circonscription numéro 8).

Je ne pense pas qu’il aura une très grosse avance. 500, peut-être 1000 votes d’écart tout au plus.

Toutefois, même si c’est très difficile, Ashock Jugnauth pourrait nous refaire le coup de 2005. En coiffant le candidat qui suit d’à peine une centaine de votes…

Confirmation lors du dépouillement, demain…


Cecité sélective

A quoi sert un code ? « A poser ce qui est admissible ou pas. A être respecté par tous » , diront les plus raisonnables d’entre nous. D’autres, plus cyniques, rétorqueront que tout code a vocation à être enfreint. Ce sont ces derniers qui ont raison. Après moins d’une semaine d’existence, le code de conduite élaboré par l’ « Electoral Supervisory Commission » ( ESC) a déjà été violé. Et pas qu’une fois ! Le respect de ce texte semble être le cadet des soucis des « grands » candidats à l’élection partielle de Moka- Quartier- Militaire.

La palme de la légèreté face aux dispositions du code revient cette semaine à Ashock Jugnauth. Celui dont l’élection a été invalidée consécutivement par la Cour suprême et le « Privy Council » ne semble pas avoir appris sa leçon. Il a en effet déclaré à la radio, qu’il allait respecter le code seulement si son adversaire en fait de même. En politique, on connaissait le fameux adage « pa mwa sa, li sa » .

L’incorrigible Ashock Jugnauth vient d’en inventer un autre « fer twa avant, lerla mo pou fer » . En face, Pravind Jugnauth n’a pas de quoi pavoiser. Radio One l’a pris la main dans le sac jeudi. Quand un sympathisant, qui participait à l’une de ses réunions nocturnes, a naïvement laissé échapper son étonnement de se retrouver avec « bann lezot freres » , alors qu’il croyait que la réunion était destinée à un auditoire bien particulier.

Le paragraphe 3.3 du code explique qu’il est interdit d’organiser des réunions à l’intention « d’une seule section de l’électorat » . Certains semblent souffrir de cécité sélective envers ce type d’articles. La vue faiblit et les cerveaux divaguent.

Depuis le début de la campagne, les deux principaux candidats ont un discours politique insipide. La semaine dernière, il était important de savoir qui avait financé les études et le mariage de qui. De dénoncer le plus sérieusement du monde le fait que l’adversaire décide de sa stratégie « dans la cuisine » . Personne ne « manifest publicly his electoral programme » . Tout simplement parce que personne ne semble en avoir un.

Alors, ils manifestent autre chose. De la hargne. Des menaces. Comme le secrétaire général du MMM – bulldozer de campagne roulant pour Ashock Jugnauth – qui s’adresse aux foules pour expliquer sur qui il va envoyer sa chaussure ! Et dire que l’article 2.1 demande aux candidats de ne pas recourir « à la violence ou l’intimidation sous quelque forme que se soit » .

Ce serait injuste de dire que personne ne respecte le code. Nous pouvons en fait affirmer que certains des grands partis en lice font semblant de le respecter ! C’est le cas des dispositions sur l’interdiction des « bases » au profit des bureaux de campagne où les stratégies sont censées être discutées.

Etrangement, plusieurs des bureaux du MSM à Moka- Quartier- Militaire semblent abriter exactement les mêmes activités qu’une « base » traditionnelle. Les mêmes boissons coulent à flot. Les mêmes musiques incommodent le voisinage. Et parfois, les mêmes trafics louches semblent y avoir cours…

Toutefois, sans être cynique, il faut bien reconnaître qu’au sujet de l’environnement, les deux principales formations ont fait un effort. L’affichage sauvage n’existe quasiment pas. Les kilomètres de plastic rouge, mauve et blanc d’une campagne électorale classique semblent avoir disparu. Une certaine discipline semble régner. Elle n’est pas totale car, à l’impossible nul n’est tenu. C’est donc avec la même insistance que dans le passé que des ronds- points ont été entièrement recouverts de panneaux. Quitte à gêner considérablement les conducteurs qui n’ont désormais qu’une vision réduite des alentours.

Un code de conduite a vocation à être violé. Jusqu’à ce qu’un arsenal juridique force les partis politiques à le respecter. Celui- ci n’existe pas encore à Maurice. Le code de l’ESC n’est, en fait, qu’un premier pas dans l’assainissement de nos moeurs politiques.

