Archives de Tag: investissement

Un trou pas si noir

Il est sévére. Renaud Van Ruymbeke, l’un des juges financiers les plus craints de France, pointe un doigt accusateur vers Maurice. Dans l’entretien qu’il accorde à « l’express- dimanche » , il dénonce, pêle- mêle, l’opacité de notre systéme bancaire, le manque de collaboration des autorités de régulation, mais aussi la léthargie de notre diplomatie.

Eva Joly, une autre juge française connue pour sa croisade contre la corruption, n’y va pas par quatre chemins : « Prenez l’île Maurice, elle n’est présente sur aucune liste alors que c’est un trés grand paradis fiscal. » Le profane qui ne connaît pas grand- chose à l’offshore, au « global business » et aux complexités de la domiciliation fiscale doit être perdu. Il y a de quoi ! Car le « Rapport d’Etape » de début avril de l’Organisation pour la coopération et le développement économique ( OCDE) est finalement trés positif pour Maurice. Notre île est classée parmi les pays qui ont appliqué en trés grande partie les standards internationaux en matiére fiscale.

L’Etat peut même se targuer d’avoir démontré sa bonne volonté depuis le 24 mai 2000, date à laquelle le ministre des Finances d’alors, Vasant Bunwaree, avait adressé une correspondance à l’OCDE. Il y informait l’organisation que le gouvernement « commits to the elimination of tax practises (…) that have been determined (…) to be harmful (…) » . Il précisait que Maurice comptait adopter « a programme of effective exchange of information in tax matters, transparency » .

Ces engagements ont été gravés dans le marbre. Les lois ECAMLA, AMLA, FIAMLA – que les juristes et les observateurs étrangers considérent comme excellentes – sont venues constituer l’arsenal juridique de la lutte contre la fraude, l’évasion fiscale et le blanchiment. Pourquoi donc tant de hargne chez ces deux juges français ?

Il faut distinguer deux types d’attaques contre notre centre financier. Le premier est celui que l’on voit surtout venir d’Inde. Où une partie conservatrice – voire protectionniste – des politiques et de la presse se livre à une campagne permanente contre Maurice. Volontiers dépeint comme le paradis des fraudeurs.

Ces attaques visent à permettre à l’Inde d’attirer directement le flot d’investissement étranger et domestique qui transite à Maurice avant d’arriver à Mumbai, Delhi ou Bangalore. Afin que les impôts sur les sociétés soient réglés au prix fort au Trésor indien. Et non, au rabais, à Maurice. A ce jeu, l’Inde se fait volontiers aider par d’autres juridictions fiscales – qui ne demandent qu’à profiter de la manne dont bénéfice actuellement le pays. Maurice est, en ce moment, le plus important conduit d’investissement vers l’Inde. Loin devant n’importe quel autre pays. Inutile de dire à ces détracteurs- là que l’on figure sur la liste blanche de l’OCDE. Ou que l’on se propose d’accroître la transparence dans notre juridiction. Ils continueront à dénoncer notre « paradis fiscal. »

Ce qui nous améne au deuxiéme type d’attaque. Van Ruymbeke l’explique. Il ne reproche nullement à Maurice d’être une juridiction fiscale attractive. Il dénonce notre manque de transparence et un secret bancaire aussi difficile à lever que le smog londonien. Le juge affirme que ses demandes d’information – dont une datant de début 2007 – sont restées vaines. Qu’il n’a trouvé aucune administration, aucun confrére mauricien qui puisse lui donner les renseignements qu’il recherche. Ou, à défaut, qui ait le pouvoir d’ordonner aux banques ou aux « Offshore Management Companies » de les lui divulguer.

