A la question « êtes vous satisfait du service des administrations publiques à Maurice ? » vous risquez très probablement de répondre par un NON catégorique. Surtout si, comme moi, vous êtes passé par la terrible épreuve qu’est l’obtention des permis et autorisations nécessaires pour construire votre maison.
Mon architecte m’a confié la délicate tâche d’obtenir les « clearances » (autorisations) auprès de la Central Water Authority, Wastewater Management Authority et le Central Electricity Board. Une étape préalable pour avoir le précieux sésame : le permis de construction. Avant d’aller déposer mes dossiers, je voulais avoir toutes les informations nécessaires pour expédier ces démarches administratives. Voici ce que je voulais savoir :
- Le nombre de copies du plan de l’architecte à déposer
- Quels autres documents sont nécessaires au moment de la demande
- Les frais de dossier éventuels
- Où déposer la demande
- Les délais pour l’obtention du « clearance »
Comme vous le constatez, rien de très technique dans mes questions. Et justement parce que ce sont des questions très basiques, je me suis dis que j’allais appeler chaque administration pour obtenir ces informations. Je ne savais pas ce qui m’attendait !!!
CWA : le comble de l’inefficacité
Premier réflexe, appeler le Centre de service client le plus proche de chez moi : c’est-à-dire celui de Pamplemousses. J’ai essayé 4 ou 5 fois, en l’espace d’une dizaine de minute. A chaque fois, la même voix : « the line is busy, please call later. »
En désespoir de cause, je me tourne vers le quartier général à St Paul. J’appelle directement au département « Planning and Development. ». J’expose mon cas à la dame au bout du fil. Elle me dit que j’ai appelé au mauvais département, elle transfert l’appel. Après une sonnerie, la communication est coupée ! Je rappelle, cette fois-ci sur le standard du QG. J’explique le but de mon appel, la réceptionniste me redirige sur un autre numéro. « C’est vous que je viens d’avoir au téléphone ? » me demande la dame. Oui, c’est moi ! Je réalise qu’on m’a transféré au mauvais département !

Du coup, on transmet l’appel à un autre département. Là une dame m’écoute, puis me demande où se situe mon projet de construction. « Ah ok, je vous transfère à la personne qui pourra vous renseigner. » Je tombe sur un homme qui me pose plein de questions. Satisfait de mes explications, il réplique stoïquement « ok, mo passe ou département concerné. » Pour rappel, c’est donc vers mon 5e interlocuteur que je me dirige. Sauf qu’il n’y aura pas de 5e interlocuteur. Car le téléphone a sonné dans le vide, une dizaine de fois. J’ai préféré raccrocher !
En désespoir de cause, j’ai appelé la Customer Service Hotline de la CWA, qui est censée s’occuper des doléances des clients et fournir les informations sur les coupures d’eau etc… Là, oh miracle, ma première interlocutrice me passe à une deuxième personne non sans m’avoir au préalable mis en attente pendant deux minutes…et enfin j’ai eu tous les renseignements que je souhaitais.
Durée totale du temps perdu au téléphone avec la CWA : environs 30 minutes. Morale de l’histoire : si vous voulez parler à la CWA, faites en sorte de disposer d’une heure ou deux de libre !
La Wastewater : ça s’améliore
Contrairement au CEB et la CWA, la WMA ne dispose pas de centre régional dédié à sa clientèle. J’ai donc appelé le quartier général de Port-Louis. Toujours pour poser les mêmes questions. A la réception, une personne à la voix monotone décroche. Il était 9h30 ou 9h40. Mais il me semblait que mon coup de fil venait de l’extirper d’un sommeil profond. J’explique le but de mon appel. Et je suis illico transféré, un homme courtois écoute mes questions. Puis me demande de patienter…il me met en relation avec un autre service. Là une dame répond à chacune de mes questions. Les réponses sont précises et concises. Durée de l’appel : moins de 5 minutes.
CEB : enfin, du bon service !
J’avais déjà toutes les réponses qu’il me fallait pour le CEB. L’une de mes connaissances y travaille et m’avait donné la liste des documents nécessaires pour l’obtention du fameux « clearance. » Mais pris dans ma lancée de tester le service client des services publics, j’ai malgré tout appelé le centre régional de Pamplemousses. A la réception, un homme a écouté mes explications pendant 5 secondes, avant de transférer l’appel vers un technicien. Celui-ci, très pro ne m’a même pas laissé le temps de lui expliquer tout ce que je souhaitais savoir. Il m’a donné toutes les informations nécessaires. Et m’a même expliqué comment et quand se passe l’inspection des techniciens du CEB pour ma région. Et m’a ensuite conseillé sur les jours les plus propices pour déposer mon dossier afin que celui-ci soit traité le plus rapidement. Durée de l’appel : moins de 3 minutes.
Mon verdict ; le CEB remporte la palme du meilleur service client au téléphone. Quand à la CWA, je présume que tôt ou tard j’aurai l’occasion de dire à Harry Booluck, le boss de la CWA, tout le bien que je pense de son administration. Et du customer charter pompeux que la CWA se plait à afficher sur son site web!!!
Ps: entre hier après-midi et ce matin, j’ai déposé tous les documents pour l’obtention de mes « clearances. » En début de semaine prochaine je partagerai mes impressions sur l’accueil et et du services dans les bureaux de la CWA, la WMA et le CEB. (mis à jour 16/10/09 à 10h30)