On nous prend pour des cons

Désolé d’être grossier. Mais dans les circonstances actuelles, c’est la seule réflexion qui nous vient à l’esprit ! Le débat économique constructif a disparu de notre paysage politique. On en est réduit à fantasmer sur un hypothétique débat parlementaire, au cours duquel Navin Ramgoolam et Paul Bérenger croiseraient le fer sur les choix et les chiffres. Où la vraie orientation économique du gouvernement jaillirait enfin au grand jour. Faisant apparaître un plan de travail avec des objectifs précis, chiffrés et des délais de mise en œuvre imposés.

Mais la réalité est tout autre. Est-ce bien le Premier ministre qui va répondre à la PNQ du leader de l’opposition sur le sucre ou le textile ?

Le ton entre les deux sera-t-il consensuel ou à l’orage ? Vont-ils se sourire ? Voilà donc les questions qui nous préoccupent! On accorde, trop d’intérêt aux amours et désamours du couple Bérenger-Ramgoolam !

Si on veut s’intéresser au fond du débat sur le sucre ou le textile, on se rend vite compte que gouvernement et opposition se bornent de manière obsessionnelle à se renvoyer la balle. Le raisonnement est simpliste et politicien. Pour Ramgoolam, il s’agit de dire que son prédécesseur n’a rien fait. Et quand ses tentatives de négocier une baisse alternativedu prix garanti du sucre serontun échec, ce qui est une certitude,il dira que c’est la faute à Bérenger. Car il avait mal préparé le terrain.

Le leader mauve, quant à lui, trouve désormais qu’il reste toujours plein de pistes à explorer, des chefs d’État européens à convaincre pour préserver nos acquis. Et si le gouvernement échoue, il hurlera alors à l’incompétence.

À vrai dire, aucun des deux campsne s’est résolu à dire la vérité, toute la vérité. Celle qui consiste à avouer qu’il faut efaser refer dans le textile et le sucre. Ils préfèrent faire croire qu’une solution miracle nous permettra de sauver les deux. Faux ! Rama Sithanen, le ministre des Finances, est sans doute l’un de ceux qui l’ont bien compris. Mais voilà, l’homme sur qui repose beaucoup d’espoirs (économiques) depuis juillet est étonnamment muet depuis des semaines.

« Peut-être qu’il n’a pas trouvé les solutions », se demande un de ses anciens collaborateurs. Nous préférons croire que ses solutions sont trop audacieuses ou politiquement incorrectes pour un gouvernement travailliste. Mais si c’est le cas, combien de temps prendront le gouvernement, et son chef, pour réaliser qu’il faut se résigner à ne pas gouverner pour plaire ? Le débat organisé par le NPCC sur la compétitivité de Maurice a buté encore une fois sur un point crucial : l’absence de position claire du gouvernement sur sa volonté d’ouvrir l’économie et de supprimer progressivement certains secteurs. Pendant que le pays court à la catastrophe… on prend son temps.

publié le 20 novembre 2005

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