Archives mensuelles : novembre 2009

Viv to mauricianisme !

Il y a des portes qu’il vaut mieux ne pas ouvrir en politique. Mais malheureusement, nos politiciens avides de marquer quelques points auprès de certains électorats cèdent systématiquement à la tentation de s’y engouffrer. Xavier Duval ne déroge pas à la règle. Dimanche dernier, lors de la célébration du 155e anniversaire du temple tamoul Kaylasson à Port-Louis, il a fait la démonstration que le gouvernement pratique toujours obstinément le clientélisme ethnique. Au passage, Duval discrédite également le Festival International Kreol (FIK). Expliquons-nous…

A Kaylasson, le ministre du Tourisme a annoncé, sous la clameur, la tenue, en avril prochain, d’un Festival Tamoul, coïncidant avec Varusha Pirappu, le nouvel an tamoul. L’annonce aurait pu être banale. Mais l’explication de Duval perturbe. « Parey couma nou fine demar festival kreol**», a-t-il tenu à préciser pour justifier la création du festival tamoul. Ainsi les festivals organisés dans le pays obéissent à une logique de clientélisme ethnique. A ce titre, doit-on donc s’attendre à la naissance d’un festival hindou, islamique ou chinois ?

Ce ne serait en rien étonnant. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets. En effet, toute décision du pouvoir perçue comme étant avantageuse à une communauté déclenche immédiatement des revendications chez d’autres à Maurice. On l’a vu avec les «Speaking Unions». Initialement pensées comme des institutions pour la promotion de nos langues ancestrales, elles sont vite devenues des administrations totems, symboles du pouvoir de telle ou telle ethnie. La même logique a été suivie dans l’élaboration des «Cultural Centres». Pour l’heure il n’existe que le centre Mandela, le centre islamique ainsi que le centre tamoul en gestation. Mais on peut raisonnablement s’attendre à ce que d’autres centres culturels soient mis en chantier à l’approche des élections.

En attendant, attardons-nous sur le FIK. La déclaration de Duval est lourde de sens. Car elle ôte au festival la dimension nationale et trans-ethnique qu’on voulait lui donner à l’origine. Si le Festival Tamoul célèbre la culture, l’histoire, la danse ou la contribution de la communauté tamoule à Maurice, on va devoir conclure que le FIK ne célèbre la richesse que d’une communauté. Les propos de Duval poussent à cette conclusion….

L’élan unitaire – «mauricianiste» qui avait été célébré lors de la première édition du FIK en 2006 se désagrège. A l’époque, on avait envie de se dire «tous créoles». Mais Xavier Duval vient nous rappeler en 2009 que c’est peine perdue, car chacun aura «son festival». On n’a qu’à se dire comme à l’ancienne, «tous hindous», «tous musulmans» etc…

C’est paradoxal, ce sont les «cautions créoles» du FIK qui dénoncent subtilement le tournant ethnique que prend cette manifestation à Maurice. Cette semaine, notre confrère Week-End Scope cite deux artistes créoles : «Je ne me retrouve pas dans ce concept ( ndlr viv to créolité) car il y a trop de confusion. La créolité est une définition controversable, il y a trop de manipulation autour de ça», prévient Marousia Bouvery. Tandis qu’Eric Triton, dans le même article, dit sa confusion. Vit-il sa créolité ou vit-il son mauricianisme ? «C’est le mauricianisme qui l’emporte», tranche-t-il. Nous sommes à des années lumière de l’approche clientéliste de Xavier Duval.

