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Notre dépendance à Internet

Début juin, j’étais tombé sur un article de The Atlantic, « Is Google making us stupid? » Le texte, fort intéressant, bien construit et assez exhaustif avait attiré peu de commentaires de mes amis quand je l’avais posté sur mon profil Facebook. Pourtant, il parlait d’un inquiétant phénomène : notre dépendance à Internet et la manière dont cela altère notre mode de penser, de fonctionner, d’agir. Voire…de vivre!

J’avoue que ce texte, aussi inquiétant soit-il, ne m’a pas fait changer mes habitudes. Pour être honnête, j’avoue également que je ne les changerai sans doute pas drastiquement. Toutefois, il y a eu un déclic. Une prise de conscience. Internet est un outil formidable. Mais son utilisation intempestive.

Le fait de rester connecté en permanence et pour rien. De verifier son mail ou poster sur facebook à partir de son téléphone portable juste avant de se mettre au lit le soir. Tout cela est symptomatique!

Au bureau, nous journalistes, sommes devenus ultra-dépendants de l’Internet. Certes, pour s’informer, effectuer des recherches et se documenter. Mais aussi pour se distraire, consommer, s’évader. Je me rends compte de notre ultra-dépendance à Internet à chaque fois que le réseau saute ou qu’un important problème technique survient chez Mauritius Telecom.
olivetti
Il suffit alors de voir la tête des journalistes. On dirait qu’ils (moi compris) ont perdu un bras ou une jambe. Qu’ils sont devenus infirmes. A chacune de ces occasions, nous nous amusons à poser la question: « Comment faisait-on avant, quand on n’avait pas de réseau, pas d’Internet, pas de sursaturation en infos? » Les plus jeunes, c’est mon cas, n’avons jamais appris à travailler sans ordi, sans Internet. Le journal au sein duquel j’avais débuté en 1996 avait une connexion internet, des ordinateurs…

Puisque les jeunes ne savent pas répondre à la question, je me tourne donc vers les anciens. Et stupeur, mes collègues plus âgés; ceux qui tapaient encore sur des machines Olivetti il y a 20 ans sont tout aussi perdus. Ils n’arrivent pas à expliquer clairement ce qui a changé. « L’AVANT » est devenu un vague souvenir. Ils se contentent alors de répondre: « avant, on faisait différemment.» Je dois également me satisfaire de cette description!

Cette semaine la rédaction web du journal Le Monde a tenté l’expérience du « Sans Internet.» Il en est ressorti quatre articles intéressants. Voici les liens

Un grand sabordage professionel

Internet m’a-t-il rendue plus bête?

Le spleen digital

Etre ou ne pas être cyberdépendante?

Bonne lecture!

ps: je ne suis pas du genre à inonder les boites mails de mes amis et connaissances d’emails pleins de bons sentiments sur l’amitié, le vrai sens des relations etc etc etc. Toutefois, je suis tombé sur un article du Times (Ten ancient Greek tips for coping with our high-tech world) qui mérite largement d’être partagé !

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Démarrage en trombe

Un petit clin d’oeil à mes voisins de pallier : l’équipe de www.lexpress.mu. Le démarrage du nouveau site d’actualités du groupe la Sentinelle s’est effectué sur les chapeaux de roue. Bon il y a eu quelques petits soucis, mais que serait un démarrage sans ses petits soucis techniques. Ceux-ci seront sans doute très vite réglés.

Bon vent les gars! Et vous pouvez déjà vous flatter d’avoir reçu un nombre hallucinant de visiteurs durant vos deux premiers jours. Alors, moi je dis…bravo !


La fracture existe

On n’entend plus beaucoup parler de démocratisation de l’économie. Pourtant, le concept était à la mode il y encore six mois. Mais peu importe si les travaux de la commission chargée de pondre un rapport sur le sujet s’éternisent. Parlons d’une autre démocratisation. Celle de l’Internet haut débit. Elle est toujours désespérément en panne dans le pays. Et nous ne faisons pas allusion ici, à celle dont Telecom Plus nous a gratifiée en cette fin de semaine !

Selon les prévisions des fournisseurs d’accès, la clientèle haut débit va doubler en 2006. Ce n’est pas vraiment une nouvelle dont on devrait se réjouir. Nous en demandons davantage. Même avec les 15 % à 20 % de baisse annoncée dans le prix de l’ADSL, un forfait mensuel à 128 kb restera au prix peu attractif d’environ Rs 900.

