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À l’épreuve de la foule

Il n’y aura pas de match nul. Les rassemblements politiques de ce 1er-Mai livreront un seul vainqueur. Il en est ainsi parce que les blocs Parti travailliste/PMSD et MSM/MMM se sont laissé enfermer dans une logique du nombre. Leurs leaders respectifs en assumeront les conséquences. Elles pourraient être lourdes.

Le pays ne traverse pas une de ces périodes de mi-mandat habituellement marquées par une certaine torpeur au niveau politique. Depuis le 1er mai 2011, l’Alliance de l’avenir a explosé en vol, sir Anerood Jugnauth a démissionné de la présidence pour reprendre un rôle politique de premier plan. Enfin, une alliance MSM/MMM a désormais pour ambition de bouter rapidement Navin Ramgoolam hors du pouvoir.  Du coup, les meetings du 1er-Mai de cette année obéissent à une autre logique. Ils sont de véritables tests. Dont il convient d’établir la note minimale pour réussir.

Nous ne sommes pas à la veille d’élections générales. Il est donc illusoire d’espérer une réédition des scores des meetings du 1er-Mai de 2010. Selon les estimations de l’express dimanche, la défunte Alliance de l’avenir avait alors rassemblé entre 30 000 et 32 000 partisans à Vacoas tandis que le MMM avait drainé une foule de 18 000 à 20 000 personnes à Port-Louis. Ce mardi, toutefois, le « pass mark » pour les alliances PTr/PMSD et MSM/MMM se situera plutôt autour de 12 000 personnes.

Ce score n’est en rien inatteignable. Un bon meeting de mi-mandat du PTr attire habituellement de 8000 à 10 000 personnes, le MMM n’est d’habitude pas trop à la traîne avec 2000 à 3000 sympathisants en moins. Or, à l’approche des échéances électorales ou quand les démonstrations de force deviennent nécessaires, chaque parti arrive à remobiliser ses troupes. Ainsi, le 1er mai 2009, le PTr avait réuni  13 000 personnes à Vacoas. Tandis que le MMM et le MSM attiraient une foule cumulée de 12 000 partisans (9000 mauves à Rose-Hill, 3000 blancs à Saint-Pierre). Il s’agira, pour l’opposition, de rééditer (au moins) ces chiffres mardi.

En théorie, les deux blocs politiques sont en mesure d’y arriver. L’alliance au pouvoir a déjà démontré sa supériorité logistique à cette fin. Si les 300 autobus de la CNT réservés par le PTr roulent à moitié vide, ils déverseront malgré tout un flot de 9000 personnes à Vacoas. Il n’est pas interdit de penser que 3000 autres sympathisants s’y rendront par d’autres moyens…

Du côté de la nouvelle alliance MSM/MMM, l’essai est tout aussi transformable. Même si des cadres rouges clament le contraire, la campagne de mobilisation de l’opposition a été plutôt satisfaisante. Patrick Assirvaden peut chercher à travestir la vérité (lire son interview en pages 18-19), il n’en demeure pas moins vrai que SAJ a attiré une foule d’un millier de personnes à Rivière-du-Rempart ce lundi. L’effet de curiosité de ceux qui cherchent à constater de visu « si ankor ena lor bolom la », cumulé aux efforts de mobilisation du MMM et du MSM, ne peuvent donc qu’augurer d’une bonne performance de l’alliance de l’opposition à Port-Louis.

Trois scores peuvent donc être enregistrés à l’issue du match de mardi. Un seul d’entre eux pourrait être préjudiciable à l’opposition. En effet, si le bloc MSM/MMM réunit une foule nettement inférieure à celle de Vacoas, la messe sera dite. La mayonnaise, que le PTr ne voyait pas monter, retombera rapidement. Privée de l’effet d’entraînement d’une grosse mobilisation, l’alliance  MSM/MMM pourrait peiner à garder ses troupes mobilisées durant les mois à venir et perdre l’attrait qu’elle exerce chez certains membres de la majorité parlementaire. À terme, cela conduira à son implosion. Quand ses dirigeants réaliseront qu’il leur sera difficile de tenir la distance qui les sépare de 2015.

Les deux autres scores demeurent toutefois à l’avantage de l’opposition. En cas d’égalité, l’alliance MSM/MMM pourra tout à fait s’enorgueillir de sa performance malgré les moyens logistiques largement supérieurs de l’adversaire. SAJ et Paul Bérenger envisageront alors les mois suivants avec davantage de sérénité. Ce sentiment céderait la place à l’euphorie si jamais l’alliance MSM/MMM remportait la bataille des foules. L’opposition compte sur cela pour enclencher une suite d’événements irréversibles qui commencerait par une plus forte adhésion populaire pour culminer avec la mise en minorité du gouvernement au Parlement grâce à la démission de trois ou quatre membres de l’équipe de Ramgoolam.

Le champ des possibilités de ce qui pourrait se produire à partir du 1er mai est encore ouvert. SAJ, Bérenger et Ramgoolam ont un jour pour s’assurer que la suite des événements corresponde à leurs plans. En attendant que ceux-ci soient déjoués, un jour, par un sursaut populaire. Dont le premier acte pourrait être tout à fait symbolique :  le boycott des meetings politiques du 1er-Mai !

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Mc Donald’s, le végétarien

Il y a une différence entre « tolérance » et « compréhension ». Le problème du moment, c’est qu’on ne se comprend toujours pas. Tout en se tolérant de moins en moins. Si le climat social est instable, c’est parce que l’un des fondements même de notre capacité à vivre ensemble – la paix interreligieuse – semble menacée depuis quelques semaines.

