Archives de Tag: vaish

Les vrais incendiaires, ce sont eux !

La conférence de presse de Dulthummun et consorts a été largement commentée. Je n’ai donc pas grand chose à rajouter à ce qui a déjà été dit. Sauf peut-être redire que cet épisode démontre que les Mauriciens ne sont pas dupes. Il n’y a qu’à écouter leurs réactions à la radio ou les lire par mail ou sur http://www.lexpress.mu pour se rendre compte que ce front commun n’a convaincu personne. Nous avons appelé un chat un chat. Dulthummun veut faire croire que le chat n’existe pas. Il ne s’est pas rendu compte que personne n’est aveugle !

L’interview de ce matin sur Radio One

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Le vrai pouvoir des castes à Maurice

Voici la version complète du dossier de l’express dimanche sur le vrai pouvoir des castes à Maurice. Cliquez sur l’image de chaque page pour la lire en grand format. Petite anecdote, comme tous les dimanches matins, je laisse mon téléphone en mode silence…pour pouvoir dormir jusqu’à tard. Hier, en me réveillant… j’avais 16 appels en absence. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Certaines personnes m’ont appelé hier pour me dire exactement cela !

Pour la petite histoire…ce dossier a été primé dans le cadre des CNN Multichoice African Journalist Awards 2011.


L’innocent Choonee

Depuis hier, le ministre de la Culture, Mukeshwar Choonee, essuie une tempête politico-médiatique. Je ne pense pas qu’il faille hurler avec les loups. Dans toute cette affaire, le brave Choonee n’est pas le vrai coupable… C’était le sujet de mon édito de ce matin sur Radio One:

L’innocent Choonee

 


Revoilà les « bann la »

Pravind Jugnauth a été pris la main dans le sac par Radio Plus cette semaine. Il assistait à une réunion spéciale à l’intention des Vaish (la caste hindoue majoritaire à Maurice) où une consigne de vote en sa faveur a été donnée. Sans détour, sans nuance, le maître de cérémonie a proclamé que « la famille » n’avait qu’un seul candidat : Pravind Jugnauth. « Nou candidat ! »

Pour être honnête, je n’ai jamais cru que le code de déontologie de l’Electoral Supervisory Commission allait être respecté par les candidats des grands partis à la partielle de Moka Quartier Militaire. Mais toutefois, naïvement, j’avais pensé que c’est en toute discrétion qu’on allait tremper dans ces magouilles ethniques. Et en comité très très restreint. Loin des regards…

Il n’en est rien. L’ethnique est tout sauf discret dans cette campagne. Il est même partout ! Les excités de Voice of Hindu affichent clairement leur soutien à Pravind Jugnauth. Tandis que la Fédération de Grégoire, pardon, le Fédération Créole Mauricien, émet des communiqués pour rappeler aux créoles qu’il leur faut voter « selon votre conscience. » Est-ce à dire que les créoles ne votent pas habituellement avec leur conscience ? Mais je m’égare là de la question qui nous concerne…

Il ne reste plus qu’aux associations musulmanes et tamoules de rentrer dans la danse. En fait, je suis bête ! C’est déjà fait. C’est juste qu’on ne les entend pas tant que ça. Mais croyez moi, ça viendra…

En amuse bouche, vous trouverez, ci-dessous, le communiqué de la FCM ainsi que le paragraphe 3.3 du code de conduite de l’ESC.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Déclaration du Père Jocelyn Grégoire, CSSp.

La circonscription No. 8 est présentement touchée par la fièvre d’une campagne électorale, en vue d’élire son représentant à l’Assemblée Nationale.  Il a été porté à ma connaissance que certaines personnes, proches de la FCM, sont très actives sur le terrain de la circonscription et utilisent mon nom pour promouvoir la campagne de l’un des candidats.

Pour tous les membres de la FCM et pour le public en général je voudrais  éclaircir les points suivants :

1. La FCM n’a mandaté personne pour parler en son nom ou au nom de son président pour influencer les votes de Créoles vers tel ou tel candidat à cette partielle.

2. La FCM refuse de soutenir l’un ou l’autre candidat engagé dans cette campagne électorale pour la  partielle de la circonscription No 8.

3. La FCM encourage très fort tous les Créoles de la circonscription No 8 à accomplir leur devoir civique et d’aller voter en masse pour cette élection.

4. La FCM demande à ce que chaque Créole de la circonscription aille voter librement selon sa conscience sans attendre de «mot d’ordre » de qui que ce soit

5. S’il y avait un mot d’ordre de la FCM et de moi-même, il aurait été  tout simplement : allez voter en masse librement selon votre conscience.