Cela, selon Van Ruymbeke, a pour conséquence de faire capoter toutes les enquêtes où de l’argent suspect semble avoir transité par Maurice. Les sorties énergiques et concomitantes de Joly et Van Ruymbeke pourraient faire accroîre le fait que Maurice pratique une politique d’opacité totale. Or, c’est faux. Nous pensons plutôt que les deux juges français expriment, avec raison, leur exaspération envers Maurice – qui, par ailleurs, sait faire preuve de transparence et collaborer dans le cadre d’enquêtes internationales. Deux exemples récents le démontrent.
noir
Début 2008, la justice locale – y compris le bureau de l’ « Attorney General » – ont aidé à faire avancer l’affaire Jacob Zuma, accusé de corruption par les juges sud- africains. 13 documents, dont certains bancaires, avaient été mis à la disposition du ministére public sud- africain. Plus récemment, le « Financial Services Commission » ainsi que le bureau de l’ « Attorney General » n’ont nullement protesté à l’annonce de la venue d’enquêteurs de la « Serious Fraud Investigation Office » indienne à Maurice. Dans le cadre du détournement allégué d’un milliard de dollars par Ramalinga Raju, le patron de « Satyam » en Inde.

On peut tenter une conclusion. Ce ne sont pas nos lois qui sont en cause, encore moins une omerta endémique. Nous pensons plutôt qu’une courroie de transmission – de collaboration – est cassée entre les justices française et mauricienne, en matiére financiére. Il faudrait d’abord réparer cette courroie. Mettre du formalisme dans les échanges entre les enquêteurs français et les juges et banques locaux.

Quand cela aura été fait, nous en reparlerons… Notamment aux juges Van Ruymbeck et Joly. Gageons qu’alors, leur opinion sur Maurice sera plus nuancée

Publicités

Donnant, donnant à l’indienne

Où s’arrêtera donc l’Inde ? Notre grand voisin montre à notre égard une magnanimité économique étonnante. Elle l’a démontrée encore une fois cette semaine. Lors des négociations portant sur l’établissement d’un accord de libre-échange (Ale) liant les deux pays. Dans le cadre du « Comprehensive Economic Cooperation and Partnership agreement » (Cecpa), Maurice pourra exporter, hors taxes, jusqu’à un million de pièces de textile-habillement, 15 000 tonnes de sucres spéciaux et 50 000 litres de rhum vers l’Inde. De quoi générer des revenus dépassant allégrement le milliard de roupies.

Le commerce international est une question d’équilibre. En instituant des rapports commerciaux balancés, les nations en phase de croissance comme l’Inde et Maurice se développent les unes avec les autres. Et non les unes contre les autres. Or, le déséquilibre commercial entre l’Inde et Maurice est abyssal depuis des années. Et aucun signe d’un éventuel resserrement de celui-ci ne pointe à l’horizon.

En 2005, quand Maurice a exporté l’équivalent de Rs 100 de biens et services en Inde, elle en a importé, en contrepartie, Rs 2 485. Le fossé se creuse. Les statistiques des deux dernières années le confirment, nos exportations vers l’Inde sont passées de Rs 499 millions en 2004 à Rs 260 millions en 2005.

Alors l’Inde se rattrape. Puisque Maurice n’arrive pas à rétablir l’équilibre, la Grande Péninsule nous couvre d’aides, de lignes de crédits, de « grants » divers et variés afin d’aider l’économie. Ainsi, à l’issue de sa visite officielle d’octobre dernier en Inde, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, est rentré au pays avec une ligne de crédit de Rs 3 milliards sous le bras. Dont Rs 750 millions sous forme de dons pour financer des projets liés à la production d’énergie et au commerce maritime.

Les chiffres paraissent énormes mais il convient de les relativiser pour comprendre le peu d’importance, commercialement parlant, que Maurice représente pour son puissant voisin. En 2004, la part de Maurice dans les importations indiennes s’est chiffrée à 0,01 %.

« Mais il n’y a pas que le commerce dans la vie », répondront tous ceux qui expliquent la magnanimité de l’Inde envers Maurice par les très profonds liens d’amitié, de fraternité et de respect qui les lient. Certes, ils sont réels. Mais ils n’expliquent pas tout.

L’Inde est une puissance économique mondiale dont la force s’accroît vite. Mais pas assez. Notamment à cause de la lenteur, les soubresauts et des faux départs des négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pour contourner ce problème, l’Inde recourt à une intelligente stratégie de développement par des traités de libre-échange ou d’échange préférentiel.

De tels accords sont en négociation avec la Russie, l’« Association of South East Asian Nations » (Asean) et une bonne dizaine d’autres pays. L’Inde se construit patiemment des portes d’entrée sur tous les continents. De sorte que lorsque l’OMC libéralisera enfin le commerce mondial, l’Inde aura eu le temps de pénétrer dans les principaux marchés qu’elle lorgne depuis des années.

