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Ceux qui diront non

« Un “non’’ prononcé avec la plus profonde conviction  est préférable à un “oui’’ prononcé pour faire plaisir ou, pire, pour éviter les ennuis. »

Gandhi

C’est la saison du oui ! Navin Ramgoolam et Paul Bérenger vont se le dire officiellement dans les jours à venir. Et peu importe si la nouvelle loi électorale est votée avant ou après les prochaines élections générales, les noces des deux leaders politiques seront célébrées dans la ferveur d’un cinglant 60-0 administré au MSM. Mais est-ce que l’ensemble des 1,3 million de Mauriciens auront le cœur à la fête?

Sans surprise, l’argumentaire de vente classique sera ressorti pour nous vanter les bienfaits d’une chromothérapie rouge/mauve. A force d’avoir été bassinés avec, nous les connaissons tous… par cœur. D’abord, l’alliance PTr/MMM a le mérite d’apaiser les tensions ‑ notamment ethniques ‑ du pays. Ensuite, elle porte au pouvoir une « dream team » composée des meilleures compétences locales. Toutes susceptibles d’aider la nation à relever les défis sociétaux et économiques du moment et de l’avenir.

Les considérations plus personnelles, voire égoïstes, de ce mariage de raison sont moins vendables. Navin Ramgoolam cherche à régner localement et rayonner internationalement sans avoir à gérer le « day to day business » du gouvernement. Tandis que Paul Bérenger souhaite, lui, finir sa vénérable carrière politique en apothéose tout en préparant sa succession au MMM. Difficile d’expliquer comment la poursuite de ces deux objectifs concourt significativement à améliorer le quotidien des Mauriciens !

C’est donc sur le terrain démocratique qu’on tentera de placer l’avancée. Grâce à la IIe République, le Premier ministre ne sera plus tout puissant, il exercera ses prérogatives dans un cadre institutionnel rationalisé. Tandis que la réforme électorale permettra enfin aux citoyens d’élire des Mauriciens à part entière et non des candidats ayant l’obligation de se choisir une appartenance ethnique ou communautaire pour prétendre briguer les suffrages.

Malgré ses bienfaits, la réforme institutionnelle ne parviendra pas à éradiquer tous les travers de notre système politique. Les jeux d’alliances sont ainsi toujours promis à un bel avenir. Puisque le nouveau mode de scrutin reposera aux trois quarts sur le système First Past The Post, tous les partis politiques installés continueront à trouver un intérêt à participer à des sessions de koz koze sporadiques (pré et post élections) afin de contracter ou de changer d’alliance au moment opportun.

Ce statu quo dans le fonctionnement des rapports de forces politiques ne permettra pas aux principaux leaders de remonter dans l’estime de l’électorat. Cet immobilisme pourrait même conduire une importante partie des votants à lancer à terme une motion de blâme – dans et en dehors des urnes – contre l’accaparement du jeu électoral par les principaux partis.

En fait, la motion de censure a été déposée, en toute discrétion, depuis des années. Une analyse sommaire des statistiques de participation aux élections générales depuis l’indépendance démontre en effet l’érosion de l’intérêt des électeurs au fil des rendez-vous nationaux. En 1982, seuls 12 électeurs sur 100 avaient décidé de bouder les urnes. Lors du scrutin de 2010, le taux de désabusés est passé à 23%.

C’est à partir de 1991 que le désintérêt des électeurs pour les grand-messes politiques a commencé à se manifester de manière flagrante. Cette année-là, le premier épisode de la telenovela « Tout est possible en politique » avait été joué dans les urnes. Les épisodes se sont succédé : « Le remariage d’Anerood et Paul » en 1991, « Paul trompe Anerood avec Navin » en 1995, « Anerood et Paul se marient pour la troisième fois » en 2000, puis « Navin trompe Paul avec Pravind » en 2010. Tout au long, un nombre de plus en plus grand d’électeurs/spectateurs déçus a choisi de rester chez lui, préférant zapper le programme.

Combien seront-ils à zapper le prochain épisode: « Navin et Paul se marient pour faire chambre à part » ? Vu le peu d’enjeux d’un scrutin opposant le bloc PTr/MMM au MSM, il est déjà fort probable que bien plus de 23 électeurs sur 100 décideront finalement de ne pas exercer leur devoir civique. Rien ne dit, de plus, que les 70% de votants consentiront tous à regarder les mêmes acteurs rejouer dans le même feuilleton pathétique.

Dès lors se posera une nouvelle question : si les partis installés perdent leur crédibilité auprès d’une frange de plus en plus importante de l’électorat, qui sera en mesure dans les années à venir d’incarner l’alternance à une classe politique dégénérescente ? Les candidatures sont ouvertes…

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Le ver est dans le fruit

C’est avec une certaine satisfaction que Navin Ramgoolam glisse cette phrase en guise de commentaire général sur l’état des relations entre le MSM et le MMM. En cette fin de semaine, le « remake de 2000 » semble en effet voué à un échec programmé. Bien des raisons, aussi bien intrinsèques qu’externes à l’alliance expliquent pourquoi le tandem sir Anerood Jugnauth/Paul Bérenger connaîtra un nouveau divorce.

