Viv to mauricianisme !

Il y a des portes qu’il vaut mieux ne pas ouvrir en politique. Mais malheureusement, nos politiciens avides de marquer quelques points auprès de certains électorats cèdent systématiquement à la tentation de s’y engouffrer. Xavier Duval ne déroge pas à la règle. Dimanche dernier, lors de la célébration du 155e anniversaire du temple tamoul Kaylasson à Port-Louis, il a fait la démonstration que le gouvernement pratique toujours obstinément le clientélisme ethnique. Au passage, Duval discrédite également le Festival International Kreol (FIK). Expliquons-nous…

A Kaylasson, le ministre du Tourisme a annoncé, sous la clameur, la tenue, en avril prochain, d’un Festival Tamoul, coïncidant avec Varusha Pirappu, le nouvel an tamoul. L’annonce aurait pu être banale. Mais l’explication de Duval perturbe. « Parey couma nou fine demar festival kreol**», a-t-il tenu à préciser pour justifier la création du festival tamoul. Ainsi les festivals organisés dans le pays obéissent à une logique de clientélisme ethnique. A ce titre, doit-on donc s’attendre à la naissance d’un festival hindou, islamique ou chinois ?

Ce ne serait en rien étonnant. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets. En effet, toute décision du pouvoir perçue comme étant avantageuse à une communauté déclenche immédiatement des revendications chez d’autres à Maurice. On l’a vu avec les «Speaking Unions». Initialement pensées comme des institutions pour la promotion de nos langues ancestrales, elles sont vite devenues des administrations totems, symboles du pouvoir de telle ou telle ethnie. La même logique a été suivie dans l’élaboration des «Cultural Centres». Pour l’heure il n’existe que le centre Mandela, le centre islamique ainsi que le centre tamoul en gestation. Mais on peut raisonnablement s’attendre à ce que d’autres centres culturels soient mis en chantier à l’approche des élections.

En attendant, attardons-nous sur le FIK. La déclaration de Duval est lourde de sens. Car elle ôte au festival la dimension nationale et trans-ethnique qu’on voulait lui donner à l’origine. Si le Festival Tamoul célèbre la culture, l’histoire, la danse ou la contribution de la communauté tamoule à Maurice, on va devoir conclure que le FIK ne célèbre la richesse que d’une communauté. Les propos de Duval poussent à cette conclusion….

L’élan unitaire – «mauricianiste» qui avait été célébré lors de la première édition du FIK en 2006 se désagrège. A l’époque, on avait envie de se dire «tous créoles». Mais Xavier Duval vient nous rappeler en 2009 que c’est peine perdue, car chacun aura «son festival». On n’a qu’à se dire comme à l’ancienne, «tous hindous», «tous musulmans» etc…

C’est paradoxal, ce sont les «cautions créoles» du FIK qui dénoncent subtilement le tournant ethnique que prend cette manifestation à Maurice. Cette semaine, notre confrère Week-End Scope cite deux artistes créoles : «Je ne me retrouve pas dans ce concept ( ndlr viv to créolité) car il y a trop de confusion. La créolité est une définition controversable, il y a trop de manipulation autour de ça», prévient Marousia Bouvery. Tandis qu’Eric Triton, dans le même article, dit sa confusion. Vit-il sa créolité ou vit-il son mauricianisme ? «C’est le mauricianisme qui l’emporte», tranche-t-il. Nous sommes à des années lumière de l’approche clientéliste de Xavier Duval.

C’est à se demander si nos politiques, en élaborant leurs ciblages ethniques écoutent ceux là mêmes qu’ils sont censés séduire à travers leurs festivals. En effet, combien sommes-nous à vouloir une multiplication de festivals ethniques ? Et combien d’entre nous jugeons davantage utile de n’avoir qu’un seul grand festival national – qu’il s’appelle FIK ou pas célébrant la diversité culturelle, cultuelle et historique des Mauriciens. C’est le seul festival qui vaille le coup d’être organisé. Tous les autres ne sont que de vulgaires opérations visant à grappiller un peu de sympathie. A Xavier Duval, il faut dire « Viv to mauricianisme ! »

** Tout comme nous avons démarré le festival créole.

 

D’autres commentaires sur cet édito

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21 responses to “Viv to mauricianisme !

  • Paul

    Great article !! I wish every mauritian would read this.

  • Bruno

    « L’élan unitaire – «mauricianiste» qui avait été célébré lors de la première édition du FIK en 2006 se désagrège. A l’époque, on avait envie de se dire «tous créoles». Mais Xavier Duval vient nous rappeler en 2009 que c’est peine perdue, car chacun aura «son festival».  »

    C’est tout a fait normal dans la logique politicienne. 2006 est a 4 ans (tres loin) des election de 2010. Nov 2009 est a qq mois des echeances, la ou les revendications ethniques se font de plus en plus entendre. D’ailleuil L’Express Dimanche avait meme ecrit qqchose sur la saison des amours entre politique et socioculturels.

