Archives mensuelles : décembre 2010

Monsieur Ramgoolam, vous êtes formidable !

Le plus grand leader que Maurice ait connu. C’est le qualificatif juste pour décrire notre Premier ministre, le docteur Navinchandra Ramgoolam. Ses adversaires politiques ainsi qu’une « certaine presse », stupidement hostile à son égard, ne peuvent persister à nier les faits : le Premier ministre est un génie… et pas qu’en politique. Point d’inhibitions donc. Il ne faut plus hésiter à le clamer haut et fort !

Cliquez sur les images pour lire l’article paru aujourd’hui dans l’édition de fin d’année de l’express.


L’élite se délite

Le poisson pourrit toujours par la tête. C’est ce que dit le vieil adage. Qui n’a d’ailleurs pas été démenti en 2010.

Dans un pays qui ne jure que par un certain culte de l’élitisme, l’année qui se termine a été marquée par un sérieux déficit d’idées et de débats constructifs de la part de son élite intellectuelle. Elections législatives, paupérisation d’une catégorie de la population, crise économique, flambée des cas de violence extrême envers des mineurs. Si les sujets de discussion n’ont pas manqué, les débats n’ont, encore une fois, été que trop peu nombreux. C’est à croire que l’élite intellectuelle de l’île se cache. Qu’elle somnole. Existe-t-elle d’ailleurs encore ?

Elle vivote. Elle vieillit. Elle ne se renouvelle pas. Il n’y a qu’à lire le « BP 247 » de l’express , les commentaires dans la section blog de www. lexpress. mu, les pages « Forum » du Mauricien ou encore les papiers d’opinion que publie chaque semaine Mauritius Times pour s’en rendre compte. Quand les journalistes « semi- intellectuels » s’effacent, ils laissent la place à une petite poignée de personnes – toujours les mêmes – qui semble avoir reçu la mission implicite d’avoir un avis sur tout. Dégainant des « il n’y a qu’à » et « il faut que » avec une régularité métronomique. Certains le font sur tout : l’économie, l’éducation, les langues, la politique, le mauricianisme… depuis les années 70 !

Mais où sont donc les autres ?

Au milieu de ce paysage intellectuel désertique, jaillissent de temps en temps quelques oasis. Think Mauritius a ainsi été lancé début novembre pour promouvoir l’émergence d’idées et de solutions pour une « nouvelle » île Maurice. Mais avez- vous entendu parler de ce think tank ? Probablement pas. Ou alors vaguement. La faute en revient en partie à la presse qui préfère s’intéresser à des sujets polémiques et de préférence sensationnalistes – cela fait vendre – plutôt qu’à des questions de fond.

Toutefois, les regroupements comme Think Mauritius ne sont pas exempts de reproches. Bien souvent, emportés par l’enthousiasme du début, leurs membres ne s’embarrassent pas d’avoir une vision à long terme. En définissant, par exemple, un calendrier d’activités et de débats débouchant sur des propositions concrètes à intervalles réguliers. Quand, en plus, ces mêmes esprits enthousiastes se heurtent au conservatisme social et politique ambiant… la crise d’aquoibonisme aiguë ne tarde pas à les gagner.

Deux facteurs expliquent pourquoi le désert intellectuel gagne du terrain. Il y a d’abord cette culture bien locale qui consiste à ne pas se mouiller et ne pas avoir le courage de ses opinions. Dans beaucoup de cas, cette attitude est dictée soit par la peur, soit par l’appât d’un gain éventuel. Ainsi, certains professeurs d’université reçoivent des circulaires officielles leur intimant l’ordre de ne pas s’exprimer dans la presse. D’autres, de leur propre initiative, se décident à ne jamais dire un mot de travers contre les puissants du jour. Une éventuelle promotion pourrait en dépendre…

Dans le secteur privé, on n’est pas mieux loti. Des patrons d’entreprises, surtout ceux qui ont une relation de dépendance envers l’Etat, s’arrangent pour ne jamais se montrer critiques envers ceux qui pourraient demain mettre en péril l’attribution d’un contrat ou d’un permis d’opération à leur entreprise. Un patron qui la ferme, et qui ne dit pas son désaccord par rapport à certaines pratiques gouvernementales, peut aider à la profitabilité de son entreprise…

Si le désert intellectuel progresse, c’est aussi à cause de l’attitude d’une nouvelle génération de Mauriciens. Réfléchir, critiquer, proposer, puis agir (ou pas), c’est le job des autres. De préférence, celui des politiques. C’est ce qu’ils pensent. Et c’est pourquoi – tout éduqués et instruits qu’ils sont – ils se donnent pour mission de gagner bien leur vie et de profi ter du confort que leur profession leur assure. Du coup, face aux problèmes de société ou confrontés à l’inertie politique, ces jeunes brandissent la solution idéale : l’expatriation. Démissionnaires et sans doute encouragés par leurs parents désillusionnés, ces jeunes ingénieurs, médecins, juristes ou scientifi ques répondent « Canada, Nouvelle- Zélande, ou Australie » en guise de solution aux problèmes auxquelles ils font face à Maurice.

