Archives de Catégorie: Internet, telecoms et technologies

To the Digital Natives…

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On (se) fiche (de) qui ?

Ils y voient l’empreinte d’une conspiration. Visant à tous nous ficher afin de mieux nous contrôler. C’est au nom des libertés fondamentales que les opposants à l’introduction de la nouvelle carte d’identité nationale biométrique mènent leur croisade. Certains devant les tribunaux, quelques-uns dans la rue et d’autres sur les réseaux sociaux. Portée par les milliers de signatures recueillies sur le Web, enhardie par sa défaite devant la Cour suprême – ou la demi-victoire, selon là où l’on se place –, la contestation redouble d’effort. Dans leur saine excitation toutefois, les têtes pensantes du mouvement omettent de voir le tableau d’ensemble.

Certes, ils n’ont pas tort de dire que la cause est entendue. La Grande-Bretagne, la patrie de la vidéo surveillance, mais aussi de la Magna Carta, a abandonné le principe d’une carte d’identité biométrique depuis 2010. Un revirement spectaculaire, car des milliers d’ID cards étaient déjà en circulation. L’an dernier, c’est le Conseil constitutionnel français qui s’est prononcé contre la création d’un fichier unique répertoriant toutes les données biométriques des détenteurs de la carte d’identité française. La carte d’identité biométrique pose donc problème ici comme ailleurs. Mais le combat se limite-t-il simplement à dire non à celle-ci ?

Dans leur empressement à dénoncer un aspect du problème, les opposants en oublient les autres. Car la biométrie et l’utilisation de données personnelles des Mauriciens est une pratique déjà bien installée dans le pays. Le recueil des empreintes digitales, l’aspect jugé le plus choquant de la nouvelle carte d’identité, est une pratique courante chez des centaines d’entreprises et d’institutions publiques. Elles y ont recours pour répertorier les allers et venues de leurs collaborateurs.

Mais où sont stockées ces données d’empreintes ? Qui y a accès ? Les empreintes recueillies par les administrations publiques sont-elles transférées vers un serveur central ? Et si oui, dans quels cas peut-on y accéder ? Ces questions ne semblent pas avoir été posées précisément. Les réponses, en tout cas, ne sont pas du domaine public.

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Ce qui demeure flou également, c’est le fonctionnement des deux grands opérateurs de téléphonie mobile du pays : Orange et Emtel. Puisque le combat actuellement mené est celui des libertés individuelles et du respect de la vie privée, il est peut-être aussi temps de comprendre la nature des obligations légales de ces deux opérateurs envers l’Etat. La lecture d’une Public Land Mobile Network Licence qu’octroie l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) s’avère édifiante.

Ainsi, chaque opérateur mobile, pour des « national security reasons », a l’obligation « at all material times » de mettre à la disposition de l’ICTA ou de toute autre institution désignée « all monitoring facilities at its own cost ». Sauf qu’on ne sait pas qui gère au quotidien ces « monitoring facilities », encore moins qui y accède et selon quel protocole d’intervention, sur ordre de qui et surtout dans quel but. Dans un pays disposant de plus d’abonnements de téléphonie mobile que d’habitants, la possibilité d’intrusion dans la vie privée de chaque citoyen est quotidienne. Or jusqu’ici, cela n’a pas semblé être un motif suffisant pour déclencher le même type de réaction qu’avec la carte d’identité nationale.

Aucune réaction, non plus, face à la machine à intrusion planétaire : Facebook. Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans l’action des opposants à la nouvelle carte d’identité. Un peu plus du quart de la population locale détient un compte sur la plateforme de Zuckerberg. Or, à chaque fois qu’un utilisateur du réseau social accepte d’utiliser un jeu ou de télécharger une application, toute une série d’informations privées sont captées par Facebook. Elles vont du nom des amis du facebookeur aux derniers lieux visités, en passant par son statut marital ou sa préférence politique. Au final, dénoncer la nouvelle carte d’identité nationale en utilisant lourdement le réseau social, c’est comme participer à une manifestation pour la paix dans le monde avec une kalachnikov et un bazooka en bandoulière !

