Archives de Tag: l’express

Les vrais incendiaires, ce sont eux !

La conférence de presse de Dulthummun et consorts a été largement commentée. Je n’ai donc pas grand chose à rajouter à ce qui a déjà été dit. Sauf peut-être redire que cet épisode démontre que les Mauriciens ne sont pas dupes. Il n’y a qu’à écouter leurs réactions à la radio ou les lire par mail ou sur http://www.lexpress.mu pour se rendre compte que ce front commun n’a convaincu personne. Nous avons appelé un chat un chat. Dulthummun veut faire croire que le chat n’existe pas. Il ne s’est pas rendu compte que personne n’est aveugle !

L’interview de ce matin sur Radio One


Les radio pirates font fort

C’est de l’humour. Et comme on le sait, bien des vérités sont dites à travers l’humour…


Imbécillités

«Vous faites preuve d’une ridicule imbécillité. » Ce ne sont pas là les propos d’un de ces malotrus que l’on croise parfois « anba laboutik. » Mais bien les mots du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Ils m’ont été lancés hier, lors de sa conférence de presse (voir page 6). Je dois l’avouer. Je ne suis nullement surpris. Ni par son agressivité et encore moins par son refus de répondre à mes interrogations. Car Ramgoolam déteste qu’on questionne ses actions. Habitué, qu’il est, à ne jamais devoir rendre des comptes.

Hier, il était question de principes. Deux d’entre eux – la liberté de la presse et le droit à l’information – ont été ouvertement bafoués. Par des ministres refusant l’accès à leur conférence de presse à certains journalistes ou plus globalement par l’administration publique. Le Premier ministre, en bon démocrate qu’il dit être, se devait donc de clarifier sa position et celle de son gouvernement au sujet de ces deux principes. Ma question était donc directe. «Est-ce qu’à un moment ou un autre, vous ou un de vos ministres avez donné des instructions pour interdire l’accès à des journalistes ou photographes aux fonctions de la l’Etat?»

Le Premier ministre choisit d’esquiver la question. Il fait de l’esprit. Pour lui, le fait que j’aie été invité à sa conférence de presse indique qu’il n’y a pas boycott. J’insiste. Je réclame une réponse en lui opposant des faits. Navin Ramgoolam qui a truffé son allocution d’attaques contre le rédacteur en chef de l’express, Raj Meetarbhan, s’en prend maintenant à moi. Voilà qu’il me dit que je n’ai « pas à (lui) poser des questions ». Il poursuit dans l’insulte quand je refuse d’obtempérer. « Etes-vous suffisamment intelligent ? » lance-t-il. Avant de justifier son silence par le fait que la Cour suprême tranche en ce moment un litige qui oppose la Sentinelle et l’Etat sur cette question.

Les propos offensants du Premier ministre ne m’empêchent pas de pointer les incohérences issues des rangs du Parti travailliste. Vraisemblablement, Ramgoolam ignore que la directrice de communication de son parti, Nita Deerpalsing, a confirmé le boycott. C’était lundi, lors d’un entretien qu’elle m’a accordé sur Radio One. Mis devant ces faits, le Premier ministre se dresse encore une fois sur ses ergots. « Vous dites tellement de faussetés », assène-t-il en refusant ma proposition de lui faire écouter les propos de Nita Deerpalsing.

Navin Ramgoolam n’en a pas encore fini avec la Sentinelle. Profitant d’une question du Mauricien, il rebondit et contre-attaque. Cette fois, c’est Jean-Claude de l’Estrac, le président du groupe de presse de Riche-Terre que vise le Premier ministre. Il l’accuse d’être « descendu dans l’arène politique » et trouve normal que ce dernier et son entreprise prennent donc des coups.

