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Darkman v/s Meatman

C’est l’histoire de l’affrontement entre Darkman et Meatman. L’enjeu? Être sur la couverture de l’express dimanche !

Comme vous le savez, nous avons toujours le choix par rapport à l’illustration d’une couverture. Parfois, les maquettistes proposent trois voire quatre idées. Cette semaine. Il n’y en avait que deux. Mais une intense bataille a été livrée pour choisir la meilleure.

Ceux d’entre vous qui ont acheté le journal ou qui l’ont lu sur www.lexpress.mu savent déjà qui a gagné. Je passe donc à la présentation des adversaires.

Dans le coin rouge, nous avons le redoutable…

DARKMAN

Cover 6 sep 09

Dans le coin bleu, le terrible…

MEATMAN

(2) Cover 6 sep 09

J’avoue que j’avais un petit faible dès le départ pour Darkman. L’ambiance un peu sombre, l’homme tapi dans la pénombre. J’ai trouvé que ca collait bien avec le titre. Mais il y avait aussi un inconvénient. La photo montre l’intérieur d’un entrepôt frigorifique. Là où l’on stocke de la viande par -20°. Mais avez-vous cette image en tête quand vous pensez à un ce type d’entrepôt? Probablement non ! « Le lecteur lambda ne reconnaîtra pas l’image » C’est ce que nous nous sommes dit. C’était le principal défaut de cette couv.

Dans son coin, Meatman tardait à prendre forme. POV avait mis du temps avant d’exécuter l’idée. A plus de 21h, ce vendredi, j’attendais toujours de voir ce que ca allait donner concrètement. La viande avait été achetée. La photo prise. Et Pov, était en train de la retravailler savamment pour lui donner cette forme de crane. Je n’étais pas emballé. Ca faisait «too much. » Surtout quand il a entrepris d’ajouter deux morceaux de viande croisés sous le « crane. »

Darkman me donnait l’impression de gagner la bataille. Pugnace, Pov ne voulait pas toutefois abandonner la partie! On a enlevé les « viandes croisées. » Laissé le crane tel quel. Posé le tout sur une barquette virtuelle. Et vous avez l’illustration de Meatman ! Gros atout : un style épuré. Une lecture facile de tous les titres. Et c’est vrai, la tête de Meatman, ça interpelle ! On avait là beaucoup d’ingrédients pour une couv réussie…

Désormais ma balance penchait pour Meatman. Mais je n’étais pas entièrement convaincu. Dans le doute, j’écoute  l’équipe avant de décider. On était donc une demi-douzaine autour de l’ordinateur du maquettiste à jauger les deux couv placées côte à côte sur l’énorme écran du Mac.

Verdict : The winner is…Meatman. Épuré et avec ses titres faciles à lire, il a remporté les suffrages.

PS : pour la petite histoire, nous avons décidé de faire de Meatman un personnage pour une petite série d’animation interne à l’express-dimanche. Un peu dans l’esprit de Southpark. Des idées de titres d’épisodes: « Meatman contre Batman », « Meatman contre Dulthaman », « Meatman Reloaded », «Quand Meatman rencontre Pacman », «Sex, lies and Meatman », «Meatman et le temple maudit » etc. Qui sait, peut-être qu’on partagera bientôt les aventures de Meatman avec vous…sur un nouveau blog.

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Bientôt, le code d’éthique national de la presse

Ça y est. Le comité exécutif de la Newspaper Editors and Publishers’ Association (NEPA) a mis aujourd’hui la dernière main à un projet de code d’éthique national pour les journalistes de Maurice.

La profession démontre ainsi clairement sa volonté de s’autoréguler. Contrairement à ce qu’a souvent affirmé le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Qui a brandi « le manque de professionnalisme » de la presse locale pour justifier la mise en place d’une « Media Commission Bill. » Cette loi, si elle est votée, contrôlera plus sévèrement l’exercice de la liberté d’expression et rendra éventuellement passible les journalistes de sanctions pénales plus lourdes.