Si l’aspect parcellaire de l’action des opposants à la carte d’identité nationale peut déranger, le questionnement général au sujet de cette initiative du gouvernement doit être peaufiné. Il y a, en fait, deux problèmes à résoudre.

D’une part, le manque de confiance totale d’une partie de la population dans le gouvernement. Elle s’inquiète, à juste titre, de l’utilisation à des fins inavouées de données personnelles censées d’abord sécuriser la nouvelle carte d’identité. C’est au gouvernement de démontrer que cette crainte est injustifiée. Tout comme c’est à lui de s’assurer qu’une institution indépendante et compétente atteste de la bonne utilisation de la base de données biométriques des Mauriciens. Confier cette tâche au Data Protection Office, placé sous la tutelle du bureau du Premier ministre, serait grossièrement contreproductif.

D’autre part, il s’agit d’ouvrir un débat plus large sur l’état de la protection des données et des informations privées à Maurice. A l’ère du tout technologique, le pays ne peut plus faire l’économie d’un tel débat national. Il y va de la protection de la vie privée de chacun des 1,3 million de Mauriciens. Au final, il s’agit de prévenir l’instauration d’un Etat policier et sécuritaire rendu enfin possible par la technologie.


Le dernier « dieu vivant »

Le « dieu vivant » est en voie de disparition.  Le monde, tel qu’il est devenu, ne le laisse plus naître. Le problème, c’est qu’il ne laisse pas non plus mourir en paix celui qui est déjà en vie. C’est ce qu’on peut se dire en constatant le psychodrame qui se joue autour de la fin de vie de Nelson Mandela.

Si l’on enlève à Madiba son aura de figure mythique de l’histoire, il reste l’homme. Qui a dû se battre contre un cancer de la prostate dès la fin des années 1990. Depuis une décennie, l’ancien président de l’Afrique du Sud compose ainsi avec une santé précaire qui n’a cessé de se dégrader. A presque 95 ans, après une longue et intense vie de lutte, l’homme Mandela mérite de se reposer. Mais le monde semble irrésolu à cette idée.

Cette attitude est sans doute dictée par un sentiment de crainte. Une peur du vide. Car le départ de Mandela marquera la fin d’une ère. Celle des personnes d’exception qui ont changé le monde. Time Magazine a ainsi placé Mandela parmi ceux qui ont le plus marqué le 20e siècle et qui continuent à influencer celui en cours. Dans le classement de Time, Mandela côtoyait mère Teresa, le mahatma Gandhi et Martin Luther King. Ils sont tous morts. Et bientôt Mandela ira les rejoindre. Sans avoir laissé au monde un successeur.

Ce n’est pas le médiocre actuel président sud-africain Zuma qui pourra prétendre au legs de Mandela. Ni même Barack Obama, le symbolique premier président noir américain. Pour une raison simple, la surmédiatisation et la « peoplisation » de la vie des personnalités ont annihilé le processus de naissance des « dieux vivants ». Si Napoléon, Lincoln, Gandhi ou Che Guevara vivaient à l’ère de l’information en temps réel et des réseaux sociaux, ils n’auraient sans doute jamais acquis leur aura mythique.

A l’ère de Facebook, Twitter et Instagram, chaque incartade, turpitude ou geste banal peut être capturé, répertorié et livré à la terre entière. Déjà dans les années 1930, un hongrois avait déterminé que chaque humain pouvait être relié à n’importe quelle autre personne dans le monde à travers les relations individuelles de cinq autres personnes (la théorie des six degrés de séparation). Avec son milliard d’utilisateurs, Facebook prétend avoir ramené le degré de séparation à 4,74. Ce rétrécissement de la distance entre les hommes a inévitablement mis à mal la divinité des « dieux vivants ».

