Archives mensuelles : octobre 2011

Et l’Etat dans tout ça ?

Moins de blabla, davantage d’action. La promesse du ministre des Finances, à moins d’une semaine de son discours du budget, est stimulante. Si Xavier Duval fait ce qu’il dit, la quasi-totalité de ses mesures budgétaires sera appliquée dès juin 2012. Mais on se pose toutefois des questions : le gouvernement a- t- il la capacité et surtout la volonté de montrer la voie en matière d’efficacité ?

Duval le rappelle volontiers : le gouvernement et sa pléthore de corps paraétatiques doivent également contribuer à l’efficience de notre économie. Tous doivent proposer le meilleur service possible au meilleur coût. A compter du 4 novembre, Xavier Duval essaiera donc de concrétiser cette vision… de préférence dans six mois.

Cette profession de foi a toutefois un air de « déjà-entendu » . Il y a cinq ans, le budget de l’Etat faisait déjà la part belle à l’assainissement des finances et de la gestion des corps paraétatiques. L’ancien ministre des Finances Rama Sithanen expliquait, en juin 2006, que le gouvernement allait cesser d’investir massivement l’argent du contribuable dans des institutions « dépassées » et « inefficientes » .

La fermeture de la Development Works Corporation ( DWC) allait même, disait l’ancien ministre des Finances, démontrer la volonté du gouvernement de « mettre de l’ordre » dans ce secteur. Le discours était beau. Les actes, eux, n’ont pas convaincu. Ainsi, la très grande majorité des « licenciés » de la DWC est allée gonfl er les « staff lists » d’autres organismes parapublics déjà surnuméraires !

Cinq ans plus tard, il suffit, par exemple, de se rendre au Parcel Post Office ( PPO) de Port- Louis pour se rendre compte à quel point l’inefficacité est érigée en dogme dans certaines de nos administrations. Au PPO, ce lieu d’un autre âge, l’informatique n’existe pas. Des postiers y palabrent indéfi niment avec des douaniers et gribouillent dans des registres antédiluviens avant d’ouvrir des colis contenant parfois deux livres ou un vulgaire gadget électronique.

C’est ce secteur public pléthorique et archaïque que Xavier Duval se donne pour mission de réformer. On connaît la recette pour cela. Elle passe par l’informatisation, la réduction des coûts et des effectifs, la formation du personnel pour le rendre apte à suivre et appliquer un « process » bien défini. Dans certains cas, la réforme passe par la fermeture pure et simple d’organismes dont la mission peut être plus effi cacement assurée par le secteur privé.

Pour atteindre cet objectif de réforme, Duval devra toutefois surmonter quelques obstacles de taille. Les plus coriaces ne sont d’ailleurs pas ceux que l’on croit. Ainsi, ce ne sont pas les syndicats qui posent problème. La volonté politique d’un gouvernement peut, en effet, avoir raison des plus belliqueux d’entre eux. Anerood Jugnauth l’a démontré avec les employés du Central Electricity Board dans les années 80. Le seul ennemi qui est en mesure d’empêcher Xavier Duval de réussir s’assied à la même table que lui les vendredis. L’ennemi, ce sont ses vingt-quatre collègues du Conseil des ministres. L’ennemi, c’est le politique en lui.

Les corps paraétatiques sont un formidable terrain de jeu pour les députés et ministres. En 2006, Rama Sithanen dénombrait « plus de 150 » de ces « authorities » et « boards » . Voyons les possibilités : 300 directeurs et chairmen potentiels à nommer… presque tous des nominés politiques. C’est alléchant. Autant de « office attendants » et « clerical officers » à caser. Soit des centaines de possibilités d’honorer les promesses d’emploi faites durant une campagne électorale.

Cette instrumentalisation des corps paraétatiques par les gouvernements successifs atteint, dans certains cas, les limites de l’absurde. Un ministre important a ainsi pris pour habitude d’informer personnellement les personnes de la même « communauté » que lui de leur promotion. Histoire de leur faire croire que c’est de lui que dépend leur bonne fortune.

