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Ramgoolamiste ou Bérengiste

Doit-on être Ramgoolamiste pour être membre du Parti travailliste ? Est-ce que « militan koltar » est la définition standard du mot « Bérengiste » ? Dans un pays où être militant d’un parti signifi e avant tout jurer allégeance à son leader, Chetan Ramchurn, président de l’aile jeune du MMM, donne sa définition de la politique locale. « Ce sont les Ramgoolamistes contre les Bérengistes, et plus personne ne s’intéresse aux débats d’idées.» Le propos est lapidaire. Mais notre courte histoire postindépendance nous aide à comprendre pourquoi ce qu’avance Chetan Ramchurn n’est, après tout, que la stricte vérité.

Les faits sont difficilement contestables. Depuis 1968, le pouvoir politique s’envisage comme un patrimoine familial. Mû par la règle voulant que la direction du parti se transmette de père en fi ls. C’est le cas chez les Ramgoolam (hormis la parenthèse Satcam Boolell), les Jugnauth, les Duval. D’aucuns voudraient que le MMM suive la même logique. Quand c’est le leader qui finit par incarner le parti, on comprend pourquoi il est à ce point-là facile pour les sympathisants de se proclamer « Ramgoolamistes » ou « Bérengistes » d’abord, travaillistes ou militants ensuite.

Le phénomène des alliances a accentué cette propension à vénérer les chefs politiques. En leur conférant, au passage, l’incroyable faculté d’avoir raison en toute circonstance. Depuis l’indépendance, les leaders des quatre principaux partis du pays ont ainsi démontré qu’ils peuvent s’allier entre eux sans le moindre problème. Tant que l’enjeu de l’alliance demeure la préservation ou la conquête du pouvoir – souvent précédemment acquis à l’aide d’un autre partenaire !

Très vite les leçons ont été retenues à partir de ce mode opératoire. Un militant MMM foncièrement anti-travailliste a appris à tempérer sa hargne. Tout comme un camarade du MSM hostile à l’idée de tout rapprochement avec le MMM a dû, par moments, ravaler ses convictions. L’enjeu : ne pas être pris au dépourvu et être prêt à cautionner les décisions ou volte-face du leader. Le moyen le plus efficace d’y arriver est justement de se faire Ramgoolamiste, Duvaliste ou Bérengiste.

Cette posture permet par exemple d’escamoter le fait qu’on est anti peine de mort dans un gouvernement qui prône sa réinstauration. Ou encore à faire semblant d’épouser une politique économique libérale que mène le pouvoir alors qu’on ne jure que par le protectionnisme et l’interventionnisme étatique. C’est en effet tellement plus facile de commencer sa phrase par le rituel « comme le dit le leader… » Surtout quand on cherche à éviter d’exprimer des opinions contradictoires.

Ce fonctionnement a permis aux leaders politiques d’instaurer autour d’eux une culture de suivisme. Alors comment les Chetan Ramchurn peuvent-ils prétendre bousculer des mœurs politiques paraissant si solidement établies ? La première étape consiste sans doute en un retour aux valeurs fondamentales de chaque courant politique. L’approche pragmatique du MSM. La volonté travailliste d’émanciper toutes les couches de la population, notamment par le travail. Ou encore la lutte du MMM pour l’égalité en droit de tous les Mauriciens.

Le retour aux sources n’est toutefois pas si aisé qu’on ne le pense. Un partisan MSM peut-il risquer de dire à Pravind Jugnauth que son approche mollassonne vis-à-vis du gouverneur de la Banque de Maurice donne l’impression que le principal décideur économique du pays se trouve à la BoM Tower ? Comment dire à Bérenger que sa stratégie électorale depuis 1981 est en totale contradiction avec les idéaux égalitaires et unitaires du MMM ? Comment confronter Navin Ramgoolam sur la question de la lutte contre la pauvreté qu’il gère avec des arrière-pensées purement politiques depuis quelques mois ?

Il est évident que ceux qui oseraient tenir ce type de discours au sein de leur parti  s’exposeraient à la vindicte de leurs camarades suivistes. Mais il est aussi probable que ce type de discours réveille quelques consciences endormies. Lançant ainsi des débats contradictoires au sein de ces partis. De tels exercices pourraient toutefois aboutir à la remise en question de telle ou telle décision des leaders. Or, ces derniers, habitués à ne pas devoir rendre des comptes – ou si peu –, ne toléreront sans doute que très mal la présence de contestataires au sein de leur parti. Deux issus possibles : ces audacieux seront ramenés à la raison. Ou alors éjectés du parti.