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Les grandes personnalités n’ont jamais été rendues aussi facilement accessibles, ordinaires… vulnérables. Car leurs faits et gestes les plus triviaux, capturés par la caméra d’un smartphone ou vus et relatés par un utilisateur de Facebook ou de Twitter se trouvant au bon endroit au bon moment, peuvent désormais être diffusés, commentés et disséqués par des millions de personnes.

Si Che Guevara vivait en 2013, des milliers de « followers » et de « subscribers » scruteraient ses moindres apparitions, rendant impossible sa guérilla. Si Gandhi arpentait encore l’Inde, il y aurait sans doute des personnes pour émettre des théories complexes à l’aide de photos volées sur sa relation avec ses suivantes. Faisant passer au second plan la lutte politique du mahatma.

Mais Gandhi, Che Guevara, mère Teresa et les autres ont disparu depuis longtemps. Il ne reste que Mandela. Consciente qu’elle est en présence du dernier « dieu vivant » à exploiter, la société de la surinformation s’est arrangée pour ne rater aucune miette des derniers instants de sa vie. A coups de dizaines de camions de télévision parqués en permanence devant l’hôpital de Pretoria, de fausses nouvelles de sa mort, et même de théories du complot sur le fait que son décès est dissimulé depuis plusieurs jours, le flot d’informations – parfois totalement futiles – demeure ininterrompu. Le hashtag #mandela continue à « trender » sur Twitter…

C’est cet intérêt outrancier qui a amené Makaziwe Mandela, la fille aînée de Madiba, à s’en prendre aux « vautours » et « racistes » des médias étrangers, en dénonçant leurs préjugés et leur manque de retenue à l’égard de sa famille et de l’Afrique du Sud en général. C’est ce qui a également conduit un journaliste sud-africain à écrire un article incendiaire dont l’ironie cinglante a dérouté jusqu’à ses propres compatriotes.

Par ces temps de morosité planétaire marqués par l’incapacité des hommes les plus puissants – Obama en tête – à régler les problèmes de leurs peuples, le monde cherche désespérément un héros. Mais il ne le trouvera pas. Car le temps des héros est révolu. Le temps de Mandela aussi. Reste l’heure du deuil…

 


Si Zuckerberg était mauricien…

Derrière le sourire angélique, un redoutable hacker. Ankit Fadia, qui était en visite chez nous cette semaine, aurait pu faire partie de ces individus dont les moindres faits et gestes sont surveillés par la National Security Agency (NSA) américaine. Objet de l’attention permanente des grandes oreilles virtuelles du réseau de surveillance mondial « Echelon ». Mais Fadia s’est placé du bon côté de la barrière. S’il s’introduit dans des systèmes informatiques aux données ultrasensibles, c’est pour mieux en souligner les failles.

D’autres n’ont pas cette vocation et encore moins la même éthique. Ce n’est donc pas pour rien si, depuis le début du siècle, les plus importantes agences de sécurité dans le monde, la NSA en tête, identifient le cyber-terrorisme comme étant potentiellement la menace la plus dangereuse qui guette les grandes nations. En Chine, aux États-Unis, en Argentine ou en Inde… une attaque informatique d’envergure pourrait créer une catastrophe aux conséquences insoupçonnées.

La Bourse de New York incapable d’enregistrer l’achat ou la vente de la moindre action. Aucun avion qui décolle de l’aéroport de Nagoya. Les centres d’externalisation de Hyderabad coupés du monde des jours entiers. Ce sont là quelques-uns des scenarii de « Cyber Pearl Harbour » imaginés par les stratèges américains dès le début des années 2000. Déjà, les informaticiens faisaient tourner le monde…

Depuis, les réseaux se sont développés, la connaissance et les capacités de ces spécialistes se sont considérablement densifiées. C’est ce qui permet d’ailleurs à une guerre virtuelle de faire rage entre deux puissantes nations – les États-Unis et la Chine – sans que le monde n’en mesure l’ampleur. Derrière toutes ces menaces virtuelles et réelles se cachent des clones de Fadia.