Seuls les myopes croiront toutefois que c’est le litige opposant Iskcon à Mc Donald’s qui est la cause profonde du sentiment d’intolérance qui s’installe de part et d’autre de certains clivages. Le problème est ailleurs. Il faut en analyser les causes. En commençant par préciser que le conflit Iskcon/Mc Donald’s ne soulève nullement une question de laïcité. Les autorités locales ont octroyé un permis à Mc Donald’s en sachant pertinemment que l’enseigne de fast food allait opérer en face d’un centre religieux. Cette décision administrative dénote une approche foncièrement laïque des pouvoirs publics. Venons-en donc au cœur du problème…

C’est le mode d’exercice du pouvoir politique et la manière dont ce dernier gère ses accointances « religio-ethniques » qui est en cause. Fin mars 2010, le Premier ministre a fait un choix. En décidant de s’allier avec le MSM, le patron du Parti travailliste ne pouvait prétendre ignorer l’image qu’il allait projeter auprès de la population. Malgré les « cinq sous » du PMSD au sein de la roupie de l’Alliance de l’avenir de Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth.

Près d’un an après les élections législatives, Xavier Duval et son parti demeurent quantité négligeable dans un gouvernement perçu comme étant d’abord proche d’un électorat traditionnel, rural et conservateur. Ce qui n’est en rien un handicap. Ramgoolam – un homme que l’on ne peut accuser a priori de tropisme ethnique – aurait pu, à travers ses actions et sa posture, susciter l’adhésion de toute la population.

Le Premier ministre a toutefois échoué. C’est en effet l’image d’une personne emmaillotée par les lobbys socioculturels qu’il traîne. Ces organisations, au fil des années, se sont transformées en des chiens de garde. Dont la tâche est de voler au secours du maître au moindre pépin. Une fidélité dûment récompensée par des contrats ici ou des postes à responsabilité là. Cette promiscuité a achevé de convaincre une partie de la population – située du mauvais côté de la barrière ethnique – de l’existence d’un pacte tacite d’entraide entre le pouvoir et des « représentants » de cette majorité, censée être servie en priorité.

L’autre échec, c’est l’impression que donne le pouvoir d’être à son propre service. Même si le rachat de la clinique Medpoint par l’Etat se révèle être une opération parfaitement légale, de sérieuses réserves sur les dimensions éthiques et morales du deal perdureront. En effet, il y a quelque chose d’inconcevable dans le fait que l’émetteur et le bénéficiaire du chèque dans cette transaction fassent partie de la même famille. Peu importe s’ils se parlent ou pas !

Les réponses expéditives et l’attitude belliqueuse des responsables de cette transaction font planer une perception d’impunité et de « unaccountability » autour des familles régnantes. Que le silence de Ramgoolam sur le sujet n’arrange en rien. Si l’on ajoute à cela les jérémiades répétées du PMSD, l’on se retrouve avec un tableau particulier. Dans lequel le pouvoir semble être exercé par un cartel d’intérêts qui ne semble avoir nul besoin de quelques « cinq sous » pour donner le change par rapport à ses actions et décisions… aussi controversables soient-elles.

C’est dans ce contexte précis que survient l’affaire opposant Iskcon à Mc Donald’s. C’est dans ce climat que des religieux, les Hare Rama Hare Krishna, d’ordinaire pacifiques, appuyés par des nervis habitués aux démonstrations de force, se sont crus autorisés à imposer leurs préférences alimentaires à d’autres. Tandis que dans le camp d’en face, des commentaires irrespectueux voire insultants envers les philosophies religieuses passent désormais pour être parfaitement acceptables. Une attitude ouvertement intolérante rarissime dans le pays.

Toutefois, il ne faut pas se tromper de cible, ni de responsables. La cible n’est pas Iskcon. Les responsables ne sont pas non plus ceux qui s’amusent à dire sur Facebook et des blogs qu’ils vont se faire un devoir de manger deux fois plus de vaches qu’auparavant. Histoire de provoquer davantage les Hare Krishna. En effet, l’enjeu de cette surenchère n’est pas de faire s’entredéchirer la population majoritaire du pays et une minorité qui se considère injustement oubliée par le pouvoir politique. Il y a autre chose.

L’on peut penser que l’escalade continuera jusqu’à ce que le gouvernement prenne position. En faveur d’une partie ou de l’autre. Dans les deux cas, il sera alors temps de lui réclamer des comptes. Si le pouvoir choisit de privilégier la position de Mc Donald’s, il sera alors demandé à Ramgoolam d’expliquer son silence autour du rachat de Medpoint. Si c’est à Iskcon qu’il apporte son soutien, Ramgoolam aura alors à dire si oui ou non la religion majoritaire du pays a vocation à déterminer les conditions dans lesquelles s’exercent les libertés des autres groupes à Maurice.