En janvier, une Assemblé générale, réunissant tous les membres de l’association, sera appelée à avaliser ce code d’éthique. L’étape suivante sera franchie avec la mise en place d’une Commission chargée de veiller au respect du code. Ce panel de sages sera composée de juristes et de personnalités ayant une profonde connaissance des médias et du droit à Maurice. Mais également, cela est à l’étude, d’au moins un représentant des lecteurs du pays.


Prêts pour la visite ?

Une autre visite s’annonce. Un groupe d’étudiants en marketing de l’Université de Maurice se penche sur la structure et le fonctionnement du groupe La Sentinelle.

Pour mieux comprendre la bête, ces jeunes veulent donc visiter nos locaux. Et leur chargée de cours m’informe qu’ils souhaitent également rencontrer l’équipe de l’express dimanche. Ok, ça roule. J’ai dit oui…Reste maintenant à arrêter une date et organiser cette visite…

Tout cela fait partie de nos fonctions de «Relations Publiques. » La Sentinelle est en effet très accueillante envers les groupes de collégiens, étudiants ou écoliers qui souhaitent visiter ses locaux. Bon, c’est vrai parfois, à force d’être ainsi « visités, » nous avons l’impression d’être des singes en cage à qui on va finir par lancer des cacahuètes ou des morceaux de pain rassis. C’est la mauvaise blague que je ressors à chaque fois ! Malgré tout, l’un dans l’autre, c’est toujours agréable de recevoir de la visite.

La dernière en date dont je me suis occupé est celle de l’Ecole privée de Tersac en France. Et oui, on vient parfois de loin pour nous voir ! Les p’tits jeunes ont apparemment beaucoup aimé la dizaine de jours qu’ils ont passée dans l’île. L’école compte d’ors et déjà organiser un autre déplacement en 2009.

Voici quelques photos de leur visite…

Tersac à la rédaction et au montage...

Tersac à la rédaction et au montage...

...à la clicherie

...à la clicherie

... à la presse

... à la presse

... encore à la presse


Le tribunal de l’inquisition

Au Moyen-Âge, le tribunal de l’Inquisition a commis les pires atrocités. Au nom de la lutte contre les hérésies. Mais malheureusement, certains tribunaux de l’inquisition existent toujours. L’un d’eux s’est réuni ce mercredi à 11 heures, au « Sir Harilall Vaghjee Hall ».

Étonnamment, les accusés n’y avaient pas été conduits les menottes au poignet et entraves aux pieds. Mais invités, fort amicalement, par le bureau du Premier ministre à assister à une conférence de Geoffrey Robertson, juriste britannique, sur Le droit des médias. Les hérétiques du jour étaient les journalistes. En face, un panel d’inquisiteurs s’est chargé de dresser le long acte d’accusation. Dont le crime le plus grave : leur propension à critiquer et à se montrer « hostile » au gouvernement. Une hérésie !

La « welcome address » du « Solicitor » Dhiren Dabee donnait déjà le ton. Les mots étaient choisis. Le 4e pouvoir peut être dangereux. Par conséquent, il faut le réguler davantage. Et justement, l’autorégulation, peut n’être qu’une escroquerie d’une corporation souhaitant protéger ses intérêts en se soustrayant à ses responsabilités. Pour terminer, en relevant que la liberté de la presse n’est qu’une « cultural assumption ». Quelle entrée en matière !

Heureusement, l’exposé de Robertson rattrape le coup. L’autorégulation, il y croit. Du moment que la charge d’instruire les plaintes contre les journalistes et de les sanctionner revient à un corps indépendant. Si le Premier ministre, Navin Ramgoolam, menace de traîner les journalistes devant les tribunaux, Robertson, tout au contraire, réclame la dépénalisation du droit de la presse. Ainsi qu’un toilettage de nos lois existantes en y instillant une meilleure protection de la vie privée de personnalités comme d’anonymes. Responsabiliser les journalistes tout en permettant aux lecteurs lésés d’obtenir réparation dans les plus brefs délais et à moindre coût. Voici ce que préconise Robertson. Sur cette philosophie générale, nous ne pouvons qu’être d’accord avec lui. D’ailleurs le groupe La Sentinelle s’est inspiré de cette formule pour mettre en place son Code de Déontologie dont le respect est assuré par un « Complaints Committee » constitué d’un juriste, d’un universitaire et d’un ancien fonctionnaire très respectés.