A ce moment-là, Navin Ramgoolam escamote la vérité. Car il n’avoue pas qu’il avait lui-même suggéré à de l’Estrac de jauger l’intérêt de Paul Bérenger pour une alliance avec le Parti travailliste. Et qu’il a ensuite régulièrement discuté avec de l’Estrac de l’opportunité d’un tel accord. Je choisis encore une fois, de remettre le Premier ministre devant ses incohérences. Mais vraisemblablement cela l’irrite au plus haut point. Sa réplique est cinglante : « Ou pena lespri ? »

Le seuil de tolérance est atteint. Je dis clairement au Premier ministre que je ne suis pas venu à sa conférence de presse pour me faire insulter. Cela n’a pas le mérite de le ramener à la raison. Les invectives reprennent de plus belle. « Vous faites preuve d’une ridicule imbécillité », dit-il en prétextant qu’il n’a pas besoin de Jean Claude de l’Estrac pour parler au MMM. Certes. Mais il n’empêche que ce dernier a participé « à la réflexion » des leaders rouges et mauves au moment où ils pensaient sérieusement s’allier. C’est la vérité. Que nie pourtant Ramgoolam au moment où je choisis de quitter la salle de conférence du Prime minister’s office.

D’autres commentaires sur cet édito.


Au ralenti

Le blog tourne malheureusement un peu au ralenti depuis une dizaine de jours. La période des fêtes venant, je suis pris par toutes sortes d’activités annexes : article à écrire pour le numéro de fin d’année de l’express, l’opération annuelle Noël de l’espoir de l’express-dimanche, présence obligatoire à des fêtes diverses et bien d’autres choses encore.

Au milieu de ce tumulte, j’ai multiplié ma présence sur Radio One par trois! Cette semaine, en dehors de mon émission de lundi et de l’éditorial de mardi matin, je me suis également retrouvé à commenter l’actualité en compagnie de Christina Meetoo sur le plateau de l’ami Habib Mosaheb ce mardi. Et demain, vendredi, il est prévu que je participe à l’émission Rétrospective 2009 que présente Jean-Luc Émile. Tout un programme!

Pour en revenir à la léthargie ambiante sur ce blog, je vous promets de reprendre un rythme plus décent (3 posts par semaine) à la rentrée en janvier.


Budget Day!

Nous sommes tous curieux. Que recèle donc le budget de fin de mandat de ce gouvernement? Sera-t-il électoraliste ou responsable? Rama Sithanen, le ministre des finances, donnera la réponse à partir de 16h30 cet après-midi.

Le budget est une journée lourde et harassante pour les journalistes. Écouter, digérer et ensuite restituer un discours de 2h dans un langage compréhensible au commun des mortels est un exercice difficile et délicat. A fortiori, ce sont les journalistes radio et des quotidiens qui subissent la plus grosse pression. Car ils sont dans l’obligation de boucler leurs sujets dans les heures, voire dans les minutes suivant le discours du budget ou même avant que le discours ne soit conclu. Bon courage à tous ceux qui seront sur le front cet après-midi et ce soir.

Il faut avouer que les  hebdomadaires, comme  l’express-dimanche,  auront le luxe du temps pour décortiquer le discours. Et d’y trouver des détails ou des angles précis que radios ou quotidiens auront omis de traiter, car pris dans le feu de l’action.

Cette année, je vais toutefois partager un peu de la pression de mes confrères du quotidien l’express. Le rédacteur en chef de l’express étant en congé, il m’a été demandé de rédiger l’édito de l’édition de demain.

Ma routine est bien installée depuis ces sept dernières années. J’assiste au discours du budget au Parlement. Puis je rentre au bureau où mes collègues et moi discutons des points forts ou faibles du discours. Je m’isole ensuite pour relire et l’analyser. Ensuite, direction maison. Après une courte nuit de sommeil, vient alors la rédaction des analyses et de l’opinion sur le budget. Le timing sera un peu différent cette année. La pression aussi. On va faire avec…


Papier jounal / Papier toilette…

Entendu la semaine dernière à le Hochet « Ca malpropreté zournal ki appel L’express là. Pou al toilette pas bon ca! » **

lexpress

  • * « L’express, ce journal de merde. Je ne le prendrai même pas pour aller aux toilettes! »

L’axe de la démocratie

Pravind Ramgoolam ou Navin Jugnauth ? Nous n’arrivons plus à distinguer entre les discours des leaders du Parti travailliste (PTr) et du MSM. Tant leurs propos belliqueux voire haineux – contre la presse, et plus particulièrement « l’express », se ressemblent. Nous ne croyons pas que l’action soit concertée. Mais la similitude des propos et des attitudes de Ramgoolam et Jugnauth trahissent un pan important de leurs personnalités. Ils ne supportent pas la critique. Ils dédaignent rendre des comptes. Par ce comportement, ils démontrent qu’ils ne sont pas les démocrates qu’ils prétendent être.