Nous ne sommes pas à Tunis, ni au Caire. A Maurice les citoyens ont choisi de pousser le pouvoir jusque dans ses derniers retranchements. Ils attendent une réponse. Ce n’est qu’ensuite qu’ils se décideront à émuler les révolutionnaires arabes. Si la réponse de Ramgoolam les satisfait, par contre, ils redécouvriront sans doute tout le sens du mot « tolérance ». En attendant, un jour, de pouvoir vraiment se comprendre…

D’autres commentaires sur cet édito


Ramgoolamiste ou Bérengiste

Doit-on être Ramgoolamiste pour être membre du Parti travailliste ? Est-ce que « militan koltar » est la définition standard du mot « Bérengiste » ? Dans un pays où être militant d’un parti signifi e avant tout jurer allégeance à son leader, Chetan Ramchurn, président de l’aile jeune du MMM, donne sa définition de la politique locale. « Ce sont les Ramgoolamistes contre les Bérengistes, et plus personne ne s’intéresse aux débats d’idées.» Le propos est lapidaire. Mais notre courte histoire postindépendance nous aide à comprendre pourquoi ce qu’avance Chetan Ramchurn n’est, après tout, que la stricte vérité.

Les faits sont difficilement contestables. Depuis 1968, le pouvoir politique s’envisage comme un patrimoine familial. Mû par la règle voulant que la direction du parti se transmette de père en fi ls. C’est le cas chez les Ramgoolam (hormis la parenthèse Satcam Boolell), les Jugnauth, les Duval. D’aucuns voudraient que le MMM suive la même logique. Quand c’est le leader qui finit par incarner le parti, on comprend pourquoi il est à ce point-là facile pour les sympathisants de se proclamer « Ramgoolamistes » ou « Bérengistes » d’abord, travaillistes ou militants ensuite.

Le phénomène des alliances a accentué cette propension à vénérer les chefs politiques. En leur conférant, au passage, l’incroyable faculté d’avoir raison en toute circonstance. Depuis l’indépendance, les leaders des quatre principaux partis du pays ont ainsi démontré qu’ils peuvent s’allier entre eux sans le moindre problème. Tant que l’enjeu de l’alliance demeure la préservation ou la conquête du pouvoir – souvent précédemment acquis à l’aide d’un autre partenaire !

Très vite les leçons ont été retenues à partir de ce mode opératoire. Un militant MMM foncièrement anti-travailliste a appris à tempérer sa hargne. Tout comme un camarade du MSM hostile à l’idée de tout rapprochement avec le MMM a dû, par moments, ravaler ses convictions. L’enjeu : ne pas être pris au dépourvu et être prêt à cautionner les décisions ou volte-face du leader. Le moyen le plus efficace d’y arriver est justement de se faire Ramgoolamiste, Duvaliste ou Bérengiste.

Cette posture permet par exemple d’escamoter le fait qu’on est anti peine de mort dans un gouvernement qui prône sa réinstauration. Ou encore à faire semblant d’épouser une politique économique libérale que mène le pouvoir alors qu’on ne jure que par le protectionnisme et l’interventionnisme étatique. C’est en effet tellement plus facile de commencer sa phrase par le rituel « comme le dit le leader… » Surtout quand on cherche à éviter d’exprimer des opinions contradictoires.

Ce fonctionnement a permis aux leaders politiques d’instaurer autour d’eux une culture de suivisme. Alors comment les Chetan Ramchurn peuvent-ils prétendre bousculer des mœurs politiques paraissant si solidement établies ? La première étape consiste sans doute en un retour aux valeurs fondamentales de chaque courant politique. L’approche pragmatique du MSM. La volonté travailliste d’émanciper toutes les couches de la population, notamment par le travail. Ou encore la lutte du MMM pour l’égalité en droit de tous les Mauriciens.

Le retour aux sources n’est toutefois pas si aisé qu’on ne le pense. Un partisan MSM peut-il risquer de dire à Pravind Jugnauth que son approche mollassonne vis-à-vis du gouverneur de la Banque de Maurice donne l’impression que le principal décideur économique du pays se trouve à la BoM Tower ? Comment dire à Bérenger que sa stratégie électorale depuis 1981 est en totale contradiction avec les idéaux égalitaires et unitaires du MMM ? Comment confronter Navin Ramgoolam sur la question de la lutte contre la pauvreté qu’il gère avec des arrière-pensées purement politiques depuis quelques mois ?

Il est évident que ceux qui oseraient tenir ce type de discours au sein de leur parti  s’exposeraient à la vindicte de leurs camarades suivistes. Mais il est aussi probable que ce type de discours réveille quelques consciences endormies. Lançant ainsi des débats contradictoires au sein de ces partis. De tels exercices pourraient toutefois aboutir à la remise en question de telle ou telle décision des leaders. Or, ces derniers, habitués à ne pas devoir rendre des comptes – ou si peu –, ne toléreront sans doute que très mal la présence de contestataires au sein de leur parti. Deux issus possibles : ces audacieux seront ramenés à la raison. Ou alors éjectés du parti.

C’est ce qu’il se passera si les suivistes continuent à être les membres majoritaires de nos principaux partis. Mais si ce n’est pas le cas. Si des Chetan Ramchurn s’imposent au PTr, au PMSD ou au MMM ? La remise en question qu’on dit impossible au sein de notre classe politique pourrait alors arriver bien plus vite qu’on ne le croit…


Putting competence first

Corruption électorale. C’est ainsi que de nombreux politiciens et observateurs ont qualifié l’annonce de Rama Sithanen durant son discours de mercredi. En effet, le budget 2010 prévoit l’embauche de 2 700 personnes. La concordance de ce recrutement avec la période électorale ne peut que faire peser des soupçons sur l’intention réelle ou inavouée du gouvernement.

