Archives mensuelles : avril 2009

Le virage vert

Qui a dit : « Maurice Ile Durable (MID) is a national endeavour that requires tremendous collective efforts. » Le Premier ministre? Non. C’est le ministre des finances, dans son discours du budget 2008-2009. Personne ne niera que la priorité du moment est de combattre les effets de la crise économique internationale sur Maurice. Toutefois, nous ferions fausse route si nous croyons qu’il suffit de s’attaquer à ce problème ponctuel. Sans continuer à fournir d’importants efforts humains – et surtout financiers – autour du développement durable. Ne nous y trompons pas, c’est cet objectif qui importe sur le long terme.

Si l’effort humain se met péniblement en place autour du développement durable, l’effort financier, lui, a déjà été consenti. Du moins sur papier. Le « MID Fund » dispose d’un fonds colossal : Rs 1,3 milliard que l’on dépense qu’avec parcimonie jusqu’ici. Ce fonds sert déjà à subventionner l’achat de chauffe-eau solaires. Il va désormais falloir instaurer de nouvelles subventions à d’autres technologies vertes. Mais aussi – Rama Sithanen n’aime pas entendre cela – desserrer l’étau fiscal sur certaines d’entre elles.

Cette semaine, la « Toyota Prius » a été lancée en grande pompe à Maurice. La première voiture hybride commercialisée à grande échelle au monde dispose déjà d’un traitement fiscal de faveur. Depuis juillet 2008, toute voiture hybride importée bénéficie d’une réduction de 50 % sur les droits de douane, la « road tax » et l’enregistrement. Malgré ce traitement de faveur, une « Prius » est vendue à Rs 1,7 million. Pour ce prix, un amateur de luxe peut se payer une prestigieuse berline allemande. Il faut lutter sur différents tableaux pour populariser les voitures vertes à Maurice.

Le premier levier disponible est fiscal. Il peut aider à réduire davantage le prix des voitures vertes. Des mesures incitatives doivent ensuite prendre le relais en permettant à un acheteur de voiture d’avoir de bonnes raisons de se tourner vers les moins polluantes. Enfin, l’Etat doit lui-même donner l’exemple en faisant rentrer la voiture verte dans les mœurs et les flottes de nos administrations.

Revenons donc sur les hybrides. Nous pensons qu’il serait judicieux de pousser la logique jusqu’au bout afin de rendre une voiture hybride ou électrique entièrement duty-free à l’achat. Ainsi, une « Prius » coûterait environ Rs 375 000 moins cher. Pour être vendue à un prix toujours assez prohibitif de Rs 1,375 million. Ce qui est à quelques dizaines de milliers de roupies près, le prix d’une grosse « Honda Civic ». Cette mesure inciterait peut-être le concessionnaire local de cette marque et d’autres à importer des « clean cars ».

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Un deuxième palier pourrait également être franchi en s’inspirant du système bonus/malus écologique à la française. Ou de la vision du gouvernement britannique de promouvoir le « ultra low carbon transport ». En effet, ces deux systèmes incitatifs permettent aux acheteurs de véhicules verts de recevoir une aide gouvernementale pour l’achat des achats verts.

Bien évidemment, nous n’allons pas pouvoir offrir, comme en Grande Bretagne, jusqu’à £ 5 000 (Rs 250 000) à chaque acquéreur d’une voiture verte. Mais nous pouvons imaginer un système de remise sur la TVA. Qui fonctionnerait selon trois bandes Allant de 10 %, 5 % à 0 % dépendant du type de véhicule et sa propension à polluer. Il ne fait aucun doute que ce cadre incitatif pourrait encourager certains acheteurs à privilégier des voitures moins polluantes. Surtout si cela leur permet d’économiser plusieurs dizaines de milliers de roupies.

Mais l’exemple doit venir d’en haut en matière d’écologie. Aussi nous pensons que le gouvernement pourrait être davantage proactif. On peut penser établir la règle selon laquelle tout fonctionnaire qui fait valoir ses droits à une voiture « duty-free » devra obligatoirement fait son choix dans une liste verte de véhicules peu polluants ou à basse consommation de carburants. Si jamais ce fonctionnaire décide qu’il lui faut absolument la grosse berline allemande, il devra payer une partie des droits de douane sur sa voiture.