Même s’il est en mesure de le nier maintenant, Paul Bérenger finira par avouer que le cœur n’y était pas, quand il a officialisé le « remake » début avril. Quelques semaines auparavant, il négociait encore avec le Premier ministre. Officiellement les discussions portaient sur la réforme électorale. Officieusement, il s’agissait également d’arriver à un accord politique et institutionnel pour que le Parti travailliste et le MMM gouvernent ensemble.

Un éventuel accord Bérenger/Ramgoolam est quasi alchimique. Il doit concilier des éléments politiques, institutionnels et personnels complexes. Si Bérenger et Ramgoolam s’apprécient, le premier a déjà expliqué au second qu’il ne souhaite pas être son numéro deux… afin de ne pas revivre leur cassure de 1997. Cela nécessite un aménagement institutionnel complexe : Ramgoolam président avec pouvoirs, Bérenger Premier ministre avec suffisamment de prérogatives pour diriger au quotidien le gouvernement. Enfin, l’accord comporte une condition politique plus prosaïque : celle d’assurer une bonne représentativité du MMM au Parlement tout en maintenant l’importance du PTr sur l’échiquier politique. Cela à travers un nouveau système électoral.

Dans l’idéal, Bérenger aurait bien voulu conclure ce deal complexe. Mais là où le leader mauve prône une prise de décision rapide, Ramgoolam joue la montre. C’est d’ailleurs cette attitude qui a largement conduit Bérenger à abattre son joker Jugnauth en début d’année. « Trop tôt » au goût du principal intéressé, qui nous avouait, il n’y a pas si longtemps, son « agacement » face à l’habitude de Bérenger de « koz tro boucou ».

Moins de six mois après la conclusion du « remake de 2000 », la fâcheuse manie de Paul Bérenger de parler trop et d’agir vite lui joue déjà des tours. En cherchant à hâter une décision de Ramgoolam, Bérenger a ouvert les discussions avec le MSM. En voulant dramatiser la démission de SAJ du Réduit, Bérenger a annoncé, « trop vite », selon l’ancien président, l’éventuelle démission de six membres du gouvernement.

Stoïque, SAJ nous avouait « pa bizin dir an avans sa bann zafer la ». Les cartes ont toutefois été (prématurément) abattues. N’écoutant pas sa femme pour une fois, le président a démissionné. Tandis que les démissionnaires en puissance dans le gouvernement se laissaient convaincre (de gré ou de force) de rester à leur place. Du coup, on attend toujours du « remake » qu’il tienne sa promesse de « hâter la chute du gouvernement ».

Ironiquement, c’est peut-être la chute du MSM lui-même que hâte l’alliance MSM/MMM. Galvanisés par le retour de SAJ dans l’arène politique, les militants blancs se sont vite mis à se poser des questions au vu de l’incapacité du parti à attirer les grosses foules au fil du « pèlerinage » de son fondateur autour de l’île. « Tandi ki papa pe fer pelerinaz otour lil, piti pe fer tour di mond » : la sévérité avec laquelle cette phrase est assénée par un militant MSM résume la défiance qui monte à l’encontre des dirigeants du parti. Si SAJ reste le vieux sage à qui l’on voue une admiration sans bornes, l’équipe qui l’entoure passe désormais pour être difficilement en mesure d’assurer sa relève. Pas face à Bérenger en tout cas.

C’est sans doute conscient de la nécessité de se rabattre sur un plan B, qu’au moins un cadre du MSM a entrepris une stratégie d’ouverture auprès de Xavier Duval. Très mauvais calcul. Dans l’heure qui a suivi la rencontre entre le leader du PMSD et Showkutally Soodhun, Navin Ramgoolam était au courant des deux propositions du MSM. A défaut d’un partenariat MSM/PMSD, il a été proposé à Duval de sonder son patron sur la possibilité d’une réconciliation de l’équipe de l’alliance de l’Avenir. Proposition accueillie par un quadruple « never » sonore de Ramgoolam.

Si la réponse du principal concerné n’est pas parvenue directement à la direction du MSM, les sollicitations du parti de Pravind Jugnauth ont, elles, été très vite portées à l’attention de Paul Bérenger…sans doute par un ami lui voulant du bien.


MSM, ton univers impitoyable…

La démission de sir Anerood Jugnauth de la présidence de la République n’était pas suffisante. La déclaration de Paul Bérenger indiquant que le « remake de 2000 » est non seulement « on » mais « done » n’était, elle non plus, pas assez explicite. Il a donc fallu attendre que l’assemblée des délégués du MMM annonce la bonne parole de manière définitive hier : Medpoint 2 est conclu et avalisé. L’enthousiasme qui en découle a atteint un degré tel que dans les rangs du MSM, on n’hésite désormais plus à affirmer que le gouvernement sera considérablement fragilisé avant le 1er mai. Car des ministres renégats s’apprêtent à rejoindre les rangs de l’opposition. Celle-ci devrait toutefois essayer de contrôler son euphorie. C’est même d’une forte dose de lucidité et de retenue dont elle a aujourd’hui besoin.