Quand Xavier Duval dit qu’il va promouvoir un secteur parapublic de « high efficiency » , il va à l’encontre des intérêts de ses propres collègues du gouvernement. Pas sûr, donc, que ces derniers, ni même leur patron à tous, le soutiennent dans sa mission. Voici, à coup sûr, une mesure qui prendra plus de six mois pour être réalisée. Jusqu’ici, en tous cas, cinq ans n’ont pas suffi …


C’est l’histoire d’une troqueuse…

Je ne sais pas trop si le concept existe déjà à Maurice. Ce que je sais par contre, c’est qu’une troqueuse dans l’âme vient de lancer un blog qui permet aux mauriciens de s’échanger les livres et romans qu’ils ont déjà lus. Le concept est simple et pratique… et GRATUIT.

Allez sur le site pour comprendre comment ça marche.

 

TROC DES LIVRES

 


Connaissez-vous le « Senior leader » du MSM ?

Vous avez probablement la réponse à la question. C’était le sujet de mon édito de ce matin sur Radio One. Le manque de respect d’Anerood Jugnauth pour sa fonction de président de la République devient de plus en plus révoltant. Il fallait en parler…

Le « Senior leader » du MSM

Version Texte

«J’ai dit à Pravind : il vaut mieux être dans karo kann que d’aller travailler avec le MMM et Bérenger. » Qui a pu prodiguer ce conseil au patron du MSM ?

Pour le savoir il faut remonter dans le temps. Le 2 avril 2010 précisément. Et lire l’express. C’est dans un entretien à ce journal, que Sir Anerood Jugnauth, le président de la République, et accessoirement père de Pravind Jugnauth, avait fait cette déclaration fracassante.

C’est d’ailleurs durant cette même interview que le président avait entrepris de démontrer comment et pourquoi le leader du MMM est un personnage fourbe en qui, selon lui, il ne faut pas avoir confiance.

Un an et demi plus tard. Sir Anerood Jugnauth a vraisemblablement changé d’avis. Puisque seuls les idiots ne changent jamais d’opinion… réjouissons nous donc d’avoir un président de la République intelligent !

Si SAJ est sage, il ne faudrait pas par contre qu’il prenne les mauriciens pour des moutons ! En effet, voila une semaine qu’une alliance MSM/MMM est en gestation. Samedi, Paul Bérenger a même annoncé qu’un remake de l’alliance MSM/MMM de 2000 sera confirmé en temps et lieu.

Seuls ceux qui ont vécu sous un rocher pendant les 20 dernières années ignorent que SAJ a été le Premier ministre de cette alliance de 2000 à 2003.

Seuls ceux qui ne suivent en rien l’actualité locale ignorent également que SAJ et Bérenger se sont rencontrés deux fois récemment. Au vu et au su de tout le monde. Pour discuter de politique et probablement d’une alliance. Dont Bérenger dit : « fini diskite ».

Mais il y a un hic. Anerood Jugnauth n’est pas un vulgaire politicien dont le bureau du Réduit sert de décor pour des marchandages politiques. La fonction de SAJ (faut-il le rappeler ?) fait de lui le garant de nos institutions. A ce titre, il est censé rester en dehors de la sphère politicienne.

Il est donc très regrettable que le Président n’ait pas jugé utile d’émettre un communiqué ou alors de prendre la parole pour rappeler à tout le pays qu’il est au dessus de la basse-cour politique. Et qu’il convient donc de ne mêler ni son nom et encore moins sa fonction à la conclusion…d’une alliance MSM/MMM. Qui, selon Bérenger, n’attend que la démission de SAJ pour se concrétiser.

Peine perdue. SAJ n’a émis aucun communiqué. Aucun rappel à l’ordre. De toute évidence, Anerood Jugnauth, ces jours ci, est père de Pravind Jugnauth et « Senior leader » du MSM d’abord. Président de la République ensuite.

Pour reprendre le jeu de mot de son fils ; il attend même sans doute SAJement son heure…pour finaliser un nouveau deal Medpoint. Ou plutot, vu les circonstances…conclure un nouvel accord Château du Réduit !