En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait encouragé ses amis du show-biz à rouler en voiture hybride pour populariser la technologie. Peu de temps après, la vente de voitures vertes avait effectivement décollé dans cet Etat américain. Ce type d’acquisition avait été jugé très « in » et prestigieux.

A Maurice, nous pensons à un ambassadeur de marque qui a déjà popularisé celle d’« Aston Martin » dans le pays. Et si vous, monsieur le Premier ministre, deveniez le premier acquéreur d’une voiture électrique de marque à Maurice ? Et si certains de vos ministres ou députés, en quittant leurs fonctions dans un an, s’achetaient des hybrides plutôt qu’une « Mercedes » ou une « BMW » ? Ce serait un très bel exemple, n’est-ce pas ? A coup sûr un moment marquant qui aiderait le pays à prendre son virage vert.


Car Story : de l’électronique et du larcin

Partie électronique…

Il y a quelques mois, ma malheureuse voiture décéda d’une « Total Loss » foudroyante. Ne me laissant pas démonter – mais également convaincu de la solidité de ce char – j’ai demandé qu’on me reprenne exactement la même voiture de fonction. Bon, ok, au passage, le moteur a gagné 200 cm³. Passons les détails mécaniques pour nous intéresser à l’électronique…

Cette voiture, c’est une petite merveille de technologie. Et quand l’électronique et les ordinateurs de bord gouvernent tout dans une voiture, il peut se passer des incidents quelque peu atypiques. La pub de la voiture à la télé la montre se transformant en robot faisant du breakdance. La mienne, elle m’a fait un autre cirque…en refusant de démarrer.

Après avoir cru que c’était une panne d’essence puis fait remorquer mon gros rat gris chez le concessionnaire, j’ai enfin découvert la vérité. La voiture a refusé de démarrer parce qu’elle s’est fâchée avec la clé ! En effet, la clé principale, en démarrant le moteur, émet un signal qui, décodé et mis dans le langage que vous et moi comprenons, donne : « oh ! c’est moi mon pote. Tout va bien, tu peux rouler ! »

Sauf que l’électronique ça connaît parfois des bugs. Et la clé en a eu un. Elle n’a pas émis son signal et le moteur a donc refusé de démarrer. A la concession, on m’a expliqué qu’en attendant qu’on me fasse venir une autre clé principale ( dans deux semaines), il faudra utiliser le double. Celui-ci ne paye pas de mine. Pas d’électronique embarqué. Entièrement passive, cette clé ne dit rien à l’ordinateur. Et bien évidemment l’ordi se dit « no news = good news » et démarre donc. Passons à la deuxième partie…

…Partie larcin

Au moment d’emmener ma voiture, lundi soir, le chauffeur du remorqueur (quelle ironie, c’était le même qui avait remorqué ma voiture accidentée!!!) a énormément insisté pour que j’y enlève le gros de mes affaires. Il ne voulait pas que je laisse traîner mes savates dans le coffre, ni mes casquettes. Et encore moins mes trois cannes à pêche. Etrange, quand la voiture va à l’entretien chez le concessionnaire, les préposés à la réception insistent aussi lourdement pour qu’on enlève TOUS ses effets personnels.

J’avais déjà bien saisi pourquoi. Pour cause, j’ai eu l’agréable surprise de constater en plus d’une occasion que quelques, ou des dizaines de roupies, disparaissaient systématiquement du vide poche de la voiture à chaque fois qu’elle allait à l’entretien. Bon, je me suis dis que je n’allais pas penser que le garage de ce concessionnaire est un repère de voleurs. Mais plutôt croire (naïvement) que cet argent disparu est allé sous forme de pourboire à ces merveilleux petits gars dévoués du garage.

Mais depuis hier soir je n’ai plus trop envie d’être indulgent. En rentrant chez moi après avoir récupéré la voiture, j’ai remarqué quelques détails fort fâcheux. J’entends encore Cynthia me dire, lundi soir, « tu devrais enlever le bouquin de la banquette arrière. » Je l’ai écouté au sujet de mon chapeau de cowboy . Mais stupidement, pour le bouquin, je lui ai répondu « mais non, on le laisse là. Qui me piquera mon livre ? ». Mais le bouquin sur l’humoriste Raymond Devos a bien disparu.