 

Ce constat, quelques proches de sir Anerood Jugnauth le font déjà. Mais peinent toutefois à le partager avec le leader de l’alliance MSM/MMM. De peur de toucher à la corde sensible de l’entente père-fils. Leur mise en garde concerne d’abord l’attitude du leader du MSM par rapport à ceux qu’il considère comme ses adversaires. A Navin Ramgoolam, Pravind Jugnauth avait demandé la tête de Rama Sithanen. A Bérenger, il a exigé et obtenu celle de son oncle Ashock Jugnauth. Sauf que cette décision pourrait coûter très cher à Pravind Jugnauth.

 

Le raisonnement est simple. Depuis les élections générales de 1991, Ashock Jugnauth a fait de la circonscription n°8 (Moka/Quartier-Militaire) son bastion. Il y a tissé un solide réseau de soutiens qui lui est toujours acquis et dont les membres digèrent moyennement le parachutage de Pravind Jugnauth dans la circonscription depuis l’élection partielle  de mars 2009. Aujourd’hui, l’entourage de SAJ estime à environ 5 000 le nombre de votes qu’Ashock Jugnauth est susceptible de mobiliser lors d’un suffrage au n°8. Des votes directement ponctionnés du capital  électoral du MSM.

 

Ce qui nous amène au deuxième temps du raisonnement. Ashock Jugnauth affirme, pour l’heure, vouloir se représenter devant son électorat. La question demeure toutefois : dans quelle configuration ? S’il le fait sous la bannière de son one-man-party, l’Union nationale, l’oncle Jugnauth n’a aucune chance d’être élu. Même s’il bénéficiera d’un certain élan de sympathie du fait de son statut de « victime de mon neveu ». Si Ashock Jugnauth ne regagnera pas les travées du Parlement, il chamboulera toutefois le résultat final du vote au n°8.

 

Hormis les périodes de raz-de-marée électoral, le différentiel des suffrages entre le troisième et le quatrième candidat à Moka/Quartier-Militaire ne dépasse pas 3 000. Or, si Ashock Jugnauth arrive à mobiliser un minimum de 5 000 votes, il sera alors en mesure de peser drastiquement sur le résultat final de cette circonscription. L’autre député assidu du n°8, Suren Dayal, qui y a posé ses valises depuis les élections de 1995, ne devrait pas, a priori, en souffrir. Il pourrait même profiter de la dispersion des votes de l’opposition pour y assurer la victoire du camp travailliste.

 

Sans battre d’un cil, un proche de MSM évoque l’autre scénario « pas improbable ». Celui du passage d’Ashock Jugnauth au Parti travailliste. Dégoûté par le MMM, incapable de revenir aux côtés de SAJ et de son neveu, des proches d’Ashock Jugnauth le disent susceptible de rejoindre l’ennemi juré d’hier. Un ticket Ashock Jugnauth-Suren Dayal équivaudrait à une victoire assurée dans la circonscription. « Le PTr n’aura même pas à attaquer son adversaire, Ashock Jugnauth se chargera de dénoncer son frère, son neveu, le système du MSM et la fourberie de Bérenger qui a consenti à le laisser tomber. » L’analyse d’un « well wisher » du MSM doit faire froid dans le dos des dirigeants du parti. Car elle implique une chose : la défaite certaine de Pravind Jugnauth. Et l’enrayement de la mécanique de succession au sein de l’accord Medpoint 2.

 

En cas de victoire d’une alliance MSM/MMM dans l’île mais d’une défaite de Pravind Jugnauth au n°8, ce dernier serait en effet contraint de faire de la figuration, en tant qu’Attorney General au sein d’un futur gouvernement, tout en étant incapable d’accéder au poste de vice- Premier ministre. Cette configuration modifierait considérablement la logique de Medpoint2. Et consoliderait l’impression générale que cet accord n’est en fait qu’une alliance MMM/SAJ. Dans laquelle SAJ ne détient que l’apparence du pouvoir. Et si c’était cela le vrai coup de maître de Bérenger ? Sacrifier l’oncle pour mieux éliminer le neveu…


En attendant les « Amnésie Awards »

Les délibérations du jury se sont tenues dans le plus grand secret. C’est d’ailleurs dans la discrétion absolue qu’un panel d’éminents experts s’est rendu à Maurice, il y a quelques jours, dans le cadre du concours international « Amnésies politiques ». Celui-ci récompense les personnes qui tirent avantage de leur amnésie pathologique ou feinte à des fins politiques. Officiellement, le Top 5 de l’Amnésie politique à Maurice ne sera connu que lors d’une grande soirée au mois de juin. Mais nous avons pu nous procurer le compte-rendu des délibérations du jury. Les voici…

