Quelle victoire?

Où est l’opposition ? Vous aurez beau la chercher dans le sondage que nous publions en pages 8-9, vous ne la trouverez pas. Pour cause, l’enquête d’opinion Louis-Harris (LH2) démontre que Navin Ramgoolam a créé un vide politique autour de lui. Face à un Paul Bérenger vieillissant et un Pravind Jugnauth inexpérimenté, Ramgoolam apparaît comme le seul prétendant légitime à… sa propre succession.

L’opinion des personnes interrogées semble en effet trés tranchée. A chaque fois qu’il leur est demandé de choisir entre les trois leaders de la scéne politique nationale, leur préférence va invariablement au chef du Parti travailliste (PTr). Ainsi, deux personnes sur trois (66 %) disent souhaiter voir Ramgoolam reconduit à la tête du gouvernement. Si l’on se fi e à la perception, ils sont alors presque neuf sur dix (86 %) à penser que le Premier ministre sera réélu. En revanche, seuls 9 % des sondés considérent que Bérenger gagnera la prochaine bataille électorale.

Le leader du PTr récolte les dividendes politiques d’une stratégie consistant à se démarquer de ses adversaires en se posant comme un homme d’action et un réformateur. Du coup, il s’impose comme le dirigeant le plus apte à gérer le pays : 70 % des sondés estiment que le chef des travaillistes est capable d’améliorer la situation du chômage. Alors que seuls 8 % jugent Pravind Jugnauth compétent dans ce domaine. Ailleurs, ils sont 73 % à trouver que Ramgoolam peut améliorer l’école et la qualité de l’enseignement. Tandis que Bérenger ne recueille que 21 % d’avis favorables.

A quelques semaines des élections, le choix électoral des personnes interrogées semble donc se cristalliser. Au bénéfi ce, encore une fois, du Premier ministre. C’est ce qu’indiquent les intentions de vote. Les fanfaronnades de mercredi dernier du Premier ministre sur sa force électorale prennent tout leur sens. En effet, dans tous les cas de fi gure, une équipe dirigée par Navin Ramgoolam semble être en mesure de gagner les élections si l’on se fie au sondage.

Les intentions de vote expliquent, dans une certaine mesure, pourquoi Ramgoolam a été tenté jusqu’ici soit par une lutte à trois, soit par une alliance avec le MMM. Effectivement, l’étude indique qu’opposé à un bloc MSM/MMM, l’Alliance sociale de Ramgoolam obtiendrait une victoire électorale avec 53 % d’intentions de vote. Le poids électoral du MSM est tellement insignifi ant qu’un regroupement PTr/MSM ne recueillerait , lui, que 52 %. Alors que le MMM, dans ces conditions obtiendrait les suffrages d’un sondé sur quatre (25 %).

Ramgoolam dit vouloir depuis plusieurs mois une majorité des trois quarts au Parlement afin d’entamer des réformes profondes. Mais avec 53 % d’intentions de vote, il n’est pas dit que le leader rouge obtiendra à coup sûr les 45 siéges minimum qu’il souhaite. En revanche, dans une alliance avec le MMM, avec les 64% d’avis favorables que celle-ci recueille, Ramgoolam part assuré d’une 60-0 sans appel. Si ce sondage est avant tout un état des lieux de l’opinion de début février, il indique néanmoins une dynamique favorable au Premier ministre. En effet, entre la derniére étude de LH2 en juin 2009 et le dernier exercice, l’action du leader du PTr semble davantage appréciée. En juin 2009 moins de six personnes sur dix (58 %) jugeaient « satisfaisante » l’action du gouvernement Ramgoolam. Un semestre plus tard, elles sont désormais trois sur quatre (75 %) à avoir un avis favorable.

Ces indicateurs peuvent-ils progresser dans les semaines à venir ? Navin Ramgoolam peut-il prétendre disposer d’une force politique telle qu’il décidera d’aller seul aux élections avec la conviction d’y rafl er la majorité qu’il désire ? Ce sont probablement ces questions qui agitent le Premier ministre depuis quelque temps. Sauf que l’heure de la décision est arrivée. Les potentiels alliés, aujourd’hui dans l’opposition, s’impatientent. Pour Ramgoolam les alternatives sont désormais posées. Soit il consent à se lancer seul dans la bataille avec l’espoir de remporter la majorité la plus confortable possible. Ou alors il s’engage sur la voie d’un gouvernement d’unité nationale, avec le MMM, avec cette fois-ci la certitude d’une victoire totale. Qu’importe son choix… dans les deux cas, Ramgoolam gagne.

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