Les leçons d’une condamnation

Malgré les simagrées des politiques, la presse locale demeure, en tant qu’institution, largement respectée par ses lecteurs et auditeurs. Ils sont, en effet, environ huit sur dix à le dire, sondage après sondage. C’est là, une sorte d’exception mauricienne. En effet, les lecteurs des grandes démocraties nourrissent, eux, une défiance grandissante envers les journalistes. Ils ont leurs raisons.

Dans certains cas, on accuse la presse de recourir au sensationnalisme et à des méthodes de bas étage pour faire vendre. Dans d’autres, c’est son attitude connivente avec le monde politique et des affaires qui pousse les lecteurs à remettre en question l’indépendance des journalistes. Dans tous les cas, c’est l’attitude de la presse à l’égard de ses propres turpitudes qui creuse le fossé qui la sépare de son audience.

Les redresseurs de torts que sont les journalistes prennent en effet trop souvent la fâcheuse habitude de ne pas reconnaître leurs erreurs quand ils s’en rendent coupables. Et cela arrive… trop souvent. Pour ne rien arranger, la profession, pense le grand public, fait preuve d’un corporatisme forcené en se rangeant systématiquement derrière ses membres qui fautent.

Si l’on en croit les deux juges de la Cour suprême qui ont condamné Dharmanand Dhooharika à trois mois de prison, celui-ci a bien fauté. Le délit d’outrage à la cour pour lequel le rédacteur en chef de Samedi Plus a été jugé était même, toujours selon eux, suffisamment grave pour mériter une peine d’emprisonnement relativement lourde.

Certes, les juges sont souverains dans le choix des peines — souvent proportionnelles à la gravité de l’infraction commise. Or, c’est justement la proportionnalité de la peine qui nous interpelle dans le cas Dhooharika. Un voleur, non récidiviste, ayant dérobé quelques bottes de coriandre sur un marché ne mérite probablement pas la prison ferme. De même, on se demande pourquoi une peine aussi sévère a été prononcée contre Dhooharika, une personne qui ne représente a priori aucune menace réelle pour la société.

D’autant plus que les juges disposent d’une palette de peines. Qui vont de la forte amende de Rs 300 000 aux travaux d’intérêt général. La prison n’est qu’une mesure extrême. Et là encore, on ne peut que dire notre incompréhension de voir Dhooharika emprisonné comme un vulgaire criminel à Beau-Bassin. Alors que la possibilité d’une incarcération à la prison ouverte de Richelieu existe, en théorie.

Cette incarcération, malgré tout, n’en est pas moins une terrible leçon. Ou plutôt un rappel brutal : le journaliste est un citoyen comme les autres. Il est passible de prison quand il enfreint les lois. Les grandes démocraties, dans le but de protéger la liberté d’expression et de la presse, ont complètement dépénalisé les délits de presse. De sorte qu’aucun journaliste ne soit condamné à de la prison dans l’exercice de sa profession. C’est un objectif « droitdelhommiste » vers lequel nous devons tendre. Toutefois, en attendant que l’Etat mauricien, dans sa sagesse, fasse évoluer nos lois dans ce sens, il faut composer avec celles que l’on a.

En effet, notre Code pénal prévoit plus d’une demi-douzaine de délits susceptibles de valoir de lourdes amendes ou des peines d’emprisonnement aux journalistes. Notamment: « outrage against public and religious morality; inciting disobedience or resistance to law; seditious publication; criminal liability for defamation; insult; false and malicious denunciation in writing; publishing false news… » Le code civil permet également d’engager la responsabilité civile du journaliste pour diffamation ou non-respect de la vie privée. Les dédommagements dans ces cas peuvent atteindre des montants conséquents.

Les politiques ont pris pour habitude de représenter les journalistes comme étant sans foi ni loi. La condamnation de Dhooharika indique toutefois que ce n’est pas vrai. Le rédacteur en chef de Samedi Plus vient, malgré lui, de prouver au grand public et à la classe politique que les lois encadrant la presse sont déjà sévères et applicables, en l’état, par nos juges. Après cela, peut-on encore prétendre, comme le fait le Premier ministre, qu’il convient de « durcir » les lois sur la presse ?