C’est ce qu’il se passera si les suivistes continuent à être les membres majoritaires de nos principaux partis. Mais si ce n’est pas le cas. Si des Chetan Ramchurn s’imposent au PTr, au PMSD ou au MMM ? La remise en question qu’on dit impossible au sein de notre classe politique pourrait alors arriver bien plus vite qu’on ne le croit…

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Elle court, elle court…la rumeur

Info? Intox? J’ai plutôt tendance à dire intox. Depuis hier soir, les rédactions du pays sont excitées par la « nouvelle ». En ce début de semaine, Navin Ramgoolam aurait clairement fait comprendre à Paul Bérenger qu’il n’y aura pas d’alliance Parti Travailliste/MMM. Cette « nouvelle » aurait suffit à ce que certains en déduisent deux choses :

  1. Une alliance entre Ramgoolam et le MSM est imminente. Faisant revivre la mythique formation bleu-blanc-rouge des années 80.
  2. Les élections sont imminentes car l’Assemblée Nationale va être dissoute aujourd’hui!

A l’heure où j’écris, tout ca n’est que de l’intox. Rien n’est avéré. Le MMM s’apprête même à enclencher de « grandes manœuvres » basées sur des informations inexactes qui ont été colportées…par ses propres cadres!

A coté de tout cela, certains de mes confrères, se croyant dans le secret des dieux (je dirais plutôt qu’ils sont dupés et instrumentalisés par ces « dieux ») annoncent déjà les accords politiques et la distribution des tickets depuis samedi dernier. En s’enorgueillissant de n’avoir pas eu tort jusqu’ici!

Une nouvelle tempête  s’est déclenchée dans le minuscule verre d’eau de la politique à Maurice. Tout journaliste que je suis, cette actualité à deux balles commence sérieusement à m’agacer!

Ce soir, Navin Ramgoolam a déclaré ceci : « Hier (c-à-d jeudi), le MSM m’a contacté pour me demander si j’étais disposé à négocier une alliance. J’ai dit oui ».


Le petit perdant

Sorti du fameux «caro kan» depuis un an, voilà que Pravind Jugnauth, le leader du MSM,  s’apprête à y retourner. La politique est cruelle! L’édito du jour sur Radio One.

Le petit perdant.


Quelle campagne ?

Tentons quelques prévisions au sujet de la campagne électorale à venir. Pour les besoins de cet exercice, on n’aura bien évidemment pas besoin de boules de cristal ou de cartes de tarot. Car prévoir comment se déroulera la prochaine campagne ne relève pas de la divination. Dans ce domaine, il suffit de se souvenir des campagnes passées pour prévoir celle à venir.

Première tendance : la campagne sera technologique. Le Parti travailliste (PTr) a compris avec acuité l’apport des technologies de la communication dans une campagne électorale. Déjà en 2005, des milliers de Mauriciens décrochaient leur téléphone pour entendre, avec stupeur, Navin Ramgoolam, les inviter à un grand meeting régional. Nous avons pu constater l’efficacité de cet outil. Nous nous souvenons encore de cet ouvrier de Piton, qui ne sachant pas qu’il avait écouté un message préenregistré, essayait de nous convaincre : « Navin ti call mwa !* » Dans les jours à venir, on pourrait également entendre des « Paul ti call mwa !** »

D’autres outils technologiques – « Facebook » et « Twitter » seront mis à contribution durant cette campagne. Les jeunes électeurs de 18 à 30 ans se sont complètement approprié ces réseaux sociaux. Il n’y a qu’à voir, par exemple, le dynamisme qui règne, sur les groupes « Facebook » du PTr ou du MMM pour réaliser qu’Internet est désormais un lieu privilégié d’échange et de confrontation des idées politiques de nos jeunes. Il faut quand même remarquer que même si les groupes des partis politiques affichent des milliers de membres, seule une poignée d’entre eux participent activement au débat. Mais malgré ce bémol, aucun parti politique n’envisagera cette campagne sans l’apport de ces nouveaux outils technologiques.

Deuxième tendance : la campagne sera insipide. Nous risquons de redécouvrir les mêmes débats archaïques durant celle-ci : aussi bien dans le fond que la forme. Le souhait de Ramgoolam pour un débat « sans démagogie et attaques personnelles » sur les « issues » n’est pas prêt de se réaliser. La faute en incombe d’ailleurs d’abord aux électeurs. Friands de politique spectacle et adeptes des phrases assassines, ils se contentent facilement des discours démagogiques des opposants. Et se satisfont de la posture habituelle des sortants, qui disent invariablement avoir produit « le meilleur bilan possible » malgré un contexte économique et social difficile.

