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Grandir sans détruire

Le pays fait fausse route. C’est à partir de ce postulat que nous avions entamé une réflexion la semaine dernière. Elle consiste à questionner la justesse d’accueillir deux millions de touristes d’ici à 2015. Cette semaine, le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a confirmé le maintien de cette stratégie. Tandis que le ministre du Tourisme, Nando Bodha, annonçait, au même moment, l’intensification de la campagne marketing de Maurice en Europe et dans les pays émergents. Il faut rappeler les incohérences de la voie de développement que nous suivons depuis quelques années.

Trois pôles de croissance ont été créés ou sont en voie de l’être dans l’île : Jinfei dans le Nord, Ebène et Highlands au Centre et Rose-Belle dans le Sud. Sans compter la demi-douzaine d’Integrated Resort Schemes (IRS) champignonnant dans l’arrière-pays. Dans 15 ans, ces pôles auront besoin de ressources pour exister et croître : eau et énergie notamment.

Si, en 2025, le pays accueille deux millions de touristes, cette activité générera des pressions supplémentaires sur notre environnement et notre société. Puisque gouverner c’est prévoir, nos politiques doivent donc absolument apporter une réponse globale à cette question : que fait-on dès maintenant pour gérer les effets négatifs de ces pôles dans 15 ans ? Les réponses sont actuellement floues… dans le meilleur des cas, parcellaires.

Passons en revue la situation. Pendant que vous lisez cet éditorial, des milliers de Mauriciens doivent composer avec un régime de coupures d’eau. Or, tous les projets que nous citons plus haut sont hydrophiles. Comment gérerons-nous la question de l’eau dans 15 ans ? En construisant deux barrages ? Tout en laissant s’évanouir dans la nature 40 % de ce qui transite par les tuyaux de la CWA ? Réponse globale inconnue !

Il y a aussi le problème de l’énergie. Le pays va devoir décupler sa production électrique pour, entre autres, faire tourner la climatisation des villas IRS, éclairer les bureaux à Highlands et Ebène ou frigorifier les entrepôts à Riche-Terre et Rose-Belle. Si en 2025, le pays continue à produire 50 % et 25 % de l’électricité à partir du charbon et de l’huile lourde respectivement, la facture énergétique deviendra insoutenable. Surtout si l’on y ajoute tout le carburant brûlé lors des déplacements des dizaines de milliers de touristes et des professionnels supplémentaires arpentant alors le pays. Les 56 pages de la Long Term Energy Strategy (2009-2010) du pays sont prometteuses. Mais encore faut-il que celle-ci soit étoffée et mise en pratique. Pour l’heure, on en est au début du commencement !

Ces considérations globales et impersonnelles ne doivent pas nous faire oublier les impacts plus « directs » des décisions que nous prenons maintenant. En 2025, il est probable que nous importerons hors taxe la grande majorité des produits disponibles dans le pays. Mais une autre question restera posée. L’afflux des touristes ainsi que des travailleurs et professionnels étrangers dans le pays nécessitera une augmentation considérable de la production vivrière.

Si le statu quo perdure dans notre petit monde agricole, la production vivrière restera sensiblement la même en 2025. Moins d’offre pour davantage de demande égale augmentation des prix ! De là à imaginer qu’une laitue coûte Rs 75 et un kilo de carottes Rs 150, il n’y a qu’un pas. Dans ce contexte, ce qui ne pourra être produit ou acheté localement devra donc être importé. Or, depuis la fin des années 2000, le monde connaît une phase d’Agflation (l’inflation des produits agricoles). C’est une tendance longue, qui ne s’estompera pas car l’agriculture cède globalement du terrain face aux activités industrielles. Nous devons donc nous préparer à payer plus cher ce que nous mangeons, peu importe sa provenance.

Bien entendu, la croissance et l’activité économique généreront des revenus supplémentaires pour les salariés. Ce qui devrait permettre à une bonne partie d’entre eux de maintenir un pouvoir d’achat adéquat. Toutefois, les plus bas salaires et les personnes vulnérables (sans emploi ou vivant en marge de la société) devront, eux, s’adapter à un coût de la vie devenu exorbitant. Si le ministère de l’Intégration sociale échoue, si nous ne prenons pas un temps pour réfléchir à tous les aspects de notre stratégie de développement, nous créerons durablement une société à trois vitesses. Où la catégorie la plus vulnérable le sera davantage

Il ne s’agit pas ici de se transformer en ayatollah de la décroissance. Mais plutôt de redire à quel point les huit ou dix pôles de croissance des années 2025 devront tous tendre vers le même objectif : grandir sans détruire.

D’autres commentaires sur cet édito


Quelle honte!

C’est une honte. Quelle belle image de l’ile Maurice! Quelle belle image éthylique, pardon, idyllique, de notre dynamique ministre du Tourisme. Je ne vois pas grand chose d’autre à rajouter sur ce sujet. La vidéo de Thalassa parle d’elle-même.

