L’innovation ou la mort

Notre paresse d’esprit nous coûtera cher. En lançant sa deuxième édition de l’Innovators Mauritius Award, le National Productivity and Competitiveness Council nous repose la question qui fâche : Savons nous innover ? La réponse est non ! Pourtant, nous avons tout intérêt qu’une certaine culture de l’innovation déferle sur nos institutions publiques et nos entreprises. Et que le règne de la recherche et du développement (R & D) s’installe.

Le constat, quand on parle de R & D à Maurice, paraît accablant. En procédant à un inventaire, on s’aperçoit que notre R & D est surtout concentré sur l’agricole.

Les travaux au rayonnement mondial du MSIRI sur la canne sont financés par l’industrie sucrière. Les gouvernements ont fait leur part du travail en encourageant les activités de recherche de l’Areu ou du Centre de recherche d’Albion, par exemple. Mais la recherche doit se développer ailleurs et autrement.

Le textile-habillement, par exemple, doit innover pour survivre. Mais le Textile and Apparel Develop-ment Centre fait dans la demi-mesure. Car souffrant d’un double handicap : un manque de budget et de chercheurs, aggravé par le déficit d’intérêt de la part des industriels du secteur.

C’est l’état d’esprit de nos chefs d’entreprise, tous secteurs confondus, qui doit changer. Une bonne partie d’entre eux, parle de R & D pour paraître in. En ayant d’ailleurs une vision assez floue de la chose. Cela se résume pour eux à un peu de marketing mêlé à de la stratégie et au bidouillage pour gagner quelques sous ici ou un peu de productivité là.

Dans les pays développés ou qui aspirent sérieusement à l’être, une partie des richesses générées passe dans la R & D. Le dernier Human Development Index des Nations unies nous apprend ainsi qu’en Norvège 1,7 % du PIB va à la recherche. Notre voisin sud-africain y consacre 0,7 %. À Maurice, on peine à atteindre les 0,3 %. À lire ces statistiques, on établit vite une relation simple. Plus un pays investit dans la R & D, plus son potentiel de développement s’accroît.

Il s’agit donc d’assurer un décollage de la R & D dans le pays. Pour cela, l’établissement d’une nouvelle collaboration entre le monde universitaire et celui de l’entreprise paraît impératif. Les entreprises doivent devenir les parrains et partenaires des chercheurs de l’université. Leur fournissant les moyens tout en leur montrant les directions dans lesquelles chercher.

L’État doit également repenser son implication. Le Mauritius Research Council (MRC) ne peut plus être un institut phare de la recherche… sur papier. Son manque de ressources humaines et financières constitue son handicap. Il faut que l’État puisse se donner les moyens d’y attirer des chercheurs locaux ou étrangers qui conduiront des travaux d’intérêt national.

Encore une fois, les entreprises doivent comprendre l’intérêt qu’elles peuvent avoir à financer la recher-che fondamentale ou appliquée susceptible de profiter à des industries entières à moyen terme. Le MRC doit en permanence être en train d’étudier de nouveaux débouchés et créneaux sous l’impulsion régulière de ses partenaires du privé et du gouvernement.

La R & D est toujours de l’investissement utile. Jamais une dépen-se inutile. On le sait déjà, c’est l’innovation ou la mort !

publié le 22 janvier 2006

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