Si l’on ajoute à cela la fâcheuse propension d’une large frange de l’électorat à rallier invariablement le camp de ceux perçus comme étant les plus forts, on obtient une campagne électorale qui brillera par la vacuité des idées débattues. D’ailleurs, les idées intéressantes, s’il y en a, auront toutes les chances de croupir dans les programmes électoraux. Qui, comme d’habitude, ne seront vraiment lus que par une poignée d’électeurs.

On peut quelque part comprendre cette désinvolture face à une élection sans enjeu. En effet, cette campagne électorale, avec son opposition désunie et quémandeuse d’alliance. Avec son électorat qui perçoit Ramgoolam comme le gagnant de facto de la joute. Avec sa vacuité d’idées et d’argumentaires comme lors de la partielle de Quartier-Militaire-Moka en février. Cette campagne-là ne sera après tout qu’un référendum. Dont la question sera : « Souhaitez-vous que Navin Ramgoolam soit réélu Premier ministre ? »

Cela nous amène à la troisième tendance : la campagne sera sale et vulgaire. Puisqu’on ne défend aucune idée. Puis que l’élection semble être sans enjeu, les partis politiques vont prioritairement recourir aux méthodes basiques, aux démonstrations de force usuelles, pour marquer les esprits. Et ainsi capter ou conserver l’intérêt de l’électeur lambda. Les oriflammes nous polluerons encore la vue. Les posters sales et laids seront placardés sur chaque mètre carré de mur disponible dans le pays. Des « agents » seront payés à ne rien faire, si ce n’est à boire des bières tout en « gardant » des bases à chaque coin de rue de nos villes et villages.

Les partis politiques frappés d’amnésie deviendront « exlex ». Ils emploieront ces mêmes « bouncers ***» qu’ils dénoncent aujourd’hui. Le temps d’une campagne, ces gorilles deviendront des « agents » chargés d’assurer la sécurité des candidats, des meetings ou des colleurs d’affiches. La facilité de ces individus décérébrés à céder à leur pulsion de violence est connue. Aussi, nous pouvons sans nous tromper prévoir que cette campagne sera très violente par moment. Tout comme on peut prévoir que des journalistes, fouineurs et faisant leur métier, seront victimes de ce genre d’énergumènes.

Ce ne sont pas des prédictions de boule de cristal. Tout cela se produira. Parce que nos politiques, tout en épousant les nouvelles technologies, conservent leurs réflexes archaïques. Faisons avec. Car comme dit l’adage, nous avons les politiques que nous méritons…

D’autres commentaires sur cet éditorial

* Navin m’a appelé

** Paul m’a appelé

*** videurs


Navin, arrête tes conneries!

Hier, le Premier ministre a eu quelques mots durs envers les journalistes du pays. Une petite précision s’impose. Je pense que cette remontrance s’adresse surtout et d’abord à tous ceux qui ne remplissent pas leur quota de dithyrambes et de flatteries envers Navin Ramgoolam. D’autres et moi-même, ne faisons pas ce métier pour être aimés des puissants. Alors tant mieux si la relation est conflictuelle. Mais le conflit ne doit pas mener à l’insulte.

Voici, en résumé ce que le Premier ministre pense de la presse à Maurice :

Certains que j’appelle des semi intellectuels écrivent sur des sujets qu’ils ne connaissent pas. Ils n’ont aucune humilité. Ils écrivent sur le Parti Travailliste alors qu’ils n’étaient même pas nés quand ce parti avait été créé. Quand ils écrivent, que ce soit dans l’express ou Le Mauricien, c’est comme c’étaient les paroles d’évangile (…) Ils n’ont jamais rien réussi dans leur vie… demandez leur ce qu’ils ont accompli dans la vie…Mais ils tenteront de dire aux autres ce qu’il faut accomplir…

En reproduisant allègrement les propos insultants du Premier ministre, ceux – très sages – de Coluche me viennent en tête.