Bien évidemment, les opinions de la personne qui parle à la fin de la vidéo n’engagent qu’elle-même. J’ai posté la vidéo dans son intégralité car je n’ai pas souhaité la couper et ainsi m’approprier le scoop de M. Oudin.


Passage au vert

Exit la démocratisation de l’économie. Place à la démocratisation de l’écologie. Depuis vendredi, le Maurice Île Durable Fund (MIDF) a lancé une vaste consultation nationale sur la question du développement durable (DD). Nous avons tous intérêt à ce que cet exercice réussisse. Mais allons-nous tout faire pour que ce soit le cas ?

Comme sur bien d’autres questions, les Mauriciens cultivent les paradoxes au sujet du DD. Régulièrement, les études démontrent qu’une majorité d’entre nous est sensible à ce sujet. Qu’elle veut s’impliquer pour la cause. Mais le fossé entre les déclarations d’intention et les actes est encore énorme. Car les débats, les remises en cause, les coups de gueule et les propositions en matière de DD proviennent invariablement des mêmes acteurs.

Une demi-douzaine d’associations. Certains scientifiques et universitaires. Une poignée de fonctionnaires et de cadres du secteur privé. Deux ou trois politiques. Ainsi que quelques Géo Trouvetout passionnés d’écologie. Voici, à peu d’individus prés, tous ceux qui animent l’agenda du DD à Maurice. L’exercice consultatif qui se termine le 31 mars comporte donc un réel risque. Celui de se transformer en un forum d’initiés. Durant lequel nous verrons les mêmes personnes débattre des mêmes questions. Pour finir par pondre les mêmes propositions.

Si ce scénario se produit, nous aurons dépensé l’argent du contribuable et mobilisé des dizaines de fonctionnaires ainsi que le Professeur François Odendaal pour rien. Mais il n’est pas trop tard. L’exercice consultatif peut encore devenir un succès aussi bien grâce au nombre de participants que par la qualité et la diversité de leurs apports. Pour cela, un impératif: communiquer.

Dans une déclaration à lexpress.mu, ce jeudi, Odendaal a expliqué « qu’aucun Mauricien ne doit pouvoir dire qu’il n’a pas eu l’occasion de donner son avis dans ce grand projet ». Le commentaire est juste. Mais il appelle une observation. Pour que tous les Mauriciens participent aux travaux, il faut encore qu’ils se rendent compte que la question du DD concerne à peu prés tous les aspects de leur vie quotidienne. Qu’ils comprennent enfin que DD ne rime pas qu’avec environnement et carburants. Car il faut le dire, le Mauricien moyen a une fausse conception du DD et de ses implications. Il faut l’éduquer.

Pour réussir à impliquer le grand public, il faut s’inspirer des modèles étrangers en la matiére. Et pour une fois, le modéle se trouve à 30 minutes d’avion de nous…à La Réunion. La politique de l’Agence régionale de l’énergie Réunion (ARER) est un modèle du genre. En effet, il suffit de consulter son site web pour se rendre compte de la justesse de sa communication et ses actions pour attirer les Réunionnais. D’ailleurs, la priorité de l’ARER est l’« information du grand public ».

L’ARER explique certes aux Réunionnais les grands enjeux du développement durable. Mais elle détaille d’abord comment et pourquoi certaines techniques de construction sont plus écologiques et économiques. Elle propose également des feuilles de route à ceux qui veulent devenir petits producteurs d’électricité ou bénéfi cier de crédit d’impôt. Et met les différents acteurs en relation afin de faire avancer l’agenda du DD.

Mais nous n’en sommes pas encore au point de créer une ARER bis à Maurice. Car avant cela, il faut éduquer les Mauriciens. Et développer chez eux la conscience que chacune de leurs actions ou initiatives peut aider à la cause. Si cette phase d’éducation réussit, nous verrons alors des maçons et ouvriers déposer devant Odendaal pour lui expliquer les bienfaits de certaines techniques de construction. Nous écouterons des entrepreneurs défendre âprement l’idée d’une détaxe totale de certaines technologies.

Pour ensuite s’engager à les proposer à des prix négociés aux professionnels et au grand public. Pour que de telles demandes, et propositions voient le jour, il faut que toute l’île Maurice découvre le potentiel économique et social de notre passage au vert. La bataille de l’écologie se gagnera sur le terrain de l’information…


L’après Copenhague

« Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé. » La phrase du président vénézuélien, Hugo Chavez, a fait mouche lors du sommet de Copenhague sur le climat. Mais ce genre de cynisme ne fera pas avancer les choses. Le Sommet de l’ONU doit être considéré comme un semi-échec. Même si le président Obama parle d’une « percée sans précédent » en faisant référence aux engagements pris par les USA ou la Chine pour réduire leurs émissions de carbone. Mais avec quels moyens ?

C’est avec amusement qu’un éditorialiste du « Wall Street Journal » écrit : « We can’t wait to hear Mr. Obama tell Americans that he wants them to pay higher taxes so the U.S. can pay China to become more energy efficient and thus more economically competitive. » En effet, la Chine, qui est le principal émetteur de carbone au monde depuis quelques années, se taillera la part du lion des $ 100 milliards d’aide étrangère destinée à permettre aux pays en développement – la Chine en fait partie – de réduire leur émission de carbone.

