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The good, the bad and the ugly

Ce n’est pas une histoire de cowboys à la recherche d’un magot enterré dans un cimetière. Mais plutôt celle d’une population incrédule devant un mauvais feuilleton politique. Toutefois, au-delà de ce spectacle « ugly », l’actualité de la semaine recèle également quelques faits « good » et d’autres « bad ».

Le « good » en cette fin de semaine est à chercher du côté du Board of Investment (BOI). Ce n’est bien évidemment pas le départ de Prakash Maunthrooa qui est un motif de satisfaction. En effet, celui-ci devait d’abord son poste de directeur à son allégeance à son patron, Pravind Jugnauth. Tant mieux donc si Maunthrooa a eu la décence de démissionner avant qu’on ne lui montre la porte.

On aurait pu penser que le nouveau ministre des Finances allait prestement remplacer Maunthrooa par l’un de ses affidés. Or, Xavier Duval ne l’a pas fait. C’est donc le jeune Ken Poonoosamy, un Senior Manager du BOI, qui assure désormais l’intérim à la direction de l’organisme. Cette nomination vaut la peine d’être saluée.

Le directeur par intérim du BOI n’a que 38 ans. Il a déjà eu une riche carrière chez les consultants de Kemp Chatteris Deloitte et au Mauritius Freeport avant de poser ses valises au BOI, il y a six ans. Des Ken Poonoosamy, toutefois, il en existe des dizaines. Mais leur horizon est bouché quand ils travaillent dans des corps parapublics où ils pâtissent sous un plafond de verre qui rend le « top job » inaccessible. Celui-ci étant invariablement occupé par une personne parachutée à ce poste grâce à ses accointances avec le régime en place. Vivement donc que Ken Poonoosamy ouvre la voie à d’autres jeunes et incarne la méritocratie au sein de nos institutions.

Si au BOI, on fait du neuf avec du neuf, à la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), on fait du vieux avec du vieux. Robert Desvaux retrouve en effet l’organisme qu’il avait abandonné pour suivre Xavier Duval à l’Intégration sociale. Cette fois-ci, pour prêter main forte à Michael Sik Yuen. Le nouveau président de la MTPA ramène l’arme (marketing) fatale dans ses valises. Le fameux slogan « Mauritius : c’est un plaisir ».

Gare à celui qui osera se moquer de cette signature dont l’élaboration a coûté Rs 44 millions aux contribuables du pays. Qui n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir en lui donnant l’étiquette « bad » dès son lancement en octobre 2009. À la MTPA, on affiche la confiance par rapport au slogan ressuscité. Il va permettre de donner une image cohérente et unifiée de la destination Maurice auprès de tous nos marchés, dit-on.

Les visiteurs du salon Top Resa – la grand-messe du tourisme en France – n’auront d’ailleurs qu’à bien se tenir fi n septembre. La MTPA leur réserve une révolution sémantique de taille. Pour le marché français, on pourra désormais dire « Maurice, c’est un plaisir ». Avec ça, c’est sûr, les arrivées touristiques connaîtront un bond fi n 2011. Si cela n’arrive pas, la MTPA apprendra peut-être une leçon utile… un mauvais slogan reste « bad ». Peu importe le nombre de fois où l’on cherche à le ressusciter.

Et les citoyens dans tout ça ? Ont-ils seulement appris leur leçon ? À bien y voir, il y a de forts risques de voir le « peuple admirable » mauricien frappé d’un épisode d’amnésie collective vers 2015, année des prochaines échéances électorales. Toutefois, dans l’immédiat, c’est un profond sentiment de dégoût qui les anime face à la pièce « ugly » que jouent les acteurs principaux de la politique locale. L’un prétend qu’il est parfaitement « à l’aise » avec la personne qui l’a traité de « souser » et d’ivrogne – alias « Johnnie » – récemment. L’autre affirme que les 14 mois passés dans un gouvernement « où on ne prend pas de décision » ont été un calvaire. Alors qu’il y a deux mois, il parlait encore d’« ambiance formidable » et du « leadership éclairé » de celui qui dirige toujours le gouvernement. Enfin, un troisième pense qu’un parti n’est que « bagasse » quand, après un savant calcul politique, ce même clairvoyant avait trouvé que le « parti bagasse » en question valait 18 investitures sur 60 lors des élections de 2010.