  • Bruno

    Euh … en passant, vous n’avez pas retirer la photo avec les yeux la :S Scary!!!!!

  • Rabin

    On y travaille! 🙂 A soft transition is in the works…

  • Amilcar

    J’ai vraiment aimé lire cela ce matin!! Cette incohérence entre les discours, le manque de cohésion entre politiciens et ce dont ‘le peuple’ a envie et besoin aujourd’hui sont simplement plus que vrais et très bien décrits ici, je trouve.

    :O mais moi j’adorais les yeux! Il y a un côté très « sans concessions » avec.
    Mais bon! Si ou dire bizin changement!! On ne peut qu’attendre et voir ce que cela donnera…

  • jj

    quality article. you really are going for it! the truth is a damn fine principle to uphold! well done!… quant a tes yeux…..

  • Jacques de Navacelle

    Rabin a tout à fait raison de soulever cette question. La démarche de Xavier Duval qui, au départ, pouvait etre séduisante , est en train de se retourner comme un boomerang et de renforcer les clivages ethniques. Cela prouve, une fois encore, que ce sont les politiciens qui developpent le communalisme car c’est un moyen pour eux de se faire élire. Dommage que le citoyen ne réagisse pas …..

  • Le Fankwi

    Très dommage que les mauriciens ne s’en soucient pas ou ne réagissent pas..La Kreolite? mais ils (les cons qui l’ont inventé) n’ont pas une definition a cela..Mais pourquoi pas le Mauricianism? On me dira que c’est pour tous les gens des iles qui parlent le Creole. Mais sa aurait pu être Zilwa..Mais non, car sa rhyme pas avec une certaine groupe Ethinique. J’ai bon lu Scope pour comprendre, juste pour voir comme mentionner en haut, qu’Eric Triton aussi ce perd dans ce démarquage avec la Keolite et le Mauricianisme! Si tu mange des plats mauricien et tu parle le créole a la maison, tu est en train de vivre ta Kreolite, la definition de Scope…Pfft ! Mais voila que Xavier vient de devoiler la vraie face de la Kreolite !
    Si seulement cette article pourrait être publier dans un journal, sa aurait fait débat !

  • Rabin

    @ Le Fankwi : Cet article a été publié aujourd’hui dans l’express-dimanche 🙂
    Il est également en ligne sur http://www.lexpress.mu

  • Paul Le Miere

    Non a L’Exclusion…Oui au Mauricianisme !!!

  • Marousia Bouvéry

    Ni « caution Creole » Ni « Creole’

    Bravo pou sa lopinyon ki kestyonn pertinans enn tel festival. Permet mwa kan mem reazir e dir mo desakor profon avek :

    1. lasosyasyon ki fer otour « caution creole » ki donn linpresyon mo form parti ladan …
    Zame mo pa finn partisip dan OKENN levenman ou platform kominal. O kontrer Group ABAIM , kouma enn group mizikal, donn li lapenn fer boukou atansyon pa asosye avek bann dimounn ki propaz enn langaz kominal. Se pa pou naryen ki nou finn deklinn linvitasyon partisip dan FIK plizir fwa… Parski li tro danzere zwe avek dife.

    2. letiket « artiste creole »
    La ousi mo pa konpran kifer kategoriz ek klasifye mwa koumsa… Ankor ok pou “artiste”… me “creole” ? !!! … Mo byin tris de sa reflexyon la e mo poz mwa kestyon lor ki baz sa letiket la ?
    Depi plis ki 25 an, dan lasosyasyon ABAIM, mo ena enn langazman pou defann langaz kreol Morisyin, kiltir Moris. Fode pa ena okenn amalgam ek bann zistwar idantiter lor size la. Rasism ek Kominalism nek bann ideolozi, zis bann zouti pou fer bann stratezi politik danzere . Nou pou rann enn gran servis Moris si nou aret klasifye dimounn. Antouka, si kikenn anvi klasifye limem, sa so zafer, li pran so responsabilite. Mwa mo pa pou permet ki klasifye mwa dan manyer kominal.

  • John

    Rabin, you should post more audio interview, like you used to do. I always download it as a podcast.

  • Rabin

    @John I will be posting ex Bank of Mauritius Governor’s interview later this afternoon. Ramesh Basant Rai came down hard on government and the bank’s board yesterday

  • Rabin

    @Marousia
    Merci de ou participation lors ca blog la. Mo entierman dakor avec ce ki ou dir.