Vu de loin, on pourrait être tenté de conclure que ces sommets de l’environnement, de Rio de Janeiro en 1992 à Copenhague en passant par celui de Kyoto en 1997, n’auront pas servi à grand-chose. Nous aurions tort. Car nous regardons à chaque fois le sommet de la pyramide. Or, c’est à la base que les choses bougent. La conscience écologique est devenue globale. Elle est vivace et en progression.

A Maurice, la notion de développement durable (DD) gagne du terrain, ainsi une enquête d’opinion menée chez un large échantillon de la population a démontré qu’un Mauricien sur quatre (25,8 %) souhaite que le gouvernement fasse de l’écologie sa politique prioritaire. Ces chiffres sont extrêmement encourageants. Car le développement durable est une question de mentalités et de mode de vie. Plus nos citoyens seront réceptifs à la question de DD, plus ils remettront en cause leurs comportements. La mécanique est complexe. Qui fonctionne grâce à des effets d’entrainement mêlant actions étatiques et effet d’émulation personnel et communautaire. Or les deux semblent absents à Maurice.

Certes, on nous rétorquera que la vision Maurice Ile Durable (MID) existe. Mais la vision MID n’a pas encore été traduite dans la réalité. Car notre « National Energy Policy » n’existe toujours pas. Et le cadre juridique et administratif plus global gouvernant tous les aspects de MID demeurent encore à être élaboré. D’ailleurs, ce n’est que ce vendredi que le Conseil des ministres a annoncé l’élaboration d’une « National MID Policy » qui devrait être prête en juin 2010. Il faudra exiger du gouvernement que le comité chargé de la rédaction de ce document ne s’égare pas dans des débats philosophiques. Et produise des recommandations applicables dans les plus brefs délais.

En complément de l’action étatique – et à plus petite échelle l’effet d’émulation doit pouvoir aider la conscience écologique à se propager dans l’île. Le covoiturage, l’adoption de technologies vertes, de nouvelles habitudes de consommation, le choix du recyclage et du compostage sont autant d’attitudes à développer chez le Mauricien. Pour cela, il faut que nos voisins, nos collègues de bureau, nos politiques, chefs d’entreprises et nous-mêmes donnions le bon exemple. Il existe des « role-models » de ce type dans le pays. Mais ils sont malheureusement peu connus. Pourtant, nous gagnerions à découvrir leur sens de l’engagement écologique. Comme celui de ce directeur d’une grande banque locale qui a abandonné le confort de sa berline allemande pour l’efficience d’une voiture hybride depuis quelques semaines.

Si le sommet de Copenhague n’a pas accouché d’un accord historique et coercitif amenant les Etats à adopter des politiques plus vertes, il a néanmoins mis en lumière la conscience écologique mondiale qui veut désormais qu’on passe à l’action. Les chefs d’Etats n’ont pu se résoudre à des compromissions industrielles et financières trop importantes. Mais plus que jamais, les citoyens du monde veulent changer leurs comportements afin de retarder la catastrophe climatique globale qui s’annonce. Le succès de ce sommet sur le climat ne dépend en fait pas que des actions des gros pollueurs comme la Chine, l’Inde ou les USA. Mais aussi des nôtres. Nous pouvons encore, par nos actions, transformer le semi-échec de Copenhague en succès.


Putting competence first

Corruption électorale. C’est ainsi que de nombreux politiciens et observateurs ont qualifié l’annonce de Rama Sithanen durant son discours de mercredi. En effet, le budget 2010 prévoit l’embauche de 2 700 personnes. La concordance de ce recrutement avec la période électorale ne peut que faire peser des soupçons sur l’intention réelle ou inavouée du gouvernement.

La situation n’est pas aussi prosaïque. La nouvelle méthode de présentation du budget est encore méconnue du grand public. C’est dommage, car le Programme Based Budgeting (PBB) adopté depuis 2008 permet de comprendre quels résultats les ministères produisent en utilisant les ressources humaines, matérielles et financières mises à leur disposition. A la lecture du PBB de 2010, on comprend que les recrutements dont on parle semblent justifiés au vu des objectifs de performances fixés par les ministères concernés.

Santé, Education, Police et Maurice Ile Durable (MID), voici les secteurs qui vont accueillir les nouvelles recrues. Dans la police, par exemple, les 900 recrues seront vite mises à la tâche. Car le doublement du nombre de patrouilles mobiles et d’opérations de détection de stupéfiants est prévu en 2010. A la santé, le recrutement de 400 personnels soignants et de 300 médecins et spécialistes permettra notamment au ministère de mettre en œuvre un vaste programme de prévention, de détection et de soin des maladies non transmissibles. Tout en essayant parallèlement de diminuer le temps d’attente avant les interventions chirurgicales.