5e place : Yatin Varma. Le jury a particulièrement apprécié le discours de l’Attorney General (AG) ce mercredi. Les experts internationaux disent, lors de leurs délibérations, avoir constaté que Varma a su exploiter ses problèmes de mémoire pour attaquer le président de la République. En effet, l’AG a expliqué avec verve que les années 1980 avaient été « sombres » pour la liberté de la presse. Tout en omettant de préciser que durant les années 1970, la presse était soumise à un régime de censure avant publication par le pouvoir travailliste d’alors. Mais – plus important encore – l’AG a « oublié » que durant les cinq dernières années, plusieurs journalistes ont été arrêtés et des groupes de presse boycottés par son propre gouvernement.

4e place : Pravind Jugnauth. Les récentes prestations du leader du MSM au sujet du « remake de 2000 » ont été qualifiées de très crédibles par le panel. Ce dernier a, par exemple, particulièrement apprécié l’amnésie totale de Pravind Jugnauth par rapport à ce qu’il disait il y a à peine un an sur Paul Bérenger. Ce dernier, futur Premier ministre et donc patron du leader du MSM pendant deux ans en cas de succès électoral d’un éventuel Medpoint 2, avait été traité par son « ti frer » actuel de « Johnnie ». Le prince héritier de la dynastie soleil s’était également laissé aller à dire que Bérenger était en train de « sous le Dr Navin Ramgoolam » afin de faire alliance avec lui. Malgré tout cela, Bérenger et Pravind Jugnauth affichent une entente cordiale depuis octobre 2011. Le jury n’a pu s’empêcher d’applaudir cette prouesse.

3e place : Navin Ramgoolam. Le jury s’est en partie basé sur l’interview accordée à l’express dimanche par le Premier ministre pour se faire une idée du degré d’amnésie de ce dernier par rapport au MSM et à sa décision de faire alliance avec ce parti début 2010. Navin Ramgoolam leur est ainsi apparu très convaincant quand il a expliqué que le MSM « lui a fait perdre des votes » et que le parti était « un boulet [qu’il a] trainé ». Ces commentaires, a conclu le jury, dénotent une amnésie politique évidente d’un Ramgoolam qui expliquait le 31 mars 2010 que « la nouvelle alliance bleu-blanc-rouge » avait été constituée « pour assurer la stabilité et le progrès du pays ».

2e place : Paul Bérenger. Le patron du MMM a failli finir à la première place du classement car ses prouesses amnésiques ont fortement impressionné le jury. Celui-ci a qualifié d’exceptionnelle la propension de Paul Bérenger à perdre la mémoire d’une semaine sur l’autre. Ainsi le jury a trouvé Bérenger flamboyant dans son appel lancé aux délégués de son parti à voter « massivement » pour Medpoint 2. Alors que le même Bérenger disait, il y a deux semaines, que le MMM préfère, au fond, aller seul aux élections avant de révéler que certains membres du comité central mauve ont voté en faveur du remake « pour faire plaisir à Paul ». Le jury a également été particulièrement charmé par la capacité de Paul Bérenger à oublier son avis encore assez récent sur Pravind Jugnauth. Qu’il qualifiait, sourire aux lèvres, de « ti frer ti lespri ».

1ère place : Sir Anerood Jugnauth. Le président du jury n’a pas tari d’éloges à propos de sir Anerood Jugnauth et de sa phénoménale capacité à oublier ce qu’il raconte. Ainsi, le panel est resté admiratif devant la volonté de SAJ de participer au meeting du 1er Mai d’une alliance MSM/MMM si jamais il est « invité » et « an deor » à ce moment-là. Le jury a jugé cette prestation exceptionnelle, car le même SAJ disait en avril 2010 avoir prévenu son fils Pravind : « Il vaut mieux être dans karo kann que d’aller travailler avec le MMM et Bérenger. » Un chef mauve qu’il trouvait alors « rempli de méchanceté ». Après avoir un temps réfléchi à accorder la première place ex aequo à Bérenger et SAJ, le jury a finalement choisi de reconnaître le grand apport de ce dernier dans l’utilisation de l’amnésie en politique.

L’étape mauricienne a toutefois été l’occasion pour le jury d’innover. Il a en effet décidé d’accorder un Prix spécial aux Mauriciens. Car les experts ont cru distinguer chez eux des signes distinctifs d’une forme rare d’amnésie collective. Celle-ci se manifeste à peu près tous les 5 ans quand les électeurs locaux se rendent aux urnes. Le jury compte rendre un hommage au peuple mauricien à ce sujet lors de la grande soirée des « Amnésies politiques ».