Personne n’est dupe. Pourtant, comme les fois précédentes, il semble fort probable que les Mauriciens finiront par passer l’éponge sur les turpitudes de la classe politique. Cette attitude-là, cette légèreté-là aussi, est « ugly » !

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Best of du Parti Malin

Je ne sais pas pour vous, mais les deux dernières prestations télévisées du Parti Malin m’ont un peu déçu. Le niveau a en effet un peu baissé. Du coup, je me suis amusé à faire mon propre best of des bons mots précédents de M. Aubeeluck. Toutefois, espérons que sa dernière intervention, prévue pour ce soir, sera meilleure. En attendant voici mes morceaux favoris. Bien entendu, il vous suffit d’aller sur youtube pour y trouver toutes les vidéos du Parti Malin.

ps: oui comme beaucoup d’autres, je suis un fan du Parti Malin!

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

… au lieu gratt ou lizie gramatin, zot pé gratte carte lafaya ! Kan fini al grat couma « pool » lor form Vernon. Pas fini, zot al mett cass dans champ de marste et kan zot desole, zot anvi voyaz dans ene ferarri, zot al zoue loto ! Et pas fini, ou tann dir al zoue billet vert ek apres tout sa la al zoue football

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

…ki tou bann vie dimoune ki pa trouve bizin donn zot ene pair linett en cado

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

…pou sekirite bann sofer taxi, bizin gagn arme a feu dan zot travay et kan zot fini, zot bizin retourn zot arme a feu dan station police concerne

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

…vot ene nouvo parti politik ki capav compran ou douler ou souffrance, ou noirte et ce ki compran ou vant ! Fer confiance au leader Parti Malin. Merci pour toute la cooperation !

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

… tout bann zom fam ki travay eboureur, d’autres mots, scanvenging, ramasser salete lors sime bizin gagn Rs 25 000 par mois. (…) Tout bann fam kine mett zenfan au monde dans lopital, kine gagn twins…

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

… tout bann madam kine donn zot la souer dans lizin, et kine donne valer l’ile moriste. Parti malin pe dir bizin donn zot ene lassirans medical dan clinique

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

… so lakaz fine pran dife. Eh lepep pran kont ! Ki bann depité no 17, tout ministe, premier ministe, commissaire de poliste, pran kont parti malin so lakaz ti pran difé !!!

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

… ine ariv l’her pou fer ene grand sanzman dans l’ile Moriste

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

…ki sann la ti amene ou ici ? Et ki ti zett dans dilo pou attan ou rant dans bato ? C’est ene sel symbol, symbol parti sacré. C’est symbol l’ancre bato. Symbol parti malin !!!

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

… monpère, maulana, pandit, aya, bizin gagn 100% duty free et tout traitement pareil

Parti Malin pe diiiiiiiirrrrrrrr…

…tout bann dimounn ki ena lakaz en tol, zot pou bizin gagn block, rocksand et macadam la moitie plis l’argent dale cado !


Tariq Ramadan On Record

Voici une version quasi-complète de l’émission d’aujourd’hui. Tariq Ramadan était l’invité d’On Record. Politique, religion et sujets qui fâchent ont été abordés…


Ramadan extrait 1

Ramadan extrait 2

Ramadan extrait 3


Rama Valayden On Record

Je ne suis pas très présent sur le blog ces derniers temps. Quelques projets personnels accaparent l’essentiel de mon temps…Mais me voici !
Vous pouvez écoutez quelques extraits de l’émission « On Record » d’hier sur Radio One. L’invité était Rama Valayden, le ministre de la Justice.

Rama Valayden 1

Rama Valayden 2


« On record » 2 avec Jayen Cuttaree

C’est Jayen Cuttaree, le leader adjoint du MMM, qui était l’invité de la 2e édition de « On Record. » Je vous propose trois extraits de l’interview. Vous remarquerez que je n’utilise plus youtube. En effet, j’ai trouvé un nouveau site qui permet de partager plus facilement les fichiers audio.