C’est à se demander si nos politiques, en élaborant leurs ciblages ethniques écoutent ceux là mêmes qu’ils sont censés séduire à travers leurs festivals. En effet, combien sommes-nous à vouloir une multiplication de festivals ethniques ? Et combien d’entre nous jugeons davantage utile de n’avoir qu’un seul grand festival national – qu’il s’appelle FIK ou pas célébrant la diversité culturelle, cultuelle et historique des Mauriciens. C’est le seul festival qui vaille le coup d’être organisé. Tous les autres ne sont que de vulgaires opérations visant à grappiller un peu de sympathie. A Xavier Duval, il faut dire « Viv to mauricianisme ! »

** Tout comme nous avons démarré le festival créole.

 

D’autres commentaires sur cet édito


Piratage journalistique…

Il flotte comme un parfum de déjà-lu. Ce matin, un lecteur, M. Ramdin, m’a appelé pour me dire qu’il a été surpris par un article qu’il a lu hier après-midi dans un quotidien. « Normal ca ? *» m’a-t-il demandé en m’expliquant que l’article en question n’était qu’un « copy/paste** » d’une partie de mon édito de ce dimanche.

Je vous laisse constater, ce que qu’on pourrait appeler les « similitudes » entre les deux textes.

La version originale, parue ce dimanche…

En effet, le budget 2010 prévoit l’embauche de 2 700 personnes. La concordance de ce recrutement avec la période électorale ne peut que faire peser des soupçons sur l’intention réelle ou inavouée du gouvernement. (…) Santé, Education, Police et Maurice Ile Durable (MID), voici les secteurs qui vont accueillir les nouvelles recrues. Dans la police, par exemple, les 900 recrues seront vite mises à la tâche. Car le doublement du nombre de patrouilles mobiles et d’opérations de détection de stupéfiants est prévu en 2010. A la santé, le recrutement de 400 personnels soignants et de 300 médecins et spécialistes permettra notamment au ministère de mettre en œuvre un vaste programme de prévention, de détection et de soin des maladies non transmissibles. Tout en essayant parallèlement de diminuer le temps d’attente avant les interventions chirurgicales.

Ailleurs, le recrutement d’une centaine de personnes pour piloter le projet MID apparaît comme une excellente nouvelle. En effet, MID semblait souffrir depuis plus d’un an d’un double handicap. Un manque de moyens humains et une absence de politique claire. Une première étape semble avoir été franchie à travers ce budget. En effet, la centaine de recrues dans les différents ministères aideront, chacun à sa manière, à la concrétisation du projet. Soit en participant à l’élaboration des politiques comme la « Renewable Energy Development Strategy » ou en mettant à contribution leur expertise durant les audits énergétiques ou environnementaux des administrations publiques ou des entreprises. Avec le PBB, nous pourrons suivre la performance des ministères. A pareil époque, l’année prochaine, nous serons donc en mesure d’évaluer si l’apport de ces recrues a permis la réalisation de des objectifs ambitieux de ces ministères.

Et la version de mon confrère

CHIFFRE :

2 700 Le budget 2010 prévoit l’embauche de 2 700 personnes dans la fonction publique. La Santé, l’Éducation, la Police et le projet Maurice Ile Durable (MID), sont les secteurs qui vont accueillir de nouvelles recrues. 900 policiers seront recrutés, cela en vue d’un doublement, prévu en 2010, du nombre de patrouilles mobiles et d’opérations de détection de stupéfiants. La Santé compte recruter 400 soignants et 300 médecins, cela en vue de permettre au secteur de mettre en œuvre un vaste programme de prévention, de détection et de soin des maladies non transmissibles. Une centaine de techniciens et d’autres professionnels seront par ailleurs recrutés pour le projet Maurice île Durable. En effet, la centaine de recrues dans les différents ministères aideront, chacun à sa manière, à la concrétisation du projet. Soit en participant à l’élaboration de politiques comme la Renewable Energy Development Strategy soit offrant leur expertise pour les audits énergétiques ou environnementaux des administrations publiques ou des entreprises.

Difficile d’invoquer le bénéfice du doute. Je m’explique. Bien souvent, les journalistes, un peu flemmards, copient presque texto un communiqué de presse ou une dépêche d’agence. Dans ces cas là, il arrive que deux journaux publient des brèves quasi-identiques.