Il y a encore mieux ! Ouvrant le coffre, j’ai découvert avec stupeur qu’on m’avait vidé une petite boite contenant…des hameçons ! Attention, je ne parle pas de leurres pour pêcher la carangue coûtant Rs 200 pièce. Mais de petits hameçons que j’utilise quand l’envie de pêcher la vieille me démange. Cerise sur le gâteau, ce matin je découvre qu’une paire de lunettes de soleil (achetée au Jumbo pour Rs 300 je crois) a également disparu !

Ce n’est pas la valeur des objets qui importe. Ce qui m’agace et me scandalise le plus c’est qu’on vole des choses aussi anodines. Je me serai trouvé une raison si deux billets de Rs 500 ou Rs 1000 que j’aurai laissé dans la boite à gants avaient disparu. Mais là, je pense que c’est la « batchiara** attitude » à son comble. Comme quoi, chez mon concessionnaire c’est un repère de « batchiara.** »

Je compte bien faire part de ces observations au responsable du garage. J’ai d’ailleurs cherché à le joindre ce matin. Je vais bien finir par lui adresser un petit mail. Et aussi lui coller le lien de ce blog. Je vous raconterai…

** crapule


Un trou pas si noir

Il est sévére. Renaud Van Ruymbeke, l’un des juges financiers les plus craints de France, pointe un doigt accusateur vers Maurice. Dans l’entretien qu’il accorde à « l’express- dimanche » , il dénonce, pêle- mêle, l’opacité de notre systéme bancaire, le manque de collaboration des autorités de régulation, mais aussi la léthargie de notre diplomatie.

Eva Joly, une autre juge française connue pour sa croisade contre la corruption, n’y va pas par quatre chemins : « Prenez l’île Maurice, elle n’est présente sur aucune liste alors que c’est un trés grand paradis fiscal. » Le profane qui ne connaît pas grand- chose à l’offshore, au « global business » et aux complexités de la domiciliation fiscale doit être perdu. Il y a de quoi ! Car le « Rapport d’Etape » de début avril de l’Organisation pour la coopération et le développement économique ( OCDE) est finalement trés positif pour Maurice. Notre île est classée parmi les pays qui ont appliqué en trés grande partie les standards internationaux en matiére fiscale.

L’Etat peut même se targuer d’avoir démontré sa bonne volonté depuis le 24 mai 2000, date à laquelle le ministre des Finances d’alors, Vasant Bunwaree, avait adressé une correspondance à l’OCDE. Il y informait l’organisation que le gouvernement « commits to the elimination of tax practises (…) that have been determined (…) to be harmful (…) » . Il précisait que Maurice comptait adopter « a programme of effective exchange of information in tax matters, transparency » .

Ces engagements ont été gravés dans le marbre. Les lois ECAMLA, AMLA, FIAMLA – que les juristes et les observateurs étrangers considérent comme excellentes – sont venues constituer l’arsenal juridique de la lutte contre la fraude, l’évasion fiscale et le blanchiment. Pourquoi donc tant de hargne chez ces deux juges français ?

Il faut distinguer deux types d’attaques contre notre centre financier. Le premier est celui que l’on voit surtout venir d’Inde. Où une partie conservatrice – voire protectionniste – des politiques et de la presse se livre à une campagne permanente contre Maurice. Volontiers dépeint comme le paradis des fraudeurs.