Ces as de l’informatique, il ne faut pas nécessairement les chercher du côté des chambres d’étudiants du Massachussetts Institute of Technology ou dans les lotissements bourgeois de Bangalore. Nous en avons également chez nous. Ils sont certes Mauriciens, mais beaucoup de ces génies du 0 et du 1 ont choisi de s’expatrier à Singapour, aux États-Unis, en Europe, voire en Inde. Là-bas, au-delà de l’argent, il y a des challenges à relever ! Loin de cette île Maurice où un de leurs compatriotes sur trois n’a pas accès à Internet. Et où ceux qui surfent sont, pour la plupart, encore réticents à sortir la carte de crédit pour un achat sur Amazon ou Ebay.

Il ne faudrait toutefois pas se lamenter sur ces cerveaux qui ont choisi d’autres prairies. Pensons à ceux qui sont ici et à la manière dont « la culture informatique » leur est inculquée. Voilà une vingtaine d’années que des cours d’informatique sont dispensés au secondaire et dans le cycle universitaire à Maurice. Or, malgré l’expérience acquise, l’enseignement de cette discipline paraît toujours aussi théorique. L’aveu provient du ministère de la Technologie informatique lui-même. Le récent National ICT Strategic Plan (2011-2014) admet que si les diplômés en informatique de nos universités trouvent rapidement un job, leurs employeurs les considèrent cependant comme n’étant pas « job-ready ».

La faute à l’environnement informatique local. D’une part, il y a cette méthode d’enseignement en déphasage avec les réalités modernes. Qui se contente d’initier nos enfants, depuis des années, à Word, Excel, Internet Explorer, Powerpoint, tout en leur apprenant des rudiments théoriques de la programmation. D’autre part, un grave handicap infrastructurel. Si Maurice est un exemple en Afrique, il est loin d’être un modèle pour le monde en matière informatique. Le rapport Networked Readiness Index 2010-2011 du World Economic Forum le confirme. Sur 138 pays, Maurice se classe 78e par rapport à l’accès aux réseaux. Nous occupons également la 76e place dans leur utilisation.

Une vraie démocratisation de l’accès à Internet et à l’informatique, à travers des baisses de prix de connexion et du coût des ordinateurs. Une refonte de la manière dont l’informatique est enseignée dans les écoles, collèges et universités. La création d’une vraie filière d’excellence capable de produire des Mark Zuckerberg et des Ankit Fadia. La recette est connue depuis que Sarat Lallah a inauguré le poste de ministre de l’Informatique, il y a presque 20 ans. Pourtant, on fait du surplace depuis. Le dernier Strategic Plan national reprend, à quelques nuances près, les mêmes recettes. Mais pour nourrir en étudiants la future ICT Academy nationale, il faut que tout le système mue. Si, pour l’heure, on ne voit même pas les premiers signes de la métamorphose, osons espérer que cela viendra.

Entre-temps, au lieu de découvrir avec stupeur – mais aussi avec un brin de fierté – que nos collégiens ont piraté le site d’une grande entreprise… contentons-nous de savoir que les gangs rivaux de deux collèges des Plaines-Wilhems se sont illustrés… en décidant de faire la paix cette semaine !


Notre dépendance à Internet

Début juin, j’étais tombé sur un article de The Atlantic, « Is Google making us stupid? » Le texte, fort intéressant, bien construit et assez exhaustif avait attiré peu de commentaires de mes amis quand je l’avais posté sur mon profil Facebook. Pourtant, il parlait d’un inquiétant phénomène : notre dépendance à Internet et la manière dont cela altère notre mode de penser, de fonctionner, d’agir. Voire…de vivre!

J’avoue que ce texte, aussi inquiétant soit-il, ne m’a pas fait changer mes habitudes. Pour être honnête, j’avoue également que je ne les changerai sans doute pas drastiquement. Toutefois, il y a eu un déclic. Une prise de conscience. Internet est un outil formidable. Mais son utilisation intempestive.