Mais dans le cas qui nous intéresse, cela n’a pas pu arriver. La  source originale des information que reproduisent les deux articles est le Programme Based Budget de 2010. Or, dans ce document, ces faits ne sont pas présentés dans la même continuité. Pour écrire mon article, j’ai du croiser des informations qui se trouvaient à des dizaines de pages et de chapitres d’intervalle. Il me semble donc surréaliste de penser que deux journalistes, à quelques jours près, ont eu l’idée de croiser les mêmes informations, de les illustrer par les mêmes exemples et dans le même ordre à partir d’un document qui fait près de 1000  pages. Bon, c’est ma conclusion. Je vous laisse faire la vôtre…

*: « Est-ce normal ? »

**: « Copier/coller»






Sales bêtes!

Parfois, il faut faire des choix. Je vous l’accorde, la chauve-souris commune qu’on trouve à Maurice, la roussette, a plutôt une tête bien faite. Je dirais même qu’elle parait sympathique.

On est bien loin de cette bestiole affreusement laide :

Sauf que notre sympathique chauve-souris adore manger des letchis:

Et il se trouve que j’ai un grand arbre de letchis chez moi…

Qui, depuis quelques années, n’en produit que trop peu. Au passage, le letchi est mon fruit préféré…

Toutefois, au rythme où vont les choses, je n’aurai pas le temps de manger ne serait-ce qu’une douzaine de mes letchis. Ils ne sont pas encore murs, mais malgré tout, chaque nuit, une petite bande de chauve-souris, composée de 6 à 9  individus, vient faire une razzia sur l’arbre. Du coup, le lendemain matin, voici le triste spectacle que l’on peut voir partout sous l’arbre…

Je ne vais quand même pas dire qu’il faut les exterminer. Quoi qu’en surpopulation en ce moment, notre roussette a besoin d’être protégée. Mais j’avoue que le soir, quand je les entends se battre toutes les quinze minutes, je me surprends  à souhaiter qu’un bon cyclone passe par là et nous régule cette population de sales bêtes!


Le code des hypocrites

Voici mon édito de ce matin sur Radio One.  A Maurice, un club de carrom a davantage de comptes à rendre qu’un parti politique! Ce n’est en rien une exagération…car on parle là du financement des partis politiques.


Putting competence first

Corruption électorale. C’est ainsi que de nombreux politiciens et observateurs ont qualifié l’annonce de Rama Sithanen durant son discours de mercredi. En effet, le budget 2010 prévoit l’embauche de 2 700 personnes. La concordance de ce recrutement avec la période électorale ne peut que faire peser des soupçons sur l’intention réelle ou inavouée du gouvernement.

La situation n’est pas aussi prosaïque. La nouvelle méthode de présentation du budget est encore méconnue du grand public. C’est dommage, car le Programme Based Budgeting (PBB) adopté depuis 2008 permet de comprendre quels résultats les ministères produisent en utilisant les ressources humaines, matérielles et financières mises à leur disposition. A la lecture du PBB de 2010, on comprend que les recrutements dont on parle semblent justifiés au vu des objectifs de performances fixés par les ministères concernés.

Santé, Education, Police et Maurice Ile Durable (MID), voici les secteurs qui vont accueillir les nouvelles recrues. Dans la police, par exemple, les 900 recrues seront vite mises à la tâche. Car le doublement du nombre de patrouilles mobiles et d’opérations de détection de stupéfiants est prévu en 2010. A la santé, le recrutement de 400 personnels soignants et de 300 médecins et spécialistes permettra notamment au ministère de mettre en œuvre un vaste programme de prévention, de détection et de soin des maladies non transmissibles. Tout en essayant parallèlement de diminuer le temps d’attente avant les interventions chirurgicales.

Ailleurs, le recrutement d’une centaine de personnes pour piloter le projet MID apparaît comme une excellente nouvelle. En effet, MID semblait souffrir depuis plus d’un an d’un double handicap. Un manque de moyens humains et une absence de politique claire. Une première étape semble avoir été franchie à travers ce budget. En effet, la centaine de recrues dans les différents ministères aideront, chacun à sa manière, à la concrétisation du projet. Soit en participant à l’élaboration des politiques comme la « Renewable Energy Development Strategy » ou en mettant à contribution leur expertise durant les audits énergétiques ou environnementaux des administrations publiques ou des entreprises. Avec le PBB, nous pourrons suivre la performance des ministères. A pareil époque, l’année prochaine, nous serons donc en mesure d’évaluer si l’apport de ces recrues a permis la réalisation de des objectifs ambitieux de ces ministères.

