« Jagte raho »

Cette expression en hindi veut dire « restez éveillés » ou « soyez vigilants ». Nous l’utilisons aujourd’hui car, au final, ce décryptage s’adresse d’abord à un groupe de Mauriciens. Issus d’une même communauté, d’une seule ethnie. Nous généralisons à peine, en disant que des hindous, à force de dire « dan nou pena sa », vont finir par propager, malgré eux, la terrible maladie du sida !

Il faut tirer la sonnette d’alarme. Il faut réformer beaucoup de ces esprits bornés et rétrogrades qui pensent que seuls les barbus toxicos et les crépus marginaux ont, ou risquent, d’attraper le virus. La réalité du terrain leur donne tort. Voici les faits. Ils feront peut-être sursauter la bourgeoisie hindoue bien-pensante des beaux quartiers de Quatre-Bornes et de Terre-Rouge. Il y a actuellement huit cas recensés de collégiens séropositifs dans une « Star School » des Plaines-Wilhems. Ils sont tous hindous !

Les organisations responsables de la lutte contre la propagation du VIH ne savent pas quoi faire. Elles sont gênées d’avouer la vérité ouvertement. Gênées de dire que la communauté hindoue se montre hermétique à toute tentative de dialogue pouvant mener à l’instauration d’une campagne de sensibilisation ou de dépistage d’envergure dans certaines poches rurales ou au sein des communautés hindoues urbaines.

Autour du VIH, le silence des associations socioculturelles hindoues est assourdissant. D’habitude, elles proposent leurs avis, sans être sollicitées, sur des tas d’enjeux économiques et sociaux. Mais là, c’est le mutisme.

La « Sanatam Dharma Temples Federation », le « Rajput Gahlot Sabha » ou les excités de la « Voice of Hindu » ont perdu leurs langues. Même les progressistes de l’« Arya Samaj » se montrent timorés. Ils doivent vraiment croire que « dan nou pena sa ». Mais encore une fois, les comportements et l’évolution des faits observés sur le terrain doivent les rappeler à l’ordre. Voici pourquoi.

Le 15 juillet 2007, la directrice de PILS, Audrey d’Hotman, révélait dans « l’express-dimanche » que le « sida est entré dans les collèges ». Elle évoquait alors pas moins de quatre cas recensés. En un peu plus d’un an, ce chiffre a doublé. Et tout indique qu’en fait il n’y a pas huit cas de collégiens porteurs de VIH, mais bien plus. Ceux-ci n’ont pas encore été dépistés car les établissements concernés et surtout les parents des jeunes de ces collèges font barrage. Affirmant encore une fois… « dan nou pena sa » !

Mais « dan nou ena sa » ! Car aussi bien les ONG luttant contre le sida que l’« Aids Unit » constatent des comportements à risques chez ceux qui se croient immunisés contre le fléau. Des collégiens se shootent à 16 ans ou vivent déjà une vie sexuelle débridée à 14 ans. De nombreux Manoj, Vijay ou Prakash vont voir les dames du Jardin de la compagnie ou d’ailleurs dans le pays. Ceux-là rentrent souvent à la maison pour transmettre le virus à leurs compagnes.

Il n’est vraiment plus l’heure de faire semblant de ne pas voir les problèmes. Il s’agit d’agir, PILS, et d’autres ONG, l’« Aids Unit » doivent tous pouvoir s’approcher et travailler avec la communauté majoritaire. Personne ne mérite de vivre avec le virus. Mais malheureusement, à cause de l’ignorance ou de la stupidité de certains, une part énorme de la population ne saura pas que le virus se propage insidieusement et rapidement parmi elle. Si rien n’est fait, le réveil sera brutal. Il sera trop tard pour prévenir la catastrophe. Car il faudra alors vivre et mourir avec…
publié le 7 septembre 2008

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