Pas que des chinoiseries!

Que sait-on de la Chine ? Que c’est l’une des économies les plus dynamiques au monde. Que sa croissance économique flirte avec les 10 % depuis environ trois ans. Que sa capacité de production textile menace, à elle seule, une dizaine de pays. Mais sait-on ce qu’on peut en espérer ?

On peut se réjouir des lignes de crédit, des accords de dessertes aériennes, du possible axe commercial Chine-Southern Africa Development Community que rapporte aujourd’hui le Premier ministre. Mais à vouloir s’associer à la Chine, il vaut mieux s’y prendre de la meilleure façon qui soit. En choisissant les créneaux les plus porteurs. Celui de la technologie.

La Chine a fait comme l’Inde en somme. Les Indiens ont réussi, grâce à de nombreuses années de travail sur les semi-conducteurs, à permettre aux processeurs des ordinateurs de décupler leur vitesse de travail. Ils l’ont fait seuls, ou en collaboration avec des entreprises ou institutions étrangères. Le nombre d’Indiens « squattant » les couloirs et laboratoires du Massachusetts Institute of Technology de Boston, berceau d’un grand nombre d’innovations technologiques, est proprement hallucinant. Mais la Chine, elle, ne s’est pas donné les moyens de créer de la technologie. Elle s’est octroyé les moyens de l’acquérir. Grâce à des alliances stratégiques.

Un chef d’entreprise qui a suivi Jacques Chirac en Chine, l’an dernier, avait bien résumé la situation. Il fallait qu’il trouve un partenaire chinois pour fabriquer, au plus bas coût, des câbles optiques en Chine. Cela allait, en même temps, lui ouvrir les portes de ce marché dans l’Empire du milieu. Mais à quel prix ! En contrepartie, il a dû consentir à transférer toute sa technologie de pointe en Chine. Son partenaire là-bas pourra l’utiliser, de manière autonome, d’ici trois ans.

D’autres avant ont suivi le même parcours. Le fabricant d’ordinateurs Lenovo a d’abord absorbé quelques technologies étrangères avant de vouloir engloutir le pôle PC d’IBM. Le fabricant d’électroménager Haier est entré en partenariat stratégique avec des entreprises européennes et américaines, avant de connaître un énorme succès commercial sur ces deux continents.

Voici donc le nerf de la guerre : le transfert de technologie. Ce n’est pas le commerce traditionnel entre nos deux pays qui est important, mais les technologies que nous pourrons acquérir de la Chine, en concluant des partenariats stratégiques avec les entreprises de ce pays. Une fois sur le sol mauricien elles pourraient être mises à contribution dans le secteur des technologies de l’information et de la communication. Elles seraient alors utilisées pour l’assemblage ou la fabrication de composants high-tech destinés à l’export ou à la vente dans notre duty-free island de demain.

Mais ce positionnement dépend de la volonté de plusieurs acteurs. Le gouvernement mais aussi les entreprises et du Board of Investment. La Chine n’a pas que des chinoiseries à nous offrir !

publié le 30 janvier 2005

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