En attendant, la suspicion perdure. Et il n’est en rien injustifié. Car le gouvernement reste fautif de pratiques s’apparentant davantage à du copinage qu’à une gestion raisonnée des ressources humaines et financières. Le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, vient d’en donner la preuve éclatante. Porté par l’élan de la « réunification de la famille des bleus », il a recruté, en octobre, deux conseillers proches du Parti mauricien social démocrate. Son « Senior Advisor on Project Implementation and monitoring » et « advisor on information matters » reçoivent respectivement Rs 50 000 et Rs 42 500 par mois. Cela n’aurait rien de choquant s’ils avaient tous deux une expérience dans leur domaine respectif. Non seulement ce n’est pas le cas, mais en plus, ils ne sont tous deux titulaires que de simples « School Certificates ». De telles pratiques politiciennes expliquent pourquoi l’on continue à regarder les procédures de recrutement avec méfiance.

Un défi important attend le gouvernement durant le recrutement de ces 2 700 personnes. Il faudra que le pouvoir démontre clairement que ce sont les candidats les plus qualifiés et expérimentés qui ont été retenus. Par la nature même des emplois à pouvoir, il y a peu de chances qu’on découvre que des titulaires du « Certificate of Primary Education » se sont faits embauchés comme infirmiers. Toutefois, il y a toujours la perception qu’en temps électoral, les personnes proches du pouvoir ont plus de chances que les autres d’accéder à des postes de fonctionnaires.

Face à cette situation, le gouvernement gagnerait à faire de la compétence le seul critère de recrutement durant les mois à venir. Il faudrait revisiter le slogan de campagne de l’alliance en 2008 : « Putting competence first ». Mais il n’est pas dit que le gouvernement puisse s’appliquer cette rigueur. On peut toujours espérer l’improbable…


Entre les lignes

Un discours peut en cacher un autre. De prime abord, le budget 2010 de Rama Sithanen semble en droite ligne avec la politique économique et sociale du gouvernement depuis 2005. Il l’est. Mais sous ses accents de consolidation, il préfigure une subtile stratégie politique.

Un double raisonnement explique pourquoi Rama Sithanen – sans doute conforté par le Premier ministre – n’a pas souhaité s’engager sur une voie populiste. La raison économique a primé : réduire la TVA ou abolir certains droits de douane ou la « National Residential Property Tax » auraient eu de graves conséquences sur les finances publiques.

Le contexte politique a également influé sur les choix. L’alliance gouvernementale est actuellement perçue comme pouvant gagner les élections générales. C’est un élément rassurant qui a sans doute conduit Sithanen et Ramgoolam à ne pas vouloir doper la cote de popularité du gouvernement à coup de coûteuses largesses. Toutefois, en scrutant les éléments clés du discours du ministre, on arrive à comprendre comment le gouvernement engrangera des dividendes politiques.

Conscient d’avoir plutôt bien réussi son mandat, le gouvernement cherche à vendre un bilan comparatif. En effet, dans son discours, le ministre s’est souvent livré à des comparaisons entre 2005 et 2009.

Pour démontrer que des dotations budgétaires, notamment celles de Santé ou des forces de police, ont augmenté de 70 % à 85 % durant cette période. Cette comparaison s’avérera utile pour illustrer la performance du gouvernement pendant la campagne électorale.

Durant celle- ci, le pouvoir devrait faire appel aux sens des responsabilités des électeurs. C’est déjà le cas dans ce budget. Ceux qui seraient déçus de ne recevoir que Rs 420 de compensation salariale, Rama Sithanen les incite à voir plus loin, notamment les investissements massifs dans les infrastructures ou les projets sociaux. Il n’a pas manqué d’ailleurs de faire l’inventaire des localités qui bénéficieront des projets en cours dans la fourniture d’eau, l’assainissement, l’aide à l’entrepreneuriat, la santé ou l’éducation. Chacun y trouve son compte.