Pour amener nos partis politiques à jouer le jeu démocratique sans tricher, beaucoup d’autres pas – et une grande loi – doivent encore suivre…


Code a minima

Je crois que bien malgré lui, Ashock Jugnauth aura aidé au début d’assainissement de nos moeurs politiques. Un code de déontologie sur le déroulement des élections à Maurice existe désormais. Même si celui-ci, rendu public par l’Electoral Supervisory Commission (ESC) aujourdhui, semble n’être qu’un texte a minima.

En seulement 10 articles, l’essentiel des obligations morales et éthiques des candidats de la partielle à Moka Quartier Militaire est énoncé.

Je suppose qu’en un temps aussi court, l’ESC ne pouvait que pondre un code succint. Et bien évidemment, pour ne pas trop s’encombrer, les partis en lice ont dû, eux-mêmes, n’accepter de suivre qu’une liste épurée de règles. Quitte à s’engager sur un corpus plus élaboré dans le cadre des prochaines élections générales.

Ce code est une excellente initiative. Mais tout reste à faire. D’abord, les candidats doivent le suivre pendant la courte campagne. Ensuite, tous les partis politiques devront se réunir sous l’égide de l’ESC pour enfin adopter un code de déontologie définitif. Sans oublier de prescrire les peines et condamnations pour ceux qui violeraient les règles qu’édicte ce code.

Le chemin à parcourir est long. Mais on a déjà fait le premier pas…


Code of Conduct
made by the
Electoral Supervisory Commission
for the election of one member for the
Constituency of Quartier Militaire and Moka

AIMS AND OBJECTIVES

Ø This Code of Conduct aims at complementing the legal provisions in force regarding the holding and conduct of elections in Mauritius, more specially those provisions regarding bribery, treating, undue influence, illegal practice, irregularity as well as those regulations governing election expenses which have to be strictly and scrupulously complied with.

Ø Its objective is to ensure the integrity of the electoral process and to enable the election to take place freely and fairly, in an atmosphere of tolerance, conducive to free campaigning, unrestricted but responsible public debate so that the electorate of the constituency may make an informed choice.

Ø This Code is conceived as a set of principles to be adhered to by the participants and to be upheld in both spirit and letter.

Ø It further seeks to generally consolidate and reinforce the democratic culture of Mauritius.

Article 1

APPLICATION OF THE CODE

1.1 This Code shall apply to all participants to the election. These include political parties or political party alliances, candidates, their agents, sub agents, employees, supporters or backers.


Article 2

PRINCIPLES AND PRESCRIPTIONS

2.1 All participants shall observe and uphold the following principles and prescriptions:

(a) refusal to indulge in bribery or corruption or to unduly influence voters;

(b) respect for differences;

(c) freedom of choice;

(d) the right and freedom to hold meetings and to campaign freely within the limits provided by law; and

(e) abstention from engaging in violence or intimidation in any form or manner.

Article 3

I RIGHTS OF PARTICIPANTS

3.1 All participants acknowledge, confirm and proclaim that during campaigning each one shall have the right to unrestricted political activities, within the limits of the law, and to freely:

(a) express his political beliefs and opinion;

(b) manifest publicly his electoral programme and his lines of action and canvass support for same;

(c) organise and convene meetings and gatherings and rallies to advocate his ideas and advance his programmes; and

(d) have a fair and equitable access to the public and private media to present his electoral programme and promote his political views.

II DUTIES OF PARTICIPANTS

3.2 In the exercise of such political activities and campaigning, all participants shall abstain from, whether directly or indirectly:

(a) resorting to any form of corruption or bribery or the use of unfair means to obtain votes and shall publicly disavow such practices ;

(b) inciting the public or their supporters to violence against persons or property;

(c) using provocative, taunting, reviling and offensive language at all times and in all circumstances;

(d) publishing, causing to publish or repeating or disseminating any offensive, defamatory or inflammatory allegations against political opponents and their families;

(e) disturbing or disrupting in any manner whatsoever the legitimate political activities of other participants;

(f) destroying, disfiguring, defacing other political opponent’s campaign display posters, placards, buntings, banners and any other election material; and

(g) resorting to any electoral promises which are untrue and are unrealizable.

3.3 All participants shall, in particular, refrain from:

(a) organising any meeting or gathering where access is restricted to a section of the electorate on the grounds of religion, ethnicity, caste, race;

(b) making any appeal to the electorate on grounds of religion, ethnicity, caste or race; and

(c) disseminating material and ideas which are offensive, or which contains an appeal to sectarian or ‘communal’ sentiments or which advocate violence.

