Archives mensuelles : mars 2010

Le traumatisé

Le Premier ministre devrait-il recruter un psychologue comme son principal conseiller politique? Peut-être…

C’était le sujet de mon édito radio de ce matin sur Radio One.

“Le Cri” d’Edvard Munch


Elle court, elle court…la rumeur

Info? Intox? J’ai plutôt tendance à dire intox. Depuis hier soir, les rédactions du pays sont excitées par la « nouvelle ». En ce début de semaine, Navin Ramgoolam aurait clairement fait comprendre à Paul Bérenger qu’il n’y aura pas d’alliance Parti Travailliste/MMM. Cette « nouvelle » aurait suffit à ce que certains en déduisent deux choses :

  1. Une alliance entre Ramgoolam et le MSM est imminente. Faisant revivre la mythique formation bleu-blanc-rouge des années 80.
  2. Les élections sont imminentes car l’Assemblée Nationale va être dissoute aujourd’hui!

A l’heure où j’écris, tout ca n’est que de l’intox. Rien n’est avéré. Le MMM s’apprête même à enclencher de « grandes manœuvres » basées sur des informations inexactes qui ont été colportées…par ses propres cadres!

A coté de tout cela, certains de mes confrères, se croyant dans le secret des dieux (je dirais plutôt qu’ils sont dupés et instrumentalisés par ces « dieux ») annoncent déjà les accords politiques et la distribution des tickets depuis samedi dernier. En s’enorgueillissant de n’avoir pas eu tort jusqu’ici!

Une nouvelle tempête  s’est déclenchée dans le minuscule verre d’eau de la politique à Maurice. Tout journaliste que je suis, cette actualité à deux balles commence sérieusement à m’agacer!

Ce soir, Navin Ramgoolam a déclaré ceci : « Hier (c-à-d jeudi), le MSM m’a contacté pour me demander si j’étais disposé à négocier une alliance. J’ai dit oui ».


Une étrange voiture « verte »

Vous me direz que ce n’est qu’une vulgaire voiture, plutôt mal entretenue. Que la photo n’a donc rien d’extraordinaire.

Mais en y regardant de plus près, on remarque que quelque chose « pousse » en dessous du véhicule.

Alors comment se fait-il qu’une voiture, finisse par devenir une sorte de jardinière?

En fait, ces images ont été prises au Lux Shed de la douane à Mer Rouge hier. Ces jours-ci on y vend des lots de voitures, moteurs et pièces détachées. Régulièrement, tous les 3 ou 6 mois, la douane propose ainsi aux particuliers et entreprises de soumettre des offres d’achat pour des objets saisis ou abandonnés à la douane. Et croyez moi, il y en a. Assez pour remplir des entrepôts entiers!

Hier, on vendait donc, entre autres,  “one lot of used motor vehicules as scrap metal,”** dont voici quelques clichés. Dans le lot, des taxis mais aussi des luxueuses berlines allemandes et des 4×4 japonaises haut de gamme venues de Singapour, du Japon ou d’ailleurs. Elles croupissent là, pour certaines depuis quelques mois, pour d’autres, depuis des années.

** un lot de véhicules usagés à mettre à la casse


Oui, l’électeur est intelligent

S’allieront ? Ne s’allieront pas ? Cette question nous a trop préoccupés durant les dernières semaines. Tous – les médias compris – nous avons scruté chaque geste et parole de nos leaders politiques pour y déceler les signes d’un rapprochement ou d’un éloignement avec tel ou tel autre parti. Ce faisant, nous avons occulté l’autre question essentielle : pourquoi réélire Navin Ramgoolam, Paul Bérenger ou Pravind Jugnauth ?

Pour être honnête, nous ne connaissons pas la réponse à cette question. Tant les qualités respectives de chacun de ces leaders sont éclipsées par leurs propres faiblesses ou celles de leurs proches collaborateurs. Leur défaut le plus inadmissible est sans conteste la propension à considérer (parfois) l’électeur comme un individu moyennement intelligent ou alors à carrément le prendre (le plus souvent) pour un idiot.

