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Voiture verte : ça pousse toujours !

Certains d’entre vous se souviennent peut-être de cette voiture « verte » dont j’avais parlé en mars. Il se trouve que vendredi dernier, j’ai refait un tour au Lux Shed des services des Douanes, à Mer Rouge. Et j’ai pu constater que la voiture verte se porte très bien. On pourrait même dire qu’en dessous, ça pousse toujours !

Photos prises vendredi dernier :

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Une étrange voiture « verte »

Vous me direz que ce n’est qu’une vulgaire voiture, plutôt mal entretenue. Que la photo n’a donc rien d’extraordinaire.

Mais en y regardant de plus près, on remarque que quelque chose « pousse » en dessous du véhicule.

Alors comment se fait-il qu’une voiture, finisse par devenir une sorte de jardinière?

En fait, ces images ont été prises au Lux Shed de la douane à Mer Rouge hier. Ces jours-ci on y vend des lots de voitures, moteurs et pièces détachées. Régulièrement, tous les 3 ou 6 mois, la douane propose ainsi aux particuliers et entreprises de soumettre des offres d’achat pour des objets saisis ou abandonnés à la douane. Et croyez moi, il y en a. Assez pour remplir des entrepôts entiers!

Hier, on vendait donc, entre autres,  « one lot of used motor vehicules as scrap metal, »** dont voici quelques clichés. Dans le lot, des taxis mais aussi des luxueuses berlines allemandes et des 4×4 japonaises haut de gamme venues de Singapour, du Japon ou d’ailleurs. Elles croupissent là, pour certaines depuis quelques mois, pour d’autres, depuis des années.

** un lot de véhicules usagés à mettre à la casse


Le virage vert

Qui a dit : « Maurice Ile Durable (MID) is a national endeavour that requires tremendous collective efforts. » Le Premier ministre? Non. C’est le ministre des finances, dans son discours du budget 2008-2009. Personne ne niera que la priorité du moment est de combattre les effets de la crise économique internationale sur Maurice. Toutefois, nous ferions fausse route si nous croyons qu’il suffit de s’attaquer à ce problème ponctuel. Sans continuer à fournir d’importants efforts humains – et surtout financiers – autour du développement durable. Ne nous y trompons pas, c’est cet objectif qui importe sur le long terme.

Si l’effort humain se met péniblement en place autour du développement durable, l’effort financier, lui, a déjà été consenti. Du moins sur papier. Le « MID Fund » dispose d’un fonds colossal : Rs 1,3 milliard que l’on dépense qu’avec parcimonie jusqu’ici. Ce fonds sert déjà à subventionner l’achat de chauffe-eau solaires. Il va désormais falloir instaurer de nouvelles subventions à d’autres technologies vertes. Mais aussi – Rama Sithanen n’aime pas entendre cela – desserrer l’étau fiscal sur certaines d’entre elles.

Cette semaine, la « Toyota Prius » a été lancée en grande pompe à Maurice. La première voiture hybride commercialisée à grande échelle au monde dispose déjà d’un traitement fiscal de faveur. Depuis juillet 2008, toute voiture hybride importée bénéficie d’une réduction de 50 % sur les droits de douane, la « road tax » et l’enregistrement. Malgré ce traitement de faveur, une « Prius » est vendue à Rs 1,7 million. Pour ce prix, un amateur de luxe peut se payer une prestigieuse berline allemande. Il faut lutter sur différents tableaux pour populariser les voitures vertes à Maurice.

Le premier levier disponible est fiscal. Il peut aider à réduire davantage le prix des voitures vertes. Des mesures incitatives doivent ensuite prendre le relais en permettant à un acheteur de voiture d’avoir de bonnes raisons de se tourner vers les moins polluantes. Enfin, l’Etat doit lui-même donner l’exemple en faisant rentrer la voiture verte dans les mœurs et les flottes de nos administrations.

Revenons donc sur les hybrides. Nous pensons qu’il serait judicieux de pousser la logique jusqu’au bout afin de rendre une voiture hybride ou électrique entièrement duty-free à l’achat. Ainsi, une « Prius » coûterait environ Rs 375 000 moins cher. Pour être vendue à un prix toujours assez prohibitif de Rs 1,375 million. Ce qui est à quelques dizaines de milliers de roupies près, le prix d’une grosse « Honda Civic ». Cette mesure inciterait peut-être le concessionnaire local de cette marque et d’autres à importer des « clean cars ».

aston-verte1

Un deuxième palier pourrait également être franchi en s’inspirant du système bonus/malus écologique à la française. Ou de la vision du gouvernement britannique de promouvoir le « ultra low carbon transport ». En effet, ces deux systèmes incitatifs permettent aux acheteurs de véhicules verts de recevoir une aide gouvernementale pour l’achat des achats verts.

Bien évidemment, nous n’allons pas pouvoir offrir, comme en Grande Bretagne, jusqu’à £ 5 000 (Rs 250 000) à chaque acquéreur d’une voiture verte. Mais nous pouvons imaginer un système de remise sur la TVA. Qui fonctionnerait selon trois bandes Allant de 10 %, 5 % à 0 % dépendant du type de véhicule et sa propension à polluer. Il ne fait aucun doute que ce cadre incitatif pourrait encourager certains acheteurs à privilégier des voitures moins polluantes. Surtout si cela leur permet d’économiser plusieurs dizaines de milliers de roupies.