Le fait de rester connecté en permanence et pour rien. De verifier son mail ou poster sur facebook à partir de son téléphone portable juste avant de se mettre au lit le soir. Tout cela est symptomatique!

Au bureau, nous journalistes, sommes devenus ultra-dépendants de l’Internet. Certes, pour s’informer, effectuer des recherches et se documenter. Mais aussi pour se distraire, consommer, s’évader. Je me rends compte de notre ultra-dépendance à Internet à chaque fois que le réseau saute ou qu’un important problème technique survient chez Mauritius Telecom.
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Il suffit alors de voir la tête des journalistes. On dirait qu’ils (moi compris) ont perdu un bras ou une jambe. Qu’ils sont devenus infirmes. A chacune de ces occasions, nous nous amusons à poser la question: « Comment faisait-on avant, quand on n’avait pas de réseau, pas d’Internet, pas de sursaturation en infos? » Les plus jeunes, c’est mon cas, n’avons jamais appris à travailler sans ordi, sans Internet. Le journal au sein duquel j’avais débuté en 1996 avait une connexion internet, des ordinateurs…

Puisque les jeunes ne savent pas répondre à la question, je me tourne donc vers les anciens. Et stupeur, mes collègues plus âgés; ceux qui tapaient encore sur des machines Olivetti il y a 20 ans sont tout aussi perdus. Ils n’arrivent pas à expliquer clairement ce qui a changé. « L’AVANT » est devenu un vague souvenir. Ils se contentent alors de répondre: « avant, on faisait différemment.» Je dois également me satisfaire de cette description!

Cette semaine la rédaction web du journal Le Monde a tenté l’expérience du « Sans Internet.» Il en est ressorti quatre articles intéressants. Voici les liens

Un grand sabordage professionel

Internet m’a-t-il rendue plus bête?

Le spleen digital

Etre ou ne pas être cyberdépendante?

Bonne lecture!

ps: je ne suis pas du genre à inonder les boites mails de mes amis et connaissances d’emails pleins de bons sentiments sur l’amitié, le vrai sens des relations etc etc etc. Toutefois, je suis tombé sur un article du Times (Ten ancient Greek tips for coping with our high-tech world) qui mérite largement d’être partagé !


La minute geek

J’ai essayé plusieurs fois mais je n’y arrive toujours pas. Google Analytics et WordPress, ça fait deux!

Je n’ai pas encore compris comment suivre les statistiques de ce blog avec Analytics. Alors, mes chers amis informaticiens et geek (je pense là à Sachin, Harry et compagnie…) si vous savez comment faire. Et surtout, où coller le fameux tag d’Analytics, dites le moi!

Sinon, entretemps pour m’amuser, j’ai trouvé ce petit bidule-machin-truc. Clustrmaps affiche une mappemonde détaillant d’où viennent les visiteurs d’un site/blog. Je viens juste de le mettre sur mon blog. Ça fera un peu d’animation, et on pourra voir d’où vous venez!

On verra ce que ça donne dans les heures qui suivent. Quand le compteur se sera actualisé…

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Démarrage en trombe

Un petit clin d’oeil à mes voisins de pallier : l’équipe de www.lexpress.mu. Le démarrage du nouveau site d’actualités du groupe la Sentinelle s’est effectué sur les chapeaux de roue. Bon il y a eu quelques petits soucis, mais que serait un démarrage sans ses petits soucis techniques. Ceux-ci seront sans doute très vite réglés.

Bon vent les gars! Et vous pouvez déjà vous flatter d’avoir reçu un nombre hallucinant de visiteurs durant vos deux premiers jours. Alors, moi je dis…bravo !