Les politiques rechignent à faire appel à l’intelligence des électeurs. Ils l’ont démontré durant les trois dernières élections générales. En 1995, il s’agissait de « déboulonner Jugnauth », selon Navin Ramgoolam. En 2000, la priorité du tandem Anerood Jugnauth / Paul Bérenger était de « redresser le pays ». Ceux qui exigeaient une réponse plus argumentée se voyaient dire «Anerood, Paul ensam. Sa mem assez ! » Cela n’allait pas être assez pour empêcher Ramgoolam de revenir au pouvoir en juillet 2005, à la faveur d’une campagne dont la thématique subliminale, « pa laiss pouvoir sapp dans nou lame », n’a pas manqué de toucher la corde sensible d’un certain électorat conservateur.

En 2005, gouvernement sortant et opposition nous avaient démontré à quel point ils ne comptaient pas sur l’intelligence des électeurs en dévoilant leurs programmes respectifs à peine dix jours avant les scrutins du 3 juillet, soit le 24 juin. C’est à croire que les partis pensent que soit les programmes n’intéressent pas l’électeur, soit que celui-ci n’est pas assez intelligent pour le comprendre !

En 2010, les choses n’ont que peu changé. Aucun leader politique n’a produit jusqu’ici un début de commencement de programme. Ils sont tous sur le mode « j’ai fait ». Personne, pas même Ramgoolam, qui a pourtant l’avantage d’être au pouvoir, n’explique clairement « ce que je ferai ». La tactique reste simpliste. Aligner un argumentaire basique et espérer rallier l’électorat. Le Premier ministre bombe le torse en citant son sondage qui lui crédite des intentions de vote record. Bérenger met en avant sa réputation de « hard worker » et la « qualité » de son équipe. Tandis que Pravind Jugnauth se sert du seul argument qui lui rapporterait quelques votes, c’est-à-dire son patronyme !

Même si le bilan économique de Ramgoolam est positif, il ne peut se reposer sur ce seul aspect de sa performance pour demander aux électeurs de voter pour lui. Son projet, mais aussi ceux de Bérenger ou de Pravind Jugnauth devront tenir compte des dynamiques socioéconomiques profondes qui ont été enclenchées dans le pays depuis la fi n des années 1990. Et tenter de résoudre les paradoxes que connaissent les économies dont le développement devient source de déséquilibre.

A Maurice, il devient ainsi urgent d’apporter des réponses et des propositions  notamment aux questions suivantes. Comment ouvrir l’économie aux compétences et à l’investissement étrangers tout en sauvegardant les intérêts de nos citoyens ? Comment développer un entrepreneuriat qui cesse de copier les modèles qui marchent afin de bâtir son succès à partir de l’innovation et la recherche ? Comment faire cohabiter l’île Maurice à deux vitesses qui d’un côté envoie ses enfants dans des écoles à Rs 10 000 par mois, et qui de l’autre n’arrive pas à scolariser ses enfants malgré le transport gratuit et les facilités des institutions ZEP ? Comment moderniser cette fonction publique dont les services, s’ils étaient de qualité, aideraient à solutionner les problèmes que nous citons ?

Ce n’est là qu’une infi me partie des interrogations auxquelles les partis doivent répondre. Ce sont là des questions que les électeurs, pour la plupart intelligents, se posent. Alliance ou pas alliance ? Il est désormais temps d’exiger des réponses. Dans un scénario idéal, c’est en fonction des propositions politiques que nous devrions tous voter. Mais nous vivons dans un pays où – même s’il est intelligent – l’électeur a cessé de demander des comptes aux politiques.

A moins que cela ne change. Enfin !


Mélange des genres

Pour qui roule la « Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation » (MSDTF) ? Beaucoup d’entre vous diront que la question est rhétorique. Que l’on connaît déjà la réponse ! Tant les prises de position de Somduth Dulthummun, le président de cette association socioculturelle, ont semblé épouser celles du Premier ministre ou de quelques puissants au pouvoir. C’est cette posture qui fait qu’aujourd’hui, de nombreux citoyens perçoivent ce type d’associations comme de vulgaires succursales du parti au pouvoir. Qui ne guérissent qu’occasionnellement de leur turpitude pour organiser un pèlerinage ici ou une fête religieuse là…

Mais il ne sert à rien de critiquer uniquement la MSDTF ou les organisations  socioculturelles. Car si elles s’arrogent aujourd’hui le droit d’intervenir dans des débats où elles n’ont pas leur place, c’est parce que le gouvernement – et plus particulièrement le Premier ministre – les a encouragées dans cette voie. En effet, on ne compte plus les occasions où Navin Ramgoolam a confondu cérémonie culturelle ou religieuse et meeting politique. Plus d’une fois, invité par la « Voice of Hindu » (VOH) ou la MSDTF, le Premier ministre s’est laissé aller à des discours politiciens et belliqueux, envers le secteur privé ou l’opposition pour justifier ses décisions politiques ou économiques.

Les associations socioculturelles ont compris le message. Leur mission première était de nature culturelle et religieuse. Voici que le Premier ministre, lui-même, étend leur champ de compétence. Grâce à Ramgoolam, les MSDTF, VOH et autres sont maintenant devenus des plates-formes où l’on discute de démocratisation de l’économie,  d’aménagement du territoire ou de relations industrielles.

Tout semble désormais les concerner. Fin 2007, en pleine négociation gouvernement-secteur privé sur la réforme sucre, la MSDTF prend position pour demander au secteur privé de se plier aux demandes du gouvernement – qu’elle considère justifiées. Plus près de nous, en début d’année, la MSDTF et d’autres associations se sont prononcées contre l’introduction du Morisien à l’école. Cette semaine, cerise sur le gâteau,  Dulthummun, s’est cru autorisé à intervenir dans un litige contractuel entre la « Mauritius Broadcasting Corporation » et le « Mauritius Turf Club ».

On a beaucoup de peine à comprendre le raisonnement de la MSDTF sur le différend MBC-MTC. En effet, Dulthummun dit qu’il ne s’explique pas pourquoi le MTC paie aussi peu d’argent (Rs 1,6 million par an) pour retransmettre les courses hippiques en direct. Alors que, selon lui, les paris sur les chevaux impliquent d’énormes coûts sociaux pour le pays. Il conclut donc que le MTC doit accepter les 3 500 %  d’augmentation et payer dorénavant Rs 56 millions annuellement à la MBC. Si l’on suit la pensée de Dulthummun, la MBC serait donc devenue une sorte de MRA bis, qui percevrait des taxes de secteurs d’activités générant d’importants coûts sociaux.

A ce rythme-là, on peut penser que Dulthummun s’intéressera très bientôt aux frais que la Loterie Nationale paye à la MBC pour diffuser en direct le tirage du Loto. On peut  également croire que la MSDTF déterminera une nouvelle grille de prix pour les licences des « pool houses » et « casinos » qui ont champignonné à travers le pays. De là, il n’y qu’un pas à franchir pour imaginer Dulthummun dans le rôle de conseiller spécial de Navin Ramgoolam et Rama Sithanen. Le président de la MSDTF pourrait avoir la tâche de déterminer qui doit quoi à l’Etat !

Toutefois, si Dulthummun revient à la raison, il se rendrait compte du ridicule de la situation. En effet, est-ce que la Première division anglaise paie la MBC pour diffuser ses matchs ? Non ! Si l’on s’en tient à ce principe. En tant que « producteur » et « réalisateur » du divertissement que sont les courses hippiques, c’est le MTC qui aurait dû réclamer des droits de retransmissions à la MBC !

Mais le monde est à l’envers à Maurice. Tout simplement parce que la MBC est en train de dicter les termes du contrat sur un marché où il est le seul prestataire de service. Cela Dulthummun ne semble pas s’en rendre compte. Aveuglé, qu’il est sans doute par son besoin de justifi er les décisions des personnes dont il se sent proche.


Back in business

Mes devoirs, autres que ceux de rédacteur en chef et de journaliste radio, m’avaient retenu ailleurs durant la semaine écoulée. D’où l’absence total de nouvel article depuis le 2 mars. Mais je suis de retour, en attendant le prochain silence radio…prévu pour la 2e quinzaine de mai.


Le petit perdant

Sorti du fameux «caro kan» depuis un an, voilà que Pravind Jugnauth, le leader du MSM,  s’apprête à y retourner. La politique est cruelle! L’édito du jour sur Radio One.

Le petit perdant.


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