La situation n’est pas aussi prosaïque. La nouvelle méthode de présentation du budget est encore méconnue du grand public. C’est dommage, car le Programme Based Budgeting (PBB) adopté depuis 2008 permet de comprendre quels résultats les ministères produisent en utilisant les ressources humaines, matérielles et financières mises à leur disposition. A la lecture du PBB de 2010, on comprend que les recrutements dont on parle semblent justifiés au vu des objectifs de performances fixés par les ministères concernés.

Santé, Education, Police et Maurice Ile Durable (MID), voici les secteurs qui vont accueillir les nouvelles recrues. Dans la police, par exemple, les 900 recrues seront vite mises à la tâche. Car le doublement du nombre de patrouilles mobiles et d’opérations de détection de stupéfiants est prévu en 2010. A la santé, le recrutement de 400 personnels soignants et de 300 médecins et spécialistes permettra notamment au ministère de mettre en œuvre un vaste programme de prévention, de détection et de soin des maladies non transmissibles. Tout en essayant parallèlement de diminuer le temps d’attente avant les interventions chirurgicales.

Ailleurs, le recrutement d’une centaine de personnes pour piloter le projet MID apparaît comme une excellente nouvelle. En effet, MID semblait souffrir depuis plus d’un an d’un double handicap. Un manque de moyens humains et une absence de politique claire. Une première étape semble avoir été franchie à travers ce budget. En effet, la centaine de recrues dans les différents ministères aideront, chacun à sa manière, à la concrétisation du projet. Soit en participant à l’élaboration des politiques comme la « Renewable Energy Development Strategy » ou en mettant à contribution leur expertise durant les audits énergétiques ou environnementaux des administrations publiques ou des entreprises. Avec le PBB, nous pourrons suivre la performance des ministères. A pareil époque, l’année prochaine, nous serons donc en mesure d’évaluer si l’apport de ces recrues a permis la réalisation de des objectifs ambitieux de ces ministères.

En attendant, la suspicion perdure. Et il n’est en rien injustifié. Car le gouvernement reste fautif de pratiques s’apparentant davantage à du copinage qu’à une gestion raisonnée des ressources humaines et financières. Le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, vient d’en donner la preuve éclatante. Porté par l’élan de la « réunification de la famille des bleus », il a recruté, en octobre, deux conseillers proches du Parti mauricien social démocrate. Son « Senior Advisor on Project Implementation and monitoring » et « advisor on information matters » reçoivent respectivement Rs 50 000 et Rs 42 500 par mois. Cela n’aurait rien de choquant s’ils avaient tous deux une expérience dans leur domaine respectif. Non seulement ce n’est pas le cas, mais en plus, ils ne sont tous deux titulaires que de simples « School Certificates ». De telles pratiques politiciennes expliquent pourquoi l’on continue à regarder les procédures de recrutement avec méfiance.

Un défi important attend le gouvernement durant le recrutement de ces 2 700 personnes. Il faudra que le pouvoir démontre clairement que ce sont les candidats les plus qualifiés et expérimentés qui ont été retenus. Par la nature même des emplois à pouvoir, il y a peu de chances qu’on découvre que des titulaires du « Certificate of Primary Education » se sont faits embauchés comme infirmiers. Toutefois, il y a toujours la perception qu’en temps électoral, les personnes proches du pouvoir ont plus de chances que les autres d’accéder à des postes de fonctionnaires.

Face à cette situation, le gouvernement gagnerait à faire de la compétence le seul critère de recrutement durant les mois à venir. Il faudrait revisiter le slogan de campagne de l’alliance en 2008 : « Putting competence first ». Mais il n’est pas dit que le gouvernement puisse s’appliquer cette rigueur. On peut toujours espérer l’improbable…


L’ami Valayden

Le Premier ministre ne rate jamais une occasion de rappeler qu’il est le patron. Or Navin Ramgoolam continue à se montrer timide et réservé au sujet de la déclaration de Rama Valayden, qui a affirmé que les créoles sont davantage victimes de brutalité policière. Jusqu’ici, dans sa seule déclaration publique à ce sujet, le Premier ministre a choisi d’invoquer les statistiques. Qui démontrent, selon lui, que l’affirmation de l’« Attorney General » est erronée. Du coup, Paul Bérenger en déduit que « Ramgoolam n’a ni le courage, ni la capacité de révoquer Valayden. » La conclusion est hâtive et inexacte.decrypt1
La réaction de Ramgoolam est en fait bien calibrée. Chacun y trouve son compte. Ceux qui se sont offusqués de la sortie de l’« Attorney General » prennent note du discret rappel à l’ordre par son patron. Même Eric Guimbeau, qui ne manque pas une occasion de fustiger le Premier ministre, s’est dit « rassuré » par ses propos. Autant pour ceux qui craignaient que Valayden n’incite à la haine raciale et sape la crédibilité du bureau de l’« Attorney General » sans se faire taper sur les doigts.

Mais il ne faut pas se leurrer. Cet épisode arrange en fait les intérêts de Ramgoolam. D’un coté, il calme l’opinion publique et tous ceux qui craignent la réédition des événements de février 1999. De l’autre, il envoie un signal envers la communauté créole. Pour l’heure, seul Paul Bérenger croit que l’électorat urbain – plus précisément les créoles est en train de refluer massivement vers le MMM. Dans la réalité, l’effet Grégoire est passé par là. Attentiste, une bonne partie de ces électeurs cherche des preuves de bonne volonté de part et d’autre. Et s’apprête très probablement à voter pour le parti qui lui offrira le meilleur « deal » aux prochaines élections.