    Mo fin mett « caution creole » entre guillemet parski mo fine repran bann wording bann lezot. Mo fine rod transmet manière ki certains politicien et organisater guett participation certains artistes dans FIK, ek dans boucou lezot manifestation kiltirel.

    Nou bizin pas cachiete la vérité, li evident ki dans latet certains organisateur bizin inpé « caution creole » pour crédibilise Festival la. Et fer bann « creol » mauricien trouvé ki certain d’entre zot fine percé. Ki zot aussi zot assez bon pou sant devant 20,000 dimoun. Ki pa zis Shaggy ou Compagnie Creol ki gagn ca privilege la…

    Bann dimoune couma ou, Eric Triton, Lindsy Bacbotte ou bien Bruno Raya ena ene credibilité artistique. Bann l’organisater pas pou ratt ene l’okasion koste ar zot. Sirtout si ca capav servi zot après politikman.

  • Roushdat

    mo penser ki mem si nou dir ‘viv to mauricianisme’ nou p al vers 1 discrimination. Wadir nou p montrer ki maurcien plis especial (enfin mo coner nou senti nou especial mem, mais nou bizin imper humble).
    Donc dans place faire festival creol, festival mauricien etc…a nou commence faire festival humain.

    Viv to humaniter!

  • Jose Philibert

    c’est en surfant que je suis tombé sur ce blog. une découverte agréable. J’en profite pour y mettre mon texte de mes notes de facebook.

    Créole affirmation.
    Trop de propos que je trouve inconvenants ces derniers jours, dont parmi les allégations de rezistans alternatives à propos du best loser, les discours de circonstances et certains écrits lors de l’ouverture du festival creole 2009 et cet article de Rabin Bhujun dans l’express.mu de dimanche dernier intitulé, « viv to mauricianisme » entre autres.
    Suis-je agacé ou irrité par toutes ces bêtises et propos insensées que plusieurs personnes écrivent et prononcent sur les créoles, que je me vois entrain d’avoir comme un cri de révolte par rapport aux démarches sournoises d’une élimination de la personne créole en le noyant dans des concepts bien sûr honorables ou au moins soi-disant honorables, comme créolité, le « mauricianisme », la mondialité, la globalisation entre autres ?
    Je livre en bref une partie des pensées qui me viennent sur cette situation inappropriée et non-vraie en plus d’être insidieusement dangereuse que je constate sous l’élégante couverture que constitue l’ensemble de tous ces écrits et discours.
    Plusieurs personnes, voire des érudits, animées de bonnes intentions la plus part du temps, sont prises et/ou se prennent pour des autorités mais promeuvent volontairement et involontairement des pensées qui au fond conduisent ou conduiraient à l’élimination de la personne créole si l’on n’y prend garde. Certains auteurs et orateurs, des invités d’honneur d’occasion, hommes politiques et religieux, animateurs sociaux et politiques, membres d’organisations philanthropiques , des animateurs de forum, des éditorialistes de la presse exprimant leurs pensées propres et/ou écrivant par métier, entre autres, contribuent à cette tendance d’élimination du créole et à bien de néfastes confusions.
    Quand l’on voit la personne «josé philibert » par exemple l’on voit un créole. Il est reconnaissable comme créole. L’on croise une madame Jeanine à Curepipe elle présente des traits associés aux créoles elle est reconnaissable ; un pompiste Jean Pierre de X endroit est reconnaissable comme créole. Donc la personne créole existe et il est naturellement reconnaissable. La communauté creole existe. Son identité créole est une réalité. C’est l’existence du fait créole qui est la plus réelle des réalités par rapport à tous ces écrits et discours autour du créole.
    Je trouve donc déplorable cette tendance à vouloir maintenant chercher une identité au créole, en proposant toutes sortes d’opinions et de descriptions diverses et souvent farfelues pour ne pas reconnaitre le créole tel qu’il est. Quand l’on parle par exemple de tous ceux qui sont nés dans les iles sont créoles c’est pour moi un non sens. Quand ceux utilisant le langage créole sont considérés ou se disent créoles pour cette raison c’est une autre méprise. Que le langage créole soit la plus utilisé à Maurice ou que le séga soit devenu un symbole du pays ne fait pas que tous les mauriciens soient créoles.
    Bien sûr le créole forme partie de la société mauricienne. Mais quand l’on cherche à ne voir en lui que le mauricien et non le créole également ou que l’on tend à le rendre coupable de se dire créole par rapport au mauricianisme c’est un autre pas qui ne devrait être franchi.
    Je déplore aussi cette tendance à vouloir subdiviser artificiellement le créole en les catégorisant, afro-créoles, euro-créoles, créoles lambda etc et que sais-je ? Quelle est cette histoire de ti-créole ? Le « ti » comme préfixe peut traduire le passé, l’ancien (mo ti alle Port Louis, to ti alle l’hopital, li ti alle l’école) ou petit ( ti-l’école – école pour petits enfants, ti travail – petits travaux, ti lapaye , petit salaire)
    Et dans ce contexte ceux qui pratiquent et promeuvent cette utilisation de ti-créoles se gardent bien de dire si c’est par opposition au « grand créoles ?» ou au « nouveau créole ?» qu’ils s’imaginent.
    Ainsi je pense que l’on a tout simplement à reconnaître l’existence du créole tel qu’il est et non chercher à lui trouver une autre identité avec toutes sortes d’interprétations irréelles. Cessons de prendre le créole pour ce qu’il N’EST PAS, car cela peut conduire à éliminer ce qu’il EST. Que le créole pour sa part affirme ce qu’IL EST.
    Jose Philibert
    04 Décembre 2009

