Archives mensuelles : février 2010

Quelle victoire?

Où est l’opposition ? Vous aurez beau la chercher dans le sondage que nous publions en pages 8-9, vous ne la trouverez pas. Pour cause, l’enquête d’opinion Louis-Harris (LH2) démontre que Navin Ramgoolam a créé un vide politique autour de lui. Face à un Paul Bérenger vieillissant et un Pravind Jugnauth inexpérimenté, Ramgoolam apparaît comme le seul prétendant légitime à… sa propre succession.

L’opinion des personnes interrogées semble en effet trés tranchée. A chaque fois qu’il leur est demandé de choisir entre les trois leaders de la scéne politique nationale, leur préférence va invariablement au chef du Parti travailliste (PTr). Ainsi, deux personnes sur trois (66 %) disent souhaiter voir Ramgoolam reconduit à la tête du gouvernement. Si l’on se fi e à la perception, ils sont alors presque neuf sur dix (86 %) à penser que le Premier ministre sera réélu. En revanche, seuls 9 % des sondés considérent que Bérenger gagnera la prochaine bataille électorale.

Le leader du PTr récolte les dividendes politiques d’une stratégie consistant à se démarquer de ses adversaires en se posant comme un homme d’action et un réformateur. Du coup, il s’impose comme le dirigeant le plus apte à gérer le pays : 70 % des sondés estiment que le chef des travaillistes est capable d’améliorer la situation du chômage. Alors que seuls 8 % jugent Pravind Jugnauth compétent dans ce domaine. Ailleurs, ils sont 73 % à trouver que Ramgoolam peut améliorer l’école et la qualité de l’enseignement. Tandis que Bérenger ne recueille que 21 % d’avis favorables.

A quelques semaines des élections, le choix électoral des personnes interrogées semble donc se cristalliser. Au bénéfi ce, encore une fois, du Premier ministre. C’est ce qu’indiquent les intentions de vote. Les fanfaronnades de mercredi dernier du Premier ministre sur sa force électorale prennent tout leur sens. En effet, dans tous les cas de fi gure, une équipe dirigée par Navin Ramgoolam semble être en mesure de gagner les élections si l’on se fie au sondage.

Les intentions de vote expliquent, dans une certaine mesure, pourquoi Ramgoolam a été tenté jusqu’ici soit par une lutte à trois, soit par une alliance avec le MMM. Effectivement, l’étude indique qu’opposé à un bloc MSM/MMM, l’Alliance sociale de Ramgoolam obtiendrait une victoire électorale avec 53 % d’intentions de vote. Le poids électoral du MSM est tellement insignifi ant qu’un regroupement PTr/MSM ne recueillerait , lui, que 52 %. Alors que le MMM, dans ces conditions obtiendrait les suffrages d’un sondé sur quatre (25 %).

Ramgoolam dit vouloir depuis plusieurs mois une majorité des trois quarts au Parlement afin d’entamer des réformes profondes. Mais avec 53 % d’intentions de vote, il n’est pas dit que le leader rouge obtiendra à coup sûr les 45 siéges minimum qu’il souhaite. En revanche, dans une alliance avec le MMM, avec les 64% d’avis favorables que celle-ci recueille, Ramgoolam part assuré d’une 60-0 sans appel. Si ce sondage est avant tout un état des lieux de l’opinion de début février, il indique néanmoins une dynamique favorable au Premier ministre. En effet, entre la derniére étude de LH2 en juin 2009 et le dernier exercice, l’action du leader du PTr semble davantage appréciée. En juin 2009 moins de six personnes sur dix (58 %) jugeaient « satisfaisante » l’action du gouvernement Ramgoolam. Un semestre plus tard, elles sont désormais trois sur quatre (75 %) à avoir un avis favorable.

Ces indicateurs peuvent-ils progresser dans les semaines à venir ? Navin Ramgoolam peut-il prétendre disposer d’une force politique telle qu’il décidera d’aller seul aux élections avec la conviction d’y rafl er la majorité qu’il désire ? Ce sont probablement ces questions qui agitent le Premier ministre depuis quelque temps. Sauf que l’heure de la décision est arrivée. Les potentiels alliés, aujourd’hui dans l’opposition, s’impatientent. Pour Ramgoolam les alternatives sont désormais posées. Soit il consent à se lancer seul dans la bataille avec l’espoir de remporter la majorité la plus confortable possible. Ou alors il s’engage sur la voie d’un gouvernement d’unité nationale, avec le MMM, avec cette fois-ci la certitude d’une victoire totale. Qu’importe son choix… dans les deux cas, Ramgoolam gagne.


Croissance statistique

En jetant un coup d’œil à mon compteur aujourd’hui, je me suis rendu compte d’une chose. Lancé fin septembre 2008, ce blog a pris environ un an pour atteindre la barre symbolique des 10,000 « hits » Puis les choses se sont soudain accélérées avec 10,000 autres «hits», cette fois-ci enregistrés en moins de 6 mois. Je sais pas trop comment interpréter cette croissance. Mais je sais quoi dire aux lecteurs réguliers qui visitent de blog. MERCI!

ps: si mon bon ami Sachin passe par là, il redira que les « hits» sont finalement des indicateurs peu fiables. Je sais bien, mais c’est à peu près l’un des seuls trucs que je trouve simple parmi tous les tableaux de wordpress :-p


Les bons mots du docteur

Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, même combat. Tous deux partagent un goût aigu pour les écarts de langage…

Édito  d’aujourd’hui sur Radio One.

Les bons mots du docteur


Passage au vert

Exit la démocratisation de l’économie. Place à la démocratisation de l’écologie. Depuis vendredi, le Maurice Île Durable Fund (MIDF) a lancé une vaste consultation nationale sur la question du développement durable (DD). Nous avons tous intérêt à ce que cet exercice réussisse. Mais allons-nous tout faire pour que ce soit le cas ?

Comme sur bien d’autres questions, les Mauriciens cultivent les paradoxes au sujet du DD. Régulièrement, les études démontrent qu’une majorité d’entre nous est sensible à ce sujet. Qu’elle veut s’impliquer pour la cause. Mais le fossé entre les déclarations d’intention et les actes est encore énorme. Car les débats, les remises en cause, les coups de gueule et les propositions en matière de DD proviennent invariablement des mêmes acteurs.

Une demi-douzaine d’associations. Certains scientifiques et universitaires. Une poignée de fonctionnaires et de cadres du secteur privé. Deux ou trois politiques. Ainsi que quelques Géo Trouvetout passionnés d’écologie. Voici, à peu d’individus prés, tous ceux qui animent l’agenda du DD à Maurice. L’exercice consultatif qui se termine le 31 mars comporte donc un réel risque. Celui de se transformer en un forum d’initiés. Durant lequel nous verrons les mêmes personnes débattre des mêmes questions. Pour finir par pondre les mêmes propositions.

Si ce scénario se produit, nous aurons dépensé l’argent du contribuable et mobilisé des dizaines de fonctionnaires ainsi que le Professeur François Odendaal pour rien. Mais il n’est pas trop tard. L’exercice consultatif peut encore devenir un succès aussi bien grâce au nombre de participants que par la qualité et la diversité de leurs apports. Pour cela, un impératif: communiquer.

Dans une déclaration à lexpress.mu, ce jeudi, Odendaal a expliqué « qu’aucun Mauricien ne doit pouvoir dire qu’il n’a pas eu l’occasion de donner son avis dans ce grand projet ». Le commentaire est juste. Mais il appelle une observation. Pour que tous les Mauriciens participent aux travaux, il faut encore qu’ils se rendent compte que la question du DD concerne à peu prés tous les aspects de leur vie quotidienne. Qu’ils comprennent enfin que DD ne rime pas qu’avec environnement et carburants. Car il faut le dire, le Mauricien moyen a une fausse conception du DD et de ses implications. Il faut l’éduquer.

Pour réussir à impliquer le grand public, il faut s’inspirer des modèles étrangers en la matiére. Et pour une fois, le modéle se trouve à 30 minutes d’avion de nous…à La Réunion. La politique de l’Agence régionale de l’énergie Réunion (ARER) est un modèle du genre. En effet, il suffit de consulter son site web pour se rendre compte de la justesse de sa communication et ses actions pour attirer les Réunionnais. D’ailleurs, la priorité de l’ARER est l’« information du grand public ».

L’ARER explique certes aux Réunionnais les grands enjeux du développement durable. Mais elle détaille d’abord comment et pourquoi certaines techniques de construction sont plus écologiques et économiques. Elle propose également des feuilles de route à ceux qui veulent devenir petits producteurs d’électricité ou bénéfi cier de crédit d’impôt. Et met les différents acteurs en relation afin de faire avancer l’agenda du DD.

Mais nous n’en sommes pas encore au point de créer une ARER bis à Maurice. Car avant cela, il faut éduquer les Mauriciens. Et développer chez eux la conscience que chacune de leurs actions ou initiatives peut aider à la cause. Si cette phase d’éducation réussit, nous verrons alors des maçons et ouvriers déposer devant Odendaal pour lui expliquer les bienfaits de certaines techniques de construction. Nous écouterons des entrepreneurs défendre âprement l’idée d’une détaxe totale de certaines technologies.

Pour ensuite s’engager à les proposer à des prix négociés aux professionnels et au grand public. Pour que de telles demandes, et propositions voient le jour, il faut que toute l’île Maurice découvre le potentiel économique et social de notre passage au vert. La bataille de l’écologie se gagnera sur le terrain de l’information…


Taxons l’hypocrisie!

L’édito du jour sur Radio One autour de la National Residential Property Tax (la taxe immobilière nationale)

Taxons l’hypocrisie!


Les coulisses du nouveau l’express-dimanche

Vous avez découvert ce matin le nouveau l’express-dimanche.  Aussi, à la place du traditionnel édito du dimanche, je vous propose aujourd’hui de visiter nos coulisses. Plus précisément, les dernières heures de production du magazine. Les photos ont été prises entre 10h30 et 17h30 samedi.

Venons-en donc à la question du jour. Avez-vous lu l’express-dimanche? Et si oui, qu’en avez-vous pensé?