Les journalistes ne croient pas aux mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent! C’est pire

Je vais donc rectifier quelques mensonges, inexactitudes et incohérences dans les conneries dites hier.navinb

(…) des semi intellectuels écrivent sur des sujets qu’ils ne connaissent pas (…)Quand ils écrivent, que ce soit dans l’express ou Le Mauricien, c’est comme c’étaient les paroles d’évangile

Commentaires :
Intellectuel, semi intellectuel ou gratte papier. Peu importe la terminologie. Le journaliste n’arrive pas à l’apogée de sa carrière quand on dit de lui qu’il est un « intellectuel. » La fonction première d’un journaliste c’est de voir, écouter et lire ce qu’il se passe dans le pays. Ensuite, d’analyser tout cela pour le rapporter à ses lecteurs ou auditeurs. Certains franchissent un pas supplémentaire dans la réflexion en donnant leurs opinions et analyses personnelles afin d’alimenter le débat sur une actualité politique économique ou sociale. Tout cela constitue notre mission première. Seul un ignare peut remettre en doute cette fonction. Et seul un ignare peut feindre de ne pas voir que sondage après sondage, 88% à 92% de Mauriciens disent respecter l’institution qu’est la Presse !

(…)Ils écrivent sur le Parti Travailliste alors qu’ils n’étaient même pas nés quand ce parti avait été créé…

Commentaires:
Navin Ramgoolam est juriste et médecin, on aurait attendu un niveau de raisonnement bien plus élevé d’une personne aussi intelligente.  En effet, s’il est interdit à une personne de commenter et d’écrire sur des événements qui ont précédé sa naissance, Navin Ramgoolam serait lui-même dans de sales draps. Le Premier ministre est né en 1947. Tandis que le Parti Travailliste (PTr) qu’il dirige a été fondé en 1936. Doit-on en conclure que Navin Ramgoolam n’a pas le droit de gloser sur ce qu’il s’est passé au PTr et dans le pays avant 1947 ? Ce serait absurde ! Mais bon, Ramgoolam ne semble pas rechigner à recourir à des arguments absurdes. Après tout, il en a le droit. Car ne l’oublions pas, le ridicule ne tue pas!

Ils n’ont jamais rien réussi dans leur vie… demandez leur ce qu’ils ont accompli dans la vie…Mais ils tenteront de dire aux autres ce qu’il faut accomplir…

Commentaires :
Le propos est insultant. Retournons la question. Politicien professionnel ? C’est un métier ca ? Le CV du Docteur Maitre Ramgoolam indique que de 1985 à 1987, il a pratiqué la médecine à Maurice. Depuis 1993, il est avocat. Pourtant, on a énormément de mal à trouver quelqu’un qui dit avoir été guéri ou même ausculté par le Dr Ramgoolam. Pareillement, impossible de trouver un quidam pour certifier que Me Navin Ramgoolam est apparu devant nos magistrats pour défendre une affaire. C’est à se poser la question. Qu’est-ce que Navin Ramgoolam a accompli professionnellement?

Un « fils de » exilé en Angleterre ? Réimporté au pays par Gaëtan Duval ? Un leader de l’Opposition et un Premier ministre qui s’est vu servir ces deux postes sur un plateau ? Actuellement un chef du gouvernement puissant à cause d’une opposition lamentable ? Oui, il est tout cela. Mais être tout cela, c’est être un peu un opportuniste…

L’information par contre, elle n’est pas servie sur un plateau. Chaque jour, les centaines de journalistes du pays font leur boulot. Plus ou moins bien. Avec plus ou moins d’efficacité. Dans certains cas également, avec peu ou pro d’honnêteté. Mais ils bossent. Ils méritent leur salaire, qui, détrompez vous, n’est pas aussi mirobolant que vous le pensez. Ces journalistes, arrivent à fonder des familles, se construisent leurs maisons. Font en sorte que leurs enfants étudient. Tout en faisant le noble métier que celui d’informer. Navin Ramgoolam est non seulement mal inspiré, mais carrément arrogant et condescendant, en voulant faire croire qu’une personne qui arrive à faire tout cela n’a rien accompli de sa vie !


Une girouette nommée PMSD

Le PMSD est un parti politique qui a eu son heure de gloire durant les années 70 et 80. En ce moment, on peut dire que le groupuscule de Maurice Allet et Eric Guimbeau vivote. Au gré de l’humeur de ses partenaires…

Voici, en condensé, les différentes directions vers lesquelles la girouette PMSD a pointé. Surtout, suivez bien le fil. Sinon vous risquez de vous y perdre!

En 2005 : le PMSD brigue les suffrages au sein d’une alliance MMM/MSM/PMSD. Le bloc perd et le parti se retrouve dans l’opposition.
En 2006 : le PMSD passe au gouvernement, soi-disant pour « donner un coup de main » au pays
En 2007 : Insatisfait de l’action du gouvernement le PMSD repasse dans l’Opposition.
En 2009 : Mécontent de l’allocation des tickets par son partenaire MMM dans le cadre des prochains scrutins, le PMSD songe à rompre avec celui-ci. La possibilité d’une réconciliation, voire d’une fusion avec le PMXD, AU GOUVERNEMENT, est à l’agenda.