Ce n’est pas une action concertée mais campagne il y a. Elle vise à décrédibiliser « l’express ». Ramgoolam aime à dire qu’un mensonge répété suffisamment de fois fini par avoir des accents de vérités. Or, lui et Pravind Jugnauth ne cessent de répéter des faussetés sur la presse. « Sa malpropte zournal ki apel l’express la », « Suiveur, démolisseur, fasciste » sont autant de mots qui sont revenus dans leurs discours récemment quand ils ont fait allusion au quotidien le plus lu du pays. C’est intolérable.

C’est inadmissible quand on pense à ce qui a suscité ces réactions rétrogrades. Ramgoolam a pris la mouche quand le rédacteur en chef de « l’express » s’est interrogé sur l’utilisation que le Premier ministre compte faire d’une majorité de trois-quarts au Parlement. Pravind Jugnauth, fidèle à lui-même, s’est répandu dans un flot d’invectives quand la nouvelle – vérifiée et vérifiable de pourparlers d’alliance MSM-MMM a été publiée.

Ces deux politiciens atteints d’un syndrome aigue de persécution sont persuadés qu’un complot visant à les décrédibiliser – même à les éliminer (politiquement) – se trame dans les couloirs de « La Sentinelle » et, dans une moindre mesure, de certains autres groupes de presse du pays. Mais ni Ramgoolam, encore moins Jugnauth n’ont semblé comprendre qu’il est du devoir de la presse de questionner, de mettre en lumière l’action des politiques. Afin de donner aux lecteurs toutes les clés pour comprendre l’actualité.

pravin-decrypt

Un Premier ministre souhaite une majorité de trois-quarts aux prochaines élections. Ce seuil fatidique permet de modifier la Constitution. Et les droits fondamentaux : vote, liberté d’expression, protection de la propriété et de la vie privée. N’est-il donc pas sain qu’on questionne le pouvoir quand il souhaite disposer d’une configuration qui pourrait lui permettre de modifier ces pans essentiels de la République ? Nous notons d’ailleurs que les dirigeants du PTr ont encore une fois choisi de rester vague hier, sur l’utilisation que Ramgoolam compterait faire de cette majorité.

Pravind Jugnauth reste également fidèle à son entêtement à croire qu’il fait l’objet d’une campagne de déstabilisation. Quand encore une fois, ce sont ses propres incohérences qui sont mises à l’indexe. Ramgoolam a répété à maintes reprises qu’il s’attend à une « opposition loyale » du MSM. Dont il a activement aidé le leader, Pravind Jugnauth, à remporter l’élection partielle de Moka-Quartier-Militaire au début du mois. Or, le lecteur n’est-il pas intéressé à savoir que le « loyal » Jugnauth n’a nullement interdit à ses lieutenants de maintenir des contacts avec le MMM en vue d’une alliance ? Bien évidemment cela intéresse le lecteur et l’électeur.

Pravind Jugnauth n’étant pas en mesure de nier avec conviction et en démocrate cette information, se réfugie dans une posture à la Mugabe. Décrète que « l’express » doit être banni. C’est à se demander si une alliance PTr-MSM, à la tête d’une majorité de trois-quarts au Parlement ne planifiera pas l’amendement de la Constitution pour brider la presse et la liberté d’expression si elle venait au pouvoir !

Elle serait bien mal inspirée. Les sondages régulièrement et de manière constante démontrent la crédibilité de la presse au yeux de la population. En août 2008, 93 % des personnes interrogées par la Sofres disaient apprécier le rôle joué par la presse à Maurice. Sur « lexpress.mu », 7 personnes sur 10 condamnent les attaques des politiques contre la presse. Ils sont près de 550 à avoir exprimé leur opinion !

Au lieu de croire que la presse n’est qu’un axe du mal, Ramgoolam et Jugnauth gagneraient à comprendre qu’en fait, ils ont affaire à l’axe de la démocratie.

D’autres commentaires sur cet éditorial


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