Que Dieu vous bénisse.

Jocelyn Grégoire, CSSp, Président FCM

Le 15 Février 2009


3.3 All participants shall, in particular, refrain from:

(a) organising any meeting or gathering where access is restricted to a section of the electorate on the grounds of religion, ethnicity, caste, race;

(b) making any appeal to the electorate on grounds of religion, ethnicity, caste or race; and

(c) disseminating material and ideas which are offensive, or which contains an appeal to sectarian or ‘communal’ sentiments or which advocate violence.


« Betchwa », « batiara » et consorts

L’admirable côtoie l’exécrable chez nous. Souvent, trop souvent.

À quelques jours de l’ouverture des Jeux des îles, on ne peut s’empêcher de repenser à la ferveur qui avait gagné le pays en 2003. Durant ce mois d’août, le quadricolore flottait partout. Et, à la faveur d’une victoire de l’équipe nationale de foot, on affirmait, sans arrière-pensée, sa fierté d’être Mauricien. Toutes nos différences avaient été (temporairement) oubliées. Il y a ce beau spectacle-là. Et il y a le mauvais cinéma. Auquel se livrent plusieurs groupuscules ethniques du pays en ce moment.

Depuis bientôt deux semaines, on assiste à un psychodrame. Autour d’un président de conseil de district évincé pour des raisons politiques – il faut le préciser. Mais si l’on écoute les groupuscules qui ne représentent qu’eux-mêmes, et qui ont pris fait et cause pour ce politicien, on comprend tout autre chose. Pour eux, ce changement insignifiant à la tête d’une administration régionale n’est que la manifestation d’une grande conspiration pour brider un groupe ethnique !

C’est une recette usitée dans ce pays bancal. Quand on est à court d’arguments valables pour justifier un renvoi, une défaite ou un quelconque revers, on se tourne invariablement vers un argumentaire irrationnel, et de préférence ethnique, pour tout expliquer. C’est donc parce que Bob Choolhun est un « Rajput » – une composante minoritaire de la majorité hindoue du pays – qu’il a été évincé de la présidence du conseils des districts de Moka-Flacq. Allons donc !

Certes, il ne faut pas être naïf. Chacun sait que le profil ethnique de chaque candidat à une élection générale est soigneusement soupesé avant qu’on ne lui assigne une circonscription. Mais tout n’est pas qu’une question d’ethnie non plus ! Toutefois, tout relier à ce facteur peut arranger beaucoup de monde. Des dizaines de « syndicats » ethniques ou religieux en ont profité pour asseoir leur pouvoir de nuisance ou d’intervention auprès des dirigeants politiques.

Qui osera dire aujourd’hui que la « Voice of Hindu » – qui s’est érigée en véritable groupe de défense des intérêts des hindous du pays – n’est pas devenue un interlocuteur de nos plus hauts dirigeants politique ? À force de coups d’éclats et d’interventions intempestives, tantôt pour un licenciement dans un hôtel et tantôt lors de l’expulsion d’une famille de squatters. En passant par les assemblées générales d’actionnaires d’Air Mauritius !

Le Premier ministre peut se laisser aller à quelques faiblesses par ailleurs, mais il faut reconnaître qu’il est assez hermétique aux récriminations des maîtres chanteurs des organisations ethniques. Du moins, il le dit souvent publiquement. C’est une posture qu’il faut saluer. Maurice étant ce qu’elle est, l’effet de contagion, quand on cède face aux énergumènes qui ne jurent que par l’ethnie, peut être gravissime.

Car on a alors recours à un raisonnement simpliste et dangereux. Si on fait des groupements ethniques des interlocuteurs, on crédibilise ceux qui affirment qu’être créole c’est synonyme d’exclusion automatique de la fonction publique. C’est également crédibiliser ceux qui disent que le ministre des Finances se doit d’être tamoul.

Ou encore ceux qui pensent que le Premier ministre du pays doit invariablement être un hindou « Vaish » !

Mais malheureusement, il ne suffit pas que les dirigeants politiques abandonnent le raisonnement ethnique. Il faut aussi que ceux qui les élisent, nous tous, acceptions d’en faire de même. En oubliant un peu la couleur de peau, le nom de famille ou les liens de parenté de nos interlocuteurs. Pour ne s’intéresser qu’à ce qu’ils pensent, disent et font. Une bonne partie d’entre nous en est encore parfaitement… incapable !

publié le 5 aout 2007


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