  • Rabin

    Bienvenu sur le blog José.

  • Jose Philibert

    Merci Rabin!
    Je respecte l’opinion des autres, car que serait le monde si tout le monde pensait pareil et s’exprimait pareil. Mais sur certaines choses fondamentales je ne peux toujours me passer de dire ce que je pense.
    Cheers Rabin.
    Jose

  • Zerom

    1-0 pour Ton Jose

  • Vaiizard

    I would rather go for « viv to mauricianisme »
    I was very tempted to attend the Shaggy concert but not being a « creole » disqualified me from participating…

  • F.

    And « Creole » is such a politically convenient melting pot to put in all sorts of people who don’t anything to do with one another ethnically, and let’s be frank and pol. incorrect, racially. General Population is another such term. Sacrificing particularism to political convenience, and trying to build upon it the BIG lie and illusion that comes under the name of « Nation Mauricienn »- Rainbow Nation and the like nonsense.

    Let’s look at it squarely:

    The Mauritian Entity- to take a fav expression- is not a national identity, YET. It is a political and legal entity that submerges a number of socio-ethnic groups which socially permeate with one another at a relatively small degree. The « Nationalists » dont realise that it is precisely this small(est) degree, this lowest common denominator, exemplified by the Dholl Puri and the Dodo, which on the level of culture is really insignificant and of poor quality, and which will ultimately fail to rally true loyalty- this lowest common denominator is their Mauritianism.

    The « Creoles » for one is one group which has big problems with culture:

    The Coloured and Mixed Race Creole Type, for long the Elite and aristocracy of this group, have consistently and continue to identify themselves to European culture, whether classical or contemporary. They may dance sega once or twice a year – but it will be no more than that.

    The Afro-Creoles on the other hand are at pains to look to an ancestral culture to which they can identify. They are the most confused of the lot. Lack of ancestral identity means lack of values proper to that ancestral culture. Some look to Madagascar, not knowing that Madagascar is no more African than the Queen’s thumb, others to West Africa, and the Rastafari type to Ethiopia and so forth.

    Then you have the Franco-Mauritians- the newer generations of whom have a really poor cultural and linguistic consciousness.

    Then you have the Madras baptise type- those of ancient ancestry well established in Catholicism( we owe them the Church of St- Xavier in Plaine Verte)- christians since the French period- having a distinctive culture of their own- somewhat similar to the Coloured. Then the newer type of Madras baptise, who retains ties with his Hindu roots.

    Then among the Indo-Mauritian population itself – phew- one could almost write a treaty on Casteism-based on the data provided by Mauritian indians themselves. Vertical and horizontal divisions. Vertical while referring to castes: the 4 varnas. And horizontal w.r.t. cultural and linguistic affinities: dravdian( telugu, tamil) , north indian (Hindi, Bhojpuri, Braj), and Marathi. I’m certainly missing some.

    The Indo-Mauritians are attached to their traditions-sometimes even without understanding them. While the continuity finds no difficulty in commending our admiration- the level of scholarship is neglected.

    But the Indo-Mauritians have the consciousness. And that will move mountains. Literally. Of course, it must be purged of « Chacha-ite » discourse and Coaltar ideology.

    And the Muslim and Chinese groups as well, who are mostly known, to the commoner, in Mauritius either for « Biryani » or for « Mine frire ».

    This is pathetic.

    We have here the chance to recreate, to conduct experiments in true and purified cosmopolitanism.

    Instead we retreat into cliche or ideologically distorted perceptions(especially since the 1970’s) and perpetuate the illusions of « ene sel le peuple, ene sel la nation »

    Rise up, young Men, of the New Age, as Blake would say.

    Break the idols of your mind. See the value of ancestral culture and its foundational role in the forging of the National Culture- not just some perceived and perverted element of this ancestral culture- but its noblest and highest expressions.

    Only high culture and noble endeavour will create a nation. Not some lazy touristy bazaar stuff.

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