Ces attaques visent à permettre à l’Inde d’attirer directement le flot d’investissement étranger et domestique qui transite à Maurice avant d’arriver à Mumbai, Delhi ou Bangalore. Afin que les impôts sur les sociétés soient réglés au prix fort au Trésor indien. Et non, au rabais, à Maurice. A ce jeu, l’Inde se fait volontiers aider par d’autres juridictions fiscales – qui ne demandent qu’à profiter de la manne dont bénéfice actuellement le pays. Maurice est, en ce moment, le plus important conduit d’investissement vers l’Inde. Loin devant n’importe quel autre pays. Inutile de dire à ces détracteurs- là que l’on figure sur la liste blanche de l’OCDE. Ou que l’on se propose d’accroître la transparence dans notre juridiction. Ils continueront à dénoncer notre « paradis fiscal. »

Ce qui nous améne au deuxiéme type d’attaque. Van Ruymbeke l’explique. Il ne reproche nullement à Maurice d’être une juridiction fiscale attractive. Il dénonce notre manque de transparence et un secret bancaire aussi difficile à lever que le smog londonien. Le juge affirme que ses demandes d’information – dont une datant de début 2007 – sont restées vaines. Qu’il n’a trouvé aucune administration, aucun confrére mauricien qui puisse lui donner les renseignements qu’il recherche. Ou, à défaut, qui ait le pouvoir d’ordonner aux banques ou aux « Offshore Management Companies » de les lui divulguer.

Cela, selon Van Ruymbeke, a pour conséquence de faire capoter toutes les enquêtes où de l’argent suspect semble avoir transité par Maurice. Les sorties énergiques et concomitantes de Joly et Van Ruymbeke pourraient faire accroîre le fait que Maurice pratique une politique d’opacité totale. Or, c’est faux. Nous pensons plutôt que les deux juges français expriment, avec raison, leur exaspération envers Maurice – qui, par ailleurs, sait faire preuve de transparence et collaborer dans le cadre d’enquêtes internationales. Deux exemples récents le démontrent.
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Début 2008, la justice locale – y compris le bureau de l’ « Attorney General » – ont aidé à faire avancer l’affaire Jacob Zuma, accusé de corruption par les juges sud- africains. 13 documents, dont certains bancaires, avaient été mis à la disposition du ministére public sud- africain. Plus récemment, le « Financial Services Commission » ainsi que le bureau de l’ « Attorney General » n’ont nullement protesté à l’annonce de la venue d’enquêteurs de la « Serious Fraud Investigation Office » indienne à Maurice. Dans le cadre du détournement allégué d’un milliard de dollars par Ramalinga Raju, le patron de « Satyam » en Inde.

On peut tenter une conclusion. Ce ne sont pas nos lois qui sont en cause, encore moins une omerta endémique. Nous pensons plutôt qu’une courroie de transmission – de collaboration – est cassée entre les justices française et mauricienne, en matiére financiére. Il faudrait d’abord réparer cette courroie. Mettre du formalisme dans les échanges entre les enquêteurs français et les juges et banques locaux.

Quand cela aura été fait, nous en reparlerons… Notamment aux juges Van Ruymbeck et Joly. Gageons qu’alors, leur opinion sur Maurice sera plus nuancée


La Poste : une belle brochette d’incapables !

Ce lundi j’ai eu affaire à la fine fleur du fonctionnariat local. La crème de la crème. Une vraie bande d’incapables, quoi ! Déjà, certains répondront que je ne parle pas de fonctionnaires mais d’employés d’une entreprise privée : The Mauritius Post Ltd. C’est vrai qu’en changeant le statut de la Poste en entreprise, le gouvernement avait voulu que cette administration bosse avec l’efficience du secteur privé. Quelle farce !

En arrivant au Parcel Post Office (PPO) de Port Louis ce lundi, pour récupérer un article commandé sur Internet, je découvre une foule impressionnante. Il est près de 12h50. Je connais les lieux, que je fréquente de temps en temps. Je me dis la chose suivante : « Aucun début d’informatisation. Inutile de chercher des scanners lisant les codes barres des colis pour un traitement rapide. Ici, c’est la préhistoire. Tu vas attendre un peu ! »

L'incontournable premier passage au guichet

L'incontournable premier passage au guichet


« Un peu » pour vous et moi, c’est quoi ? Une demi-heure ? 45 minutes ? Allez, une heure ? Figurez vous que je suis ressorti avec mon colis à exactement 14h51. Soit un peu plus de deux heures après être arrivé au PPO.