Ailleurs, le recrutement d’une centaine de personnes pour piloter le projet MID apparaît comme une excellente nouvelle. En effet, MID semblait souffrir depuis plus d’un an d’un double handicap. Un manque de moyens humains et une absence de politique claire. Une première étape semble avoir été franchie à travers ce budget. En effet, la centaine de recrues dans les différents ministères aideront, chacun à sa manière, à la concrétisation du projet. Soit en participant à l’élaboration des politiques comme la « Renewable Energy Development Strategy » ou en mettant à contribution leur expertise durant les audits énergétiques ou environnementaux des administrations publiques ou des entreprises. Avec le PBB, nous pourrons suivre la performance des ministères. A pareil époque, l’année prochaine, nous serons donc en mesure d’évaluer si l’apport de ces recrues a permis la réalisation de des objectifs ambitieux de ces ministères.

En attendant, la suspicion perdure. Et il n’est en rien injustifié. Car le gouvernement reste fautif de pratiques s’apparentant davantage à du copinage qu’à une gestion raisonnée des ressources humaines et financières. Le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, vient d’en donner la preuve éclatante. Porté par l’élan de la « réunification de la famille des bleus », il a recruté, en octobre, deux conseillers proches du Parti mauricien social démocrate. Son « Senior Advisor on Project Implementation and monitoring » et « advisor on information matters » reçoivent respectivement Rs 50 000 et Rs 42 500 par mois. Cela n’aurait rien de choquant s’ils avaient tous deux une expérience dans leur domaine respectif. Non seulement ce n’est pas le cas, mais en plus, ils ne sont tous deux titulaires que de simples « School Certificates ». De telles pratiques politiciennes expliquent pourquoi l’on continue à regarder les procédures de recrutement avec méfiance.

Un défi important attend le gouvernement durant le recrutement de ces 2 700 personnes. Il faudra que le pouvoir démontre clairement que ce sont les candidats les plus qualifiés et expérimentés qui ont été retenus. Par la nature même des emplois à pouvoir, il y a peu de chances qu’on découvre que des titulaires du « Certificate of Primary Education » se sont faits embauchés comme infirmiers. Toutefois, il y a toujours la perception qu’en temps électoral, les personnes proches du pouvoir ont plus de chances que les autres d’accéder à des postes de fonctionnaires.

Face à cette situation, le gouvernement gagnerait à faire de la compétence le seul critère de recrutement durant les mois à venir. Il faudrait revisiter le slogan de campagne de l’alliance en 2008 : « Putting competence first ». Mais il n’est pas dit que le gouvernement puisse s’appliquer cette rigueur. On peut toujours espérer l’improbable…


Jeu d’acteur

Lumière, caméra… action. Pour la galerie ou pour leurs propres carrières, trois politiques se livrent ces derniers temps à une opération d’envergure. L’objectif reste le même pour tous : convaincre et marquer les esprits. Le problème, c’est que tous n’y arriveront pas. Petite présentation des acteurs…

Comment ne pas commencer par Rama Valayden, l’« Attorney General ». Poursuivi pour propos séditieux, il est pourtant un homme soulagé. Car à l’issue de son audition par la police ce jeudi, c’est en chœur que lui et son bataillon d’hommes de loi ont dit qu’il n’a « rien à se reprocher. » Mais qui donc a pu penser que Valayden allait finir devant le tribunal ? Qui a cru que le Premier ministre allait laisser un ministre critiqué de tout part en place, s’il n’était pas lui-même convaincu qu’il n’allait rien lui arriver ?

A vrai dire, la séquence s’est déroulée à la perfection. Valayden tient des propos condamnables. Il est rappelé à l’ordre par le Premier ministre, qui contredit au passage la réalité statistique des allégations de son ministre. Ce dernier se repent. Une bande de flics qui se sent visée dans cette affaire porte plainte. Celle-ci est instruite. Comme par enchantement, seule une partie de l’enregistrement du discours litigieux est récupérée. Ce qui fait de cette pièce clé un élément irrecevable dans l’instruction. Voilà une faille de procédure qui ne fait perdre la face à personne. Au réalisateur qui a mené de main de maître cette séquence, on a envie de dire : chapeau !

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Dans le cas de notre deuxième acteur, il n’est pas question de chapeau mais de béret. A quelques mois des élections, Pravind Jugnauth peine toujours à porter avec panache le fameux béret de campagne du père. Du coup, il bat la campagne… en bus. Ce qui n’est pas sans rappeler l’éternel perdant des campagnes présidentielles françaises : François Bayrou. Qui avait innové en déambulant dans un bus roulant à l’huile de colza. Celui de Pravind Jugnauth aurait pu rouler à l’huile de « Sunflower. » Mais passons…

Pravind Jugnauth est actuellement dans la position de l’acteur qui pourrait être le grand oublié du casting électoral. Dans les coulisses, on apprend que l’offre de Navin Ramgoolam au poucet MSM a fondu comme neige au soleil. Des 16 ou 18 tickets que le MSM comptait récolter initialement, il n’en reste que 8. Du coup, l’acteur Pravind doit démontrer sa popularité pour que le réalisateur Navin Ramgoolam l’embauche.