La réalité et le mot choisi pour la décrire ne doivent pas choquer. Maurice n’est qu’un pion de l’Inde sur l’échiquier économique et commercial en Afrique. Tout en négociant le Cecpa avec Maurice, l’Inde finalise également un traité de libre-échange avec la « Southern Africa Customs Union ». Et prépare avec fébrilité un accord cadre la reliant avec deux autres puissantes nations en développement : le Brésil et l’Afrique du Sud. Ce triangle pourrait à terme devenir le centre de gravité mondial dans le domaine de la production automobile, pharmaceutique et même agroalimentaire.

Le Cecpa, à le voir de la perspective mauricienne, apparaît comme un formidable outil qui pourra être mis au service du développement économique du pays. Soit en permettant des exportations accrues en Inde. Ou à travers des possibilités de joint ventures avec des entreprises indiennes pour exploiter de nouveaux marchés africains. Il y a de çà. Mais que cela !

L’Inde a verrouillé sa porte d’entrée en établissant sa liste de produits sensibles qu’elle ne souhaite pas voir couverts par l’Ale. Pas de risque donc que Port-Louis ne serve de port de transit pour des volumes massifs de produits alimentaires africains qui entreraient hors taxes en Inde à prix sacrifiés.

Le Cecpa offre une formidable contrepartie à l’Inde ; il lui permet d’investir et d’exporter massivement en Afrique. Prenant avantage des accords des Ale de Maurice dans le cadre de ses relations avec le « Common Market for Eastern and Southern Africa et la Southen African Development Community ». La magnanimité de la Grande Péninsule n’est pas si désintéressée que cela.

La relation Inde-Maurice se résume à cela. C’est du donnant, donnant avec une petite dimension affective en plus. Il n’y a pas de raison de ne pas s’en contenter.

publié le 21 mai 2006


L’heure des sacrifices

La situation est parfaitement résumée «… a country running out of steam, living beyond its means, unwilling or incapable of making the efforts needed to adapt to the requirements of the changing environment and hoping that things would change for the better ». Le discours de LLoyd Coombes, président sortant de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Maurice, jeudi dernier, a traduit de manière saisissante l’inquiétude qui a gagné le secteur privé.

Le Joint Economic Council avait annoncé la couleur au début de février en situant les enjeux économiques et en établissant clairement ce que devrait être, selon lui, l’agenda économique à suivre dans les années à venir. LLoyd Coombes a pris le relais cette semaine, non pas pour définir la stratégie de la CCI, mais pour bien faire comprendre à quel point l’immobilisme économique sera létal pour le pays.

Ce discours, nous l’avons reçu comme un appel désespéré lancé au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et à son ministre des Finances, Rama Sithanen. À tout le gouvernement en somme. C’est un SOS qui, s’il n’est pas entendu, se traduira par un début d’exode de capitaux mauriciens vers d’autres cieux plus cléments…et ils en existent. Ou vers une lente agonie de notre tissu économique et industriel.

Ramgoolam et son équipe ont contribué à générer l’attente, à force d’affirmer, durant la dernière campagne électorale, que la nouvelle équipe sortirait le pays du marasme économique. Certes, c’était il y a près d’un an ! Et depuis Sithanen a avoué ne pas disposer de « solution miracle ou de baguette magique ». Mais l’attente demeure.

Le secteur privé aurait toutefois tort de croire que le gouvernement peut changer le tableau économique par sa seule volonté. La formule de LLoyd Coombes est bonne car elle tient en compte un élément sur lequel les gouvernements les plus puissants et les plus populaires peineront toujours à influer : la mentalité d’un peuple.

Vivre au-dessus de ses moyens ? Incapable de faire des efforts pour s’adapter ? Croire que les choses iront mieux ? Mais tout cela fait désormais partie du Mauritian Way of Life ! Le souci du lendemain et la nécessité de travailler plus, en gagnant peut-être moins, et dans la perspective d’assurer son avenir, sont des notions qui nous deviennent de plus en plus étrangères.