Une question de timing

On avait presque oublié l’affaire MedPoint. « Le scandale du siècle », que dénonce Paul Bérenger depuis un an déjà. Nous devons donc remercier le leader du MMM d’avoir ramené la question sur le devant de l’actualité ce mercredi. En effet, sept mois après avoir évoqué une rencontre présumée entre le Premier ministre et l’ancien propriétaire de la clinique MedPoint, Bérenger s’est enfin décidé à consigner une déposition au Central Criminal Investigation Department (CCID) pour confirmer ses accusations. On s’interroge toutefois. Le patron du MMM a-t-il eu besoin de sept mois pour vérifier et contrevérifier son information ? Ou alors a-t-il tout simplement choisi le meilleur moment pour faire son déplacement médiatisé au CCID ? On peut penser que c’est le cas.

Depuis la soumission du rapport Carcassonne sur la réforme électorale, le 18 décembre dernier, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger n’ont cessé de se parler. D’abord de manière informelle, puis lors de réunions plus structurées à partir de mi-janvier pour discuter des propositions de Rama Sithanen. Depuis deux semaines, toutefois, les discussions semblent avoir capoté. Incapables de s’entendre sur la réforme mais aussi, très probablement, sur un accord politique plus global, Ramgoolam et Bérenger campent désormais sur leurs positions respectives.

Tout ceci amène Rama Sithanen à avouer (lire pages 14-15) que la réforme électorale est probablement morte et enterrée. Or, c’est justement pile au moment où l’on s’apprête à arrêter la date des obsèques de la réforme électorale que le patron du MMM est comme gagné par un sursaut. Les mamours et koz koze avec Ramgoolam ayant échoué, le leader de l’opposition semble de nouveau vouloir penser à faire la lumière sur la vente controversée de la clinique MedPoint à l’Etat et le rôle que le Premier ministre a pu jouer dans cette transaction. Le timing est déroutant…

Le regain d’énergie du MMM se constate aussi ailleurs. Puisque les plans d’avenir avec le Parti travailliste paraissent sombres pour le moment, Bérenger déterre l’os MSM, mis de côté depuis le début de l’année. En effet, Pravind Jugnauth avait fait savoir dès les premiers jours de 2012 qu’un « remake de 2000 est plus que jamais d’actualité ». L’entrain du patron du MSM était toutefois accueilli avec une grande circonspection chez les Mauves. Les plus honnêtes d’entre eux avouant sans ambages : « Ce n’est pas le fils qui nous intéresse… mais le père ! »

Sauf que le père est toujours confortablement installé au Réduit. Sir Anerood Jugnauth se contente d’ailleurs désormais de ne lancer que le minimum syndical de coups de griffes au gouvernement et à Ramgoolam. Mais malgré la mollesse des attaques de SAJ, le MMM semble vouloir passer à la vitesse supérieure avec l’allié d’hier. Mais Bérenger ne se précipite pas. C’est en effet dans deux semaines, le 3 mars, que le comité central du MMM sera appelé à voter à bulletin secret le remake de l’alliance MSM/MMM de 2000. Officiellement, le vote est décalé à cause de Maha Shivaratree. On peut toutefois se demander si ces deux semaines ne font pas office de temps de sursis. Au cas où Ramgoolam songerait à demander à Bérenger de revenir à la table des négociations de la réforme électorale… et de l’entente politique.

Si dans deux semaines, le MMM vote le remake de 2000, le parti de Bérenger se retrouvera avec un autre problème de timing… par rapport à SAJ. Pour l’heure, il n’y a aucune raison politique ou objective qui peut pousser le président à la démission. Or, si le comité central du MMM avalise un remake de 2000, le président se retrouvera alors dans une drôle de posture. Où il sera à la fois le chef de l’Etat mais aussi le shadow prime minister d’une alliance qui a pour but de renverser Ramgoolam. Cela mettra le président de la République dans une situation où il ne pourra plus prétendre être au-dessus de la mêlée politique. Démissionnera-t-il alors ? Là aussi, ce sera une question de timing…


Dear Pravind…

L’opposition est une formidable école d’humilité. Le MSM, ce n’est un secret pour personne, entretient des rapports plutôt tendus avec la Sentinelle. Mais il semble que les choses ont quelque peu évolué depuis l’affaire Medpoint et l’éjection du parti soleil de l’alliance de l’avenir.

Ainsi, depuis quelques mois déjà, nous sommes « cordialement invités » à toutes les conférences de presse, meetings et congrès du parti. Alors que dans un passé pas trop lointain, on nous faisait clairement comprendre que notre présence n’était ni requise ni souhaitée lors de ses activités !

Mais tout change… l’hostilité réelle d’hier peut céder sa place à une détente (toute feinte ?) aujourd’hui. Ainsi, oh surprise, j’ai reçu, il y a quelques jours, une carte de souhait de… devinez qui… Pravind Jugnauth lui-même. Une première en presqu’une décennie passée à l’express dimanche. Quelle délicate attention de la part de quelqu’un qui a ignoré, boycotté et excusé les violences envers la Sentinelle !

