Le mirage mozambicain ?

Paul Bérenger a pris l’habitude de bien nous vendre ses visites à l’étranger. Celle qu’il effectue au Mozambique du 26 au 30 mai n’échappe pas à la règle. A voir le communiqué de presse du bureau du Premier ministre du 21 mai, on se dit que le Mozambique va sans doute devenir un partenaire économique incontournable de Maurice.

Sauf que ce refrain, on l’entend depuis 1997, année de la signature du premier accord de coopération entre les deux pays. Les 100 000 hectares de zone économique exclusive concédées à Maurice ont permis à notre industrie sucrière de nourrir de fols espoirs de délocalisation et de lendemains meilleurs, au moment où commençait à planer une certaine incertitude sur l’avenir du sucre à Maurice. Les groupes Espitalier-Noël et Mon-Loisir qui investissaient massivement au Mozambique disaient presque y avoir trouvé un Eldorado. Sauf qu’en 2004, les 100 000 hectares concédés demeurent largement inexploités.

Alors comment faire pour transformer l’essai ? Bérenger, encore une fois, avait une solution. Et il a sorti la carte indienne de sa manche. Mais bon, il en parle depuis 2001 déjà. Et on attend toujours que les Indiens débarquent au Mozambique pour lancer cette initiative triangulaire si chère au Premier ministre. Mais l’Inde n’a porté qu’un intérêt ponctuel au Mozambique. Fait symptomatique : la question n’a même pas été soulevée par la délégation dirigée par le président Joachim Chisano à Maurice en mars 2003. La carte indienne est à usage multiple. Bérenger ressort le fameux axe Maputo-Port-Louis-Delhi. Cela devrait aider Maurice à mieux gérer la concession économique exclusive, dit-il. Mais l’Inde, déjà riche de millions de kilomètres carrés de terre cultivable, s’intéresse-t-elle vraiment aux « petites » concessions que propose le Mozambique ?

Les nouvelles quasi inexistantes sur le sujet en provenance de l’Inde sont sans doute une réponse à cette interrogation. Il ne faut pas surestimer l’importance que jouera le Mozambique dans le développement économique de Maurice. Mais certainement pas la minimiser non plus. Des entreprises mauriciennes s’y sont implantées et y prospèrent. Elles sont juste trop peu nombreuses pour fonder de trop grands espoirs dans le pays. Nous attendrons que le secteur privé mauricien se décide à occuper résolument le terrain là-bas pour nous réjouir.

publié le 23 mai 2004

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