Les intellectuels qui prennent la parole vieillissent. Ceux qui pourraient la prendre se taisent ou choisissent d’autres cieux. Autant pour cette île qui s’ambitionne « intelligente » …

D’autres commentaires sur cet édito.


Le parti qui valait cinq sous

La phrase de sir Anerood Jugnauth est passée à la postérité. « Ce sont les cinq sous qu’il me manquait pour arrondir ma roupie… » C’était en février 1995. Il était alors Premier ministre et faisait allusion à l’entrée au gouvernement de Xavier Duval, qui venait d’être intronisé leader du PMSD. Presque seize ans plus tard, les bleus valent probablement toujours ces mêmes cinq sous. A la seule différence près que le PMSD – et surtout son leader – arrondit la roupie d’un autre Premier ministre…

Il n’y a pas trente- six conclusions à tirer de l’élection ratée du PMSD Abbas Mamode au poste de premier magistrat de la capitale. Que Mamade Khodabaccus, un protégé de Duval, lui ait été préféré n’équivaut ainsi en rien à une réaffirmation de position du leader du PMSD au sein du gouvernement de Navin Ramgoolam. Xavier Duval n’est sans doute pas dupe. Il a – et aura – de plus en plus de mal à faire valoir ses cinq sous au sein du gouvernement. D’autres épisodes de tension sont à prévoir entre lui et son patron.

Depuis mai 2010, Xavier Duval et son parti détonnent dans un ensemble politique par ailleurs homogène. Le Parti travailliste ( PTr) et le MSM ont en commun un électorat thésauriseur, conservateur et rural. Pour lequel les questions de la pauvreté et de la précarité sont loin d’être centrales. Par contre, l’électorat de Duval, plutôt urbain celui- là, accorde une importance capitale à ces deux sujets. Or, depuis son installation en mai, le gouvernement a surtout multiplié les signaux favorables en direction de l’électorat PTr- MSM.

Le budget 2011 de Pravind Jugnauth constitue un joli cadeau à une clientèle électorale précise. Qui a vu d’un très bon oeil l’abolition de la taxe sur les intérêts bancaires et de la National Residential Property Tax ainsi que la réintroduction de plusieurs abattements fi scaux. Une véritable manne financière à un moment ou d’autres Mauriciens – surtout les plus pauvres – subissent la série d’augmentations causée, en partie, par les mesures budgétaires de Pravind Jugnauth. De quoi esseuler davantage Duval au sein du gouvernement et amoindrir son aura auprès de son électorat désormais conscient de son impuissance.

Cette tournure des événements était sans doute prévisible. C’est pour cela qu’il ne fait aucun doute que le ministère de l’Intégration sociale et de l’Autonomisation économique a été créé et confi é à Xavier Duval avec une arrière- pensée purement politicienne. Ainsi, pendant que le tandem PTr- MSM mène une politique proéconomie et favorable à son électorat traditionnel, Duval utilise les leviers de son ministère et de sa puissante National Empowerment Foundation ( NEF) pour mener une action tout aussi ciblée en faveur de son électorat.

Cette stratégie a toutefois été un échec jusqu’ici. Pour deux raisons. D’abord à cause de la personnalité même de Xavier Duval. Le leader du PMSD aura beau affirmer sa sincérité, mais en près d’un an à la tête de son ministère il ne l’a nullement marqué de son empreinte. Il n’incarne en rien Monsieur Intégration sociale. Pour le grand public, Duval c’est celui qui se déhanche au rythme d’un sega au milieu de journalistes étrangers. Ou qui reçoit au nom de Maurice le prix de la meilleure « island destination » lors d’un salon international du tourisme. Lors des fonctions de son ministère actuel, il donne davantage l’image d’un ministre forcé de s’acquitter de corvées que d’un homme de terrain n’ayant pas froid aux yeux à l’idée d’aller inspecter les porcheries de Bassin-Requin.

L’autre échec de Duval, c’est son incapacité à faire fonctionner la NEF. En voulant la transformer en un outil au service d’une politique purement clientéliste, lui et les hommes qu’il a placés à la tête de la NEF en ont tout simplement cassé le mécanisme. Des empêcheurs de tourner en rond – qu’ils se trouvent dans le conseil d’administration ou l’administration – ont été systématiquement débusqués et éjectés. Du coup, la puissante machine d’hier laisse place à une multitude de microprogrammes à partir desquels aucune vision d’ensemble et inscrite sur le long terme ne semble se dégager.