C’est que, contrairement au MMM et au Parti Travailliste, le MSM a souvent eu une relation de travail calamiteuse avec les titres, journalistes et responsables de presse qu’il considère « hostiles ». Ainsi, au parti soleil, on accueille chaque critique par un torrent d’insultes, de menaces ou un boycott (sous toutes les formes). L’approche des autres est bien moins radicale.

Pour ne prendre qu’un exemple, l’homme politique local qui passe pour être le plus hostile à la presse indépendante demeure malgré tout accessible. Passez un coup de fil à sa secrétaire pour discuter d’une question précise avec lui… il y a des chances qu’il rappelle… Critiquez-le, il est possible qu’il prenne l’initiative de vous expliquer sa position tout en admettant que la critique a été « fair ».

Certes tout cela se passe en coulisses. Du coup, le grand public, lui, ne connait que les vociférations et menaces qui ont vocation à passer au journal télévisé, sur les radios ou à être reproduites dans les comptes-rendus de quotidiens. Mais ca c’est pour la galerie, quand les projecteurs, micros et enregistreurs sont éteints, un seul fait demeure : le pouvoir (politique) a autant besoin de la presse que la presse a besoin du pouvoir politique (pour obtenir ou contre vérifier ses informations). Certains semblent le comprendre depuis peu. Alors, dear Pravind, tant mieux si vous faites désormais partie de ceux-là


Connaissez-vous le « Senior leader » du MSM ?

Vous avez probablement la réponse à la question. C’était le sujet de mon édito de ce matin sur Radio One. Le manque de respect d’Anerood Jugnauth pour sa fonction de président de la République devient de plus en plus révoltant. Il fallait en parler…

Le « Senior leader » du MSM

Version Texte

«J’ai dit à Pravind : il vaut mieux être dans karo kann que d’aller travailler avec le MMM et Bérenger. » Qui a pu prodiguer ce conseil au patron du MSM ?

Pour le savoir il faut remonter dans le temps. Le 2 avril 2010 précisément. Et lire l’express. C’est dans un entretien à ce journal, que Sir Anerood Jugnauth, le président de la République, et accessoirement père de Pravind Jugnauth, avait fait cette déclaration fracassante.

C’est d’ailleurs durant cette même interview que le président avait entrepris de démontrer comment et pourquoi le leader du MMM est un personnage fourbe en qui, selon lui, il ne faut pas avoir confiance.

Un an et demi plus tard. Sir Anerood Jugnauth a vraisemblablement changé d’avis. Puisque seuls les idiots ne changent jamais d’opinion… réjouissons nous donc d’avoir un président de la République intelligent !

Si SAJ est sage, il ne faudrait pas par contre qu’il prenne les mauriciens pour des moutons ! En effet, voila une semaine qu’une alliance MSM/MMM est en gestation. Samedi, Paul Bérenger a même annoncé qu’un remake de l’alliance MSM/MMM de 2000 sera confirmé en temps et lieu.

Seuls ceux qui ont vécu sous un rocher pendant les 20 dernières années ignorent que SAJ a été le Premier ministre de cette alliance de 2000 à 2003.

Seuls ceux qui ne suivent en rien l’actualité locale ignorent également que SAJ et Bérenger se sont rencontrés deux fois récemment. Au vu et au su de tout le monde. Pour discuter de politique et probablement d’une alliance. Dont Bérenger dit : « fini diskite ».

Mais il y a un hic. Anerood Jugnauth n’est pas un vulgaire politicien dont le bureau du Réduit sert de décor pour des marchandages politiques. La fonction de SAJ (faut-il le rappeler ?) fait de lui le garant de nos institutions. A ce titre, il est censé rester en dehors de la sphère politicienne.

Il est donc très regrettable que le Président n’ait pas jugé utile d’émettre un communiqué ou alors de prendre la parole pour rappeler à tout le pays qu’il est au dessus de la basse-cour politique. Et qu’il convient donc de ne mêler ni son nom et encore moins sa fonction à la conclusion…d’une alliance MSM/MMM. Qui, selon Bérenger, n’attend que la démission de SAJ pour se concrétiser.

Peine perdue. SAJ n’a émis aucun communiqué. Aucun rappel à l’ordre. De toute évidence, Anerood Jugnauth, ces jours ci, est père de Pravind Jugnauth et « Senior leader » du MSM d’abord. Président de la République ensuite.

Pour reprendre le jeu de mot de son fils ; il attend même sans doute SAJement son heure…pour finaliser un nouveau deal Medpoint. Ou plutot, vu les circonstances…conclure un nouvel accord Château du Réduit !


Autour d’un sondage fictif

Politique fiction. Imaginons qu’un sondage organisé aujourd’hui même établisse avec clarté les rapports de forces politiques du moment. Admettons que l’étude donne 50% d’intentions de vote au Parti travailliste et 30% au MMM. Enfin, soyons généreux, quelque 4 points au MSM. A priori, cette photographie de l’opinion serait surprenante. Elle démolirait la thèse du MMM et du MSM selon laquelle le gouvernement et Navin Ramgoolam sont « plus impopulaires que jamais ».