3.4 All participants shall:

(a) take all necessary measures to avoid holding political activities at the same time and place or in such close proximity as might result in tension between their respective supporters;

(b) maintain at all times a line of communication with their opponents so that any source of tension may be speedily addressed and defused; and

(c) co-operate with the election and law enforcement agencies and by keeping a line of communication open with them at all times.


Article 4

CAMPAIGN AND ELECTION EXPENSES

4.1 All candidates undertake to keep their election finances and expenses transparent and within the limits provided for by law.

4.2 They renounce any resort to underhand means to disguise such expenses or to use illegitimate means to obviate or circumvent the relevant provisions of the law.

Article 5

RESPECT FOR THE ENVIRONMENT

5.1 All participants shall conduct their campaign with utmost concern for the environment by:

(a) ensuring that all buntings, flags, posters and elections paraphernalia are made of biodegradable material;

(b) shunning the use of plastic material whether in the form of buntings, flags, or ribbons;

(c) refraining from indiscriminate placarding of posters on walls and electric poles and by restricting the display of posters to designated areas;

(d) placing buntings close to electrical transmission wires and other telephone or electric installation;

(e) abstaining from using paint for political propaganda on the public thoroughfare and on private and public property; and

(f) restricting political campaigning within reasonable hours and not using loud speakers to unduly disturb the peace, tranquility and habit of the community at large.

5.2 Following the proclamation of the results, all the participants shall promptly remove all elections paraphernalia used including posters, buntings, flags and ribbons.

Article 6

Campaign quarters

6.1 All participants shall refrain from setting up temporary and adhoc political quarters or camps commonly known as BAZ, where activists congregate.

6.2 Notwithstanding Article 6.1, nothing shall prevent participants from setting up political quarters in the constituency for purposes of organising their campaigns.

6.3 They further undertake to communicate to the Electoral Commissioner the address of each of their campaign political quarters and they hold themselves responsible for the proper management of such political quarters.

6.4 All participants shall ensure that such quarters shall not constitute sources of nuisance, annoyance, conflicts or tension in the constituency.

Article 7

CONDUCT ON POLLING DAY

7.1 All participants shall at all times:

(a) comply with the provisions of the law and the directives of the election authorities to ensure that the electorate should have free and impeded access to exercise these rights to vote;

(b) ensure that their agents do not subject the electorate to any form of harassment or annoyance; and

(c) dissuade their agents or supporters from impeding access to polling stations, from playing loud music or broadcasting messages through loud speakers or other devices.

Article 8

CONDUCT ON PROCLAMATION

8.1 The successful candidate in any victory speech must set the tone and obtain from his supporters that any unsuccessful candidate should he so wish, address the gathering in a dignified manner and not be shouted down.


8.2 All candidates shall:

(a) conduct themselves in such a way as to be magnanimous in victory and gracious in defeat;

(b) not indulge in any demonstrations of strength by loud and disorderly parades, “defilés”; and

(c) conduct themselves in such a manner as to preserve the integrity and safeguard sincerity of the voting process so as to make the result truly representative of the elector’s wish.

Article 9

REPORTING OF BREACHES

9.1 All participants shall show respect for the law and scrupulous compliance with the electoral laws in force at all times.

9.2 They undertake to bring information or complaints of breaches of the laws to the relevant authorities and of this Code to the Commission.

9.3 They shall however not abuse the right to complain, nor make false, frivolous or vexatious complaints.

Article 10

COMPLIANCE AND OBSERVANCE OF THE CODE

10.1 All participants proclaim their adherence to the principles and prescriptions contained in this Code and publicly commit themselves to the upholding of these principles.

10.2 All participants undertake to give wide publicity to these principles and prescriptions set out in this Code and the necessity to adhere thereto.


Affaire de mœurs (politiques)

Préjugeons. Demain ou mardi, les « Law Lords » du Conseil privé de la reine pourraient prendre une décision qui changera à jamais la manière dont les campagnes électorales sont organisées et menées à Maurice. Le « Privy Council » ne va bien évidemment pas définir les clauses d’un nouveau contrat candidat-électeur. Mais les juges britanniques pourraient donner une lecture définitive et précise de ce que sont des élections « free and fair » dans le contexte local. En relevant au passage les faiblesses dans l’application de notre « Representation of People Act » (RPA). Cette décision nous rappellera, implicitement, qu’il est temps d’inscrire de nouvelles règles dans nos lois électorales. Pour ensuite veiller à leur stricte application. Bref, de procéder à un changement de mœurs politiques dans le pays.

