Actes manqués

Courageux et honnête. Ce sont les deux qualificatifs qui nous sont venus à l’esprit après l’annonce de Paul Bérenger de dimanche dernier. Le leader mauve briguera le poste de Premier ministre aux prochaines élections générales. Voilà qui clarifie la position du MMM tout en crédibilisant le parti et son leadership.

Mais la peur primale de Bérenger est puissante et manifestement incontrôlable. Aussi, s’est- il cru obligé d’affirmer qu’après deux ou trois ans, un autre « camarade » reprendra le poste de Premier ministre. La précision n’est pas innocente.

Bérenger spécifie qu’un autre Premier ministre, susceptible de rassurer la composante majoritaire du pays, le remplacera bien assez vite. C’est une posture de poltron ! A part Navin Ramgoolam et Bérenger, aucun autre leader politique en exercice ne peut prétendre avoir la carrure et la carrière nécessaires pour diriger un gouvernement.

Au moment où Paul Bérenger livre – de toute évidence – sa dernière grande bataille électorale, il choisit encore une fois de biaiser. De ne pas assumer sa position de chef, ses origines, et sa riche carrière politique. Dans le passé, il avait eu recours à des « paravents » pour mieux passer auprés d’une section de l’électorat. Cette fois, il s’affuble de « pararrière. » C’est lamentable…

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Le mirage Maurice Ile Durable ( MID) disparaît- il ? Peut- être. Le ministre des Finances, dans l’entretien qu’il nous avait accordé en début de mois, expliquait que le projet MID était loin d’être mort. Tout en précisant qu’il faut « put our money where our mouth is » . Mais à la lecture de son budget, on se pose des questions. Petit comparatif : MID tenait sur 32 paragraphes dans le budget 2008- 2009.

Par contre, l’essentiel des mesures qui sont dans le budget du 22 mai tient en six paragraphes ! Le gouvernement rétorquera qu’on est en bonne voie. Qu’un million d’ampoules basse- consommation et 14 000 chauffe- eau solaires équipent les ménages. Mais ce serait prétendre remplir une piscine olympique à coup de pelletées de cuillères à café d’eau ! L’essentiel des nouvelles mesures d’accompagnement liées au MID est superficiel. Le fonds n’a pas besoin d’argent. Les bailleurs de fonds se bousculent pour financer les projets et l’assistance technique ! Il s’agit plutôt de mettre de l’ordre dans les structures.

De doter le « MID Fund » d’un bras armé institutionnel. Encadré par une loi lui permettant, enfin, de sortir du bourbier administrativo- juridique dans lequel il s’enfonce. Il faut s’atteler à sauver le mirage du naufrage…

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Il n’y a pas que l’environnement qui a été oublié dans le budget. Mais aussi Rodrigues. Il y a trois ans, le slogan « Tourisme, moteur de la croissance du pays » était soufflé à l’oreille du Premier ministre. Toutefois, on semble oublier que le tourisme est également devenu le principal moteur de la croissance à Rodrigues. Pour occulter les spécificités de l’île, on cède volontiers à la facilité de la cantonner à son état de 10e district. Noyant ainsi sa mauvaise note dans la moyenne – plutôt bonne – de l’économie nationale.

Or, un séjour à Rodrigues suffit à nous faire réaliser à quel point l’effet de ruissellement du tourisme y est puissant. Les visiteurs fréquentent les hôtels, chambres d’hôtes et restaurants du pays. Achètent l’artisanat et les produits du terroir. Faisant ainsi vivre pêcheurs, artisans, hôteliers, restaurateurs et agriculteurs. Or, le touriste se fait rare. Un billet d’avion à Rs 8 000 a fait fuir l’essentiel des vacanciers, majoritairement mauriciens. Le budget du 22 mai rate le coche par une mauvaise allocation des ressources.

En pratique, le seul moyen de revigorer l’économie rodriguaise est de lui assurer un afflux plus important de touristes. La seule mesure du budget en ce sens– la suspension de la « travel tax » – n’abaisse le billet Maurice- Rodrigues que de quelques centaines de roupies. Ce n’est pas cela qui risque de ravigoter un tourisme rodriguais comateux.

Il faut faire baisser substantiellement le prix des billets. Soit en réinstaurant la compétition dans les dessertes vers Rodrigues à partir de Maurice et de la Réunion. A défaut, en aidant financièrement « Air Mauritius » à subventionner temporairement le coût de son billet d’avion vers Rodrigues.

Si rien n’est fait, nous suggérons un nouveau slogan. « Le tourisme, pourvoyeur de catastrophe économique à Rodrigues » !

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