Et petit clin d’oeil à cette grande dame de la radio qui m’a appelé après l’émission d’aujourd’hui pour me dire quelques mots très gentils. Cela m’a touché! Merci encore si tu passes par là…

Cuttaree 1e partie

Cuttaree 2e partie

Cuttaree 3e partie

ps: malheureusement, mon nombre de « euh par minute » n’a pas diminué pour cette émission. Mais je continue à y travailler…


Extraits de Controverse de Radio One

Voici quasiment l’intégralité de l’émission Controverse de Radio One à laquelle j’avais participé mardi dernier. Quelques propos un peu durs ont fait réagir assez vivement un des dirigeants de la Voice of Hindu. Comme d’habitude, certaines de ses diatribes peuvent sans ambages être qualifiées de « menaces. »

Les deux derniers extraits sont principalement consacrés aux réactions des auditeurs. On peut écouter la « sortie » du dirigeant du VOH dans le dernier clip.

Pour terminer, mes excuses pour les plages de pub que je n’ai pas su couper ça et là. Elle durent le plus souvent 3 à 4 minutes. Alors ne vous privez pas d’avancer le curseur…


Blagues de Noël

Nous vous l’annonçons en exclusivité ! Paul Bérenger compte bientôt mettre fin à sa carrière politique pour se reconvertir dans la comédie, plus particulièrement dans le « stand-up ». Cette discipline, qui consiste, pour un comédien, à se tenir debout sur scène et d’enchaîner blagues et histoires à dormir debout. Ce show promet de connaître un bel avenir dans le pays. En effet, il y a fort à parier que le spectacle se jouera à guichet fermé pendant des semaines au Théâtre de Port-Louis quand Bérenger s’y produira.

Histoire de bâtir sa notoriété comme comique, il lance d’ailleurs prochainement un recueil : « Mes bons mots ». Délaissant les habits d’historien qu’il avait revêtus le temps de quelques conférences sur Maurice, son histoire et ses îles éparses, Bérenger remet son nez rouge. Dans un style décapant, le futur ex-leader du MMM y relate comment et pourquoi il a sorti quelques vannes qui resteront dans les annales de la politique à Maurice.

Vous y découvrirez les classiques « batchiara », « bouffon », « sizé do couyon », « intellectuellement limité », « pagla mamou », « razoir », « pac-pac », « to figir couma potsam », mais aussi « rode ene mari pou li do ! ». Chaque bon mot est détaillé. Bérenger explique le contexte, la portée comique de la phrase et justifie son utilisation. Tout cela pour le plus grand plaisir de ses lecteurs !

Professionnel et soucieux de plaire et d’en donner davantage à son public en manque, le leader mauve s’est même remis à écrire depuis deux semaines. Histoire qu’on ne dise pas de lui qu’il est un comédien émoussé qui puise sa gloire d’anciennes vannes datant de quelques mois, voire parfois de quelques décennies. Quand le look loubard en blouson de cuir noir était de rigueur.
perenoel
C’est donc avec délectation que Bérenger a laissé vagabonder son imagination fertile pour pondre deux petits chefs-d’œuvre en deux semaines. Le très réussi et médiatisé : « to seve kouma lake sat » et le dernier-né :« ti frer ti lespri ». Dont on apprend d’ailleurs qu’il fera une reprise « séga » en compagnie de quelques « soldats lalit militant ravanniers » des années 70. Un pur moment de « séga » typique en perspective !

Mais revenons à notre information essentielle : Paul Bérenger quitte la scène politique pour se consacrer au « stand up ». Et comme tout comédien qui se respecte, ce dernier a voulu roder son spectacle. C’est ce qu’il a fait, en live, lors d’une émission de radio ce jeudi. Pendant plus de deux heures on a eu droit à du grand Paulo, une interprétation tout en nuance, mais d’une drôlerie folle de « to seve kouma lake sat ». Durant laquelle il a même improvisé pour nous apprendre que son personnage « lake sat » a hérité de ce surnom hilarant à cause d’une opération d’implants capillaires ratée aux USA. Décapant.

Et que dire de ce bijou d’inventivité et de finesse que ce sketch, inédit, « ti frere ti lespri » qui raconte l’histoire d’un personnage avec qui Bérenger partage à un moment une grande complicité et une relation de confiance totale. Lui faisant même dire que ce dernier est un « hardworker » comme lui. Mais à la suite d’événements les uns plus rocambolesques et absurdes que les autres (à mettre bien évidemment sur le côté « ti lespri » du petit frère) Paulo finit par le surnommer « ti frer ti lespri ». Qu’est-ce que c’est bien trouvé !

Nous ne savons pas si c’est le cas pour vous, mais tous ces teasers successifs nous ont mis l’eau à la bouche. Comme c’est Noël, nous allons demander au père Noël de nous livrer un exemplaire du recueil de Bérenger comme cadeau. Ensuite, dès que Paulo montera sur scène, c’est avec empressement que nous nous achèterons un billet pour aller voir ce grand comique. C’est drôle, on en oublierait qu’il a aussi, paraît-il, été un grand politique…


La nouvelle generation

Le MSM veut regarder vers l’avenir. Aujourd’hui, lors du congrès anniversaire des 25 ans du parti, on évitera de regarder dans les rétroviseurs. Pour s’intéresser plutôt à la « deuxième génération MSM ». Le positionnement est intéressant.De tous les partis politiques du pays, le MSM est quelque part le seul à vraiment pouvoir prétendre avoir une équipe jeune. En face, les bureaux politiques du Parti travailliste (PTr) ou du MMM ressemblent à des clubs d’anciens combattants. Composés d’éléphants « trop vus » et « trop entendus » dans le passé. Et qui se sont encrassés durant les décennies passées à être « députés professionnels ».

Au MSM, le départ en 2003, du fondateur et père spirituel sir Anerood Jugnauth a entraîné celui d’autres éléphants. Sans fracas. De sorte qu’aujourd’hui le parti ne compte que quelques-uns de la vieille garde, qui remplissent davantage les fonctions de conseillers que de décideurs actifs.

Le propre d’une nouvelle génération est de pouvoir ? si elle est inspirée ? proposer des idées neuves. Cette inspiration, elle vient d’abord d’un chef. Pravind Jugnauth a sans doute encore du chemin à parcourir. Mais le leader du MSM semble s’aguerrir au fil des années. Il s’améliore dans la gestion de ses relations avec ses deux alliés potentiels – MMM et PTr. Même si ce n’est pas sa principale qualité, Pravind Jugnauth sait également faire preuve d’humilité. Notamment en précisant récemment que sa position pro-peine de mort n’engage que lui et non son parti. On est bien loin d’un Paul Bérenger dont le slogan implicite est « le MMM, c’est moi ! »

Un leader qui gagne en maturité et une équipe dirigeante composée de cadres issus de divers secteurs sont les atouts de surface qui peuvent peut-être attirer certains nouveaux militants au MSM. Mais un magasin aura beau avoir une belle vitrine, si son arrière-boutique n’est pas garnie d’un stock suffisant, il ne peut satisfaire une grande clientèle. Le stock du MSM, c’est son programme…

A ce sujet, le positionnement de ce parti semble confus. Surtout par rapport à l’économie. L’idée du « Duty Free Island » émise par Pravind Jugnauth, alors qu’il était ministre des Finances en 2004, est certes bonne. Toutefois, faire disparaître tous les impôts et toutes les taxes du pays n’est pas une solution miracle. Certainement pas à un moment où l’inflation domestique grimpe à deux chiffres et les économies de nos principaux marchés sont au bord de la récession.

Pravind Jugnauth critique vigoureusement la réforme économique en place. Alors que dans sa philosophie, celle-ci n’est pas si éloignée de ce que SAJ, Bérenger ou Lutmeenaraidoo – et même dans une certaine mesure lui-même – ont prôné dans leur temps. Du coup, le leader du MSM inquiète presque en critiquant à tout va et en maniant des slogans creux. Sans proposer de politique alternative dont les coûts et bénéfices sont chiffrés.

C’est pourquoi l’on écoutera attentivement le « mini-programme » qui sera présenté demain. Pour comprendre comment le parti compte relever les défis économiques et sociaux du pays. Certes, l’électeur moyen n’accorde que peu d’importance aux programmes des partis politiques. Mais on peut quand même penser que plus celui de Pravind Jugnauth sera innovant et ambitieux, plus il sera susceptible de lui attirer de nouveaux partisans.

Admettons un temps que les grands principes de sa politique sociale et économique suscitent l’adhésion populaire. Et que le MSM se retrouve avec une masse de partisans représentant 15 % ou 20 % de l’électorat national. What next ?