Pour ceux qui n’ont pas encore enduré le calvaire. Je vous explique ce qu’il s’y passe. Vous arrivez au PPO muni d’une carte que le postier a livré à votre domicile, vous informant qu’un colis vous attend. Vous attendez votre tour pour passer une PREMIERE fois au guichet. Là, on prend votre carte, on vérifie votre identité. Puis on vous demande d’aller vous asseoir en attendant qu’on vous appelle votre nom.

D’habitude, on attend 5/10 minutes pour passer une première fois au guichet, puis encore une quinzaine pour être appelé. Ce lundi, il m’a fallu attendre 15 minutes pour passer au guichet. Puis, plus de 45 minutes pour qu’on m’appelle pour l’inspection du colis.

Le DEUXIEME passage au guichet se passe toujours de la même manière. Un préposé de la poste se fait accompagner d’un officier des douanes pour l’ouverture du colis. Attention, tout ça est très codifié. On sort d’abord UN ENORME CAHIER de la taille d’un journal grand format. Où on parcourt les lignes jusqu’à trouver votre numéro de colis. Et confirmer que le même numéro est inscrit…sur votre carte…et sur le colis !

D’un geste de la tête (d’une technicité que je devine extrême) le douanier donne alors le feu vert pour l’ouverture du colis. Neuf fois sur dix, le postier l’ouvre n’importe comment. Et sans vraiment se demander s’il contient quelque chose de fragile. Dans mon cas, c’était de l’électronique !!!

Toute cette opération dure en moyenne un peu moins de 10 minutes. Le temps que le douanier calcule quelle est la TVA ou les droits de douane applicables. Qu’il reporte ses chiffres sur votre carte. Puis dans son cahier. Et là, vous êtes enfin libre…d’aller payer tout ce que vous devez à la poste et au Trésor.

La MPL est une organisation tellement bien gérée que des concepts de management très modernes y sont pratiqués. Ainsi, l’efficacité y est poussée à son extrême limite. Donc, qu’il y ait 3 pelés et 4 tondus au PPO ou une foule de 250 personnes, il y a toujours UN caissier pour encaisser les frais postaux et les taxes !
06042009131
J’ai chronométré le temps qu’il faut au caissier pour s’occuper d’un client (je devais bien m’occuper.) En moyenne, ce brave monsieur prend environs 3 minutes et 15 secondes par personne. Que fait-il durant ce temps ? Il prend la fameuse carte. Il l’étudie, y ajoute les Rs 40 de frais postaux payables dans beaucoup de cas. Puis vous tend la carte pour que vous la signiez. Et que vous lui remettiez vos billets. Là, il prend quelques secondes pour ajouter et soustraire les chiffres sur sa calculette. Afin de savoir combien d’argent il doit vous rendre. Ensuite, il range minutieusement les billets dans une boite qui se trouve dans son tiroir. Attention, pas n’importe comment, les Rs 50 avec les Rs 50, les Rs 200 avec les Rs 200 etc…C’est pas fini ! Il écrit ensuite minutieusement sur un reçu la somme que vous payé. Le tamponne. Et vous le rend.

Muni de ce graal, vous pouvez ensuite passer pour la TROISIEME fois au guichet. Après avoir essayé pendant une à deux minutes d’attirer l’attention de quelqu’un afin qu’il aille chercher votre colis et qu’il vous le remette enfin. Non sans avoir vérifié que vous avez bien payé tous les frais…

une vue de la file d'attente au moment où je quitte le PPO. La personne en chemise blanche probablement du attendre 30 minutes avant de passer à la caisse...

une vue de la file d'attente au moment où je quitte le PPO. La personne en chemise blanche probablement du attendre 30 minutes avant de passer à la caisse...


Je suis allé faire un tour dans la section « About Us » du site de la Mauritius Post. J’y ai vu des mensonges éhontés. En effet, les mots « Customer Centric » « Teamwork » « Reliability » et « Responsiveness » n’ont rien à faire dans les « Values » de cette organisation.


Prophètes de malheur

Quelque chose ne tourne pas rond dans le pays. Le Mauricien – depuis le début des années 80 – a perdu tout intérêt dans les manifestations de rue. Au plus fort des licenciements dans le textile de 2003 à 2005, les syndicalistes ralliaient péniblement 1000 personnes pour des marches de protestation.