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En ne révoquant pas Valayden, en ne l’attaquant pas et en rappelant que Valayden est son « ami », Ramgoolam vient de donner un gage. Il vient de faire comprendre que ceux qui prennent – même maladroitement la défense de la communauté créole ont leur place dans son gouvernement. Car c’est vrai que la déclaration de Valayden a été très bien accueillie par tous ceux qui se sentent « moins égaux » sur le plan socioéconomique que les autres citoyens du pays. L’affaire devient d’autant plus intéressante pour Ramgoolam quand on sait que cet électorat et celui-là même qu’il doit conquérir. Afin que les candidats de son équipe réussissent à percer, notamment à Grand-Rivière-Nord-Ouest – Port-Louis-Est, Curepipe-Midlands ou Stanley – Rose-Hill.

Nous sommes en pleine phase de consolidation de l’Alliance sociale dans ce segment de l’électorat. Pour y arriver, le cheval de Troie du PMXD a été remplacé par le coq historique et symbolique du PMSD. Rama Valayden, Xavier Duval et Maurice Allet se sont mués depuis quelque temps en ambassadeurs de Ramgoolam auprès de la population urbaine. Ils roulent pour Ramgoolam. Pour cette majorité parlementaire des ¾ que le Premier ministre rêve d’avoir. Et c’est certain, Ramgoolam ne prendra pas le risque, pour l’heure, de se priver d’une quelconque aide pour atteindre son objectif…

D’autres commentaires sur cet éditorial


La marmite « créole » en surchauffe

Début juillet l’express-dimanche titrait en couverture « FCM: le début de la fin.» Étrangement, après cet article qui annonce l’implosion de la Fédération des Créoles Mauriciens , aucun mail n’était parvenu à la rédaction. Personne n’avait appelé les journalistes ou moi en se plaignant de « FCM bashing.» Pas une seule protestation!

Et pour cause, nous pensions que nous avions bien décrit les courants internes de la FCM. Et expliqué comment, en se butant les uns contre les autres, ils allaient finir par faire chavirer le bateau de Jocelyn Grégoire. Trois mois après, démissions, prise de distance et scission imminentes semblent devenues le lot quotidien de la FCM.
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La sortie de Jocelyn Grégoire contre certaines personnes dans Week-End a pu paraître musclée. Pourquoi Grégoire a-t-il été aussi cassant? En bénissant la réunion de « la grande famille bleue » du PMSD, a-t-il en même temps signé un pacte de non-agression avec le gouvernement de Ramgoolam? Grégoire est-il sceptique par rapport à ce qui est reproché à la police durant l’arrestation de Jean Marie Richard? Ou alors, Grégoire est-il en train de prendre cette position afin de s’opposer à un groupe de dissidents internes à la FCM ?

J’ai ma petite idée sur la question. Mais je ne vais pas la partager avec vous pour l’heure. J’attends patiemment la grande réunion de la FCM prévue pour le 25 octobre. Tout ce que je sais, c’est qu’il va y avoir du sport!

Je vous colle le déroulé des échanges mails (entre un petit groupe de personnes) qui a débouché sur la sortie de Jocelyn Grégoire ce dimanche.

From:xxxxxxxxxxxxx
Sent: 01 October 2009 20:03
To: xxxxxxxxxxxxxx
Subject: Komite Vizilans dan Ka Jean Marie Richard

Bann Kamarad,

Permet mwa dir ki li mari inportan ki enn kominike ( angle ek kreol) sorti dan ka Jean marie Richard.

Sa kominike-la bizin anvoy li a :

Premie Minis
Komiser Polis
Human Rights Commission

Tou bann Lanbasad.

KONTENI KOMINIKE

1. Nesesite ki nou bann instision zwe plenman zot rol
2. Soutenir Konsta fer par Attorney General lor delit de facies
3. Konsta rasism anti kreol souvan dan kontak avek bann ‘public officers’
4. Sepandan, lans enn lapel o kalm ek pou ki tou morisien fer konfians tou nou bann linstitision.
5. Ki le droit ek la justice prime

xxxxxx xxxxx

From: zanmari@imagxxxxxxxxx
To:xxxxxxxxx xxxxxxxxxx xxxxxxxxxx xxxxxxxx
Subject: RE: Komite Vizilans dan Ka Jean Marie Richard
Date: Thu, 1 Oct 2009 20:13:05 +0400

CHERS AMIS UNE SENTIMENT D’INSECURITE GAGNE NOTRE COMMUNAUTE SUR TOUT DEPUIS LA LEVEE DE BOUCLIERS DES POLICIERS CONTRE L’ATTORNEY GENERAL ET LE SILENCE DE L’OPPOSITION – J’AI PRIS L’INITIATIVE DE REDIGER CE TEXTE ET AI CONTACTE LES ASSOCIATIONS CI DESSOUS POUR LEUR DEMANDER LEUR AVIS – JOCELYN EST INJOIGNABLE NE REPOND PAS AUX APPELS ET MESSAGES PLUS GRAVE IL NE S’EST PAS PRONONCE PAR RAPPORT A LA DECLARATION DE RAMA VALAYDEN ALORS QUE JE PENSE QUE CT UNE AUTOROUTE OU IL FALLAIT S’ENGAGER AVEC DIGNITE ET FERMETER ……

LES ASSOCIATIONS CI DESSOUS MEMBRES FONDATEURS DE LA FEDERATION CREOLE MAURICIEN, FCM TIENNENT A FAIRE LA DECLATION SUIVANTE :

1. NOUS PRENONS NOTE AVEC SATISFACTION DE LA DECLARATION COURAGEUSE DE L’ATTORNEY GENERAL LUNDI DERNIER.
2. CELUI CI EXPRIMAIT UN SENTIMENT DOULOUREUX GENERALEMENT RESSENTI ET VECU AU SEIN DE LA COMMUNAUTE CREOLE PAR RAPPORT A LA VIOLENCE POLICIERE, PERPETREE PAR CERTAINS ELEMENTS DE LA FORCE AU MEPRIS DES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX ET CONSTITUTIONNELS DE CITOYENS DE TOUTES LES COMMUNAUTES….
3. NOUS LANCONS UN APPEL AU CALME ET A LA RAISON POUR QUE LES INSTITUTIONS DU PAYS PUISSENT FONCTIONNER EN TOUTE SERENITE.
4. NOUS DEMANDONS AU PREMIER MINISTRE ET MINISTRE DE L’INTERIEUR DE PRENDRE TOUTES LES DISPOSITIONS QUI S’IMPOSENT AFIN DE RETABLIR LA CONFIANCE DE TOUS LES CITOYENS DANS LE FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL DE LA JUSTICE ET DE LA FORCE POLICIERE.
5. NOUS ACCUEILLONS AVEC SATISFACTION LA MISE SUR PIED D’UNE ENQUETE A LA DEMANDE DU GOUVERNEMENT PAR LA NATIONAL HUMAN RIGHTS COMMISSION, NHRC.
6. LE GOUVERNEMENT EST ASSURE DE NOTRE SOUTIEN DANS LA VIGILANCE POUR SES EFFORTS AFIN QUE LA VERITE SOIT ETABLIE ET QUE JUSTICE SOIT FAITE…

LE 1ER OCTOBRE 2009

ASSOCIATION CREOLE PLEIN BOIS, ORGANISATION FRATERNELLE L’ESCALIER, ASSOCIATION CREOLE DE PLAINE MAGNIEN, CREOLE MOKA, MUVMAN MOBILYSATION KREOL AFRIKIN, UNION POUR LE PROGRES

From: xxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxx
Sent: 02 October 2009 19:44
To: xxxxxxxxxxx xxxxxxxxx xxxxxxxxxx
Subject: RE: AMANDLA ! NGAWETHU !

Bann kamarad,

Bravo pou kominike.

Jean Marie li bon ki tomem res MAIN fighter dan sa konba-la. To mem bizin res lor front-line.

Koumsa mem bann noir fight pou zot rights dan USA. Li enn individual fight supported by the community.

Mo krwar ki Jean YVes Violette est la personne appropriee pou vinn port-parol the community on this issue.

Prosenn fwa ki to zafer pase an kour, nou tou bizin prezan.

To kontak ar bann politisien li bon. Li bon ki tomem ki demann zwenn zot. Saki refiz zwenn twa, to fer kone an piblik.

Pa blie ki Inspekter Tuyau ti trete de zako par enn politisien lopozision.

xxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxx

From: zanmari@imaxxxx
To: xxxxxxx
Subject: RE: AMANDLA ! NGAWETHU !
Date: Fri, 2 Oct 2009 21:17:33 +0400

this email is privileged…..

Mersi xxxxxx- Li demontre ki kan ena pou fer komikasyon marse and where ther’s a will there’s a way…
Nou finn demontre ki bann responsab muvman zot konn reponn lapel –
mo tristess se ki jocelyn pa finn jiz itil reponn bann sms rel ek messaz …kominike sa bann 11 lorganisasyobn la li palier silans konplis par omission fcm ek so presidan pendan 5 zur ….
hyer mo finn attir latensyon bann kamarad lor sityasion tense ki ena dan pays mon finn anvoye zot tou y konpri jocelyn pou preske siplye li pran enn poziston pou lans enn appel a la rezon…
zordi li lev ledwa ek mwa pasrki mo finn dir li mo la pensee kare kare…
li finn reagir a nou komikike san mem pran konesans so konteni alor ki se fcm et li ki ti bizin pe pran sa pozysion la…pou fer honer nou kominote…
enn vre presidan ek enn vre lider li konn rann li disponib kan pei bizin li e non pa kre enn no mans land otur li…
jocelyn nek en tisef lakoral san okenn lanvergir… li ki prefer all beni souval ek lekiri…li opena okenn sans ni sansibilite politik o sens classik grek… li domaz me li kum sa…
li pa konn appresye konpetans ek lexpertiz ki pe met a so dispozisyon li koze kan pa bizin e kan bizin li observ silans kupab….mai la koz depass so ti personn la koz gran e nou bizin pez nene bwar delwil avant ki nou nettoye nou lentray…
bo kuraz
zm

From: xxxxxxxxx xxxxxxxxxx
Sent: 03 October 2009 09:00
To: xxxxxxxxx xxxxxxxxxxx xxxxxxxxxx
Subject: RE: AMANDLA ! NGAWETHU !

Fode pa blie anvoy kominike-la a tou lanbasad, Human Rights Commission, Amnesty, Julie Woirin, PM, Leader Lopozision,OICP, KEEPKA.

An seki konsern rol FCM ek so Prezidan, tou kamarad pe komans konpran. Pou ena lezot kiksoz ankor ki pou vinn konfirm saki to pe resanti ek to analiz dan enn lavenir pros.

Mo pena pou fer lot komanter ankor. Saki mo fin dir dan 5-plus dimans 27 septam vinn boucler la boucle.