Que fera Pravind Jugnauth de cette adhésion ? La monnayer dans le cadre d’une alliance avec le MMM ou le PTr ? Pour obtenir un fauteuil de « Deputy Prime Minister » ? Ou 10 tickets de plus dans le cadre d’un partage plus avantageux des candidats aux prochaines élections générales ? Cette attitude reviendrait à retomber dans les travers du « pouvoirisme ».

Pravind Jugnauth a le choix. Il peut décider de changer les règles du jeu. Ou se complaire à laisser la deuxième génération du MSM agir comme la première ! Fort de sa position de « joker », il peut placer l’intérêt de la nation en haut de son agenda. En reléguant notamment ses aspirations au poste de Premier ministre au second plan. Comment ?

Vendredi, lors d’une émission sur Radio One traitant de la visite du Premier ministre à Singapour, l’éditorialiste Jean-Claude de l’Estrac a proposé l’idée d’une démocratie refondée, inspirée du modèle singapourien. Dans lequel, c’est « un gouvernement de salut public » constitué des meilleures compétences du MSM, MMM et PTr qui dirigerait le pays. Ce qui aurait pour effet de faire cesser les éternels jeux d’alliances entre deux partis. Afin d’exclure le troisième et ainsi accéder au pouvoir. Souvent au prix d’un renforcement des lobbys sectaire et du communautarisme.

Paul Bérenger a pour l’heure décrété qu’il n’est pas question qu’il participe à un tel gouvernement. Mais il n’est pas exclu qu’il pense autrement si Navin Ramgoolam consent à sacrifier quelques membres de son entourage… Le « joker politique » du moment pourrait peut-être l’amener à changer d’avis encore plus rapidement. Pravind Jugnauth peut envoyer un signal fort. En décidant de servir de pont pour un rapprochement MSM-MMM-PTr dans le cadre du système de gouvernement évoqué. L’argumentation est toute trouvée…

Même si tous les partis peuvent prétendre séparément avoir les équipes susceptibles de bien diriger le pays, on est obligé d’admettre qu’une « Dream Team » composée des meilleurs éléments des divers partis politiques aurait davantage de chances de réussir. L’unité a ses avantages. Comme celui de pouvoir minimiser, sinon annuler, l’influence de tous les empêcheurs de gouverner et de réformer en rond. Pourvu que l’autorité du pouvoir en place soit contrebalancée par un judiciaire et une presse libre de toute entrave. Ainsi qu’un syndicalisme éclairé.

Pour défendre ce projet, il faut résolument regarder l’avenir. Et accepter de dépasser ses propres ambitions de pouvoir pour ne penser qu’à l’intérêt de la nation. Pravind Jugnauth et sa nouvelle génération peuvent-ils penser ainsi ?

publié le 19 octobre 2008


Le parti des frustrés

Un sondage est une photographie plus ou moins précise de l’humeur de la nation à un instant donné. Celui publié dans l’édition de cette semaine de « Business Magazine » est riche en enseignements. Pour bien analyser ce sondage et sa portée, on doit abord relever la période durant laquelle les Mauriciens ont été interrogés pour celui-ci – du 14 au 24 août. Soit à un moment où deux faits politiques majeurs ne s’étaient pas encore produits : la reconduction de sir Anerood Jugnauth (SAJ) au Réduit et le profond remaniement ministériel initié par le Premier ministre.

C’est dire que les commentaires enflammés à la MBC annonçant Navin Ramgoolam comme Premier ministre préféré des Mauriciens ne valent pas grand-chose. Tout comme il serait hasardeux de croire qu’opposée à un nouveau regroupement MSM-MMM, l’Alliance sociale part forcément perdante. Au lieu de s’intéresser à ces indicateurs qui ne veulent finalement rien dire, intéressons-nous à d’autres éléments de ce sondage.

Passons rapidement sur le fait qu’un Mauricien sur trois ne se sent proche d’aucun parti politique. Et que 12-13 % des personnes interrogées ne veulent d’aucune des alliances qu’on leur propose, en allant même jusqu’à vouloir s’abstenir lors des prochaines élections. L’électeur mauricien est un « décide-tard ». Alors, à un an minimum des prochaines échéances, inutile de tirer des plans sur la comète…

D’autres chiffres sont révélateurs. Ils indiquent le gros blues des actifs dans la tranche d’âge de 25 à 44 ans. Deux sur trois d’entre eux jugent négativement le bilan du gouvernement. Ils sont aussi nombreux à n’être pas satisfaits de la situation économique.

