How it can happen to you

Il était temps. Enfin, nous disposons d’une enquête d’opinion permettant de cerner le comportement de nos jeunes vis-à-vis du sida. Le groupe Rogers mérite d’être félicité pour avoir commandité et financé cette étude qui s’avère extrêmement riche en enseignements. Oublions certains résultats dont les radios et journaux sensationnalistes s’empresseront de s’emparer pour faire baver les pervers et exciter la curiosité des voyeurs…

Attardons-nous plutôt sur ce qui frappe dans cette étude : la candeur de nos jeunes vis-à-vis du VIH ! On pourrait dire quelque part que la jeunesse mauricienne, pour affronter le sida, s’est choisie pour slogan « dan nou pena sa ». C’est une croyance dangereuse. Car le virus ne contamine pas que les jeunes paumés vivant dans les banlieues de nos villes ou les villages reculés. Le VIH infecte également les jeunes fils et filles à papa, vivant une vie confortable… mais qui lors d’une première fois, ou une énième aventure… ont persisté à ne prendre aucune précaution.

C’est donc avec justesse que les auteurs du rapport réclament dans leur conclusion l’organisation d’une campagne nationale pour dire à nos jeunes « how it can happen to you ». C’est un fait connu, surtout dans les pays développés, il y a un relâchement dans le réflexe de se protéger aussi bien chez les adultes que chez les jeunes. Ce laisser-aller est expliqué par la fausse croyance, les trithérapies aidant, qu’on ne meurt plus du sida. Certes, on vit désormais plus longtemps après avoir été infecté… mais le virus tue toujours. A Maurice toutefois, on ne peut pas nécessairement parler de relâchement.

Notre jeunesse, hélas, n’a sans doute jamais pris conscience de la nécessité impérieuse de se protéger lors des rapports sexuels. A fortiori lors du premier avec un nouveau partenaire. Cet état de fait doit amener tous les acteurs de la lutte contre la propagation du virus à lancer une campagne de sensibilisation nationale et de très grande envergure sur la nécessité de se protéger.

Réhabiliter la capote ! L’article en page 4 explique clairement à quel point nos jeunes passent à côté de l’utilité première du préservatif. Un étrange sentiment d’immunité contre le virus fait croire à quatre jeunes sur cinq que le petit bout de latex est avant tout un accessoire pour prévenir les grossesses. C’est inquiétant. Et il faut donc changer cette perception au plus vite. Aujourd’hui, 20 % des infections répertoriées le sont dans la tranche d’âge des 15 à 24 ans. Demain, si rien n’est fait, ce taux croîtra de manière alarmante.

Tout cela nous amène à nous demander qui doit sensibiliser. Bien évidemment, ce sont les professionnels du domaine, les PILS, Natresa ou le « National Aids Secretariat » qui doivent décider du message à faire passer. Ensuite, nous devons prendre le relais. En effet, l’étude démontre à quel point les médias – télévision, radio et presse – ont une lourde responsabilité dans la tâche d’informer les jeunes sur les messages de prévention. Ainsi, on apprend que quatre jeunes sur cinq disent se tourner vers la télé nationale. Deux sur trois comptent plutôt sur les journaux.

Maintenant que nous savons comment et pourquoi les jeunes réagissent de telle ou telle manière vis-à-vis de ce fléau, nous sommes en mesure de transmettre plus efficacement les messages de prévention. Au boulot, tout le monde…

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2 responses to “How it can happen to you

  • Sachin

    Le sujet de la sexualité reste tabou à Maurice, soutenu par un enseignement arriéré des risques de maladies sexuellement transmissibles ainsi qu’une difficulté « sociale » d’avoir accès aux préservatifs. D’une part, certaines personnes restent convaincues, comme tu l’as si bien dit, qu’elles sont immunisées contre les MST et l’inculquent d’une certaine manière à leurs enfants en parlant de ce sujet ou pas. D’autre part, un jeune (nous parlons bien d’une catégorie commençant à 15 ans) ne peut acheter des préservatifs dans une pharmacie à Maurice sans que le pharmacien ou les autres clients ne lui fasse une réflexion ou les gros yeux. Ceci étant pire si ledit jeune est une fille.

    Dans cet optique, il serait également utile, en plus d’une éducation soutenue sur les comportements à risques de rendre les préservatifs plus accessibles avec des distributeurs automatiques par exemple.

  • carole R

    Il me semble que les premiers concernés devraient être les parents. La sexualité relève aussi, il me semble, de la sphère privée jusqu’à ce qu’elle devienne ou cause un problème de santé publique. Alors à quand une Ecole des Parents? ou un Permis de Maternité ou de Paternité?
    A 4 ans ma fille m’a demandée ce qu’est le SIDA et je lui ai répondu avec mes mots et mes moyens en croisant les doigts pour ne pas la dégoûter par anticipation de toute vie amoureuse : j’aurai bien aimé avoir l’aide de personnes formées ou mieux informées que moi pour conseiller mon petit bout en fonction de ses attentes et capacités.

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