Mem rasanbleman post- 25 oktob fode pa intimid nou .

Bizin ki bann kamarad Komite Vizilans res soude.

Konsians kreol li dan sa komite-la ek non pas aillleurs.

xxxxxxx xxxxxxxxxxx


Eric Guimbeau On Record

Aujourd’hui, j’ai reçu Eric Guimbeau sur le plateau de « On Record ». L’ex leader adjoint du PMSD a bien évidemment parlé de la « réunification de la grande famille bleue », de son avenir politique et mais  aussi de sa prédilection pour une alliance MSM/MMM dans le cadre des prochaines élections législatives.

Voici deux extraits de l’émission:

Guimbeau Extrait 1

Guimbeau Extrait 2


Zot pas honte!?

C’est ainsi qu’il convient d’interpeller le PMSD. Seuls quelques naïfs croient que Maurice Allet a décidé de quitter l’alliance de l’opposition uniquement parce que le MMM l’a « humilié » en ne lui donnant pas de ticket pour la circonscription Beau Bassin-Petite Rivière. Les autres – ils sont nombreux – ont compris que le PMSD a passé le point de non-retour. Désormais, l’on ne peut plus dire de ce parti qu’il fonde son action sur des idées. La stratégie assumée des bleus est limpide : « Nu al kot nu gaign nu bout ! »***

D’emblée, éliminons un faux débat. La fusion PMXD-PMSD dans un grand élan de réunification de la famille bleue est un écran de fumée. Depuis près de deux ans, des émissaires font la navette entre Xavier Duval et Maurice Allet. Les tentatives sont restées infructueuses pour une raison simple : le leadership du PMSD n’a jamais avalisé les modalités de l’accord parce que « le bout » à pourvoir n’était pas assez gros.

De la recherche permanente du « bout » le PMSD semble avoir fait son fonds de commerce depuis 2005. Le parcours erratique du parti depuis 2005 nous le rappelle amplement. Récapitulons. En 2005, les bleus briguent les suffrages au sein de l’alliance MMM-MSM-PMSD. Et se retrouvent dans l’opposition après la défaite du gouvernement sortant. En 2006, le PMSD rejoint le gouvernement, officiellement « pour donner un coup de main ». En 2007, insatisfaits de l’action du gouvernement, Allet et sa suite, se jettent dans les bras de Paul Bérenger. Deux ans plus tard, la bande refait le chemin inverse.

Sans vergogne, et à chaque fois, le PMSD a cherché à faire accroire qu’il a quitté ou rejoint une équipe sur une question de principe. En 2006, c’était pour empêcher que la population créole – les Joes – ne soit exclue du wagon du développement lancé par le gouvernement. Un an plus tard, c’est en protestation contre le langage guerrier et « raciste » de Navin Ramgoolam envers une partie de la population que le PMSD quitte le gouvernement qu’il avait rejoint « sans conditions ».

Sans conditions peut-être…mais avec de solides attentes de « bouts ». Si le PMSD a plié bagages, c’est parce qu’il n’a pas obtenu l’élection d’un maire bleu à Beau-Bassin-Rose-Hill. Mais aussi parce qu’il n’a pas eu son quota de recrutement de travailleurs manuels dans certains ministères et municipalités. Allet a « espéré avoir sa part du gâteau » mais ne l’a pas eue. Cela a le mérite d’être clair. Quand le PMSD ou Allet n’ont pas leur « bout », ils désertent !

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C’est donc avec appréhension que l’on se prend à se demander quel « bout » Xavier Duval a bien pu promettre à Maurice Allet pour qu’il s’arrime encore une fois au wagon du gouvernement. On évoque un éventuel portefeuille de ministre de la Pêche. Mais ce serait un bien gros « bout » ! Ramgoolam a conscience du statut de Poucet – 2 points dans les sondages ‑ de Maurice Allet. Lui dérouler le tapis rouge jusqu’à un ministère serait incongru.

Xavier Duval reste le leader des Joes de l’équipe de Ramgoolam. C’est de son quota de « bouts » qu’il devra piocher pour récompenser l’allégeance de Maurice Allet. Et comme Xavier Duval n’a pas énormément de marge, on ne le voit pas proposer autre chose à Allet que l’assurance d’obtenir quelques tickets pour lui et sa suite aux prochaines élections. Pour Allet, le « bout » vaut la peine d’être pris. Vaut mieux être député élu au gouvernement que candidat battu de l’opposition. C’est ce qu’obtiendra sans doute Allet et sa suite. Si toutefois ils pensent mériter mieux… ils n’auront qu’à aller chercher ailleurs. On l’a bien vu, ce n’est en rien impossible.

***Allons là où nous serons le mieux servis

D’autres commentaires sur cet éditorial


«UN» et un incident…On Record

Hier, j’ai reçu Dick Ng Sui Wa sur le plateau de On Record sur Radio One. C’est le secrétaire de l’Union Nationale qui a commenté les remous au sein de l’opposition MMM/UN/PMSD. Voici deux extraits de l’émission.

Extrait 1

Extrait 2

La plage réservée aux questions des auditeurs a, elle, été marquée par l’intervention d’une personne qui croit dur comme fer que j’anime une émission « que pour les catholiques. » J’avoue avoir fait un gros effort pour rester courtois et ne pas engueler cette femme qui n’a sans doute jamais lu un seul de mes papiers d’opinion sur la question ethnique et les organisations socioculturelles du pays. Sinon, elle aurait réalisé que son commentaire était complètement déplacé.