Il est vrai que Ramgoolam observe du coin de l’oeil la mobilisation du MSM. Et on ne parle là que de démonstration de force et non de la déclamation des idées prouvant que le MSM a « réussi à faire de la politique autrement ». Ramgoolam n’en a cure des « idées phares » du MSM. Celles-ci – rétablissement de la peine de mort, baisse drastique de la TVA et abolition du « National Residential Property Tax » – iraient d’ailleurs droit à la poubelle si le MSM se joignait à
l’Alliance sociale (AS).

L’enjeu immédiat du MSM est donc de prouver à Ramgoolam qu’il possède un ancrage dans les circonscriptions où un candidat de l’AS pourrait se retrouver en difficulté face à des adversaires coriaces du MMM. Mais nous pensons qu’il n’y aura pas de démonstration de force demain. Le MSM, malgré l’entrée au Parlement de son chef, reste toujours un petit parti. Et face à ce déficit de popularité, Ramgoolam plus que jamais pourrait être tenté de distribuer les rôles aux acteurs de sa propre troupe.

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Il faut admettre qu’en plaçant Rama Sithanen aux finances, Ramgoolam n’a sans doute pas fait d’erreur de casting. Toutefois, le ministre des Finances interprète le 18 novembre un budget des plus épineux. Il jure que celui-ci ne sera pas « populaire et électoraliste. » Et se réfugie derrière son arrogante expérience – il aime rappeler qu’il a présenté « 11 budgets en comptant celui du stimulus package » – pour affirmer que les décisions qu’il prendra seront toutes dans l’intérêt pays.

Quel intérêt ? Avec le réchauffement climatique et les enjeux du développement durable, la politique économique se doit d’être durable. En facilitant les investissements et les réformes dans les énergies, l’environnement et les infrastructures. Annoncé en fanfare dans le budget 2008-2009, le projet Maurice Ile Durable est presque tombé dans l’oubli depuis. Faute d’une structure organisationnelle adéquate, mais aussi à cause de la tergiversation des décideurs politiques. Mais l’heure tourne. Maurice se doit désormais non seulement d’avoir mais aussi d’appliquer et financer son « Blueprint for energy sector ». L’Etat, conformément à l’approche volontariste que prône Sithanen, doit instaurer un cadre fiscal incitatif pour permettre l’investissement des ménages, des industries et de l’Etat dans les technologies et infrastructures vertes.

Que Sithanen ne vienne pas nous dire que c’est l’argent qui manque ! Car les planètes sont en train de s’aligner pour Maurice. L’Union européenne fera don de Rs 136 millions à Maurice dans les mois à venir pour financer les projets verts. D’autres aides suivront. Le président de l’Agence Française de Développement, qui sera au pays cette semaine, apporte également une surprise de taille. En effet, Maurice bénéficiera d’un prêt de Rs 5,2 milliards (€ 120 millions) minimum pour les années financières 2010 et 2011.

Nous arrivons à un moment où les efforts de l’Etat dans le domaine du développement durable ne souffrent plus de contraintes financières. C’est à Rama Sithanen et ses collègues du gouvernement de relever les défis. Pour ces acteurs-là, l’heure n’est plus aux répétitions. Budget, lumière, caméra… action !

D’autres commentaires sur cet éditorial.


Voir grand, commencer petit

La dernière phrase du récent rapport « Blueprint for the energy sector in Mauritius » de la National Economic and social Council (NESC) interpelle. « Le futur dépendra de ce que nous allons faire désormais », préviennent les auteurs. Le document est de bonne facture, il souligne les lacunes de la politique gouvernementale sur le dossier énergie. Tout en reconnaissant ses bonnes décisions. Face à un document de ce type, on a le choix : celui de trier toutes faiblesses citées et d’en faire une liste de commissions pour le gouvernement ; ou alors de prendre de la distance et recadrer les décisions à prendre.

Voyons d’abord la liste de commissions. Si l’on doit se fonder sur les recommandations de ce rapport, il faudrait que dans les mois qui viennent, le gouvernement mette en place un Energy Management Office. Celui-ci serait chargé de déterminer les besoins en énergie du pays pour ensuite formuler la politique nationale en la matière. Concomitamment, il faudrait aussi légiférer afin de créer un régulateur du secteur énergétique. Pour clôturer une ère d’opacité durant laquelle le Central Electricity Board (CEB) a été juge et parti sur le dossier énergétique. Par ailleurs, il faudra également revoir les modalités et la justification des contrats par lesquels le CEB s’est engagé à acheter – à prix fort l’électricité produite par les producteurs indépendants d’énergie (IPP) locaux – dont Gamma-Covanta.