Cette philosophie n’est toutefois pas partagée par de nombreux parlementaires et ministres. Tout comme leur leader, Ramgoolam, ils voient en la presse un agent perturbateur. Un ennemi déclaré, corrompu, vil, et qui cherche à saper l’action gouvernementale. À écouter nos élus parler, on s’est rendu compte à quel point Ramgoolam n’est pas le seul au gouvernement à entretenir un fort ressentiment, pour ne pas dire une haine, contre la presse.

Les inquisiteurs étaient donc là. Mercredi, ils s’appelaient Abu Kasenally et Nita Deerpalsing. La diatribe du ministre des Services publics a fait tiquer. Sa description de la presse et de sa prétendue approche partisane était accolée à la citation de Rudyard Kipling : « Power without responsibility – the prerogative of the harlot throughout the ages. » Nita Deerpalsing, dont on apprécie la vivacité d’esprit, a semblé vouloir s’en départir ce mercredi. Dans une démonstration approximative, elle a cherché à faire accroire que la corruption est monnaie courante parmi les journalistes. En citant un cas dont elle aurait été victime. Et que tout parlementaire, et « law abiding citizen » qu’elle est, elle n’a pas daigné rapporter à l’« Independent Commission against Corruption ».

À côté de la hargne de ceux-là, trônait toutefois l’ignorance. Ou – si l’on veut être indulgent – la naïveté ou la candeur des autres. Quand Parmessur Ramloll s’étonne qu’un journaliste ne lui révèle pas ses sources. Il illustre merveilleusement à quel point les députés ne connaissent en fait rien aux principes même du journalisme. Quand, Yatin Varma demande s’il est normal que les auditeurs interviennent en direct sur les radios, notre voisine, professeur d’université et nous-mêmes sommes restés une seconde ou deux les yeux écarquillés. « Mais dans quel monde vivons-nous donc ? », nous sommes nous justement demandé.

Il n’y a point à en douter. Si l’on laisse aux parlementaires et à ce gouvernement le soin de légiférer sur une loi sur la presse, celle-ci instituerait un organe de contrôle constitué de nombreuses commissions. Nous en suggérons ici quelques-unes. Pourquoi pas une commission placée sous la présidence d’Abu Kasenally qui vérifierait si chaque article paru dans la presse est bien élogieux pour le gouvernement? Nita Deerpalsing pourrait, elle, présider la commission chargée de lutter contre la corruption qui gangrène la presse. Tandis que Parmessur Ramloll se chargerait de recueillir le nom, l’état civil et la profession de toutes les sources citées dans les journaux et sur les ondes des radios. Enfin, on pourrait également suggérer la mise en place d’une « Independent Broadcasting Authority » bis dont Yatin Varma serait le grand auditeur et censeur !

Non, nous ne sommes pas en train de tourner toute cette situation en dérision. Tous les hommes politiques caressent le rêve de brider et apprivoiser la presse. Ceux qui nous gouvernent en ce moment n’échappent pas à la règle. Il faut toutefois qu’ils comprennent une fois pour toutes. La presse n’est pas irresponsable. Elle n’est pas en train de conspirer en permanence contre le pouvoir. Et surtout, elle est prête à s’autoréguler et à assumer les conséquences en cas de manquements. Mais cela doit se faire dans le dialogue. Les maîtres mots d’une réforme de nos lois sur la presse auraient dû être liberté et responsabilité. Mais malheureusement, au gouvernement, on pense plutôt qu’ils devraient être contrôle et punition. Nous ne pouvons pas accepter d’être en permanence l’objet d’une inquisition !

publié le 1er juin 2008


La presse, ennemi public

«Ile Maurice : premières arrestations de journalistes depuis 13 ans. » C’est sous ce titre que l’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a choisi de traiter l’arrestation du rédacteur en chef de « Week-End » et de deux journalistes de « Radio Plus » ce mercredi. Le titre en lui-même souligne à quel point cet événement est considéré comme étant exceptionnel par RSF. Il l’est. Car le monde s’attend à ce qu’un pays qui pointe à la 25e place du dernier classement mondial de RSF ne menace pas ses journalistes d’emprisonnement. Qu’il ne les traite pas en vulgaires criminels. Pourtant, c’est bien ce triste spectacle que nous avons offert au monde cette semaine.