Mur du jour…

C’est une photo du « mur » de l’express-dimanche. Ce que vous voyez là, vous le verrez demain…en couleur et sur papier glacé. Dans un journal complètement réinventé.


Le coût du lauréat

Les statistiques sont implacables. Huit lauréats sur dix ne reviennent pas au pays après leurs études. Ce sont Rs 500 millions qui vont ainsi être investies pour rien durant les 4 prochaines années…

Le coût du lauréat


Questions pour un copain

A force d’ingurgiter du poison à petite dose, on finit par devenir insensible à celui-ci. C’est selon la légende, ce qui serait arrivé au roi Mithridate dans l’antiquité. C’est ce qui arrive aussi au peuple mauricien. Sinon comment expliquer que le mauvais cinéma du Trésorier du Parti travailliste, Ah Fat Lan Hing Choy nous laisse à ce point indifférent ?

Copinage et népotisme sont autant de mots qui correspondent à l’épisode dont le Premier ministre lui-même est un acteur. L’attitude de Navin Ramgoolam face à la menace de démission du trésorier de son parti illustre même ce que beaucoup d’opposants à son parti appellent « la culture travailliste ». Cette propension à confondre volontairement les intérêts particuliers et l’intérêt public. C’est cette même culture qui amène des nominés politiques à se considérer comme les maîtres des institutions qu’ils dirigent. C’est toujours cette approche du pouvoir qui les conduit à demander « to kone ki sann la mo ete ? » à ceux qui ont l’outrecuidance de les traiter comme des citoyens ou des clients comme les autres.

Mettons donc l’épisode Ah-Fat en perspective. Admettons qu’un cadre de la « State Trading Corporation » (STC) est transféré à un poste dont il refuse d’assumer la responsabilité. Car celui-ci ne correspond pas à son profil académique ou professionnel. Que se passe-t-il ? Il y a d’abord une phase de négociation entre la direction et l’employé. Si les pourparlers échouent, les alternatives suivantes s’offrent à lui : accepter la mutation, démissionner ou demander à la justice de se prononcer sur la légalité du transfert.

Voici ce que les citoyens ordinaires ont comme possibilités. Et posons-nous donc d’autres questions. Est-ce qu’il viendrait à l’idée du père de ce cadre admettons qu’il soit un haut fonctionnaire d’appeler le directeur de la STC pour l’insulter en le traitant de « roder boute » ? Irait-il ensuite, jusqu’à menacer de démissionner s’il n’obtient pas gain de cause ? Et cette menace lui vaudrait-elle d’être reçu par le Premier ministre. La réponse à toutes ces questions est NON.

On doit donc conclure qu’Ah-Fat et sa fille n’ont pas agi comme des citoyens ordinaires. Ce constat appelle invariablement une autre interrogation : est-ce le statut de travailliste, de proche de Ramgoolam qui leur a ouvert le droit à ce traitement spécial ? Nous sommes bien obligés de conclure que la réponse est cette fois-ci OUI !

C’est bien dommage. Car l’un des principes fondamentaux de toute République est l’égalité de ses citoyens devant la loi. Et souvent les lois de la République répriment les entorses à cette égalité. Ainsi, l’article 9*** de notre « Prevention of Corruption Act » de 2002 interdit à toute personne « d’exercer toute forme de violence ou de pression à travers des menaces sur un ‘public official’ afin de l’amener à faire ou à ne pas faire un acte dans l’exercice de ses fonctions ». Cette même loi définit un « public official » *** comme un employé ou membre ou directeur d’une « statutory corporation » ou une « government company ».

Il ne fait aucun doute que si le père du cadre anonyme de la STC avait appelé le directeur de la corporation pour l’insulter et le traiter de « roder boute » tout en exigeant un meilleur traitement pour son fils, il serait illico convoqué, lui chez…les policiers. A la suite de la plainte plus que probable du directeur de la STC. Ce scénario se passe dans le monde des citoyens ordinaires. Dans l’autre scénario, celui qui se déroule dans le monde des copains et des protégés politiques, de telles incartades restent impunies. A voir l’attitude de Ramgoolam à l’égard d’Ah-Fat, on est même tenté de croire que les auteurs de ce type de coups d’éclat sont récompensés. Drôle de monde que celui des petits copains.

D’autres commentaires sur cet éditorial.

***9. Influencing public official

Any person who exercises any form of violence, or pressure by means of threat, upon a public official, with a view to the performance, by that public official, of any act in the execution of his functions or duties, or the non-performance, by that public official, of any such act, shall commit an offence and shall, on conviction, be liable to penal servitude for a term not exceeding 10 years.

***“public official” -

(a) means a Minister, a member of the National Assembly, a public officer, a local government officer, an employee or member of a local authority, a member of a Commission set up under the Constitution, an employee or member of a statutory corporation, or an employee or director of any Government company; and…


ConsommACTEURS

Ainsi l’Association des Consommateurs de l’ile Maurice a obtenu que l’État lui verse les subventions qui lui étaient dues. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle? L’édito du jour sur Radio One…

Édito Consommacteurs


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