Les deux leçons de la condamnation de Dhooharika

Oui, un journaliste n’est pas un citoyen au dessus des lois. Ses turpitudes peuvent donc le mener en prison. La récente condamnation de mon confrère Dharmanand Dhooharika, rédacteur en chef du journal Samedi Plus, le prouve (voir le lien vers l’arrêt de la Cour Suprême plus bas).
On ne sait pas encore si Dhooharika devra purger les trois mois de prison auxquels il a été condamné ce 17 octobre. En effet, il a signifié son intention de contester la décision de la Cour Suprême devant le Privy Council, le dernier tribunal d’appel du système judiciaire mauricien.
Bien évidemment, il est très triste de voir un confrère condamné pour une faute commise dans l’exercice de ces fonctions. Il est aussi triste de voir qu’on envoie encore des journalistes en prison à Maurice quand d’autres grandes démocraties ont complètement dépénalisé les délits de presse. Les journalistes fautifs y sont condamnés à de lourdes amendes…mais ils n’encourent pas la prison.
Néanmoins, il faut voir au-delà des faits. En faisant cela, je suppose qu’on peut retenir deux leçons de l’affaire Dhooharika.
Leçon 1: les journalistes sont des citoyens ordinaires. De nombreux politiques, dont le Premier ministre, donnent, à tort, l’impression que les journalistes sont une race à part. Sans foi ni loi. Qui ne ne tombent sous le coup d’aucune loi…ce qui leur permet d’exercer et d’abuser d’une sorte de droit à l’excès. Ce lundi, la Cour Suprême a rappelé aux politiques que les dérives de journalistes peuvent être sanctionnées…très sévèrement par la justice.
Leçon 2 : Un bon journaliste est un journaliste qui respecte le droit et la déontologie. Le code civil et le code pénal regorgent de textes encadrant la pratique du journalisme. Le grand public et les politiques l’oublient souvent. Le gros problème…c’est que les journalistes l’oublient parfois également. Ainsi, le code pénal sanctionne les délits de “Outrage against public and religious morality; inciting diobedience or resistence to law; seditious publication; criminal liability for defamation; insult; false and malicious denunciation in writing; publishing false news”. Certains de ces délits sont passibles de lourdes amendes. D’autres, peuvent carrément mener le journaliste en prison, c’est le cas du Contempt of Court, un des articles de notre Courts Act (1945) qui dit ceci:

Article 18(c)
Where the Supreme Court, on a motion made to that effet supported by affidavit, finds that a person has committed a contempt, the Court may -
(a) sentence that person to imprisonment for a term not exceeding one year or to a fine not exceeding Rs 300,000
(b) Make such other order as it thinks fit

Afin d’être exhaustif, je dois aussi préciser que le code civil prévoit la responsabilité civile en cas de diffamation et pour le non respect de la vie privée. Les dédommagement dans ces cas peuvent également atteindre des montants conséquents.

Après tout cela, peut-on encore dire qu’il faut “durcir” les lois sur les médias?

Décision de la Cour Suprême

Director of Public Prosecutions v Dhooharika D. & Anor


Autour d’un sondage fictif

Politique fiction. Imaginons qu’un sondage organisé aujourd’hui même établisse avec clarté les rapports de forces politiques du moment. Admettons que l’étude donne 50% d’intentions de vote au Parti travailliste et 30% au MMM. Enfin, soyons généreux, quelque 4 points au MSM. A priori, cette photographie de l’opinion serait surprenante. Elle démolirait la thèse du MMM et du MSM selon laquelle le gouvernement et Navin Ramgoolam sont « plus impopulaires que jamais ».

Poursuivons, en supposant que ce sondage consacre Navin Ramgoolam comme le seul Premier ministre légitime aux yeux de deux Mauriciens sur trois. Passé l’incrédulité face à ce résultat, regardons le fond de l’affaire. C’est d’abord une question d’hommes. Ceci explique d’ailleurs cette conclusion-là.