Dans sa palette d’offres, Sithanen se devait également de glisser quelques mesures pouvant bénéficier individuellement aux électeurs. Là également, il a des arguments. Les 2 600 postes annoncés, les 12 500 logements sont autant d’opportunités à faire miroiter aux électeurs.

Toutefois, certains électeurs, ceux- là même qui se sentent exclus de l’action du gouvernement depuis 2005, pourraient penser qu’ils ont été encore une fois oubliés. Ce n’est pas le cas. L’arsenal d’aides sociales, celles dans le secteur sportif, de l’éducation, des spectacles, de la lutte contre la pauvreté, du logement et l’entrepreneuriat, n’est- ce pas une certaine maniére de satisfaire cette partie de la population ? L’assise du gouvernement est faible chez cet électoral plutôt urbain.

Qui a d’ailleurs plus tendance à voter MMM. L’enjeu des prochaines élections, pour l’alliance de Navin Ramgoolam, est donc de susciter leur adhésion. Ces mesures budgétaires, si elles sont bien « vendues » sur le terrain s’avéreront un outil efficace pour faire remonter la cote du l’Alliance sociale dans les circonscriptions urbaines où elle est faible.

Rama Sithanen aime à rappeler qu’il n’est pas seulement un économiste, mais qu’il est aussi pleinement conscient de ses responsabilités politiques. Il vient de le démontrer.


Budget Day!

Nous sommes tous curieux. Que recèle donc le budget de fin de mandat de ce gouvernement? Sera-t-il électoraliste ou responsable? Rama Sithanen, le ministre des finances, donnera la réponse à partir de 16h30 cet après-midi.

Le budget est une journée lourde et harassante pour les journalistes. Écouter, digérer et ensuite restituer un discours de 2h dans un langage compréhensible au commun des mortels est un exercice difficile et délicat. A fortiori, ce sont les journalistes radio et des quotidiens qui subissent la plus grosse pression. Car ils sont dans l’obligation de boucler leurs sujets dans les heures, voire dans les minutes suivant le discours du budget ou même avant que le discours ne soit conclu. Bon courage à tous ceux qui seront sur le front cet après-midi et ce soir.

Il faut avouer que les  hebdomadaires, comme  l’express-dimanche,  auront le luxe du temps pour décortiquer le discours. Et d’y trouver des détails ou des angles précis que radios ou quotidiens auront omis de traiter, car pris dans le feu de l’action.

Cette année, je vais toutefois partager un peu de la pression de mes confrères du quotidien l’express. Le rédacteur en chef de l’express étant en congé, il m’a été demandé de rédiger l’édito de l’édition de demain.

Ma routine est bien installée depuis ces sept dernières années. J’assiste au discours du budget au Parlement. Puis je rentre au bureau où mes collègues et moi discutons des points forts ou faibles du discours. Je m’isole ensuite pour relire et l’analyser. Ensuite, direction maison. Après une courte nuit de sommeil, vient alors la rédaction des analyses et de l’opinion sur le budget. Le timing sera un peu différent cette année. La pression aussi. On va faire avec…


L’image qu’ils ont de Maurice

Certes je suis en vacances, mais ma fin de semaine a été marquée par deux rencontres journalistiques. L’image qu’ont les journalistes étrangers de nous n’est pas nécessairement celle que l’on croit. Mauritius, ce n’est pas nécessairement un plaisir pour eux. Ils ont bien raison!

Samedi, j’ai reçu un appel de Pierre Sorgue, journaliste du magazine français GEO. Il voulait qu’on discute un peu du projet JinFei (ex Tianli). Le numéro de février du magazine fait la part belle (40 pages) à Maurice. Et l’un des articles traite des grandes questions économiques dans le pays.

geo

Nous nous sommes donc vus samedi soir. La rencontre devait être brève : « 15 minutes, » disait-il. Mais nous avons fini par discuter pendant près de deux heures. On a commencé par le projet JinFei et de ses enjeux géopolitiques pour ensuite bifurquer sur la ville nouvelle de Highlands. Enfin, certains aspects du développement économique à Maurice ont été âprement débattus. Notamment, le fait que certains concitoyens n’ont pas profité de la croissance économique de ces 25 dernières années.