Mais l’exemple doit venir d’en haut en matière d’écologie. Aussi nous pensons que le gouvernement pourrait être davantage proactif. On peut penser établir la règle selon laquelle tout fonctionnaire qui fait valoir ses droits à une voiture « duty-free » devra obligatoirement fait son choix dans une liste verte de véhicules peu polluants ou à basse consommation de carburants. Si jamais ce fonctionnaire décide qu’il lui faut absolument la grosse berline allemande, il devra payer une partie des droits de douane sur sa voiture.

En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait encouragé ses amis du show-biz à rouler en voiture hybride pour populariser la technologie. Peu de temps après, la vente de voitures vertes avait effectivement décollé dans cet Etat américain. Ce type d’acquisition avait été jugé très « in » et prestigieux.

A Maurice, nous pensons à un ambassadeur de marque qui a déjà popularisé celle d’« Aston Martin » dans le pays. Et si vous, monsieur le Premier ministre, deveniez le premier acquéreur d’une voiture électrique de marque à Maurice ? Et si certains de vos ministres ou députés, en quittant leurs fonctions dans un an, s’achetaient des hybrides plutôt qu’une « Mercedes » ou une « BMW » ? Ce serait un très bel exemple, n’est-ce pas ? A coup sûr un moment marquant qui aiderait le pays à prendre son virage vert.


Conduite écologique

C’est incontestable, la bonne nouvelle de la rentrée 2007 est bien la baisse du prix des carburants. Une économie hebdomadaire de Rs 400 sur sa facture d’essence ou de Rs 200 sur celle du diesel est une bouffée d’air que personne ne boude. Particuliers et patrons d’entreprises ont effectivement jubilé en apprenant mercredi que les prix de l’essence et du diesel reculent respectivement de 20 % et 12 %. Il ne faut pas bouder son plaisir en cette année de quatrième choc synonyme d’inflation élevée. Car les annonces de baisses ne seront pas si nombreuses que cela. Profitons-en !

Mais il faut toutefois éviter de se féliciter béatement des économies ponctuelles que nous réalisons aujourd’hui pour réfléchir aussi au long terme. En évitant de trop s’attarder sur la bonne campagne de communication de la « Mauritius Broadcasting Corporation » autour du thème « Guette couma gouvernment content ou ! Li fine baiss prix lessence ! » Pour plutôt réfléchir à l’épineuse question du parc automobile du pays. Et à sa phénoménale capacité de pollution.

Certes nos routes ont été largement purgées des usines à fabriquer de la fumée qu’étaient les vieux Datsun, Morris Minor et autres Ambassador. Mais Maurice est encore loin d’avoir une conscience écologique quand il s’agit de protéger l’environnement en utilisant des véhicules verts à faible taux d’émission de gaz polluants comme le CO2.

Pour l’heure les Mauriciens n’adoptent les technologies vertes que parce qu’elles coûtent moins cher. C’est le cas de l’autogas. En effet les 5 000 propriétaires de véhicules qui roulent au gaz propane liquéfié (GPL), le font avant tout parce que cela leur coûte moins cher que l’essence ou le diesel. Et quand on sait que les 315 000 autres véhicules du pays tournent aux carburants polluants, on se dit que Maurice est encore loin de compter parmi les nations avec une vraie conscience écologique !

Ce n’est pas ainsi que Maurice participera, même de manière minime, à contrôler l’effet de serre et la propagation des gaz qui y contribuent. En se tournant vers d’autres horizons, on se rend toutefois compte que c’est le politique et les autorités publiques qui sont les plus à même à inciter un changement de comportement et le recours aux technologies vertes.

En France, c’est en partie grâce à l’insistance des politiques que les flottes de bus des grandes villes du pays carburent au GPL. Aux États-Unis, plus particulièrement en Californie, une des patries de prédilection des grosses cylindrées hyper-polluantes, c’est Arnold Schwarzenegger qui a changé la donne. Le gouverneur californien a, en effet, incité ses citoyens à utiliser des véhicules verts. Avec primes et incitations fiscales à la clé. Mais aussi à l’aide d’une sensibilisation à la question de l’écologie.

Pendant ce temps, à Maurice, on annonce la vente d’un mélange éthanol-essence pour cette année. Un pas dans la bonne direction. Mais qui demeure largement insuffisant. Rama Sithanen, le ministre des Finances, n’aime pas trop qu’on aborde ce sujet. Mais il faut se demander s’il n’est pas utile d’inciter fiscalement les Mauriciens à adopter des véhicules verts, à moteur hybride notamment. En accordant à ce type de voitures un traitement « duty-free ».

En effet, pour l’heure, le prix des voitures hybrides comme la Toyota Prius ou une Hyundai Elantra modifiée flirterait avec les Rs 1,5 million si on les importait. On comprend donc que dans un premier temps, il deviendrait intéressant d’inciter ceux qui peuvent en avoir les moyens, à s’acheter ce type de voiture en les rendant plus accessibles en « duty-free ». Ensuite, c’est un peu un pendant de la chose, de pénaliser, comme cela se fait ailleurs les propriétaires de grosses 4×4 et 2×4 polluantes en les taxant plus. Et en n’étendant le régime « duty-free » qu’aux seuls agriculteurs qui en ont une vraie utilité.

Ici, il n’est plus question de perdre ou de récupérer des revenus fiscaux. Il s’agit plutôt de sensibiliser et de faire adopter au pays entier une conduite écologique. Qui ne pourrait qu’être bénéfique aux générations futures, qu’elles vivent dans notre île ou ailleurs. Vivement que 2007 devienne l’année d’une prise de conscience écologique !

publié le 7 janvier 2007


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