Il n’y a pas d’autres façons de voir la chose. C’est une manœuvre d’intimidation ! Une occasion pour le pouvoir de montrer à la presse qu’elle a intérêt à se tenir à carreau. À ne pas déranger. Navin Ramgoolam a multiplié les menaces envers la presse ces derniers mois. Au point où on a l’impression, qu’avec le secteur privé, elle est l’autre meilleur ennemi du Premier ministre. Tant il consacre de l’énergie et de larges pans de ses discours à dénoncer les propagateurs « de fausses nouvelles ».

Ramgoolam semble persuadé qu’une cabale permanente est en préparation contre lui au sein de la presse. Qu’on se ligue, qu’on conspire pour le décrédibiliser lui et son gouvernement. « Ki fausse nouvel ou pou al metté encore la ? » C’est la question qu’il nous a posée, pas qu’une fois, quand nous l’avons eu au téléphone pour l’interroger sur tel ou tel sujet d’actualité. Certes sur un ton badin. Mais cela ne trahit-il pas au fond la défiance de l’homme vis-à-vis de l’un des maillons essentiels de notre démocratie ?

Le Premier ministre est persuadé qu’il faut rappeler le caractère non absolu de la liberté d’expression et agite avec vigueur le spectre d’un « Media Commission Bill » qui contrôlerait l’exercice de la liberté d’expression et qui éventuellement rendrait passible les journalistes de sanctions pénales plus lourdes. Il y a deux semaines, Ramgoolam nous indiquait qu’un projet de loi sur la presse était « imminent », mais qu’il n’allait pas nécessairement être voté au Parlement « in the days to come ».

Informé récemment sur l’élaboration d’un code d’éthique et la mise en place d’une instance d’autorégulation de la presse par la « Newspaper Editors and Publishers’ Association » (NEPA), le Premier ministre s’est contenté de s’en féliciter. Tout en rappelant que l’un n’empêche pas l’autre. Mais finalement les événements de cette semaine ne lui donnent-ils pas tort ?

Oui, il faut un code de déontologie, un code de conduite généralisée à toute la presse locale. Ainsi qu’une instance de régulation. Car ni l’une ni l’autre n’existent.

Mais les lois, elles, par contre, existent. C’est bien en application d’une loi existante que trois journalistes ont été arrêtés cette semaine. Ce sont bien les dispositions de l’article 299 du code criminel qui permettent à un magistrat de les condamner, s’il les juge coupables de publication ou diffusion de fausse nouvelle, à jusqu’à un an de prison.

« You name it. » Nos lois couvrent tous les champs. La presse n’est pas toute-puissante. Un journaliste ne peut écrire ce qu’il veut. Car le droit civil protège la vie privée des individus et leur offre des recours en diffamation notamment. Le droit pénal Mauricien permet au ministère public de poursuivre et de faire emprisonner ceux qui, par exemple, auront incité à la désobéissance civile ou au soulèvement armé. Les manquements des journalistes, quand il y en a eu, ont été relevés et punis par nos tribunaux. Le système fonctionne.

Il ne manque à la profession qu’un code d’honneur. Ce code d’éthique qui rappellera à chaque journaliste les limites à ne pas dépasser. Non pas pour ne pas tomber dans l’illégalité. Mais pour lui rappeler qu’à tout instant, il se doit d’être rigoureux, honnête et équilibré dans son travail. Le journaliste doit cela, par respect, à son lecteur.

publié le 25 novembre 2007


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