Le plan est ambitieux. Mais toute personne réaliste et un tant soit consciente de notre bureaucratie et les tergiversations de nos politiques saura que ce minimum vital ne pourra pas être complété avant fin 2009. Et même s’il l’est : esseuler le dossier énergétique au sein du projet Maurice Ile Durable (MID) serait inefficace. Car réduire le développement durable à une question d’énergie, d’électricité et de carburants, c’est occulter des pans essentiels du développement durable. Gestion des déchets, urbanisme, infrastructures routières, villes nouvelles, préservation de la biodiversité et ressources en eau sont autant de dossiers voisins à la question énergétique. Et essentiels à l’aboutissement de MID.

Pourtant il est urgent d’agir. Mais l’action doit être concertée. Les professionnels qui planchent sur la réalisation ou le financement du projet MID remarquent la grande inégalité des compétences et des connaissances en la matière au sein de notre administration. Où des fonctionnaires ultra-compétents et motivés côtoient des confrères incapables de cerner la complexité – et l’applicabilité – de la notion de développement durable. Cet état de choses perdure largement parce qu’un vrai plan MID n’existe pas. Le comité du MID Fund demeure incapable de produire faute de moyens, de ressources et de temps – un plan concret.
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Si nous voulons voir grand, il faut commencer petit. Le vide juridique autour du MID Fund doit être comblé. Le comité – avec une vraie structure administrative formellement constitué. Ensuite, et en consultation avec tous les ministères concernés, un plan d’action chiffré ainsi qu’un calendrier d’exécution doivent être arrêtés. C’est une urgence.

Nous nous refusons toutefois à céder à une sorte de fatalisme. Non, MID n’est pas mort. Certes, il est mourant. Mais des actions immédiates peuvent le ressusciter. Nous pensons que c’est possible. En ce moment même, Monsieur MID, Osman Mahomed, s’apprête à quitter le Board of Investment – où il est spécialiste de la question du développement durable pour aller rejoindre le bureau du Premier ministre.

Ce jeune professionnel a une énorme responsabilité. Qui est à la hauteur de l’atout dont il dispose. En effet, il a l’oreille attentive et l’estime des deux personnages principaux du dossier MID le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Et Rashid Beebeejaun, le ministre des Energies renouvelables et des Services publiques (MERSP). Il appartient désormais à Mahomed d’avoir l’influence qu’ont les Dan Callikan et les Kailash Ruhee. Afin d’entraîner les plus hautes sphères du gouvernement sur la voie de l’action, notamment à travers le steering committee que Mahomed présidera au MERSP. Il devra expliquer et démontrer comment et pourquoi l’on doit maintenant arrêter notre politique de développement durable. Pour ensuite l’exécuter selon les moyens et le calendrier défini.

On nous rétorquera que le financement pourrait ne pas suivre. Il est là. L’Agence française de développement, (AFD) en ce moment même cherche à aider Maurice à devenir la vitrine mondiale du développement durable. En effet, le pays pourrait être bénéficiaire du « Programme Environnement » de l’AFD. Nous parlons là de 60 millions d’euros (Rs 2,6 milliards) d’aides pour les années 2009 et 2010.

Nous avons les hommes et les bonnes idées pour rédiger le plan. Le financement pour lancer concrètement le projet. Reste aux politiques de donner le vrai coup d’envoi de MID.


Home: discours planétaire, action locale

L’initiative de l’agence Amadeus était excellente. C’est donc avec enthousiasme que l’express-dimanche a accepté d’être le partenaire media de l’événement. C’est-à-dire deux projections publiques (ce vendredi et samedi) du film HOME au Caudan. Le film du photo-journaliste Yann Arthus Bertrand est sorti dans 180 pays du monde le 5 juin. Et a reçu un accueil enthousiaste du public.

Lors de la projection d’aujourdhui, il m’a été demandé de présenter le film. Voici les quelques idées que j’ai partagées avec l’auditoire…

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Mesdames et messieurs, chers amis bonsoir. On m’a demandé de présenter le film. A mon tour, j’ai une requête pour vous : choisissez votre camp !

Devant « Home » vous pouvez décider de vous focaliser sur le fait que l’hélicoptère qu’utilise Yann Arthus Bertrand est un engin très polluant. Penser que le réalisateur esthétise à outrance des drames écologiques effroyables. Trouver que le film parle d’une flopée de problèmes sans évoquer les solutions. En somme, vous pouvez choisir d’être cynique. En vous dire qu’on ne peut rien changer aux catastrophes planétaires qui s’annoncent.

En devenant un éco-citoyen vous pouvez, au contraire, vous informer. Reconnaître les faits avancés dans le film. La personne bien informée est souvent celle qui prend les bonnes décisions. Et qui adopte des habitudes responsables. Quels sont donc les faits ?

Ils sont inquiétants. Indiscutables. Quelques exemples…Les espèces s’éteignent désormais à un rythme 1 000 fois supérieur au rythme naturel. 1,3 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année. Depuis grosso modo la fin de la deuxième guerre mondiale, l’espèce humaine a davantage détruit la terre que durant les 200 000 années précédentes. Voici les faits.

Le défi est immense. Mais il n’est pas encore trop tard. La catastrophe est annoncée avec 10 ans d’avance. En effet, nous avons 10 ans maximum pour renverser la tendance destructrice que nous avons amorcée il y a 50 ans.

