Si tout marchait bien…

Mauritius Telecom (MT) demeurera mauricienne. C’est le secrétaire d’État français aux Affaires étrangères qui le dit. Il a affirmé à l’express que son gouvernement ne souhaitait pas modifier le capital de MT. Où est donc passé le féroce appétit dont France Telecom faisait preuve vers juin dernier ? À ce moment-là, le géant français semblait déterminé à devenir l’actionnaire majoritaire de MT, se fixant pour objectif de détenir plus de 50 % de son capital social. Tous les canaux avaient été utilisés pour arriver à cette fin… sans succès.

Il n’y a pas si longtemps, des menaces de retrait du capital de MT ont même été officieusement brandies. Imaginez FT vendant ses 40 % d’actions, au plus offrant. Et si Carlyle, l’un des plus puissants fonds d’investissement au monde, achetait les 40 % au prix que réclame FT ? Nous nous retrouverions avec un actionnaire dont l’exigence principale serait la rentabilité, quitte à dégraisser.

Serions-nous en train de dire que, finalement, FT est un allié utile ? Oui ! Une affirmation qui doit être quelque peu nuancée. FT a aidé MT à passer un cap technologique. Cela lui permet aujourd’hui de se positionner comme l’un des players possédant l’une des technologies les plus avancées en Afrique.

Mais MT ne rayonne pas dans la région comme il le devrait. Les promesses de joint ventures FT-MT n’ont été que partiellement tenues. L’implantation sur des marchés encore inexploités en Afrique aurait permis aux partenaires de réaliser des profits sans doute non-négligeables. Moyennant, évidemment, une prise de risque qui est inhérente au lancement de toute nouvelle activité étrangère. Un risque que ne souhaite pas prendre FT. Préférant rester là où les revenus sont assurés, pour l’heure. Quitte à utiliser ensuite tous les moyens pour que les règles du jeu de la concurrence restent largement favorables à MT.

Des implantations étrangères au-raient permis à MT de générer des profits ailleurs. Il aurait aussi, éventuellement, à recentrer ses activités à Maurice. Se permettant d’être moins obsédé par les impératifs de profitabilité sur le marché local et de jouer le jeu de la concurrence. Permettant aux prix des services de téléphonie, mais surtout d’Internet, de connaître des baisses significatives. Mais tout cela n’est qu’un beau scénario, en attendant que les deux partenaires se décident à le concrétiser.

publié le 31 octobre 2004

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :