Le hub de l’emploi

Le mot « hub » est tellement galvaudé. Tout est décliné à cette sauce ces derniers temps. Cela donne de la légitimité aux projets qui germent des cerveaux des visionnaires mais aussi des fumistes. Néanmoins, il y a un « hub » dont on peut se permettre de ne parler qu’en bien. C’est celui du « Seafood ». Ce secteur d’activité n’est plus au stade de projet ou de concept. Il marche, il rapporte et il se développe.

À vrai dire, notre « Seafood Hub » est né sous une bonne étoile. L’isolement géographique de Maurice a été pour une fois une bénédiction.

Car il place l’île et ses 1,9 million de kilomètres carrés de Zone économique exclusive (ZEE) au beau milieu d’une des zones de pêche les plus riches de la planète. La communauté de vue entre gouvernement-secteur privé a fait le reste.

Côté gouvernement, les entrepôts de la Mauritius Freeport Authority et les nouvelles infrastructures du port ont constitué le squelette de base. Des procédures administratives plus ou moins accélérées ont ensuite achevé de convaincre le privé d’investir. Depuis les débuts du « Seafood Hub » en 2003 près de Rs 2 milliards y ont été injectées !

Pour cause, les entrepreneurs locaux, petits et grands, ne se sont pas montrés réticents. Car ils se trouvaient dans une zone de confort. Investir dans l’élevage, la pêche, l’entreposage, le transbordement ou la transformation du poisson n’a pas ressemblé à une prise de risque inconsidérée pour eux. Certains ont puisé dans leurs fonds propres. D’autres se sont associés avec de prestigieux partenaires étrangers comme le géant américain de la conserverie Bumble Bee. Attiré par cette effervescence, le leader mondial de la fabrication de filet, Casamar, a même choisi de s’implanter à Maurice.

Mais inutile de trop se congratuler. Il y a du travail à faire, il faut désormais que le « Seafood Hub » mauricien bénéficie d’un vrai rayonnement mondial. Ce qui lui permettra d’aborder une nouvelle phase de développement. La conférence internationale sur le « Seafood Hub » mauricien qui sera organisée à Maurice début mars devra, nous dit-on, contribuer à rendre le pays plus visible parmi les opérateurs mondiaux du secteur. Ce qui serait synonyme d’opportunités d’affaires nouvelles et sérieu-ses ainsi que de projets d’implantations concrètes à l’avenir.

Un second souffle est nécessaire ne serait-ce que pour ses bienfaits sur la situation de l’emploi dans le pays. Beaucoup de Mauriciens ne veulent plus travailler dans le textile, tout en n’ayant pas les compétences requises pour aller frapper à la porte des « Call Centres » ou des boîtes BPO. Avec le taux de chômage qui campe autour des 10 %, nous avons besoin de pôles de création d’emploi. Le « Seafood Hub » en est un. Et dans un segment fort intéressant !

Les entrepôts et usines du « Seafood » ont besoin d’une main-d’œuvre qui sait faire preuve de dextérité, qui apprend vite et qui saura être productive à condition qu’on lui propose un salaire attrayant ainsi que des conditions et un cadre de travail accueillants. Ce secteur n’est-il donc pas idéal pour reconvertir les anciens travailleurs du secteur textile ou ceux qui ne veulent plus y travailler ?

Entre septembre 2004 et septembre 2005, plus de 3 200 personnes ont été licenciées du textile-habillement. Durant la même période un millier d’emplois a été créé dans le « Seafood ». Ainsi, en moins de deux ans d’activité, Thon des Mascareignes aura déjà recruté 1 000 Mauriciens. Le secteur « Seafood » depuis fin 2003 alimente 4 000 emplois directs.

Le potentiel est là. Il s’agit désormais de l’exploiter.Pour cela, il faut faire découvrir le « Seafood Hub » aux Mauriciens eux-mêmes. Et lui permettre de se défaire d’une certaine image et de s’en créer une nouvelle, plus représentative de la réalité. Pour que les locaux ne réduisent pas les unités de transformation, par exemple, à la désagréable odeur de saumure qui s’en dégage.

S’il existe un « roadmap » pour le « Seafood » à Maurice, il faudra qu’il contienne un volet pour le valoriser aux yeux de ses futurs employés.

On fera d’une pierre trois coups. Le « Seafood Hub » deviendra en même temps, pôle de croissance, d’investissement et de création d’emplois.

publié le 12 février 2006

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