Devant l’ampleur des actions à entreprendre, on peut facilement céder au fatalisme. Mais pensez-y, la Grande Muraille de Chine ou la Pyramide de Gizeh ont ceci en commun. Leur construction a commencé avec UNE première pierre. Chaque geste responsable d’un éco-citoyen compte. Il n’est en rien anodin. Il est même crucial pour la planète.

Chers amis, l’urgence est certes planétaire. Mais l’action doit être locale et communautaire. Ce ne sont pas 1,25 millions de Mauriciens qui vont empêcher les calottes glaciaires de fondre.
Toutefois, entendons nous bien. Nous pouvons changer nos habitudes. Nous devons, à notre manière et à notre échelle, ici à Maurice, participer à la révolution verte.

Que faire ? Vous le savez déjà. Nous devons tous questionner nos habitudes. Je ne suis pas un extrémiste de l’écologie. Je ne demande pas qu’on efface toute trace de technologie et d’industrialisation. Mais certaines choses doivent changer…

Je vous balance pêle-mêle quelques questions :

Ne prenez-vous pas votre voiture un peu trop souvent même pour de courts trajets ? Le vélo qui dort dans votre garage n’a-t-il pas le double avantage de vous maintenir en bonne santé tout en ne polluant pas ? Je passe sur tout ceux, JE N’AI PAS DIT CELLES, Bravo mesdames, qui pensent que leur virilité et leur statut social sont directement proportionnel à la taille de leur…4×4 ou l’importance de la cylindrée de leur berline !

Si vous construisez votre maison, n’avez-vous pas tout à gagner en l’orientant en fonction des vents dominants ainsi que du levé et du couché du soleil? Plutôt que de dépenser une fortune pour acheter des climatiseurs et payer des factures salées à cause de leurs fortes consommations électriques ?

Votre chauffe eau au gaz est certes économique. Mais ne vaut-il pas la peine d’investir dans un chauffe-eau solaire. Qui vous fera faire d’énormes économies sur le long terme. Tout en utilisant une énergie renouvelable ?
Je poursuis…

Avez-vous déjà prêté attention au contenu de vos poubelles ? Pour prendre conscience que vous pouvez utiliser vos déchets organiques et végétaux pour faire du compost ? Utilisable ensuite dans votre jardin. Cela ne coute rien…vous aide à réduire le volume de déchets dans le pays et vous alimente en engrais gratuit!

Avez-vous bien examiné vos ampoules à la maison ? Sont-elles toutes à basse consommation. Ce qui est synonyme d’économie d’énergie…et d’argent ?

Avez-vous réalisé que consommer mauricien a des avantages « écologiques » ? Pensez-y, un pamplemousse importé a subi un traitement chimique lourd et polluant, des frais d’acheminement par camion pour ensuite se retrouver dans un bateau qui a peut-être dégazé en haute mer, et brulé des tonnes d’hydrocarbures durant sa traversée…Avez-vous réalisé qu’en consommant plutôt la mangue cueillie dans votre jardin, ou l’ananas acheté au bazaar, vous aidez la planète ?

Imprimer des emails importants au bureau ; c’est souvent essentiel. Mais vous-est-t-il apparu nécessaire d’utiliser ensuite ces feuilles comme papier brouillon ? Ou de les remettre à l’envers dans votre imprimante pour les réutiliser ? Assez de questions…

Je vais abréger cette introduction qui commence sans doute à devenir barbante. Je dois toutefois conclure en parlant de la « conscience verte » à Maurice. Elle est en développement. Mais elle est mal organisée, cacophonique. Parfois pas vraiment responsable dans sa manière de faire. Mais elle est là. Et il faut que cette conscience verte influe sur nos débats politiques et sociétaux.

Nous entrons dans une période pré-électorale. Le Mauricien étant ce qu’il est, demandera prioritairement aux politiques en campagne « qu’allez vous faire pour moi, ma famille et ma communauté. » N’oubliez pas, chers amis, cette fois, d’exiger d’eux un véritable programme environnemental. Il en va de notre intérêt à tous. Une politique étatique de l’environnement et de l’écologie sera le ciment de la « conscience verte » de nos concitoyens. Il l’aidera à se développer.

Chers amis, l’extinction de notre DODO en est le symbole ultime de l’impact néfaste de l’homme sur son environnement. Nous avons légué ce symbole à l’humanité. Mais il faut maintenant que nous léguions autre chose. Il faut que nous leur léguions de nouveaux comportements à nos enfants. Des comportements que nous aurons nous même adopté maintenant et d’urgence. Il en va cette fois-ci non pas de la survie d’une espèce de gros dindon sympathique mais de l’extinction de toute la race humaine…


Le virage vert

Qui a dit : « Maurice Ile Durable (MID) is a national endeavour that requires tremendous collective efforts. » Le Premier ministre? Non. C’est le ministre des finances, dans son discours du budget 2008-2009. Personne ne niera que la priorité du moment est de combattre les effets de la crise économique internationale sur Maurice. Toutefois, nous ferions fausse route si nous croyons qu’il suffit de s’attaquer à ce problème ponctuel. Sans continuer à fournir d’importants efforts humains – et surtout financiers – autour du développement durable. Ne nous y trompons pas, c’est cet objectif qui importe sur le long terme.