C’est à se demander si nos dirigeants, s’ils choisissent de prendre des décisions éclairées, ne devraient pas se transformer en dictateurs pour imposer des changements dans nos manières de travailler, de consommer et de vivre ! D’ailleurs, on constate chaque année les résultats que donne l’autoritarisme d’État en Chine et à Singapour.

Dans son budget, Sithanen pourra prôner l’austérité tout en facilitant les activités des entreprises. Mais il va bien falloir que le Parlement vote un de ces jours des lois du travail plus souples et adaptées aux nouvelles conditions économiques. Tout comme il va bien falloir faire comprendre aux fonctionnaires qu’ils doivent aussi pouvoir contribuer davantage pour assurer leur propre retraite. Et ce ne sont là que quel-ques exemples.

Il y a tant de décisions économiques éminemment politiques à prendre.

Et dans ces cas de figure, il appartient au gouvernement d’expliquer au grand public ses objectifs avant d’agir. Mais on n’a pas l’impression qu’il le fait. Il faut déconstruire le rêve qu’on a entretenu pendant trop longtemps… pour qu’enfin les Mauriciens comprennent la dure réalité : l’heure des sacrifices est arrivée.

publié le 26 mars 2006


L’hémophile et ses donneurs

C’est une vérité d’évangile (économique). Pas de croissance sans investissement. Car c’est ce sang-là qui fait prospérer l’économie. Et comme le nôtre, il est constitué de quatre éléments. Il y a les globules blancs des investissements publics, fournis par le gouvernement, qui protègent et revigorent l’économie quand les autres indicateurs faiblissent.

Les globules rouges de l’investissement privé, transportent, quant à eux, l’oxygène de l’économie, ce précieux capital que le secteur privé consent à investir dans des projets plus ou moins novateurs. Les globules cohabitent et collaborent avec les plaquettes.

Enfin, les investissements directs étrangers (IDE) permettent à l’économie de cicatriser des blessures laissées par des secteurs en déclin. Toutes ces composantes baignent dans le plasma du climat d’investissement. Plus celui-ci est sain, plus le flux des globules et des plaquettes s’accélère.

Mais notre économie est devenue hémophile et souffre d’une grave hémorragie. Le lent déclin du textile et les lendemains incertains du sucre sont autant de blessures qui saignent. Inutile de compter sur les globules blancs, à savoir le gouvernement, car ce dernier est au bord de la syncope, il ne peut plus aider. Les donneurs de globules rouges se montrent de plus en plus radins avec les années qui passent. Restent les donneurs de plaquettes qui nous boudent un peu, il faut bien l’admettre.

Pourtant, ailleurs, ils se déchaînent. Un rapport de la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), paru cette semaine, nous apprend que l’investissement étranger a connu un bond de 29 % dans le monde en 2005. L’IDE pour les pays en développement a même crû de 13 % et certains de ces États réalisent des performances hallucinantes, à l’exemple de l’Indonésie et de l’Afrique du Sud qui ont respectivement connu des hausses de 242 % et 803 %. Alors pourquoi, selon les indications de décembre de la Banque de Maurice, l’IDE n’aura-t-il connu, ici, qu’une hausse d’environ 10 % en 2005 ?

On dira que le plasma à Maurice n’est pas suffisamment sain. C’est effectivement une partie de l’explication car notre climat d’investissement nécessite encore de sérieuses améliorations et nos procédures administratives minent toujours la vie des investisseurs.

Mais il faut aussi chercher les causes plus profondes. L’une des explications réside dans notre syndrome Greenfield. L’approche majoritairement privilégiée jusqu’ici consiste, en effet, à privilégier les investissements dits Greenfield pour aider de nouveaux secteurs d’activités à démarrer. L’État offre aux investisseurs étrangers des infrastructures adaptées sur un plateau pour les inciter à venir s’implanter sur notre sol. Le dernier exemple en date est l’industrie des technologies de l’information et de la communication. C’est le gouvernement qui a fait construire et financé, en partie, la cybercité et ses cybertours. Le hic, c’est que la démarche Greenfield est à double tranchant. Bien menée, elle permet de faire naître des industries, mal calculée, les infrastructures mises en place peuvent s’avérer coûteuses à entretenir. Les Rs 1,3 milliard de dettes à éponger pour BPML nous le rappellent assez.