Or, ces jours- ci, en rassembler 5 000 pour dénoncer la vie chère, les nouvelles lois du travail ou les licenciements semble être devenue une formalité. Il faut se féliciter de cette mobilisation. Mais ne pas croire qu’il suffit de faire cela pour que les choses changent. Encore moins penser qu’il suffit de changer les nouvelles lois du travail – qui sont mieux que ce qu’on veut faire croire – pour que la situation s’améliore.
Il ne faut pas être aveugle. C’est la peur de perdre son emploi. C’est l’inquiétude de ne pas avoir les moyens de faire vivre sa famille convenablement qui poussent des milliers de personnes dans les rues régulièrement depuis deux mois. On ne peut leur reprocher d’avoir peur.
Car il faut bien l’avouer, rien n’a été fait pour les rassurer jusqu’ici. Il ne s’agit pas de trouver des coupables. Mais on ne peut s’empêcher de penser que la communication du gouvernement sur la crise financière internationale et ses effets sur Maurice a été lamentable.

Le Premier ministre a évoqué l’économie comme sa priorité lors de ses discours de fin d’année et de l’indépendance. Mais dans les faits, il a semblé qu’il était surtout affairé à désamorcer la crise à l’ICAC et à « Air Mauritius » , s’attaquer à la presse, faire élire son opposant loyal et trouver une solution à la crise politique malgache. Les grands discours ponctuels et rassurants sur l’action économique du gouvernement sont certes les bienvenus. Or ce sont les actions qui les succédent qui marquent davantage les esprits. On peut raisonnablement dire qu’il n’y en a pas eu beaucoup.

Rama Sithanen, le ministre des Finances dira certainement le contraire. Il évoquera son premier « Stimulus Package » de décembre et les mesures additionnelles dévoilées ce mardi pour affirmer comment et pourquoi tout est fait pour protéger l’économie et l’emploi. Mais c’est sans compter sur la principale faiblesse de Rama Sithanen : son incapacité à s’adresser au grand public.

A la télé, à la radio ou en conférence de presse, le ministre des Finances s’adresse en priorité à « bann ki konn lekonomi » . Or, son auditoire, le grand public, est composé d’une immense majorité de personnes qui n’y comprennent strictement rien ! Qui, par exemple, ne saisissent nullement les liens directs entre la politique monétaire et la préservation de l’emploi dans l’industrie d’exportation.

Profitant de ce décalage entre le gouvernement et la population, l’opposition en profite pour distiller, un peu trop souvent, un argumentaire démagogique. Peindre un tableau économique catastrophique. Et parler de récession – une contraction de l’économie – alors même que Maurice pour l’heure, et très probablement pour au moins encore une année, connaît un taux de croissance positif. Une situation qui rend envieux la grande majorité des pays développés du G20.

Dans ce genre de contexte tendu, les prophètes de malheur apparaissent à chaque coin de rue. Il faut le dire, y compris dans les rangs des syndicalistes. A en entendre certains d’entre eux, Armageddon, c’est dans quelques semaines ! En face malheureusement, quelques représentants du patronat ne font rien non plus pour calmer les esprits en recommandant un gel des salaires dans le privé cette année. Pour couronner ce tableau pathétique, le gouvernement reste incapable d’expliquer clairement et dans un langage simple ce qui est en train d’être fait pour protéger le pays de la crise.

La création de l’emploi et l’économie. Ce sont les priorités que le gouvernement doit se fixer en 2009 selon la majorité des personnes interrogées par « Synthèses » en décembre dernier. Pour obtenir des résultats dans ces domaines, il faudra un peu plus de sérénité dans le pays. Cela implique que les prophètes de malheur se calment. Et que le gouvernement explique, à tout le monde – et pas qu’aux experts en économie – son plan d’action. Cet effort de pédagogie, nous espérons ardemment qu’il commence avec le budget transitoire de Sithanen, le 22 mai.


Papier jounal / Papier toilette…

Entendu la semaine dernière à le Hochet « Ca malpropreté zournal ki appel L’express là. Pou al toilette pas bon ca! » **

lexpress

  • * « L’express, ce journal de merde. Je ne le prendrai même pas pour aller aux toilettes! »

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