Attelons-nous à comprendre pourquoi ce sondage qui n’existe pas consacre Navin Ramgoolam. Pour cela, il suffit de passer en revue sa concurrence. Parmi elle, se dresse un challenger à qui l’opinion publique semble avoir remis, en viager, la fonction de leader de l’opposition. Un bambin politique, à la popularité et la crédibilité insignifiantes, complète le tableau. Par défaut ou par K.-O., Ramgoolam gagne face à eux.

Une telle photographie hypothétique de l’opinion serait assez similaire à celles qui ont pu être prises depuis début 2010. A la veille des dernières élections générales, des études commandées par Navin Ramgoolam lui-même et des entreprises indépendantes avaient, en effet, livré sensiblement les mêmes conclusions.

Notre sondage a toutefois une valeur ajoutée: il démontre que post-Medpoint, malgré l’affaire Khamajeet et en dépit de l’éclatement de l’alliance de l’Avenir, les rapports de forces politiques sont restés à l’avantage de Navin Ramgoolam. Probablement parce que sa stratégie consistant à rester au-dessus de la mêlée politique, tout en faisant sauter régulièrement des fusibles, a été payante.

Admettons désormais que tous les leaders politiques prennent connaissance de cette enquête d’opinion. Et qu’ils soient  convaincus de la justesse de ses conclusions. Quelles suites donneraient-ils à leur action et à leurs stratégies politiques?

Ramgoolam pourrait d’abord se demander s’il ne serait pas souhaitable qu’il aille tranquillement jusqu’au terme de son mandat en 2015. En essayant de débaucher au passage un ou deux des 37 députés de l’opposition. Histoire d’être plus tranquille au Parlement.

Mais une opposition unie pourrait malgré tout user sa popularité. A la faveur d’un ou deux autres « méga scandales » qui ne demandent qu’à éclater au grand jour. Pourquoi donc fermer les portes quand on peut en laisser une ouverte. Et quitte à faire cela, mieux vaut choisir de la laisser entrouverte pour celui qui dispose d’une vraie assise électorale : Bérenger.

Pravind Jugnauth n’a pas beaucoup de choix stratégiques. Déjà, il doit se réconcilier avec le fait qu’avec un score aussi bas, il est un poids plume sur l’échiquier politique et ne dispose d’aucun joker dans une quelconque négociation. Lui, non. Mais son père peut-être…

Toutefois, que permettrait réellement un retour de l’empereur soleil ? Faire passer la cote du parti de son fils de 4 à 8 points ! Le MSM pourrait alors prétendre représenter une réelle force de nuisance contre Ramgoolam. Mais pas encore une force d’alternance.  Jugnauth fils réaliserait très vite qu’il lui faut une double bouée de sauvetage. Celui du Père Anerood… et du frère…Paul.

Mais qu’en penserait Bérenger ? Oui, le sondage démontre que son parti a une assise. Mais bénéficier de celle-ci en étant au pouvoir vaut toujours mieux que d’en disposer en étant dans l’opposition. La réunion des deux frères avec la bénédiction du Père pourrait bien faire quelques étincelles dans les urnes. Mais il faudra vraisemblablement attendre 2015 pour cela. L’alchimie entre frères et la santé tiendront-elles d’ici la ? Et surtout, les étincelles des urnes seront-elles suffisamment vives pour mettre le feu à la maison travailliste dans une prochaine joute électorale ? Pas si sûr…

Ce qui est certain. C’est qu’un Ramgoolam encore populaire mais heureusement pas tout-puissant peut être un allié naturel pour Bérenger. Leurs forces parlementaires conjuguées réussiraient à concrétiser n’importe quel amendement constitutionnel visant à créer un nouveau mode de partage du pouvoir. Les apports électoraux des deux partis permettraient, eux, de reconduire une  majorité parlementaire qui n’aurait rien à envier à celles de 82, 91 ou 95. L’un pourrait régner du château, l’autre, hyperactif, pourrait enfin donner l’impression de passer 25 heures par jour à travailler et à changer le pays. En somme, la formule parfaite.