Le moral de cette catégorie de la population est pourtant crucial pour le pays. A le voir ainsi en berne, on est bien obligé de constater que c’est sans doute une partie du dynamisme national qui n’arrive pas ou ne veut pas s’exprimer…

La tranche d’âge dont nous parlons inclut ces jeunes actifs qui commencent à peine à travailler et qui envisagent souvent de lourdes décisions d’avenir : investir dans une maison, un mariage, avoir des enfants.

Ou alors cette autre sous-catégorie regroupant des parents qui projettent ici de financer les études supérieures de leurs enfants, là de changer de voiture, ou encore de quitter un job pour évoluer dans un autre secteur.

Gouvernement et opposition ont chacun intérêt à capter les griefs de cette population et à leur proposer un véritable plan de sortie de blues. Pour le gouvernement, il s’agit sans doute de répondre encore une fois au lancinant défi de « l’inclusive growth ». C’est-à-dire faire profiter de cette croissance, qu’on dit de retour, aux classes moyennes et ouvrières qui pensent toutes deux que le boom bénéficie avant tout jusqu’ici à ceux qui n’étaient pas déjà dans le besoin avant. Pour l’opposition, il s’agit de contre-proposer. De dire comment elle compte maintenir la croissance actuelle avec d’autres méthodes. Tout en offrant des perspectives nouvelles à cette catégorie de Mauriciens qui doute profondément.

Un blues passager, ça finit par partir. Mais ce sondage semble démontrer une autre réalité plus inquiétante : une dangereuse polarisation de l’électorat. C’est plus que clair, les personnes interrogées appartenant à la population générale semblent honnir le pouvoir en place. En effet, deux personnes sur trois faisant partie de ce groupe jugent sévèrement la performance gouvernementale. Trois sur quatre disent leur mécontentement au sujet de l’économie. Et alors même que la performance de Navin Ramgoolam réussit à satisfaire la majorité des autres communautés, les sondés de la population générale estiment six fois sur dix, être déçus de la performance de ce dernier.

Le Premier ministre a beau avoir parlé, hier, de mauricianisme, il est sans doute grandement responsable de la frustration qui règne parmi une partie non négligeable de la population. Et nous pensons même que si le sondage avait été effectué après les deux événements politiques que nous citions au début, la défiance de la population générale envers le gouvernement, son chef ainsi que le parti qu’il dirige – aurait été encore plus forte. Il appartient à Ramgoolam de changer la donne. En infléchissant sa politique actuelle qui, même s’il dit le contraire, consiste avant tout à faire plaisir et à rassurer son électorat rural traditionnel.

Cette politique est dangereuse. Car elle conduit irrémédiablement une partie de la population à se sentir ostracisée et mise au banc du développement du pays. Si demain le PTr contracte une alliance électorale avec le MSM, le ressentiment sera encore plus fort. Car on aura l’impression que la bataille électorale se jouera d’une part entre les deux partis représentant la communauté majoritaire et un MMM, devenu un aimant à ressentiment pour tout ce que le pays compte de groupes exclus ou minoritaires.

Nous pensons que le père Grégoire et sa suite ont raison sur au moins une chose : si le pouvoir ignore la colère et la frustration qui grondent au sein de la population générale, il risque de le payer cher. Non pas électoralement, car une alliance PTr-MSM gagnerait sans doute. Mais socialement, car un pan entier de la population aura compris qu’elle n’est que quantité insignifiante, un « marche-pied » pour les détenteurs du pouvoir politique en place. C’est cette frustration-là qui a conduit aux pires tensions ethniques qu’a connues le pays à la fin des années 1960 et 1990.

Il appartient au gouvernement de désamorcer la frustration. Et à l’opposition de ne pas jouer avec le feu en attisant cette frustration dans le seul but d’engranger des points politiques. Aucune victoire électorale ne justifie qu’on détruise ainsi la cohésion au sein d’une nation qui peine à se constituer.

publié le 28 septembre 2008


La Loi est roi

Oui, c’est soit noir ou blanc. Les croyants ne se subdivisent qu’en deux catégories. Ceux qui pensent qu’ils sont d’abord hindous, musulmans ou catholiques, et ensuite Mauriciens. Et les autres, qui inversent les deux identités. De débat en débat, l’on se rend compte que les croyants Mauriciens ont la fâcheuse tendance à exiger que l’Etat et la politique gouvernementale se plient à leurs préceptes religieux. Cela doit cesser.