Poursuivons, en supposant que ce sondage consacre Navin Ramgoolam comme le seul Premier ministre légitime aux yeux de deux Mauriciens sur trois. Passé l’incrédulité face à ce résultat, regardons le fond de l’affaire. C’est d’abord une question d’hommes. Ceci explique d’ailleurs cette conclusion-là.

Attelons-nous à comprendre pourquoi ce sondage qui n’existe pas consacre Navin Ramgoolam. Pour cela, il suffit de passer en revue sa concurrence. Parmi elle, se dresse un challenger à qui l’opinion publique semble avoir remis, en viager, la fonction de leader de l’opposition. Un bambin politique, à la popularité et la crédibilité insignifiantes, complète le tableau. Par défaut ou par K.-O., Ramgoolam gagne face à eux.

Une telle photographie hypothétique de l’opinion serait assez similaire à celles qui ont pu être prises depuis début 2010. A la veille des dernières élections générales, des études commandées par Navin Ramgoolam lui-même et des entreprises indépendantes avaient, en effet, livré sensiblement les mêmes conclusions.

Notre sondage a toutefois une valeur ajoutée: il démontre que post-Medpoint, malgré l’affaire Khamajeet et en dépit de l’éclatement de l’alliance de l’Avenir, les rapports de forces politiques sont restés à l’avantage de Navin Ramgoolam. Probablement parce que sa stratégie consistant à rester au-dessus de la mêlée politique, tout en faisant sauter régulièrement des fusibles, a été payante.

Admettons désormais que tous les leaders politiques prennent connaissance de cette enquête d’opinion. Et qu’ils soient  convaincus de la justesse de ses conclusions. Quelles suites donneraient-ils à leur action et à leurs stratégies politiques?

Ramgoolam pourrait d’abord se demander s’il ne serait pas souhaitable qu’il aille tranquillement jusqu’au terme de son mandat en 2015. En essayant de débaucher au passage un ou deux des 37 députés de l’opposition. Histoire d’être plus tranquille au Parlement.

Mais une opposition unie pourrait malgré tout user sa popularité. A la faveur d’un ou deux autres « méga scandales » qui ne demandent qu’à éclater au grand jour. Pourquoi donc fermer les portes quand on peut en laisser une ouverte. Et quitte à faire cela, mieux vaut choisir de la laisser entrouverte pour celui qui dispose d’une vraie assise électorale : Bérenger.

Pravind Jugnauth n’a pas beaucoup de choix stratégiques. Déjà, il doit se réconcilier avec le fait qu’avec un score aussi bas, il est un poids plume sur l’échiquier politique et ne dispose d’aucun joker dans une quelconque négociation. Lui, non. Mais son père peut-être…

Toutefois, que permettrait réellement un retour de l’empereur soleil ? Faire passer la cote du parti de son fils de 4 à 8 points ! Le MSM pourrait alors prétendre représenter une réelle force de nuisance contre Ramgoolam. Mais pas encore une force d’alternance.  Jugnauth fils réaliserait très vite qu’il lui faut une double bouée de sauvetage. Celui du Père Anerood… et du frère…Paul.

Mais qu’en penserait Bérenger ? Oui, le sondage démontre que son parti a une assise. Mais bénéficier de celle-ci en étant au pouvoir vaut toujours mieux que d’en disposer en étant dans l’opposition. La réunion des deux frères avec la bénédiction du Père pourrait bien faire quelques étincelles dans les urnes. Mais il faudra vraisemblablement attendre 2015 pour cela. L’alchimie entre frères et la santé tiendront-elles d’ici la ? Et surtout, les étincelles des urnes seront-elles suffisamment vives pour mettre le feu à la maison travailliste dans une prochaine joute électorale ? Pas si sûr…

Ce qui est certain. C’est qu’un Ramgoolam encore populaire mais heureusement pas tout-puissant peut être un allié naturel pour Bérenger. Leurs forces parlementaires conjuguées réussiraient à concrétiser n’importe quel amendement constitutionnel visant à créer un nouveau mode de partage du pouvoir. Les apports électoraux des deux partis permettraient, eux, de reconduire une  majorité parlementaire qui n’aurait rien à envier à celles de 82, 91 ou 95. L’un pourrait régner du château, l’autre, hyperactif, pourrait enfin donner l’impression de passer 25 heures par jour à travailler et à changer le pays. En somme, la formule parfaite.

Il y a vingt ans naissait la formule « Win with Navin ». En 2005, Bérenger avait découvert une « Winning Formula ». Et si ce sondage théorique… appelez le bidon… débouchait sur une « Win with Navin Winning Formula » Il resterait seulement à déterminer dans quelle mesure cette formule,  qui servirait à merveille les intérêts de deux hommes, serait à l’avantage des 1 299 998 autres Mauriciens.