Il y a vingt ans naissait la formule « Win with Navin ». En 2005, Bérenger avait découvert une « Winning Formula ». Et si ce sondage théorique… appelez le bidon… débouchait sur une « Win with Navin Winning Formula » Il resterait seulement à déterminer dans quelle mesure cette formule,  qui servirait à merveille les intérêts de deux hommes, serait à l’avantage des 1 299 998 autres Mauriciens.


Capitaine Yo-yo

Mon édito du jour sur Radio One est consacré à Capitaine Yo-yo. C’est à dire au patron du MMM…dont les amours et désamours politiques sont très changeantes en ce moment…

Capitaine Yo-yo

Version texte

Une année lumière. Ceux qui n’ont pas quelques notions de physique ne sauront peut être pas que c’est la distance que parcourt la lumière en 365 jours. Rapportée en kilomètres, cela donne…un peu moins de 9500 milliards de kilomètres.

Voici donc la distance astronomique qui sépare le MMM du MSM. Comme vous le savez, c’est Paul Bérenger qui a fait cette surprenante révélation ce samedi.

Mais ce qui est encore plus étonnant, c’est la vitesse à laquelle le vaisseau mauve du capitaine Bérenger peut s’éloigner du navire en perdition du moussaillon Pravind Jugnauth.

On entend déjà les cyniques rappeler, qu’il y a encore quelques semaines, les deux frères étaient très à l’aise ensemble. Ils s’étaient même fait un devoir de se rencontrer chaque semaine… histoire de raffermir les liens et rattraper le temps perdu.

Puis, tout a été gâché par ces tractations d’alliance…qui, bien entendu, n’ont jamais existé officiellement !  Elles ont à telle point été hypothétiques qu’un hebdomadaire habituellement très au fait de « all things purple »…a expliqué, ce weekend…que les prétentions de Pravind Jugnauth plombent une possible alliance MSM/MMM.

Alors que dans le même article, l’analyste politique rappelle que Bérenger dit ne pas avoir discuté d’alliance avec son ti frère jusqu’ici !!!

Ceux qui sont encore plus cyniques prétendront que les pointes de vitesse du vaisseau mauve ont été enregistrées grâce à un carburant particulier nommé « Gentillesses ». Navin Ramgoolam en aurait généreusement abreuvé le vaisseau mauve ces derniers temps.

En effet, le Premier ministre n’a pas manqué de souligner la culture politique de Bérenger récemment. Ni de louer ses qualités d’opposant. Samedi dernier, Ramgoolam n’a pas non plus proféré un seul mot de travers à l’encontre de son opposant politique. Quel cœur ne fondrait pas face à ce flot de délicates attentions ? Mais bon, le pragmatisme nous commande un retour à la réalité.

Trêve de romantisme donc. Il n’y a jamais eu de sentiments fraternels entre les prétendus frangins. Ni de délicates attentions lancées gratuitement par Ramgoolam. Trêve de science fiction aussi. Il n’y a pas de capitaine Bérenger et encore moins de vaisseau mauve qui se déplace à la vitesse de la lumière.

Il y a seulement un leader politique qui, à sa retraite, devrait penser à se reconvertir …en professionnel du yo-yo !


Ramgoolam, le pacifiste ?

Quelle mouche l’a piqué !? Pas d’attaques acerbes. Aucune dénonciation hargneuse. Le Premier ministre s’est évertué à mettre la pédale douce, hier, lors de son exercice de communication. Calme et posé, Navin Ramgoolam a même semblé ne pas vouloir trop se lâcher en critiquant l’allié « loyal » d’hier devenu l’ennemi juré d’aujourd’hui : Pravind Jugnauth. Cette attitude n’a, en fait, rien d’équivoque ni de surprenant. C’est même la stratégie politique la plus indiquée… pour le moment.

Le Premier ministre endosse donc l’uniforme de pompier en chef. Il éteint et circonscrit consciencieusement les nombreux départs d’incendie qui pourraient affecter le fonctionnement de son gouvernement ou l’image de celui-ci auprès de la population. Malgré les déclarations belliqueuses du président Anerood Jugnauth, tout va bien entre eux pour Ramgoolam. Ce dernier ne dit pas, non plus, un seul mot désobligeant à l’encontre du MMM et de son leader Paul Bérenger… qui ne fait que « son travail » en critiquant le gouvernement.