La discussion était sans concession. Mon interlocuteur avait bien fait ses recherches et avait saisi la complexité de notre société et ses blocages. Il n’y avait donc aucune raison que j’édulcore mes pensées.

On verra ce qu’il a retenu de notre conversation et celles qu’il a eues avec d’autres interlocuteurs dans le numéro de février de GEO. Nous découvrirons comment le « miracle économique mauricien » est vu par un journaliste qui aime montrer la réalité des choses.

Je termine par ma deuxième rencontre. Qui a en fait eu lieu vendredi… Si vous avez écouté Radio One ces derniers temps, vous avez du remarquer que la radio est nettement plus orientée vers l’information. Et qu’une petite brise de dynamisme souffle sur elle. Ce changement porte la patte de Freddy Thomelin. L’homme a un impressionnant CV, il a notamment été cofondateur de RFO et France Info. Il a aussi dirigé d’importantes radios régionales en France tout en enseignant le journalisme. Il est à Maurice depuis deux mois pour aider à redynamiser Radio One.

J’ai certes une bonne trentaine d’année de différence avec Freddy. Nous avons grandi dans des pays différents et venons d’horizons et de milieux distincts. Mais nous parlons le même langage. Car nous avons appris, à travers notre métier à regarder au-delà des apparences. Freddy n’est à Maurice que depuis deux mois. Pourtant, vendredi soir, autour d’un canard laqué, nous avons passé toute une soirée à discuter des problèmes qui minent la société Mauricienne : communautarisme, copinage, hypocrisie, puritanisme et concentration des pouvoirs économiques et politiques.

Freddy a presque terminé la tâche qui lui avait été assignée. Il rentre donc en France fin novembre. Il ne repartira pas avec une belle image de carte postale dans sa tête. Mais plutôt avec une vue assez claire de toutes les choses extraordinaires, pathétiques et scandaleuses qui coexistent à Maurice. C’est cela le regard journalistique…


J’ai besoin de votre aide

Faut se remettre en question de temps en temps. Il y a un mois, j’avais demandé à une amie consultante de jeter un coup d’œil sur le blog et de me dire ce qu’elle en pensait. Elle m’a envoyé une évaluation très intéressante des forces et faiblesses de mon blog. Tout en me suggérant de demander à vous, les lecteurs, de dire ce que vous pensez du blog, aussi bien au niveau de la forme que du contenu.

Vos avis sont très précieux. Il n’y a que 7 petites questions. Tout cela vous prendra moins de 5 minutes. Alors merci de votre temps et de votre aide. :-)

ps: Bien entendu, si vous avez d’autres suggestions et observations à faire, n’hésitez pas à les partager dans vos commentaires.


KC LI en direct sur Radio One

Oui, vous avez l’esprit mal tourné! Je n’ai en aucun cas fait allusion à une expression grossière locale dans le titre de ce post!!! J’ai reçu Kee Chong Li Kwong Wing dans mon émission ce lundi. Comme il a un nom à rallonge, la version raccourcie qu’il a lui même créée donne: KC Li! Voilà…

Revenons à KC Li; voila un économiste ayant étudié à la London School of Economics mais qui a des idées radicalement à gauche. C’est paradoxal car toute l’activité de KC Li provient justement des finances: le temple de toutes les dérives qu’il dénonce.

Donc voici deux extraits de l’entretien. Je ne peux terminer sans vous contextualiser l’entretien. KC Li a été le conseiller économique de Vishnu Lutchmeenaraidoo (ancien ministre des finances des années 80 et ennemi juré de Rama Sithanen). Mon interlocuteur reste toujours très proche de son ancien boss. Ne vous étonnez donc pas des accents très politiques, voire parfois politiciens, que prend KC Li.

KC Li extrait 1

KC Li extrait 2


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