La Guerre des Politiques : le Retour de SAJ

Ce sera le blockbuster de l’été. Mon édito du jour sur Radio One était consacré au film qui sortira bientôt dans toutes les salles du pays…

La Guerre des Politiques, Episode III: le Retour de SAJ.


The good, the bad and the ugly

Ce n’est pas une histoire de cowboys à la recherche d’un magot enterré dans un cimetière. Mais plutôt celle d’une population incrédule devant un mauvais feuilleton politique. Toutefois, au-delà de ce spectacle « ugly », l’actualité de la semaine recèle également quelques faits « good » et d’autres « bad ».

Le « good » en cette fin de semaine est à chercher du côté du Board of Investment (BOI). Ce n’est bien évidemment pas le départ de Prakash Maunthrooa qui est un motif de satisfaction. En effet, celui-ci devait d’abord son poste de directeur à son allégeance à son patron, Pravind Jugnauth. Tant mieux donc si Maunthrooa a eu la décence de démissionner avant qu’on ne lui montre la porte.

On aurait pu penser que le nouveau ministre des Finances allait prestement remplacer Maunthrooa par l’un de ses affidés. Or, Xavier Duval ne l’a pas fait. C’est donc le jeune Ken Poonoosamy, un Senior Manager du BOI, qui assure désormais l’intérim à la direction de l’organisme. Cette nomination vaut la peine d’être saluée.

Le directeur par intérim du BOI n’a que 38 ans. Il a déjà eu une riche carrière chez les consultants de Kemp Chatteris Deloitte et au Mauritius Freeport avant de poser ses valises au BOI, il y a six ans. Des Ken Poonoosamy, toutefois, il en existe des dizaines. Mais leur horizon est bouché quand ils travaillent dans des corps parapublics où ils pâtissent sous un plafond de verre qui rend le « top job » inaccessible. Celui-ci étant invariablement occupé par une personne parachutée à ce poste grâce à ses accointances avec le régime en place. Vivement donc que Ken Poonoosamy ouvre la voie à d’autres jeunes et incarne la méritocratie au sein de nos institutions.

Si au BOI, on fait du neuf avec du neuf, à la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), on fait du vieux avec du vieux. Robert Desvaux retrouve en effet l’organisme qu’il avait abandonné pour suivre Xavier Duval à l’Intégration sociale. Cette fois-ci, pour prêter main forte à Michael Sik Yuen. Le nouveau président de la MTPA ramène l’arme (marketing) fatale dans ses valises. Le fameux slogan « Mauritius : c’est un plaisir ».

Gare à celui qui osera se moquer de cette signature dont l’élaboration a coûté Rs 44 millions aux contribuables du pays. Qui n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir en lui donnant l’étiquette « bad » dès son lancement en octobre 2009. À la MTPA, on affiche la confiance par rapport au slogan ressuscité. Il va permettre de donner une image cohérente et unifiée de la destination Maurice auprès de tous nos marchés, dit-on.

Les visiteurs du salon Top Resa – la grand-messe du tourisme en France – n’auront d’ailleurs qu’à bien se tenir fi n septembre. La MTPA leur réserve une révolution sémantique de taille. Pour le marché français, on pourra désormais dire « Maurice, c’est un plaisir ». Avec ça, c’est sûr, les arrivées touristiques connaîtront un bond fi n 2011. Si cela n’arrive pas, la MTPA apprendra peut-être une leçon utile… un mauvais slogan reste « bad ». Peu importe le nombre de fois où l’on cherche à le ressusciter.

Et les citoyens dans tout ça ? Ont-ils seulement appris leur leçon ? À bien y voir, il y a de forts risques de voir le « peuple admirable » mauricien frappé d’un épisode d’amnésie collective vers 2015, année des prochaines échéances électorales. Toutefois, dans l’immédiat, c’est un profond sentiment de dégoût qui les anime face à la pièce « ugly » que jouent les acteurs principaux de la politique locale. L’un prétend qu’il est parfaitement « à l’aise » avec la personne qui l’a traité de « souser » et d’ivrogne – alias « Johnnie » – récemment. L’autre affirme que les 14 mois passés dans un gouvernement « où on ne prend pas de décision » ont été un calvaire. Alors qu’il y a deux mois, il parlait encore d’« ambiance formidable » et du « leadership éclairé » de celui qui dirige toujours le gouvernement. Enfin, un troisième pense qu’un parti n’est que « bagasse » quand, après un savant calcul politique, ce même clairvoyant avait trouvé que le « parti bagasse » en question valait 18 investitures sur 60 lors des élections de 2010.

Personne n’est dupe. Pourtant, comme les fois précédentes, il semble fort probable que les Mauriciens finiront par passer l’éponge sur les turpitudes de la classe politique. Cette attitude-là, cette légèreté-là aussi, est « ugly » !


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