L’autre égalité

N’y voyez aucune provocation ou apologie de la tricherie ! Mais supposons que chacun des 10 000 étudiants prenant part au « Higher School Certificate » cette année avait un ordinateur connecté à Internet. Imaginons, également, que chacun de ces étudiants savait que certaines réponses étaient disponibles sur Internet. Pour peu qu’on les cherche. Si chacun avait eu la même chance – n’appelons pas cela tricher – de mieux s’armer pour passer son examen, n’aurions-nous pas finalement trouvé cela presque encourageant que nos collégiens se démènent pour mieux réussir leurs examens ? En faisant preuve de cet esprit « tracer » que l’on reconnaît volontiers à tout Mauricien qui se respecte ?

Au-delà de la question de tricherie, ce qui doit interpeller dans tout ce triste épisode des fuites au HSC, c’est l’inégalité des collégiens devant cet examen. Cela se sait. Le fils du comptable habitant Curepipe et fréquentant une « Star School » des Plaines-Wilhems n’a pas les mêmes chances et atouts pour réussir que la fille d’un chauffeur de bus habitant Case-Noyale et étudiant au collège d’Etat de la région…

A l’heure où le gouvernement s’apprête à faire voter une loi sur l’égalité des chances, il convient de s’intéresser à l’inégalité des chances qui sévit dans notre système scolaire. A Maurice, que ce soit au secondaire ou au primaire, une catégorie d’élèves part avec plusieurs longueurs d’avance sur leurs camarades. Il ne s’agit pas de leur reprocher d’être nés dans des familles aisées ou de classe moyenne. Il ne s’agit pas de regretter que leurs parents aient eu les moyens de les envoyer suivre des cours particuliers, de leur doter d’un ordinateur avec une connexion Internet ou de leur inculquer une certaine ouverture d’esprit ou une certaine culture à travers les lieux et les personnes qu’ils fréquentent.

Ceux à qui nous devons penser, ce sont ces enfants qui n’auront jamais les moyens de rattraper le retard qu’ils prennent, dès leur plus jeune âge, dans la course à l’éducation. Il est utopique de croire que l’on peut arriver à une société égalitaire qui fasse que chaque enfant ait chez lui un minimum de confort matériel et un encadrement familial qui aideront à son éveil. Cette mission, de service public, ne peut qu’être confiée à l’éducation nationale.

Or, l’éveil et l’encadrement nécessaires, qui font que l’enfant trouvera après sa place dans une filière académique classique ou professionnelle, s’acquièrent très jeune au stade du pré-primaire. Des études de sociologues et de psychologues le prouvent. On comprend qu’il est futile de se battre pour un CPE moins « cutthroat» ou remplacer le HSC par le Baccalauréat international, si on ne songe pas à réformer l’éducation pré-primaire à Maurice

Nous sommes amenés à penser que Vasant Bunwaree, le ministre de l’Education, a compris cet enjeu fondamental de l’éducation de nos enfants. En tout cas, c’est la conclusion à laquelle on arrive quand on lit l’ébauche du plan stratégique 2008-2020 du ministère. Et quand on y découvre l’importance et les moyens qui sont accordés au secteur du pré-primaire.

Le chapitre « Early Childhood Care and Education » est holistique. Quand on parcourt les grilles d’objectifs stratégiques, on découvre que les aspects les plus divers de l’encadrement des jeunes enfants de 3 à 5 ans semblent tous avoir été pris en compte. Ce ne sont pas les objectifs quantitatifs qui sont les plus encourageants, mais bien les buts qualitatifs recherchés. Il est contreproductif de penser à scolariser tous les enfants de 3 à 5 ans si on ne leur offre pas l’encadrement et les possibilités d’éveil adéquats.

Or, le plan s’intéresse aussi bien à l’exposition des enfants aux technologies modernes qu’à l’éducation des parents, notamment à travers le « Family Support Strategy » pour bien leur faire comprendre l’utilité de l’enseignement pré-primaire. Plus important encore, ce plan prévoit – enfin – la mise en place d’un vrai programme national d’enseignement étudié et développé avec rigueur pour nos enfants. On est bien loin de l’école pré-primaire d’amateur des « ti-miss » que le plan se propose d’ailleurs de former à 100 % d’ici 2012.