Dédramatisées, également, les tensions internes au Parti travailliste ou les bourdes de certains rouges. La « frustration » de Kalyanee Juggoo est chose du passé. Les « circonstances » qui ont amené les propos du député Dhiraj Khamajeet ont, elles, été expliquées au Premier ministre. Dossiers clos ! À l’exception des « naufragés politiques » du MSM et de leur allergie à la Commission anti-corruption, Ramgoolam ne trouve donc rien à dire de négatif sur la situation politique locale. Les « boulever-sements politiques » attendront. Entre-temps, tout va bien.

Cette approche « fleur au fusil » du chef du gouvernement peut susciter deux commentaires. D’une part, on peut se demander si, entouré de ses seuls thuriféraires et coupé du quotidien du terrain, Ramgoolam ne commence pas à prendre ses désirs de retour au calme et de tout contrôler pour la réalité. D’autre part, il se peut également que le Premier ministre ait décidé de se concentrer sur la rentrée politique et de se consacrer entièrement à un agenda parlementaire très chargé en cette fin d’année. C’est ce qu’il dit vouloir faire. On ne peut que l’encourager s’il suit cette voie…

À peine deux semaines après la rentrée parlementaire du 18 octobre, Xavier Duval présentera l’un des budgets les plus cruciaux de ces dernières années. Ramgoolam et Duval le savent tous deux… La méthode Sithanen est inadaptée face à la conjoncture économique internationale actuelle. Elle portait ses fruits quand les entreprises étrangères se bousculaient pour faire fructifier leurs investissements chez nous. Or, ce moteur-là est en panne. Pas possible, non plus, de faire du Pravind Jugnauth. En dehors de son fumeux Duty Free Island, l’approche de l’ancien ministre des Finances n’a été qu’une pâle copie très « middle-class friendly » de la stratégie économique prônée par Rama Sithanen.

Duval se doit donc de redynamiser énergiquement notre stratégie économique. Il ne pourra le faire sans le soutien et les arbitrages favorables de Navin Ramgoolam. Le ministre des Finances a confié, à ceux qui l’ont vu récemment, que le Premier ministre lui impose peu de limitations pour boucler le discours qu’il présentera le 4 novembre. Tant mieux donc si le chef du gouvernement sursoit à ses fréquents déplacements à l’étranger. Vivement aussi qu’il se libère de son agenda politicien consistant à « koz koze » ici et « zour zoure » là-bas. À présent, Navin Ramgoolam se doit de travailler étroitement avec son ministre des Finances afin de lui permettre de proposer le package économique le plus adéquat pour l’année 2012 et les suivantes.

Mais encore faut-il connaître les objectifs précis du package que présentera Xavier Duval. Celui-ci en décrira les grandes lignes dans un entretien qu’il accordera à l’express dimanche prochainement. Mais d’ici là, il nous revient que Xavier Duval compte notamment placer la création d’emplois à travers la relance de l’entrepreneuriat au rang de ses priorités budgétaires. Tout en protégeant ceux qui feront invariablement les frais de la crise qui frappe aussi bien certains de nos partenaires européens que les États-Unis.

Ramgoolam reste bien évidemment un politicien à plein temps, mais durant les semaines à venir, le pays et l’économie ont davantage besoin d’un leader sachant aiguiller son Conseil des ministres et prendre les décisions importantes dans l’intérêt (économique) national. Et non d’un chef de guerre politique obsédé par l’idée de rester au pouvoir. Espérons que Navin Ramgoolam saura faire la part des choses.


Pour les étudiants de l’UoM (II)

Voici la présentation d’aujourd’hui autour du thème “Les contraintes au métier de journaliste à Maurice“.

Présentation Powerpoint


La Guerre des Politiques : le Retour de SAJ

Ce sera le blockbuster de l’été. Mon édito du jour sur Radio One était consacré au film qui sortira bientôt dans toutes les salles du pays…

La Guerre des Politiques, Episode III: le Retour de SAJ.


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