Il ne faut même pas aller chercher très loin dans le passé pour trouver des exemples d’interventionnisme intolérable. Cette semaine, lors du vote du « Time Bill » des organisations musulmanes et hindoues ont émis de sérieuses réserves sur l’adoption de l’heure d’été. Car selon eux, celle-ci entravera la pratique de leur religion. Encore une fois, on inverse l’ordre de priorité. Des millions d’hindous et de musulmans vivent en Angleterre, en France ou aux Etats-Unis. Tous ces pays appliquent l’heure d’été sans que les hindous ou musulmans sur leurs territoires se sentent bridés dans la pratique de leur foi.

On est tenté de paraphraser Thomas Paine en rappelant que puisque ce n’est ni un monarque ni une religion qui dicte les règles de notre Etat, dans un gouvernement libre comme Maurice « la loi doit être le Roi ». Abu Kasenally, le ministre des Services publics, semble avoir fait sien cet adage lors de la dernière session du Parlement. En restant campé dans son rôle de « policy maker ».

Et en ne s’abaissant pas, comme d’autres avant lui, à s’enorgueillir qu’avant d’être ministre il est de telle ou telle confession religieuse.

Les récriminations autour du « Time Bill » ne doivent pas toutefois nous faire oublier que d’autres projets de loi ou avancées légales demeurent bloqués à cause de religieux pudibonds qui prétendent empêcher Maurice de sombrer dans « l’immoralité ». Il y a quelques semaines, le ministre de la Santé, Satish Faugoo, a eu le malheur de déclarer dans la presse qu’il était favorable à ce qu’un débat national soit organisé autour d’une éventuelle loi sur l’avortement. Cela a encore une fois fait sursauter les ultra-religieux de tout poil. À grands coups de citations bibliques et de phrases moralisantes, ils veulent encore une fois nier à la femme le droit de disposer de son corps. L’hypocrisie est totale. Car on fait mine de ne pas savoir ce qui se passe dans nos cliniques privées. Des femmes et parfois des adolescentes s’y font avorter en toute discrétion. En échange de quelques milliers de roupies. Officiellement, elles souffrent de problèmes gynécologiques qui nécessitent un « curetage ».

Mais est-il seulement concevable qu’on laisse les personnes qui en ont les moyens se faire avorter ? Alors que celles qui ne peuvent pas se le permettre sont contraintes d’avoir recours aux méthodes de grand-mère et aux officines de charlatans ? Parfois au péril de leur vie. C’est pourquoi il faut saluer les prises de position sans équivoque d’une députée comme Nita Deerpalsing sur la question. Et encourager Faugoo à lancer le débat national sur la question. Il ne s’agit plus d’être rétrograde en se demandant si Maurice doit se doter ou pas d’une loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Il faut commencer à se demander comment la mettre en place. Avec, certes, les garde-fous qui iront avec.

Pour terminer sur la série, l’on ne peut occulter le sort réservé au « Sexual Offences Bill ». Qui bien qu’étant un texte à peaufiner, n’en demeure pas moins une législation moderne visant aussi bien à durcir et adapter les peines liées aux délits sexuels. Qu’à rendre moins aveugle et pudibonde la loi existante en admettant que certaines pratiques sexuelles sont courantes, alors même que nos lois existantes les considèrent comme des délits. Cela nous rappelle la boutade d’un ministre sur la question. « C’est pas la loi ki pou vine dire mwa ki mwa ek mo fam gagne droit fer amba drap ! »

Encore une fois, ce sont des religieux qui se sont empressés de condamner une loi immorale et qui ont préféré ne retenir que la légalisation de la sodomie dans la loi. En feignant de ne pas voir que le même texte durcit les peines pour les délinquants sexuels. Tout en dépoussiérant les lois actuelles. Mais il n’y a rien à faire. Depuis plus d’un an, un « Select Committee » de l’Assemblée nationale peine à amener un consensus entre gouvernement et opposition sur ce projet de loi. À Maurice, c’est bien la religion qui est le Roi. Et vivement qu’on le détrône !

publié le 3 août 2008


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