La question de la réforme et de la modernisation de notre système éducatif est complexe. Mais Bunwaree et son ministère nous donnent l’impression d’avoir une vraie vision d’ensemble tournée vers l’avenir et le développement de nos générations futures. Il faut désormais espérer que Bunwaree réussisse là où nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents ou fourvoyés devant des pressions politiques ou sociales d’un autre âge…


La claque

La claque est sonore. Elle nous est administrée cette semaine par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Maurice stagne en matière des technologies de l’information et de la communication (Tic). Voilà ce que nous dit l’« ICT Diffusion Index » du rapport de la Cnuced sur la Fracture numérique. Nous y apprenons, pêle-mêle, que Maurice se classe à la 62e place, ce n’est pas un exploit en soi quand on sait que le pays a débuté à la 69e place dans le rapport de 1997. Vous avez dit progrès ?

Nous y apprenons également que Maurice obtient le deuxième meilleur score en Afrique, derrière les Seychelles classés dix rangs plus haut. Mais comme nous le rappelons souvent, est-ce bien utile de se comparer aux mauvais élèves ? Par contre, si Maurice s’aventure à comparer sa performance à celle de ses modèles en matière de développement… elle risque de rougir.

Notamment avec un Singapour qui se classe 16e. Avec des indices d’accès et de connectivité aux Tic deux fois supérieurs à ceux de Maurice. La comparaison avec les premiers du classement : le Luxembourg, les USA ou l’Islande est encore plus douloureuse. On se rend bien compte que Maurice n’est pas encore le tigre des Tic de l’océan Indien et de l’Afrique qu’elle dit vouloir être. Pour l’heure, elle est tout juste un caniche.

La faute à qui ? D’abord aux gouvernements depuis les balbutiements des Tic et d’Internet dans l’île au milieu des années 90. Le gouvernement Ramgoolam I avait eu le mérite de reconnaître l’essor qu’allaient connaître les Tic en nommant un ministre dédié en la personne de Sarat Lallah. Mais sous sa direction, les Tic et Internet ont balbutié. L’arrivée d’Internet dans le pays a été qualifiée de « révolution ». Mais la révolution s’est arrêtée là.

Puis arriva Pradeep Jeeha du gouvernement MSM-MMM. Débordant d’assurance, comme à son habitude, il ne lésina pas sur les moyens (verbaux) pour afficher de grandes ambitions. Dont le palier de 20 000 créations d’emplois dans les Tic. Pour rappel, le secteur en emploie le quart en ce moment ! La pierre angulaire de la stratégie de conquête et d’expansion de Jeeha aurait dû être sa « National Telecommunications Policy » de 2003. Mais dans les faits, les seuls vrais legs qu’a laissés Jeeha sont une cybercité à la santé financière flageolante et un secteur Tic un peu trop centré sur des activités « low end » et « low value », dont les exemples les plus répandus sont les centres d’appels.

Puis arriva le « lauréat » Étienne Sinatambou. Passé sa propre période de balbutiement de début de mandat, il promet désormais un « National ICT Strategic Plan » avant la fin de l’année. Mais Sinatambou a un avantage considérable par rapport à ses prédécesseurs. Car avant lui, aucun ministre de la Technologie Informa-tique n’avait autant de solutions clairement identifiables.

En effet, les ingrédients pour le développement du pilier Tic à Maurice sont connus : un meilleur accès, et à prix abordable, aux réseaux haut débits pour les particuliers et businessmen du pays.

Il s’agit aussi d’attirer des investisseurs dans des secteurs d’activité « high end » et « high value », notamment le « Business and Knowledge Process Outsourcing ». Tout en accélérant le processus de formation des compétences dans le pays. Avec, en attendant leur sortie d’école, le recours à des cadres et formateurs étrangers.