En effectuant quelques recherches dans nos archives pour reconstituer le parcours récent du MPSD, je suis tombé sur un article que j’avais écrit dans l’express-dimanche du 23 septembre 2007. J’ai bien rigolé en relisant ce papier. Si les partenaires d’alliance du PMSD sont très changeants, sa recherche permanente de son « boute » est, par contre, tout à fait constante.
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Les « boutes » ratés du PMSD

Le PMSD ne se laisse pas faire. Si on le cherche on le trouve. C’est, en substance, ce que dit le leader de ce parti, Maurice Allet, en bombant le torse cette semaine. Après avoir claqué la porte de l’Alliance sociale. La réaction d’orgueil et d’exaspération peut se comprendre.
Mais les exemples qu’a choisis le leader du parti pour expliquer cette opération « lev pake ale » du gouvernement peut dérouter. À écouter Maurice Allet, son parti n’a pas rejoint le gouvernement « pou gaign so boute ». D’ailleurs, le chef des Bleus souligne à double trait le fait que le PMSD s’est associé à la majorité gouvernementale« sans conditions».
Ce doit être la nature profonde du politique. Chassez le désir d’avoir son boute et il reviendra au triple galop. C’est ce qu’a semblé démontrer Allet lui-même lors de sa conférence de presse de vendredi dernier. En laissant bien vite comprendre à son auditoire que les récentes sorties et propos jugés « racistes » de Ramgoolam et d’autres membres du gouvernement n’étaient qu’un prétexte pour justifier ce départ.
Car si l’on écoute bien Allet, le vase était déjà rempli, avant même que Ramgoolam ne demande si Guimbeau, le leader adjoint du parti du Coq, « est son dieu ». Non, avant cet incident, il y a eu ceux où la distribution de boute ne s’est pas passée comme l’aurait souhaité le PMSD.
Il y a d’abord cet épisode de l’élection du maire de Beau-Bassin-Rose-Hill. Allet croyait dur comme fer que le manteau de premier magistrat de la ville devait aller à Daniel Émilien, « un fils de cité Barkly dont la nomination aurait eu valeur de symbole pour ce gouvernement ». Malgré la parole donnée par le PM, le leader du PMSD recevra un « coup de poignard » dans le dos. À la suite duquel il fera savoir à Ramgoolam qu’il est « bien en colère ».
Mais la distribution de boutes se passe aussi ailleurs. Dans les ministères, par exemple, où le recrutement à certains postes de travailleurs manuels se fait sans la lourde intervention de la Public Service Commission. C’est dépité qu’Allet avoue n’avoir « fer rant zis de trois kamarad dan gouvernernman ».
Toutefois, le calme de Maurice Allet tient bon jusque-là. Il croit en ce Premier ministre « rassembleur » et se dit que certaines mesures sociales sont en train d’être prises. Un certain malaise commence pourtant à se faire sentir entre le gouvernement et le secteur privé. Mais Allet prend son mal en patience. Il y a trop de choses en jeu. Un ministère peut-être ? Ou alors des postes dans les municipalités ?
C’est justement à ce sujet qu’une « goutte d’eau a fait déborder le vase », explique Allet. Qui démontre le manque d’esprit arithmétique qui a cours au gouvernement. « Il y avait à peu près 50 personnes qui devaient être recrutées dans les municipalités. J’ai espéré que le PMSD aurait sa part du gâteau. » Mais il n’en sera rien. Pour toute pitance, la hiérarchie de l’Alliance sociale lui propose quatre postes… au pis aller cinq ! En lui précisant : « Si to pa kontan, gete ki to pou fer. »
C’en était trop pour Allet. On peut attendre son boute pendant un temps, mais laisser le Premier ministre insulter son adjoint et utiliser un langage guerrier contre « un groupe » de la population, tout en attendant son boute ce n’est plus possible. Alors sans attendre une quelconque part du gâteau, Allet et Guimbeau, pour prouver qu’ils ne sont pas des rodeur boute sont allés chercher réconfort et soutien auprès de l’opposition. Où, bien évidemment, il n’y a aucun boute à prendre pour le moment. À moins qu’elle ne revienne au pouvoir…

Comme le dit l’adage : « the more things change, the more they remain the same… »


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