Si l’effort humain se met péniblement en place autour du développement durable, l’effort financier, lui, a déjà été consenti. Du moins sur papier. Le « MID Fund » dispose d’un fonds colossal : Rs 1,3 milliard que l’on dépense qu’avec parcimonie jusqu’ici. Ce fonds sert déjà à subventionner l’achat de chauffe-eau solaires. Il va désormais falloir instaurer de nouvelles subventions à d’autres technologies vertes. Mais aussi – Rama Sithanen n’aime pas entendre cela – desserrer l’étau fiscal sur certaines d’entre elles.

Cette semaine, la « Toyota Prius » a été lancée en grande pompe à Maurice. La première voiture hybride commercialisée à grande échelle au monde dispose déjà d’un traitement fiscal de faveur. Depuis juillet 2008, toute voiture hybride importée bénéficie d’une réduction de 50 % sur les droits de douane, la « road tax » et l’enregistrement. Malgré ce traitement de faveur, une « Prius » est vendue à Rs 1,7 million. Pour ce prix, un amateur de luxe peut se payer une prestigieuse berline allemande. Il faut lutter sur différents tableaux pour populariser les voitures vertes à Maurice.

Le premier levier disponible est fiscal. Il peut aider à réduire davantage le prix des voitures vertes. Des mesures incitatives doivent ensuite prendre le relais en permettant à un acheteur de voiture d’avoir de bonnes raisons de se tourner vers les moins polluantes. Enfin, l’Etat doit lui-même donner l’exemple en faisant rentrer la voiture verte dans les mœurs et les flottes de nos administrations.

Revenons donc sur les hybrides. Nous pensons qu’il serait judicieux de pousser la logique jusqu’au bout afin de rendre une voiture hybride ou électrique entièrement duty-free à l’achat. Ainsi, une « Prius » coûterait environ Rs 375 000 moins cher. Pour être vendue à un prix toujours assez prohibitif de Rs 1,375 million. Ce qui est à quelques dizaines de milliers de roupies près, le prix d’une grosse « Honda Civic ». Cette mesure inciterait peut-être le concessionnaire local de cette marque et d’autres à importer des « clean cars ».

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Un deuxième palier pourrait également être franchi en s’inspirant du système bonus/malus écologique à la française. Ou de la vision du gouvernement britannique de promouvoir le « ultra low carbon transport ». En effet, ces deux systèmes incitatifs permettent aux acheteurs de véhicules verts de recevoir une aide gouvernementale pour l’achat des achats verts.

Bien évidemment, nous n’allons pas pouvoir offrir, comme en Grande Bretagne, jusqu’à £ 5 000 (Rs 250 000) à chaque acquéreur d’une voiture verte. Mais nous pouvons imaginer un système de remise sur la TVA. Qui fonctionnerait selon trois bandes Allant de 10 %, 5 % à 0 % dépendant du type de véhicule et sa propension à polluer. Il ne fait aucun doute que ce cadre incitatif pourrait encourager certains acheteurs à privilégier des voitures moins polluantes. Surtout si cela leur permet d’économiser plusieurs dizaines de milliers de roupies.

Mais l’exemple doit venir d’en haut en matière d’écologie. Aussi nous pensons que le gouvernement pourrait être davantage proactif. On peut penser établir la règle selon laquelle tout fonctionnaire qui fait valoir ses droits à une voiture « duty-free » devra obligatoirement fait son choix dans une liste verte de véhicules peu polluants ou à basse consommation de carburants. Si jamais ce fonctionnaire décide qu’il lui faut absolument la grosse berline allemande, il devra payer une partie des droits de douane sur sa voiture.

En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait encouragé ses amis du show-biz à rouler en voiture hybride pour populariser la technologie. Peu de temps après, la vente de voitures vertes avait effectivement décollé dans cet Etat américain. Ce type d’acquisition avait été jugé très « in » et prestigieux.

A Maurice, nous pensons à un ambassadeur de marque qui a déjà popularisé celle d’« Aston Martin » dans le pays. Et si vous, monsieur le Premier ministre, deveniez le premier acquéreur d’une voiture électrique de marque à Maurice ? Et si certains de vos ministres ou députés, en quittant leurs fonctions dans un an, s’achetaient des hybrides plutôt qu’une « Mercedes » ou une « BMW » ? Ce serait un très bel exemple, n’est-ce pas ? A coup sûr un moment marquant qui aiderait le pays à prendre son virage vert.


Agrandir le cercle…

Le site Maurice Ile Durable, reprend des extraits de l’éditorial de dimanche pour se demander « MID: a closed circle ? » Ce sont certainement les initiés qui doivent réfléchir à comment propager « la bonne parole » aux non-initiés. Alors, finalement, je pense que le débat est lancé au bon endroit…

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