Les juges britanniques devront donner leur interprétation des pratiques électorales frauduleuses définies dans le RPA. Notamment les actes constitutifs des délits de « bribery » « treating » et de « undue influence ». Pour ensuite dire si la Cour suprême a eu raison de considérer que l’annonce de la construction d’un cimetière ou le recrutement de près d’une centaine d’habitants de la région de Moka à la veille des élections de 2005, constituaient bien des actes de « bribery ». Dont Ashock Jugnauth se serait rendu coupable.

Anil Gayan, juriste respecté et ancien camarade de parti d’Ashock Jugnauth reconnaît, dans un entretien accordé au « Mauritius Times » cette semaine, que le « Privy Council » pourrait difficilement contester les faits déjà constatés par la Cour suprême de Maurice. Et que donc, il y a de fortes chances que l’invalidation de l’élection de Jugnauth soit confirmée. Ce n’est pas que nous souhaitions le malheur du député, mais l’annulation de son élection rendrait service à la démocratie à Maurice. Et enverrait un signal fort à la classe politique.

Déjà une première leçon doit être tirée de l’affaire Ashock Jugnauth. Nos tribunaux peuvent faire appliquer le RPA ! L’invalidation d’une élection n’est pas qu’une hypothèse posée dans une loi inapplicable. Si on fausse le jeu démocratique par des moyens financiers ou parce que « pouvoir dans la main », il faut être prêt à en subir les conséquences. Pour une fois, une procédure est arrivée à son terme. Mais plus que jamais on peut reprocher à la procédure d’être longue et fastidieuse. Cela a profité à d’autres dans le passé. Xavier-Luc Duval a ainsi peut-être échappé de peu à l’invalidation de son élection en 2000 à la faveur de la dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue d’élections générales anticipées.

Ces délais et cette complexité de la procédure donnent raison à tous ceux qui estiment que l’affaire Jugnauth et la première invalidation d’une élection au motif de « bribery » devra s’accompagner d’une profonde réflexion sur le rôle de l’« Electoral Supervisory Commission ». Que les juristes se plaisent à surnommer le « bouledogue sans dents ». Tant l’institution se borne à jouer à un arbitre de foot qui n’aurait dans sa poche ni carton jaune… et encore moins de carton rouge !

Toutefois, au-delà du contrôle et de la sanction plus ou moins rapide des auteurs de « bribes » électoraux, l’affaire Jugnauth doit être l’occasion de réfléchir plus avant sur la nouvelle relation que nous souhaitons instaurer entre l’électeur et les candidats qui briguent ses suffrages. Pour l’heure, l’électeur moyen se représente le candidat comme un mouton qu’il doit s’empresser de tondre et d’exploiter le temps de la campagne. Tandis que le candidat, lui, pense invariablement que le vote d’un électeur se monnaye sans difficulté en contrepartie d’un job, de quelques milliers de roupies, ou d’un permis d’opération de taxi. Les choses doivent changer. Et ce sont les politiques eux-mêmes qui doivent donner le ton pour permettre aux mentalités d’évoluer.

Le Premier ministre avait promis un débat national sur la réforme électorale pour après mai. Celui-ci tarde à être officiellement lancé. Entre-temps, l’attention, quand on parle de réforme, reste désespérémentbraquée sur le mode de scrutin ou le maintien ou non du « Best Loser System ». Où est donc l’éthique ?

Où sont les devoirs et obligations des candidats et des partis politiques à inscrire dans un code de conduite électoral ? Nulle part !

Personne n’en parle. Alors même que certains de nos voisins de la « Southern African Development Community » ont adopté de tels codes depuis des années. Et alors même que la suggestion d’Albie Sachs d’élaborer un code de conduite a reçu un accueil positif de la quasi-totalité de nos partis politiques.

Il est temps de passer aux actes.

En sachant qu’Ashock Jugnauth pourrait bien également servir de victime expiatoire. C’est injuste, mais peut-être que l’ancien ministre de la Santé paiera pour tous ceux qui ont « bribé » en toute impunité jusqu’ici. Mais il fallait un exemple et on l’a.

Et si cet exemple sert à une prise de conscience collective chez nos partis politiques. Si l’affaire Jugnauth les amène à élaborer d’eux-mêmes un code de conduite établissant, enfin, une relation saine entre électeur et candidats en période électorale. Alors on pourra remercier Ashock Jugnauth de s’être trempé dans une affaire de mœurs (politiques) un peu douteuse…
publié le 13 juillet 2008


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