Bon, classons cet incident dans la catégorie «aléas du direct…»


Une girouette nommée PMSD

Le PMSD est un parti politique qui a eu son heure de gloire durant les années 70 et 80. En ce moment, on peut dire que le groupuscule de Maurice Allet et Eric Guimbeau vivote. Au gré de l’humeur de ses partenaires…

Voici, en condensé, les différentes directions vers lesquelles la girouette PMSD a pointé. Surtout, suivez bien le fil. Sinon vous risquez de vous y perdre!

En 2005 : le PMSD brigue les suffrages au sein d’une alliance MMM/MSM/PMSD. Le bloc perd et le parti se retrouve dans l’opposition.
En 2006 : le PMSD passe au gouvernement, soi-disant pour « donner un coup de main » au pays
En 2007 : Insatisfait de l’action du gouvernement le PMSD repasse dans l’Opposition.
En 2009 : Mécontent de l’allocation des tickets par son partenaire MMM dans le cadre des prochains scrutins, le PMSD songe à rompre avec celui-ci. La possibilité d’une réconciliation, voire d’une fusion avec le PMXD, AU GOUVERNEMENT, est à l’agenda.

En effectuant quelques recherches dans nos archives pour reconstituer le parcours récent du MPSD, je suis tombé sur un article que j’avais écrit dans l’express-dimanche du 23 septembre 2007. J’ai bien rigolé en relisant ce papier. Si les partenaires d’alliance du PMSD sont très changeants, sa recherche permanente de son « boute » est, par contre, tout à fait constante.
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Les « boutes » ratés du PMSD

Le PMSD ne se laisse pas faire. Si on le cherche on le trouve. C’est, en substance, ce que dit le leader de ce parti, Maurice Allet, en bombant le torse cette semaine. Après avoir claqué la porte de l’Alliance sociale. La réaction d’orgueil et d’exaspération peut se comprendre.
Mais les exemples qu’a choisis le leader du parti pour expliquer cette opération « lev pake ale » du gouvernement peut dérouter. À écouter Maurice Allet, son parti n’a pas rejoint le gouvernement « pou gaign so boute ». D’ailleurs, le chef des Bleus souligne à double trait le fait que le PMSD s’est associé à la majorité gouvernementale« sans conditions».
Ce doit être la nature profonde du politique. Chassez le désir d’avoir son boute et il reviendra au triple galop. C’est ce qu’a semblé démontrer Allet lui-même lors de sa conférence de presse de vendredi dernier. En laissant bien vite comprendre à son auditoire que les récentes sorties et propos jugés « racistes » de Ramgoolam et d’autres membres du gouvernement n’étaient qu’un prétexte pour justifier ce départ.
Car si l’on écoute bien Allet, le vase était déjà rempli, avant même que Ramgoolam ne demande si Guimbeau, le leader adjoint du parti du Coq, « est son dieu ». Non, avant cet incident, il y a eu ceux où la distribution de boute ne s’est pas passée comme l’aurait souhaité le PMSD.
Il y a d’abord cet épisode de l’élection du maire de Beau-Bassin-Rose-Hill. Allet croyait dur comme fer que le manteau de premier magistrat de la ville devait aller à Daniel Émilien, « un fils de cité Barkly dont la nomination aurait eu valeur de symbole pour ce gouvernement ». Malgré la parole donnée par le PM, le leader du PMSD recevra un « coup de poignard » dans le dos. À la suite duquel il fera savoir à Ramgoolam qu’il est « bien en colère ».
Mais la distribution de boutes se passe aussi ailleurs. Dans les ministères, par exemple, où le recrutement à certains postes de travailleurs manuels se fait sans la lourde intervention de la Public Service Commission. C’est dépité qu’Allet avoue n’avoir « fer rant zis de trois kamarad dan gouvernernman ».
Toutefois, le calme de Maurice Allet tient bon jusque-là. Il croit en ce Premier ministre « rassembleur » et se dit que certaines mesures sociales sont en train d’être prises. Un certain malaise commence pourtant à se faire sentir entre le gouvernement et le secteur privé. Mais Allet prend son mal en patience. Il y a trop de choses en jeu. Un ministère peut-être ? Ou alors des postes dans les municipalités ?
C’est justement à ce sujet qu’une « goutte d’eau a fait déborder le vase », explique Allet. Qui démontre le manque d’esprit arithmétique qui a cours au gouvernement. « Il y avait à peu près 50 personnes qui devaient être recrutées dans les municipalités. J’ai espéré que le PMSD aurait sa part du gâteau. » Mais il n’en sera rien. Pour toute pitance, la hiérarchie de l’Alliance sociale lui propose quatre postes… au pis aller cinq ! En lui précisant : « Si to pa kontan, gete ki to pou fer. »
C’en était trop pour Allet. On peut attendre son boute pendant un temps, mais laisser le Premier ministre insulter son adjoint et utiliser un langage guerrier contre « un groupe » de la population, tout en attendant son boute ce n’est plus possible. Alors sans attendre une quelconque part du gâteau, Allet et Guimbeau, pour prouver qu’ils ne sont pas des rodeur boute sont allés chercher réconfort et soutien auprès de l’opposition. Où, bien évidemment, il n’y a aucun boute à prendre pour le moment. À moins qu’elle ne revienne au pouvoir…

Comme le dit l’adage : « the more things change, the more they remain the same… »


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