Les fournisseurs d’accès, Telecom Plus en tête, fanfaronnent trop vite en oubliant un élément de la conjoncture actuel. Le « mood » au sein des ménages est à l’austérité. Par des temps où les hausses en cascade grèvent les budgets familiaux, on cherche à consommer de manière identique, si possible, mais en dépensant moins. Ce n’est pas par hasard que l’enseigne de grande distribution « hard discount » Leader Price s’établit en ce moment dans le pays.

Tout le monde, y compris le ministre de la Technologie informatique, toujours en rodage, semble avoir compris que l’ADSL a besoin d’être proposé aux alentours de Rs 500 pour enfin pouvoir se démocratiser. C’est à ce prix que l’on pourra convertir une bonne partie des 60 000 abonnés qui choisissent, pour le moment,le bas débit.

Mais encore une fois, une fois de trop, la balle demeure dans le camp du gouvernement et de Mauritius Telecom (MT). L’opérateur historique joue toujours au récalcitrant… Sauf quand cela l’arrange d’agir autrement.

En 2003, MT lance son tarif rebalancing. La larme à l’œil, il explique que s’il doit baisser ses tarifs internationaux, il va aussi falloir qu’il se résigne à augmenter ses tarifs locaux. C’est ce qu’il fera. Mais moins de trois ans après,la logique semble avoir changé.

À la faveur d’une arithmétique à géométrie variable. MT a demandé et obtenu de l’Information and Communication technologies Authority (Icta) de baisser ses tarifs internationaux sans augmenter les tarifs locaux. Pas de contrepartie cette fois. Ce qui nous amène à nous demander si MT n’a pas tendance à exagérer ses contraintes quand cela l’arrange ? Peut-être que oui !

Si c’est le cas, le gouvernement, à travers l’Icta, doit désormais en demander plus à MT. Une bonne partie du prix que nous payons pour l’ADSL est prélevée par l’opérateur historique au titre de frais divers et variés. C’est en les éliminant que nous allons enfin pouvoir rendre le haut débit accessible au plus grand nombre. Il faut cesser de vouloir comprendre MT, pour plutôt lui faire entendre raison. Sinon, la démocratisation du haut débit restera un rêve.

Ce qui serait insupportable. Car nous serions alors en train d’accentuer notre fracture numérique avec le reste du monde développé et connecté.

publié le 15 janvier 2006


Si tout marchait bien…

Mauritius Telecom (MT) demeurera mauricienne. C’est le secrétaire d’État français aux Affaires étrangères qui le dit. Il a affirmé à l’express que son gouvernement ne souhaitait pas modifier le capital de MT. Où est donc passé le féroce appétit dont France Telecom faisait preuve vers juin dernier ? À ce moment-là, le géant français semblait déterminé à devenir l’actionnaire majoritaire de MT, se fixant pour objectif de détenir plus de 50 % de son capital social. Tous les canaux avaient été utilisés pour arriver à cette fin… sans succès.

Il n’y a pas si longtemps, des menaces de retrait du capital de MT ont même été officieusement brandies. Imaginez FT vendant ses 40 % d’actions, au plus offrant. Et si Carlyle, l’un des plus puissants fonds d’investissement au monde, achetait les 40 % au prix que réclame FT ? Nous nous retrouverions avec un actionnaire dont l’exigence principale serait la rentabilité, quitte à dégraisser.

Serions-nous en train de dire que, finalement, FT est un allié utile ? Oui ! Une affirmation qui doit être quelque peu nuancée. FT a aidé MT à passer un cap technologique. Cela lui permet aujourd’hui de se positionner comme l’un des players possédant l’une des technologies les plus avancées en Afrique.

Mais MT ne rayonne pas dans la région comme il le devrait. Les promesses de joint ventures FT-MT n’ont été que partiellement tenues. L’implantation sur des marchés encore inexploités en Afrique aurait permis aux partenaires de réaliser des profits sans doute non-négligeables. Moyennant, évidemment, une prise de risque qui est inhérente au lancement de toute nouvelle activité étrangère. Un risque que ne souhaite pas prendre FT. Préférant rester là où les revenus sont assurés, pour l’heure. Quitte à utiliser ensuite tous les moyens pour que les règles du jeu de la concurrence restent largement favorables à MT.

