Obama tout (im)puissant

On aurait souhaité que Barack Obama soit Superman. Mais il ne l’est pas. Son discours d’aujourd’hui, sur le changement climatique à la tribune des Nations Unies en est l’exemple. Le Président américain aura beau être noir, jeune et progressiste, certaines choses resteront hors de sa portée. Parce qu’il dirige les USA. Et parce que pour diriger ce pays, il faut avoir la bénédiction ou, tout du moins, la coopération de ses puissants lobbys industriels, agricoles et militaires.

C’est justement cela le problème. Toute politique sérieuse de réduction de gaz à effet de serre doit passer par une remise en question des modèles industriels et des stratégies de développement des grandes industries américaines. Cette remise en question est loin d’être acquise. Et pour l’obtenir, il faudra oublier le passage en force d’une loi au Congrès. Après tout, ce sont souvent les finances et soutiens divers de ces mêmes lobbys qui assurent l’élection ou le maintien en place de bien de Sénateurs et de Représentants aux USA. L’opération s’avérerait coûteuse ! Devant cette implacable réalité, même l’homme le plus puissant du monde doit courber l’échine.
obama
Quelques extraits du discours :

(…)It is true that for too many years, mankind has been slow to respond to or even recognize the magnitude of the climate threat. It is true of my own country as well. We recognize that. But this is a new day. It is a new era. And I am proud to say that the United States has done more to promote clean energy and reduce carbon pollution in the last eight months than at any other time in our history(…)

C’est sûr que quand on commence à se bouger après des décennies d’immobilisme, l’on a forcément quelques « réalisations » à revendre !

(…)And so all of us will face doubts and difficulties in our own capitals as we try to reach a lasting solution to the climate challenge.

But difficulty is no excuse for complacency. Unease is no excuse for inaction. And we must not allow the perfect to become the enemy of progress. Each of us must do what we can when we can to grow our economies without endangering our planet — and we must all do it together. (…)

Il est honnête en parlant des « difficulties in our own capitals. » A ce sujet, Barack Obama est sans doute le chef d’Etat à devoir essuyer le plus de difficultés dans son propre pays.

Ce « when we can » tranche avec son « Yes, we can. » Obama donne l’impression de diluer l’urgence de la situation. Il n’y a pas de choix, il ne s’agit plus de changer « quand » on le pourra. Mais plutôt de changer le plus vite possible en définissant dès maintenant le calendrier de mise en œuvre des étapes à franchir pour que les Etats-Unis réduisent sensiblement ses émissions de gaz à effet de serre. Actuellement les Yankees rejettent environs un cinquième des émissions mondiales de ces gaz.

Et nous dans tout ça? Dieu merci, nous sommes une petite ile, perdue au milieu d’un grand océan qui n’émet pas des dizaines de millions de tonnes de CO2. Et nous avons même en prime un beau et visionnaire projet Maurice Ile Durable. Mais bien malheureusement, chez nous, ce ne sont pas des lobbys puissants (il y en a mais ils ne sont pas si coriaces que ça) qui empêchent l’avancée d’une politique de développement durable d’envergure. Mais plutôt quelques crétins au pouvoir et dans certains ministères…qui ne comprennent rien à la chose.

On sympathise avec toi Barack. Après tout, chacun porte sa croix!

Pour s’informer et agir…
Copenhague 2009, l’ultimatum climatique

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