À l’avenir, l’Etat va-t-il devoir trouver Rs 1 milliard ou plus pour financer les infrastructures de base de la Land Based Oceanic Industry (LBOI) qu’on souhaite voir naître afin d’attirer des opérateurs japonais ou américains du secteur ? On ne peut pas le souhaiter. Car une chose est sûre, il n’en a pas les moyens.

Il va donc valoir mieux vendre ce projet à l’étranger. Réussir là où on n’a pas été assez performant dans le passé. Le Board of Investment doit fournir des résultats : identifier des investisseurs fermement intéressés par nos projets de LBOI ou de production de médicaments.

Le sursaut doit avoir lieu maintenant. Car c’est maintenant que le pays a besoin de sang.

publié le 29 janvier 2006


L’innovation ou la mort

Notre paresse d’esprit nous coûtera cher. En lançant sa deuxième édition de l’Innovators Mauritius Award, le National Productivity and Competitiveness Council nous repose la question qui fâche : Savons nous innover ? La réponse est non ! Pourtant, nous avons tout intérêt qu’une certaine culture de l’innovation déferle sur nos institutions publiques et nos entreprises. Et que le règne de la recherche et du développement (R & D) s’installe.

Le constat, quand on parle de R & D à Maurice, paraît accablant. En procédant à un inventaire, on s’aperçoit que notre R & D est surtout concentré sur l’agricole.

Les travaux au rayonnement mondial du MSIRI sur la canne sont financés par l’industrie sucrière. Les gouvernements ont fait leur part du travail en encourageant les activités de recherche de l’Areu ou du Centre de recherche d’Albion, par exemple. Mais la recherche doit se développer ailleurs et autrement.

Le textile-habillement, par exemple, doit innover pour survivre. Mais le Textile and Apparel Develop-ment Centre fait dans la demi-mesure. Car souffrant d’un double handicap : un manque de budget et de chercheurs, aggravé par le déficit d’intérêt de la part des industriels du secteur.

C’est l’état d’esprit de nos chefs d’entreprise, tous secteurs confondus, qui doit changer. Une bonne partie d’entre eux, parle de R & D pour paraître in. En ayant d’ailleurs une vision assez floue de la chose. Cela se résume pour eux à un peu de marketing mêlé à de la stratégie et au bidouillage pour gagner quelques sous ici ou un peu de productivité là.

Dans les pays développés ou qui aspirent sérieusement à l’être, une partie des richesses générées passe dans la R & D. Le dernier Human Development Index des Nations unies nous apprend ainsi qu’en Norvège 1,7 % du PIB va à la recherche. Notre voisin sud-africain y consacre 0,7 %. À Maurice, on peine à atteindre les 0,3 %. À lire ces statistiques, on établit vite une relation simple. Plus un pays investit dans la R & D, plus son potentiel de développement s’accroît.

Il s’agit donc d’assurer un décollage de la R & D dans le pays. Pour cela, l’établissement d’une nouvelle collaboration entre le monde universitaire et celui de l’entreprise paraît impératif. Les entreprises doivent devenir les parrains et partenaires des chercheurs de l’université. Leur fournissant les moyens tout en leur montrant les directions dans lesquelles chercher.

L’État doit également repenser son implication. Le Mauritius Research Council (MRC) ne peut plus être un institut phare de la recherche… sur papier. Son manque de ressources humaines et financières constitue son handicap. Il faut que l’État puisse se donner les moyens d’y attirer des chercheurs locaux ou étrangers qui conduiront des travaux d’intérêt national.

Encore une fois, les entreprises doivent comprendre l’intérêt qu’elles peuvent avoir à financer la recher-che fondamentale ou appliquée susceptible de profiter à des industries entières à moyen terme. Le MRC doit en permanence être en train d’étudier de nouveaux débouchés et créneaux sous l’impulsion régulière de ses partenaires du privé et du gouvernement.

La R & D est toujours de l’investissement utile. Jamais une dépen-se inutile. On le sait déjà, c’est l’innovation ou la mort !

publié le 22 janvier 2006


%d blogueurs aiment cette page :