Des implantations étrangères au-raient permis à MT de générer des profits ailleurs. Il aurait aussi, éventuellement, à recentrer ses activités à Maurice. Se permettant d’être moins obsédé par les impératifs de profitabilité sur le marché local et de jouer le jeu de la concurrence. Permettant aux prix des services de téléphonie, mais surtout d’Internet, de connaître des baisses significatives. Mais tout cela n’est qu’un beau scénario, en attendant que les deux partenaires se décident à le concrétiser.

publié le 31 octobre 2004


Le prédateur et ses proies

La libéralisation des télécommunications, on en a tous rêvé. L’Information and Communication Technologies Authority (Icta) l’a fait. Grâce à elle, le paysage mauricien des télécoms s’est enrichi de trois nouveaux opérateurs de téléphonie internationale depuis le début de l’année. Mais elle a aussi permis à un prédateur jusqu’ici en cage, Mauritius Telecom (MT), de se promener librement. Ceux qui montent à l’assaut de la citadelle MT risquent de perdre, non pas la bataille, mais la guerre des prix.

L’Icta semble avoir pris à cœur le rôle que lui attribue l’Information and Communication Technologies Act : rendre les technologies de l’information et de la communication (Tic) accessibles au grand public pour un prix abordable. Sauf qu’en faisant cela, l’Icta pourrait, à terme, compromettre l’investissement dans la téléphonie internationale, un autre des objectifs de la loi.

Grâce à sa carte prépayée, MT offre le service le moins cher sur ce marché. En l’autorisant à le faire afin de gâter le consommateur, l’Icta a donné trop de latitude à MT. Plutôt que de lui permettre de se positionner sur le marché comme un opérateur compétitif, l’Icta lui a tout simplement permis de pratiquer du Predatory Pricing.

Pourtant, certains opérateurs sont prêts à revoir leurs marges et à descendre sous le seuil fatidique des Rs 6 la minute. Que va faire l’Icta ? Accepter que l’appel international baisse encore ? Et par la même occasion fermer le marché aux nouveaux entrants n’ayant pas les reins solides ? L’autorité doit regretter d’avoir ouvert la cage du fauve. Les opérateurs de téléphonie mobile, excités à l’idée de mordre dans les parts de marché de l’ancien dominant, rêvent, eux, à des lendemains meilleurs !

Les seuls à ne rien regretter sont les consommateurs. Les opérateurs peuvent s’entretuer, du moment que les prix chutent. Mais il y a un risque. Seuls les mieux adaptés survivront. Il serait dommage de se retrouver avec deux opérateurs de téléphonie internationale dans un an. Ce serait un triste cartel !

publié le 9 mai 2004


La bêtise numérique

Maurice n’est pas le paradis des surfeurs ! On ne le dira jamais assez, Internet coûte trop cher. Alors que d’autres pays amorcent leur deuxième phase de l’accès à Internet grâce à la démocratisation du haut débit (ADSL), Maurice semble reculer dans ce domaine. Pour preuve, le ministère des Finances n’a rien trouvé de mieux que de réintroduire 15 % de taxe à valeur ajoutée (Tva) sur l’Internet haut débit à partir de juillet. Voila qui n’aidera certainement pas à sa démocratisation. On est bien loin de l’objectif de la National Telecommunications Policy 2003 qui est d’assurer une qualité de service raisonnable à des prix abordables.

Certes, par son taux, la hausse ne semble pas exorbitante : payer Rs 225 de plus quand on s’acquitte déjà de Rs 1 500 n’est pas une aberration en soi. Mais c’est sur le principe que le gouvernement se trompe. L’Internet bas débit (dial up) a atteint sa vitesse de croisière à Maurice, avec 210 000 surfeurs et 58 000 abonnés répertoriés fin 2003. Or toutes les applications les plus demandées, téléchargement de fichiers textes, son et images et jeux en réseaux fonctionnent mieux avec le haut débit.

Pour ces activités, le dial up ne pourra pas égaler les performances de l’ADSL. Il faut donc que le haut débit soit accessible au plus grand nombre pour que le Mauricien moyen n’utilise pas Internet uniquement pour l’envoi d’e-mails et la consultation de pages Web. Un abonnement Internet haut débit à 128 kilobits/seconde représente 1,23 % du salaire d’un smicard en France. Cette même dépense absorberait le quart du salaire d’un Mauricien percevant Rs 6 000 par mois ! Le haut débit risque ainsi de se développer que parmi l’infime partie de la population pour qui dépenser plus Rs 1 500 par mois ne représente pas un gros effort… ils ne sont pas très nombreux.

Certainement pas assez pour assurer à l’état de gros revenus à partir de la Tva sur le haut débit ! à un moment où l’état devrait rendre le haut débit accessible par tous les moyens imaginables, il s’engage dans le sens inverse.

Si ce n’est pas de la bêtise numérique, cela y ressemble !

Publié le 4 avril 2004


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