Tout le défi de Sinatambou sera de proposer le bon dosage de mesures, d’incitations et de vision pour que cette voie soit effectivement suivie. Et pour cela, il n’a pas dix ans. Car ce n’est pas en 2015 que Maurice devra talonner Singapour sur l’« ICT Diffusion Index » de la Cnuced. Mais bien avant la fin de cette décennie. Au travail !

publié le 9 juillet 2006


Le match qui s’annonce

Nous passons à côté de l’information principale. Cette semaine le débat
sur la nécessité d’avoir un deuxième câble optique reliant le pays au
reste du monde a refait surface. Chacun a sa petite idée sur la
question. Mauritius Telecom, rapporte-t-on, s’y intéresse déjà. Le
ministère de la Technologie informatique a lancé une réflexion sur
l’opportunité d’investir massivement dans un deuxième câble. D’autres
encore glosent sur sa nécessité pour faire baisser le coût des
télécoms. Trop occupé à palabrer, on a oublié Madagascar !

L’information qu’il faut retenir est que le câble « Eastern Africa
Submarine System » (Eassy) reliera bientôt Madagascar aux autoroutes de
l’information. Cela changera radicalement la carte de la concurrence
dans les technologies de l’information et de la communication (Tic) de
l’océan Indien. Maurice va laisser des plumes face à l’aigle malgache.

Le pays assoit un début de notoriété pour les opérations de centre
d’appels visant le marché francophone. Madagascar lui, n’a pas pu se
permettre une telle stratégie. L’absence de connexion au réseau haut
débit mondial l’en a empêché. Mais les choses vont changer dès
2007-2008 avec l’arrivée d’Eassy.

Avec une main-d’œuvre facile à former, débrouillarde et appliquée,
utilisant des moyens télécoms fiables, Madagascar va se positionner sur
le marché des centres d’appels. Ajoutez à cela le prix, bon marché, de
sa main-d’œuvre et des frais de connectivité volontairement sacrifiés…
Nous aurons en face de nous un redoutable concurrent. Le Sénégal et le
Maroc ont également du souci à se faire !

L’ascension de Madagascar dans ce segment semble inévitable.
Maurice doit donc trouver la parade. Première solution : « If you can’t
beat them, join them. » Il s’agit pour des entreprises mauriciennes,
d’occuper, au plus vite, le terrain dans la Grande Ile.

Des missions de prospection doivent y être menées par les locaux
afin de mettre en place des centres d’appels avec des personnels formés
dès que ce pays sera « connecté ». Si Maurice n’est plus compétitive
sur l’activité centre d’appels, on peut faire en sorte d’exploiter ce
filon à Madagascar, où les coûts sont moindres.

Il s’agit d’adopter la stratégie utilisée pour le textile.
Délocaliser les activités dans lesquelles nous ne sommes plus
compétitifs. Pour ensuite monter en gamme. La solution pour Maurice
c’est de continuer à se spécialiser dans les activités à fortes valeurs
ajoutées dans le « Business Process Outsourcing », par exemple. Jean
Suzanne, conseiller du Premier ministre, semble privilégier cette
approche. Mais depuis sa présentation il y a quelques semaines, le
soufflet semble être retombé. On n’entend plus trop parler de mise en
œuvre, à moins que celle-ci se fasse à l’abri des regards. Ce serait
pas plus mal, mais il serait bien qu’on le sache. En ce moment, les
cartes sont brouillées, on entend même parler d’un autre plan
stratégique sur les Tic que le ministère de tutelle compte élaborer.
Que de tergiversations !

Les problèmes locaux sont connus : coûts élevés, main-d’œuvre non
qualifiée et défaut de stratégie de formation dans le domaine. Il
serait bien qu’on se retrousse les manches pour travailler plutôt que
de perdre du temps à réfléchir sur un énième plan stratégique qui
proposera des solutions connues à l’avance.

Messieurs les décideurs, les Malgaches chaussent leurs crampons
pour passer à l’attaque. Si nous ne faisons rien, nous allons perdre le
match !

publié le 5 mars 2006


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