Sans outil adéquat pour mener sa politique et asseoir sa popularité, minoritaire au sein du gouvernement, Xavier Duval semble être dans une situation bien inconfortable. Au point de le pousser à aller voir ailleurs ? Sans doute pas. En politique, « un tiens, voilà cinq sous, vaut mieux que dix sous, tu l’auras ! »


Commandant Viljoen

Suivant, s’il vous plaît ! C’est à croire qu’une fi le imaginaire, composée de gestionnaires les uns plus compétents que les autres, serpente jusqu’au parvis de l’immeuble d’ Air Mauritius à Port-Louis. Chacun d’entre eux attendant d’être nommé à la tête de la compagnie d’aviation nationale. Sinon, comment expliquer la facilité avec laquelle le gouvernement change le patron d’une des entreprises les plus stratégiques du pays ? Dans cette affaire, ce que Raj Bungsraz a pu commettre ou omettre de faire en soixante- dix jours n’est que secondaire.

Ce sont plutôt les effets du phénoménal « turnover » à la tête de la compagnie nationale qui doivent retenir notre attention. C’est d’ailleurs avec incrédulité qu’on se prend à refaire le calcul. Depuis 1997, les sept personnes qui se sont succédé à la tête d’ Air Mauritius l’ont chacune dirigée, en moyenne, pendant moins de deux ans. Cette statistique nous mène à une terrible conclusion. Air Mauritius n’a probablement été réellement gérée que durant la moitié des treize dernières années ! Il existe en effet un temps de latence entre la prise de fonction d’un patron et le moment à partir duquel il commence à diriger son institution en y laissant ses marques de gestionnaire et de stratège.

Dans une entreprise aussi complexe qu’ Air Mauritius – ses actifs se chiffrent en dizaines de milliards de roupies et elle emploie environ 3000 collaborateurs – des experts en gestion estiment que le CEO passe environ un an à être « in offi ce but not in power » Les patrons successifs d’ Air Mauritius depuis 1997 ont donc perdu un peu moins de sept ans en temps de découverte, d’adaptation et d’apprentissage ! C’est là le scandale. Car malgré la caisse noire, les attentats du 11- Septembre, l’épidémie de chikungunya, un hedge calamiteux, la crise internationale et le « CEO turnover » , Air Mauritius a néanmoins réussi à dégager des résultats fi nanciers relativement satisfaisants durant cette période. C’est à se demander ce que serait la performance de la compagnie si jamais elle avait eu à sa tête une équipe dirigeante stable et performante durant tout ce temps- là.

Esquissons donc ce qu’aurait pu être l’action d’un CEO d’ Air Mauritius solidement installé à son poste et bénéfi ciant du soutien total de son actionnaire le plus important: l’Etat. Ce patron- là aurait pu réformer en profondeur les structures de l’entreprise ainsi que son management – surnuméraire – en appliquant toutes les recettes préconisées par les experts de Mc Kinsey. Sans devoir être l’objet de représailles et de complots internes.

Le CEO idéal d’ Air Mauritius aurait également pu se poser en acteur incontournable de la première industrie du pays : le tourisme. Définissant conjointement avec les hôteliers, la Mauritius Tourism Promotion Authority et le ministère du Tourisme, les pans essentiels de la stratégie touristique de notre destination. Sans craindre d’apprendre à travers la presse que son entreprise va ouvrir une nouvelle desserte aérienne ici ou là. Parce qu’un homme politique l’aura décidé de son propre chef… contre toute logique économique !

Le patron du transporteur national devrait également pouvoir gérer au jour le jour son entreprise afi• que celle- ci propose le meilleur service possible à tous ses clients. Et non pas s’atteler personnellement à ce que les vols d’une petite clique de puissants se déroulent le plus agréablement possible. Notamment en s’assurant que les hôtesses soient dévouées tout en n’oubliant pas, par exemple, de faire en sorte que le whisky servi à bord soit d’excellente facture.

Depuis la mise à pied de Bungsraz par le conseil d’administration d’ Air Mauritius , ce mercredi, c’est le Sud- Africain Andries Viljoen, Chief Finance Officer/ Chief Information Officer de l’entreprise qui assure l’intérim. Difficile de dire si l’ancien patron de South African Airways fi nira par être le CEO idéal tant recherché. Sa compétence ne semble faire que peu de doute. Il reste donc à savoir si le pouvoir politique lui donnera les moyens de diriger efficacement et surtout librement Air Mauritius .

A première vue, le Premier ministre apprécie Viljoen. Quelques semaines après la nomination de celui- ci, début 2009, Ramgoolam avait dit voir en lui une personne compétente « qui a fait ses preuves » . Le seul problème… c’est qu’il a également dit cela d’autres anciens patrons d’Air Mauritius – Megh Pillay, Nirvan Veerasamy ou même Manoj Ujoodha ! Les démonstrations publiques de soutien de Ramgoolam ne sont pas des gages de longévité à Air Mauritius …

Viljoen doit donc être prévenu, si les vols d’une certaine clique se déroulent tranquillement, il se pourrait qu’on ne trouve rien à redire à sa gestion. Si toutefois, les sièges de première classe se bloquent ou que le whisky servi est de mauvaise qualité, Viljoen pourrait dans les deux ans à venir contribuer à faire grimper le « CEO turnover » de l’entreprise. Et de 8…

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